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mercredi 6 mai 2026

De la retenue / héritiers

Fâchons-nous un peu, avec des sujets plus ou moins récents… Et tâchons d’éviter par là-même les raccourcis, mensonges, bêtises de divers fâcheux, qui n’ont bien sûr guère vocation à monopoliser les billets de ce blog.

NB – printemps haguenovien

D'abord, je m’étonne que sur beaucoup de médias, on ne parle absolument plus d’« économies » d’énergies, à l’heure de crises au Moyen-Orient, mais aussi toujours en Ukraine, pour ne pas parler de la « crise écologique » tout court. (Dans la bouche de certains fâcheux le mot « écologiste » est devenu une insulte.) Tout juste évoque-t-on des « alternatives » ; il faudrait privilégier l’alternative de l’électricité au détriment des énergies fossiles, en oubliant allègrement qu’une grande part de cette électricité est nucléaire, et par là-même extrêmement problématique.
À Bure, récemment (le 19 avril), une manifestation d’opposants au « projet » d’enfouissement de déchets radioactifs a été interdite par les autorités ; on se demande pour quel motif.

L'économie pourrait passer par une grosse taxation des panzers et autres grosses cylindrées, par une taxe sur les jeux vidéo consommateurs d’électricité… (Est-ce un hasard, ou bêtise et consommation excessive d’énergie vont-ils de pair?)

Or donc, l’économie, la retenue… La sobriété (je ne parle pas d’alcool…) : tout cela semble totalement passé de mode.

NB – printemps haguenovien

On a parlé en ces lignes d’héritiers à propos du chef d’un syndicat de patrons. Il semble que nous vivions des temps où ces derniers auraient tendance à s’acoquiner sans vergogne avec le front national.
Un autre héritier contrôle financièrement (entre autres) les éditions Grasset, dont plusieurs auteurs ont claqué la porte récemment (avril 2026…) à la suite du renvoi de l’éditeur Olivier Nora.
Grasset… André Dhôtel, Jules Roy y ont été publiés… Et Jacques Brenner y a longtemps travaillé.
Alors je cherche trace d’Olivier Nora dans le journal de Brenner (Pauvert… Fayard (!), tome V, 1980-1993). Le problème, avec Brenner, c’est qu’on n’arrive plus à s’arrêter quand on commence de musarder là-dedans. Et l’on peut s’abuser : cela semble si actuel, ces descriptions de vie, où l’on côtoie aussi bien Ionesco, Florence Gould que Matthieu Galey ou… qui sais-je. Des auteurs anciens tout aussi bien. Brenner était une encyclopédie vivante.
Olivier Nora ? Pas trace. Mais il n’y a pas d’index ; on ne peut tout (re)lire…

Mais tenez, Brenner lui-même s’égare dans le temps ; il écrit le 4 décembre 1988 (p. 564) : « Ai-je cependant une vraie conscience d’être un vieil homme? Dans l’après-midi, rue des Canettes, très étroite et très encombrée, un automobiliste me lance : “Hé, pépé, il y a des trottoirs !” J’ai été surpris par ce “pépé”. »

NB – printemps haguenovien

S'égarer dans le temps. Bon. Mais un historien (j’en suis, en partie) essaie de s’y repérer. Or je m’interroge çà et là sur la nécessité de continuer ce blog (plus exactement : quand y mettrai-je fin?) Mais un blog peut avoir l’intérêt, parfois, de diffuser une information plus précise, voire plus juste que celle de certains médias (et je ne parle pas bien sûr des « réseaux » « sociaux »…)
Ainsi récemment (22 avril… 2026), on entend sur France info que les Français se détournent du livret A. Raison invoquée : la baisse de son taux. Certes, mais on oublie aussi qu’il a été annoncé que ledit livret A servirait à financer le nucléaire. Peut-être cela gêne-t-il certains épargnants. (On en revient à Bure…)
Ou encore, je trouve un ancien article de Ouest-France du 14 janvier 2024, à propos d’Amélie Oudéa-Castéra, au moment de son calamiteux passage au ministère de l’Éducation nationale. Le journaliste, Stéphane Vernay, semble la voir d’un plutôt bon œil. Et d’omettre de rappeler, à l’époque, ce qu’elle avait dit lors de son adresse à la presse, à son premier jour « sur le terrain », de proprement mensonger et insultant envers les personnels qu’elle était censé (on se demande bien pourquoi, en arguant de quelles compétences…) représenter ; je cite sa diatribe notamment ici.
On a entendu récemment (pas en avril, quelques mois avant…) parler de cette dame, qui a joué un rôle au moment des jeux olympiques d’hiver.
Là, encore, quand on sait le coût écologique de ce truc… (je parlais d’alliance entre bêtise et consommation excessive…)


Nils Blanchard


Or tenez, cela ne rejoint-il pas un poème récent publié le 4 mai dernier par Sandra Holmqvist dans son blog (Sandra skriver) ? (Liste des blogs en lien, à droite de l’écran, version ordinateur…)
Le cœur de ce poème intitulé « Hur jag vill leva » dit ceci :

« (...)
Lite mera generöst
lite mindre digitalt
det ska alltid finnas mat
för extra middagsgäster

(...)

Lite mera litterärt
lite mindre monetärt
(...) » 

« (...) 
Un peu plus généreusement
un peu moins digitalement
avec toujours à manger
pour un convive ajouté

(...) 

Vivre de manière un peu plus littéraire
un peu moins monétaire
() »


vendredi 17 avril 2026

La seconde partie du livre

J'ai remis en forme récemment les articles 87, 88 et 89 de ce blog (des 3, 8 et 11 mars 2023). Il m’arrive de temps à autre de remettre ainsi en forme des articles passés ; je manipulais mal, aux premiers mois de ce blog, les outils de mise en forme de la chose, ce qui rend certains billets (il y en a encore qui reste à « redresser ») difficilement lisibles…

NB – François Cacheux, Arboretum d’Angers

Vous pouvez y aller voir (liste des articles, en bas de l’index, à droite, en orange, version ordinateur…)

L'article 89 évoquait, du fait d’une réédition suédoise, Premier amour de Tourgueniev.
J'expliquais que j’étais en train de le lire (dans ma version bon marché et ancienne Librio) et que j’en étais à la première partie. (J’avais dû commencer de la lire, il y a plusieurs années, du fait de discussions avec mon père qui, au début d’une maladie, faisait une cure de Tourgueniev. Tant et si bien, du reste, que nous avions été à Bougival voir sa maison, mais c’était fermé…)

Puis-je l’avouer sans rougir ? Je n’avais progressé dans ma lecture jusqu’il y a quelques jours.
(Je lis somme toute assez peu ces derniers temps (yeux en réparation, impression d’être sans cesse pris par le temps comme il était un peu question au dernier billet…) et suis lancé dans la lecture de dizaines de livres en même temps, ce qui n’améliore pas les choses bien sûr.)

Or allez, j’ai été reprendre mon petit volume ; il ne me reste pas tant de pages ! Aspirateur, copies (grand Dieu, oui, copies !…), même courrier en retard peuvent attendre.
J'ai repris la lecture au chapitre 10 : « Dès lors, mon vrai supplice commença (…) »

Kapiton Zelentsov (tableau de la couverture du livre) -
Capture d’écran

Et je trouve cette peinture du peintre russe Zelentsov, dont un détail d’une autre orne la couverture de mon édition du livre. Quelque chose de Carl Larsson, dans ses intérieurs, disais-je ?
Pas vraiment là, avec le portrait de ce jeune officier, si ce n’est un certain… réalisme candide du portrait ? Quel âge peut avoir ce militaire ?

(On sait que ceux que Poutine envoie sur le champ de bataille sont très jeunes…
Et combien de tués parmi eux depuis 2022 ? Plus d’un million de jeunes Russes?)

Mais Tourgueniev. Le héros du livre, Vladimir Pétrovitch, est jeune aussi ; seize ans. Et l’auteur lui en avait donné d’abord quinze.
Il s’émeut notamment d’une crise de baisers de son aimée.
Il s’émeut de l’irrationalité, de la surprise de la vie. C’est donc l’apprentissage de ce trésor de l’existence, que sait peut-être contempler certaine sagesse !

Or voyez-vous ça ; mon père de m’offrir une ancienne édition, russe, de L’Éducation sentimentale… Je me demande si ce livre ne m’avait pas fait trop grande impression quand j’étais en première…
« Ce fut comme une apparition », etc. Et une jeunesse qui se dévide…

Kapiton Zelentsov (tableau de la couverture du livre) - Capture d’écran

Mais Tourgueniev (pages 72-73 de ma petite édition Librio…, traduction de Michel Rotislav Hofmann) :

« Je m’habillai en hâte et me faufilai hors de la maison… La nuit était noire, les arbres faisaient entendre un chuchotis à peine perceptible ; une fraîcheur légère descendait du ciel ; une odeur de persil émanait du potager… Je fis le tour de toutes les allées ; le bruit de mes propres pas m’intimidait et me stimulait en même temps ; je m’arrêtais, attendais, épiant le battement de mon cœur, rapide et précis… Enfin je m’approchai de la palissade et m’appuyai sur un piquet…. Tout à coup une silhouette de femme passa rapidement à quelques pas de moi – peut-être une hallucination : je ne savais trop quoi penser… »

On a tous, plus ou moins réalisés, des rêves, d’enfance – il s’agit là encore d’enfance, de promenade nocturne.

Cette sorte de salon d’amusement entretenu par la princesse Zinaïda, avec ces jeunes hommes – et Vladimir ajouté là, tenant à un moment le rôle de page. On pourrait repérer quelque ambiance de nouvelle de Tove Jansson.
On peut trouver plein de choses.

Et étrangement, le développement de cette seconde partie longtemps manquante m’a ramené à des souvenirs personnels. Rien, oh, quasiment rien à voir entre eux et la nouvelle ; seulement des correspondances improbables dont je ne parlerai pas plus que ça. Mais c’est qu’au retour de Provence, de ces souvenirs, j’en parlai justement dans la voiture.


Nils Blanchard


Triche ; ajout d'étiquettes du dernier billet : V. Poutine, Maria Lvova-Belova, C. G. E. Mannerheim, Ukraine, Holodomor.

mardi 3 mars 2026

Inondations – de bêtise ?

Passé quelques jours en Anjou ; inondations, auxquelles on est relativement habitué en cette région. Je me souviens de mon professeur de français de sixième, très aimé, qui m’avait donné une punition (le tarif, ordinaire, c’était : « Quatre pages – des petites… – de rédac ») ; quatre pages à rédiger donc, avec pour thème les inondations. (Il devait y en avoir à ce moment.))

NB - Anjou, février 2026

Je garde un plutôt bon souvenir de cette rédaction, que je pourrais peut-être retrouver, quelque part… En fouillant un peu dans ma mémoire, néanmoins, je me souviens d’une certaine circonspection. Qu’allais-je pouvoir dire ? Aujourd’hui, ça me ramène à d’autres « remontées » ; remontées de bêtise ?

Le « dossier Epstein », jeté en pâture aux étals de poissonnerie du monde entier par une justice américaine passablement perfectible – usage dans certains États de la peine de mort, dans des conditions forcément abominables, avec exécutions d’innocents, notamment pour des raisons racistes, intervention de l’argent dans certaines procédures ; Epstein lui-même qui n’a pas été jugé (sur la base des dossiers en question) puisqu’il est mort en prison… –, et nos médias s’en saisissent et en font leurs choux gras ? Ça nous regardera(it) si/quand des victimes déposeront des plaintes en saisissant la justice de notre pays.

NB - Anjou, février 2026

Parallèlement, pour ainsi dire (radio sur la route du retour…), on entend parler de gaz hilarants dangereux pour le cerveau, employés par beaucoup de jeunes gens de nos contrées paraît-il. Cela, et l’usage d’écrans, de « réseaux » « sociaux » : on a là une inondation de bêtise – affaiblissement précoce des capacités cognitives – dont la décrue n’est pas prévue pour demain.
Par là-dessus, de même que sur la Maine débordante peuvent flotter différents objets de plastique abandonnés par des salopards, sur un certain étiage de la culture des jeunes gens, flottent des débris d’I.A..
Récemment (20 dévrier), Mazarine Pingeot, dans Ouest-France – je profite de mon éloignement de l’Alsace pour lire un peu de pesse locale – d'apporter des éléments de bon sens.

« () Je pense que nous vivons une rupture anthropologique. Ce qui est nouveau, c’est qu’une machine parle. Or parler, dialoguer, c’est le propre de l’humain. (…) [Ce] n’est pas un gadget, c’est addictif. Et dès qu’on peut déléguer une tâche difficile, on le fait. Il y a un vrai risque d’encourager la paresse intellectuelle et d’appauvrir l’esprit critique. »

Puis, outre les problèmes de contrôle de l’I.A., on demande à M. Pingeot en quoi cette I.A. modifie notre rapport au réel, à la vérité. Réponse :

« Il y a d’abord le paradoxe de l’écran : il donne l’illusion d’un accès direct au monde alors que, précisément, il fait écran. (…) Nous sommes déjà dans une ère de post-vérité. (…) L’IA renforce cette tendance : elle ne va pas chercher dans le réel, elle puise dans des bases de données. Elle fonctionne en vase clos (…) »

Ne rejoint-on pas là une forme d’idiotisme ? (On en revient aussi à ce que j’appelais « intérieur numérique » ; voir à l’index, en lien, version ordinateur de ce site…)

NB - Anjou, février 2026

Et la radio – route du retour, etc. – de parler d’anciens poutinolâtres, lors qu’on entre dans la cinquième année de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui se dandinent au Salon de l’agriculture, appelant à augmenter la consommation de viande, lors que – sédentarité, écrans… – l’obésité progresse dans nos pays. Il ne manquait là, comme (ancien?) poutinolâtre, que J.-L. Mélenchon, avec ses éructations antisémites en sus (et qu'on n'aille pas me dire que je traque l'antisémitisme chez lui... Ses propos sur le nom "Epstein" étaient gras, provocants au mauvais sens du terme; on aurait presque cru entendre, par le ton, Jean-Marie Le Pen!)
Ces gens pourraient être amenés à diriger la France, où l’information est étouffée par les « débats » des « chaînes d’information ».

Bon. Mais ça fait quatre petites pages, non ? Ce serait amusant, quand même, de retrouver cette ancienne rédaction.


Nils Blanchard


Aussi : Annonce du festival « Regards d’ailleurs », à Dreux. Thierry Méranger, délégué général et artistique, commence ainsi sa présentation : « Après l’hommage de 2025 au Brésil, qui nous a permis de franchir allègrement, avec des hôtes de cœur et de prestige comme Walter Salles (oscar du meilleur film international) ou Kleber Mendonça Filho (palme cannoise de la mise en scène), le cap des 20 000 entrées de cinéma et des 4 000 visites d’expositions, l’ailleurs de nos regards est cette année suédois. On ne saurait rêver écart plus important entre territoires, filmographies et modes de vie. Et pourtant ! D’un continent à l’autre, d’un paysage à l’autre, d’un climat à l’autre, les cinéastes ne cessent obstinément de dialoguer… et de nous prouver que l’exotisme est souvent le plus révélateur des miroirs. »
On pense à Wera von Essen…



Ajout. Attaques sur l’Iran, d’Israël et des États-Unis. Il serait difficile de défendre les dirigeants iraniens, qui ont massacré récemment leur peuple. Mais comme en juin dernier, m'interpelle le fait que les États-Unis attaquent lors qu’ils étaient en phase de négociation avec l’Iran. Aussi : nulle déclaration de guerre, comme si les anciennes lois des conflits étaient devenues d’un coup caduques.

NB

samedi 3 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute assez traditionnels semble-t-il (Thomas Nydahl), et New York, si j’ai bien compris, où vit un Français d’origine, homosexuel, disciple de l’empereur Hadrien.

NB - Anjou

 Le premier, dont on va un peu sauver le blog Nydahls Occident (c’était avant cet article calamiteux évoqué au dernier billet), écrit le 14 novembre – il faudrait aussi en ce blog, Suédois d'ailleurs, une étiquette « Le temps passe » :

« Att Putinfascismen verkligen startade angreppskriget mot Ukraina är ett nederlag också för alla fria nationer (…)
Jag befinner mig i ett tillstånd av uppgivenhet och bedrövelse. Det har förstås mest att göra med det pågående skeendet. Men det har också privata orsaker. Omständigheternas diktatur ligger sedan flera årtionden som en våt filt över mig. Allt jag försökt, allt jag kämpat för, har rasat och förtvinat. Det rena har ersatts av mögel och svamp.
Jag har Henne här hemma, att tacka för att livet också är vackert och kärleksfullt. »

« Que le fascisme poutinesque ait pu effectivement enclencher sa guerre d’agression contre l’Ukraine, c’est une défaite pour toutes les nations libres (…)
Je me sens maintenant affligé, désabusé. C’est lié bien sûr surtout à la conjoncture. Mais ça a aussi des raisons privées. Depuis plusieurs décennies, la dictature des circonstances me recouvre comme une couverture humide. Tout ce que j’ai tenté, tout ce pour quoi je me suis battu, s’est effondré et s’est étiolé. Le pur a été remplacé par moisissure et mycose.
J'ai Elle à la maison, que je remercie de rendre la vie, quand même, belle et pleine d’amour. »

L'article est illustré d’une belle photo d’arbres dans le brouillard (d’Astrid Nydahl vraisemblablement).
Il est vrai que l’époque nous entraîne, comme un fleuve en crue, vers de mauvaises directions : constructions nucléaires, menaces d’utiliser des armes nucléaires, réduction de la biodiversité, submersion plastique, progression de l’I.A. (que je pense être, de plus en plus, une vaste connerie. Oui, l’I.A. permet certaines choses, notamment dans le domaine médical… Mais quoi, mais justement : on arrivera peut-être à cette situation où les médecins doubleront systématiquement leur diagnostic de celui de l’I.A. On pensera que c’est très bien, cela sauvera des vies peut-être. Puis petit à petit, on se rendra compte qu’on n’aura plus de médecins, plus de gens capables d’exercer ce métier de manière autonome et donc d’avoir l’expertise personnelle, le recul nécessaires à leur pratique. – D’ailleurs, du fait de la recherche d’un certain confort bobo, a-t-on encore de vrais médecins, qui acceptent de sortir de leurs centre-villes, de leurs emplois du temps confortables pour exercer ? Là, l’I.A. n’y est pour rien ; une certaine éthique… –), menaces russe, chinoise (très différentes), j’aurais tendance à ajouter : abêtissement de certaines masses…
Quant à ma vie privée par là-dessus…

NB - Anjou

Le disciple d’Hadrien, lui (blog Animula Vagula Blandula), de remarquer, le 27 novembre dernier :

« En 36 ils accusaient les juifs, les communistes, les homos, les noirs et les arabes, vaste amalgame de détestations et de colère, abreuvés par une presse qui alimentait leur flamme par une diarrhée immonde d'informations, de petits mots, de sous-entendus... Tout un scénario qui à travers le monde se répète et s'amplifie. Les peuples ne se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière le masque de l'honorabilité, de la simplicité, de l'élégance affectée des nouveaux populistes. On les flatte, on leur rappelle qu'on vient des mêmes villages, des mêmes cités, qu'on partage leurs aspirations et leurs colères et peu à peu on grimpe jusqu'au sommet de l’État et dès le lendemain on confisque la souveraineté au peuple, on s'auto-amnistie, on se remplit les poches et on se vautre dans le luxe. (...) Et les peuples joyeux sont prêts à se jeter dans la gueule souriante du diable et de ses diablotins... »

Les « noirs et les arabes », en 36, je ne suis pas sûr qu’ils aient été une cible privilégiée. (Peut-être, du reste, aurait-il mieux valu parler de 34, mais…) Il y avait plutôt les Italiens ; j’aurais tendance à ajouter, dans certains « mondes », au cœur de certaines morales, les femmes. Celles qui seront tondues en 40, parce que la morale de ces mondes-temps acceptait que les hommes fussent « volages », interdisait aux femmes d’être des « salopes »…
La notion de « sous-entendus », pour faire passer toutes sortes de saloperies précisément, est bien vue.
Elle existe encore aujourd’hui où des crétins parlent avec légèreté des camps de concentration, par exemple, décomplexés par les errements des derniers gouvernements israéliens, confondant complètement, lesdits crétins, dans leur bile plus ou moins réseau-sociarde, les mondes et les temps…


Nils Blanchard


Ajout : Mort d’Henri Mosson, le 30 décembre dernier, dont il a été un peu question en ce billet-là
Ce billet évoque aussi des bizarreries (à tout le moins) « historiographiques » (si l’on peut dire…) alsaciennes, sur lesquelles il faudra que je revienne malheureusement.

samedi 20 décembre 2025

Hasards ou concomitances

La lecture du blog Alluvions (en lien de ce blog, liste à droite, cliquer, etc.) et ses hasardeuses coïncidences, synchronicités, ont attiré mon attention sur trois hasards récents me concernant.

NB - Alsace, automne 2025

 Le premier concerne précisément un article d’Alluvions. Je parlais à un ami, de l’autre côté du Rhin – nous parlions de son (très jeune) fils, de l’agression russe en Ukraine… –, de tirages au sort de conscrit pour le service militaire, en France, dans un passé pas si lointain. Patrick Bléron d'évoquer justement – quelques jours plus tard, le 7 novembre – à propos du Bal des conscrits de Louis Peygnaud, ces tirages au sort.

« (…) à la page 27 du Bal des conscrits, Louis Peygnaud raconte une autre conscription, celle du 10 mars 1793, an II de la République, où eut lieu la première levée en masse de 300 000 hommes. De tous les villages affluaient les hommes célibataires ou veufs sans enfants de dix-huit à quarante ans. Le 15 juillet, l'Assemblée législative avait proclamé la Patrie en danger. De fait, cette première journée ayant donné peu de résultats, il fallut remettre le couvert le 17 mars. Ainsi, au Péchereau, près d'Argenton, seuls deux volontaires s'étaient inscrits le 10 mars. Et le 17, 45 hommes durent se soumettre à la voix du sort. Le maire avait préparé 33 bulletins blancs et 12 bulletins portant la mention "soldat", et chacun vient tirer un bulletin dans un chapeau (…) »



Le deuxième, je l’ai déniché (sans rien chercher d’ailleurs) sur le site Dixikon (en lien de ce blog, liste à droite, cliquer, etc.) Là, un article a été publié sur « Kambanellis om Mauthausen » (« Kambanellis sur Mauthausen »).
Il est de Jan Henrik Swahn, par ailleurs traducteur récent des Liaisons dangereuses en suédois…

Or il se trouve que de retour en voiture de je ne sais plus trop où, le jour précédant ma lecture de cet article, je réfléchissais – via, pour autant que je m’en souvienne, des réminiscences de ce colloque sur l’art et la guerre à Natzweiler, de là les dessins et le témoignage de Jeanne Letourneau… – à la spécificité des récits de camp. Spécificité en ce sens que, rédigés le plus souvent par des gens peu coutumiers de l’écrit – rarement des écrivains en tout cas ; il y a bien sûr cependant Primo Lévi et d’autres… –, ces récits prennent une force, une originalité singulière, lors même qu’ils racontent des choses similaires (et pour cause…) Je me disais que c’était qu’ils mettent sur la table, dans un sens, l’humanité profonde de l’auteur, celle qui a survécu, mais qui a été éreintée par l’expérience, qui affleure plus que chez d’autres, aux camps.

NB - Alsace, automne 2025

Enfin, une histoire un peu désagréable avec des parents d’élèves me faisait penser à la généralisation, dans laquelle on peut à tout instant sombrer…
Or Jan Henrik Swahn évoque à un moment le sujet dans son article :

« En av styrkorna med boken är just de många redogörelserna för ortsbefolkningens medlöperi, hur de närmast med förtjusning laddade sina bössor och anslöt sig till tyskarna varje gång någon hade lyckats fly från lägret. Efter befrielsen fick många bönder se sina gårdar plundras på djur och mejerivaror. Särskilt de som tidigare vägrat ge ens en brödskiva till lägerflyktingar som knackat på. Men att dra alla österrikare över en kam gick förstås inte, även om det hade varit en enkel och svartvit lösning. Kambanellis fick så småningom höra om österrikiska bönder som tagit stora risker genom att hysa flyktingar fram till krigsslutet. »

« Un des intérêts du livre, c’est justement les nombreux récits de collaboration de la population locale, qui approchait presque à la jouissance en chargeant ses fusils pour se joindre aux Allemands à chaque fois que quelqu’un avait réussi à s’enfuir du camp. Après la Libération, de nombreux paysans ont eu leurs fermes pillées d’animaux et de produits agricoles. Particulièrement ceux qui auparavant avaient refusé d’octroyer ne serait-ce qu’une tranche de pain aux fugitifs du camp qui les avaient sollicités. Mais mettre tous les Autrichiens dans le même panier n’a pas de sens bien sûr, bien que ç’aurait été une solution simple, manichéenne. Kambanellis, petit à petit à découvert que des paysans autrichiens avaient pris de grands risques en hébergeant des fugitifs jusqu’à la fin de la guerre. »

On retrouve ce thème de la population civile, entre autres dans mon Elmar Krusman.

J'ai eu donc il y a peu un rendez-vous avec des parents d’élèves, contestant une note reçue par leur fille. J’étais partie dans l’idée que c’étaient des connards (généralisation…) Ils se montrent ouverts (en apparence), le « dialogue » se finit « fructueux » ; moi, fatigué par six heures de cours (et une semaine passée ; on était vendredi…) cède et promets de « rectifier » la note de leur fille (celle ci, présente lors de l’entretien – ah, que c’est bien de partager les problèmes entre « enseignant »… allez, on va dire, « équipe pédagogique », parents et « apprenant »… – refuse étrangement de s’installer à notre table, reste près de la porte, comme si elle craignait d’en être expulsée par le souffle d’une explosion?), ce que je serai obligé de faire, du coup.
Jusque là : formidable. Pour un peu, on me remettra la médaille de l’Ordre de Meirieu !

Sauf que… Y réfléchissant un peu de retour chez moi, je me rends compte que non : j’avais raison en premier lieu. L’élève a vraisemblablement triché sur son voisin. Ce n’est pas la note faible, un peu en-dessous de la moyenne qu’on m’a reprochée, qu’elle devrait avoir, mais un zéro pointé.
Le doute ne réside vraiment que dans la bonne foi des parents (moi-même, sur le coup de la rencontre, n’ayant su retrouver clairement les tenants et les aboutissants du problème ; j’ai toujours des problèmes de vue, j’étais fatigué – et passablement énervé –, etc.)
Quant à leur fille, le résultat reste le même : elle sait qu’elle a triché. Se perfectionnera-t-elle dans l’art d’abuser ses parents (s’ils étaient dupes) ?
Et sur le principe, ma généralité, là, restait efficace : des parents n’ont pas à contester à la légère une note (en plus une petite note de simple test de début de cours), n’auraient jamais dû se croire seulement autorisés à franchir les grilles d’un collège pour ce faire.

Ce qui ne me réconcilie pas pour autant avec les généralités. 


Nils Blanchard

dimanche 23 novembre 2025

Les faux amis ?

Abandonner son allié en pleine guerre – et au moment où l’hiver commence –, lors qu’on sait que son aide est capitale (et qu’on l’a, au passage dûment monnayée), cela ne pourrait-il pas être assimilé à de la trahison. Pour le moins, cela peut faire penser à la notion de « faux ami ».

William Halsall, Le Mayflower dans le port de Plymouth - Wikipedia

On sait qu’un « faux ami » est un même mot (ou très ressemblant) employé dans deux langues différentes avec des significations particulières.
Par exemple, « traitor », en anglais (traître), est plus proche du français « traiteur » pour ce qui est de la prononciation.

Bon mais cela pour dire qu’on peut employer des mêmes mots, mais avec des significations, et des conséquences totalement différentes.
D. Trump prétend œuvrer à la paix (et demanda, tel un enfant gâté, qu’on lui donnât un prix Nobel comme une sucette qu’il aurait vue dans une vitrine). Mais la paix qu’il construirait, si ses « 28 points » (Nathalie Loiseau parle de « torchon », le Guardian relève des formulations directement traduites du russe…) étaient « validés », ce serait la primeur (on parlait de traiteurs) à la violence, à la dictature poutinienne au-delà de la Russie.

Jennie Augusta Brownscombe, Thanksgiving - Wikipedia

Vingt-huit points. A-t-il seulement pensé (un de ses conseillers ? – mais ces gens ont l’air absolument incultes –) aux quatorze points de Wilson aux traités de Paris ? Trump ferait le double, tant il est génial ? (Pour lui, tout est affaire de quantités ; en quoi il se distingue d’un traiteur qui doit veiller à une certaine qualité de ses produits…)
Les quatorze points de Wilson, fondus dans les traités de Paris, furent en partie un échec, peu respectés – notamment le droit à l’autodétermination des peuples… Quid du droit à l’autodétermination à Louhansk et Donetsk ?

J. L. G. Ferris, The first Thanksgiving - Wikipedia

I
l menace donc (à nouveau), le président des États-Unis, de retirer son aide à l’Ukraine, et pose un ultimatum à Zelensky avant Thanksgiving jeudi de la semaine à venir (selon le Washington Post) – ironie dont l’idée ne doit même pas l’effleurer.

Je lis dans un article du Figaro, de Valérie Samson (26 novembre 2024) que « Thanksgiving est un jour férié aux États-Unis. Cette fête a été fixée le quatrième jeudi de novembre par le Président Franklin Delano Roosevelt en 1941.
() La célébration nationale sous sa forme moderne remonte à 1863, en pleine guerre civile, lorsque le président Abraham Lincoln a proclamé un Thanksgiving national qui se tiendrait chaque mois de novembre. Mais ses origines remontent à 1621 : elle commémore la première récolte des pèlerins survivant du Mayflower»

Grand Dieu ! Faux amis des listes de « dignitaires » ; quels noms il faut ressortir, et comparer – et comparer ! – à celui de Trump… Lincoln, Roosevelt…

Valérie Samson poursuit : « Les pèlerins établirent la première colonie prospère de Nouvelle-Angleterre et célébrèrent en 1621 les fruits de leur première récolte, qu’ils partagent avec leurs voisins amérindiens pour les remercier de leur aide : ce que l’on a appelé ensuite le premier Thanksgiving.
(...)
Au-delà des ripailles et de l’occasion de se retrouver en famille, Thanksgiving, comme son nom l’indique, est aujourd’hui encore l’occasion d’exprimer sa gratitude. »

No comment


Nils Blanchard


Ajout. – Bon, évidemment, au moment où je relis ce billet on m’informe que D. Trump est déjà en passe de changer d’avis (ce qui était du reste bien prévisible…)

Ça a été évoqué ici çà et là, timidement ; pourrait-on paradoxalement escompter du bien des agissements de l’actuelle administration américaine ?
Évidemment, la paix (mais laquelle, combien de temps durerait-elle?) serait à souhaiter en priorité.
Aussi, la fin d’un certain ordre sécuritaire mondial (OTAN…) pourrait laisser la place, un jour, à autre chose, meilleur…

– Rattrapage d’étiquette du dernier billet : Camille Claus.

mardi 7 octobre 2025

Les saisons d’un blog… / Ticket 171

Les saisons d’un blog tournent plus vite que celles des maraîchers souriants de la réalité. (Sans compter qu’un média numérique reste, quoi qu’on fasse, numérique. On me dira que les livres aussi ont leur irréalité ? Peut-être…) 
Par ailleurs, je n’aime pas courir après l’actualité, mais…

NB - Automne, l’année dernière

 Ces pensées un peu à tort et à travers, parce qu’après l’annonce récemment de la mort d’un blogueur (qui était en lien indirect de ce blog – j’en reparlerai), je viens d’apprendre celle de Gabrielle Björnstrand, dont le blog Gabis Annex est en lien direct, lui, de ces pages.
C'est l’autre Gabrielle (en lien direct aussi, et à propos de laquelle je voulais justement dire quelques petites choses, depuis quelque temps – mais les articles s’encombrent en ce moment au point de « publication » ; « publications » que j’ai pris le parti de restreindre à environ six, sept par mois…) qui a annoncé sa disparition sur son blog

Il y avait comme une teinte d’éternel dans le blog Gabis annex, quand y étaient évoqués les paysages du nord de la Suède, les gens vivant là-haut, les particularités et problèmes pratiques liés au climat (froid, neige, isolement… lumières…)

NB - Automne, l’année dernière

Jean-Jacques Birgé, lui aussi en lien indirect, etc., écrivait dans son blog le 23 septembre 2024 – une année sur un blog passe à peu près comme quelques secondes, quand il en reste une trace copiée-collée quelque part… – ; « Avec le temps je me suis aperçu que la mémoire se fige et que nous finissons par toujours raconter les mêmes histoires, et surtout de la même façon. Il en est une que je me suis vu réitérer récemment. »

Précisément, l’intérêt d’un blog peut être de sortir de ses « bulles mémorielles » (qui doivent être plus ou moins imperméables d’une personne à l’autre) pour prendre du recul vis-à-vis de ses idées et expériences, faire des liens avec d’autres pensées. En bref : faire œuvre d’intellectuel. (Encore faut-il ne pas déverser ses âneries vomitives, non mâchées, comme je ne sais quelle bile, en réagissant sans recul à tout ce qui passe à portée.)

On vit dans un monde où l’on dispose de tellement d’informations, intéressantes souvent quand même pour peu qu’on aille les chercher ; où, peut-être – allez… sans doute – aussi, des évolutions ont cours comme jamais – crise écologique, intelligence artificielle, crise des démocraties… – qu’il est difficile de garder, précisément, ce recul.
Que faire œuvre de blogueur intellectuel relève d’un certain équilibrisme…

NB - Automne, l’année dernière

Un danger qui guette le blogueur, tel en tout cas que je semble me voir dans la glace, c’est de s’enfermer dans un « intérieur numérique ».
Aussi, qu’on le veuille ou non, ce blog – à plus ou moins courte échéance – est mortel (non, je ne paraphrase pas Valéry) et c’est très bien ainsi, salvateur. Il est une parenthèse.

« Intérieur numérique », cependant… Oui, mais liens, numériques, aussi. Ainsi ai-je l’impression que Gabrielle Roland Waldén de « Gabrielles blogg », que je n’ai jamais rencontrée ni même contactée (ça viendra peut-être un jour), qui pousse des coups de gueule contre les criminels contre l’humanité que sont Netanyahou et son gouvernement (Gabrielle Björnstrand le faisait aussi), ou contre l’alliance Tidö, mâtinée d’extrême droite, au pouvoir en Suède, contre l’agression russe en Ukraine… et qui s’intéresse par ailleurs à un navigateur du dix-huitième siècle (et à Stockholm!), est comme une vieille connaissance.

Et voilà que précisément, elle parle le 1er octobre (2025) de salle d’attente :

« Går till Provtagningen på det stora sjukhuset. Trycker fram en kölapp i apparaten. Jag sätter mig så att jag kan se när könumren ändras ovanför de 5-6 rum där proverna tas. 171 står det på lappen. Ser mig omkring. Här sitter 10-12 personer i olika åldrar och väntar. Flera står också lutade mot väggen vid ingången till det stora väntrummet. »

« Je suis allée faire des analyses au grand hôpital. Pris un ticket de queue. Je m'assois de telle manière que je puisse voir les numéros défiler au-dessus des cinq-six salles où l’on fait les tests. Mon ticket indique 171. Je regarde autour de moi. Il y a là dix-douze personnes de différents âges qui attendent assises. D’autres sont aussi debout contre le mur près de l’entrée principale. »

Puis de décrire différentes scènes autour d’elle. Les gens parlent peu. La blogueuse se demandera finalement si ce ne serait pas le moment, pourtant, de parler, de réchauffement climatique..., de quoi d’autre encore ?

« Väntrum på sjukhus är ofta så här. Det är tyst tyst tyst.
Alla de som väntar på sin tur har ju något hälsoproblem som ska åtgärdas och nu måste blodprov tas. Hur tankarna går hos dem som väntar går inte att veta. »

« Une salle d’attente d’hôpital est souvent ainsi. C’est silencieux silencieux, silencieux.
Tous ceux qui sont là ont un problème de santé à résoudre, et maintenant il faut faire un test sanguin. À quoi pensent les autres, on ne peut pas savoir. »




Ajout. Sur le temps qui passe… Plus de deux ans depuis l’ignoble 7 octobre. S’en sont ensuivi (le Hamas l’avait en partie prévu sans doute) la riposte-vengeance tous azimut du gouvernement mâtiné d’extrême droite d’Israël, les intenables atteintes aux civils de Gaza.
Dans le Göteborgs Posten, le 16 septembre dernier, Henri Ascher (pédiatre, professeur à l’Université de Göteborg) écrit (dans le cadre d’une polémique sur l’antisémitisme en Suède, ses liens avec les événements en Israël…) :

« Om man verkligen på allvar vill bekämpa antisemitismen krävs det åtminstone tre saker: Det första är, som Göran Rosenberg nyligen pekat på, att journalistiken är sanningsenlig. Det andra, att man erkänner att judar i Sverige inte är en stereotyp, enhetlig massa utan människor med olika uppfattningar och upplevelser: en del av ökad antisemitism, andra av rädsla för det och många som inte alls har sådana erfarenheter. Det tredje är att man slutar med den farliga urvattning av antisemitismbegreppet som det innebär när man använder det i politiska syften för att tysta kritik mot det som FN betecknar som brott mot mänskligheten och som även förintelseforskare, judar över hela världen liksom israeliska författare och mänskliga rättighetsorganisationer betecknar som folkmord. »

« Si l’on veut sérieusement lutter contre l’antisémitisme, il faut trois choses : La première est, comme Göran Rosenberg l’a récemment montré, que le journalisme soit fiable. La deuxième est que l’on reconnaisse que les juifs en Suède ne constituent pas un stéréotype, une masse uniforme de gens sans opinions ou expériences – expériences pour une part d’une montée de l’antisémitisme, pour une autre de son appréhension, et une autre grande part qui n’a pas du tout ces expériences-là. La troisième : mettre fin à la dangereuse banalisation du concept d’antisémitisme, utilisé à des fins politiques pour faire taire les critiques contre ce que l’ONU qualifie de crimes contre l’humanité, ainsi que des chercheurs spécialistes de la Shoah, des juifs à travers le monde entier, des écrivains israéliens ou des organisations de défense des droits de l’homme, qui parlent de génocide. »

Ça me semble sensé…


NB

vendredi 11 juillet 2025

Revue de revue de revues de…

Peut-être vais-je finir par devenir un homme de revues ; un « moitié fou » dit (je cite de mémoire, ça ne doit pas être exactement ça) Morand (ou Chardonne?) à propos de Léautaud et de son travail au Mercure de France.
Il y a mes travaux sur 84 (je ne vais pas vous enserrer de liens ; allez voir, l’index, version ordinateur…), textes dans La Route inconnue…

NB - Tallinn, 2018

Et voilà qu’un travail sur un étrange hebdomadaire, Sovjet-Estland, suite à un colloque auquel j’ai participé à l’INALCO en 2021 (déjà…) vient de paraître dans la revue numérique Nordiques (elle aussi en lien de ce blog…)

En voici le résumé : Sovjet-Estland, une revue soviétique pour les Suédois d’Estonie.

« Sovjet-Estland, édité à Tallinn d’octobre 1940 à août 1941, est un hebdomadaire en langue suédoise, à destination des Suédois d’Estonie (environ 8000 habitants) qui paraît pendant la première annexion de l’Estonie par l’URSS, jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes du plan Barbarossa. Organe du parti communiste local (Läänemaa), il est particulier d’abord parce qu’il s’adresse à une petite minorité, et parce que cette minorité est a priori peu à même d’épouser son communisme militant. L’hebdomadaire doit donc s’adapter aux caractéristiques des Esto-Suédois, en reprenant en partie la tradition de leur revue précédente qu’était Kustbon, tout en menant une opération de communication politique, au long de ses 43 numéros. Sovjet-Estland pointe ainsi les efforts du gouvernement soviétique à destination des Esto-Suédois et tâche de les convaincre de renoncer à l’idée d’émigrer vers la Suède. En même temps, Sovjet-Estland peut apparaître comme une tribune pour développer l’image d’un contre-modèle à destination de l’Occident. »

NB - Tallinn, 2018, vers l'ancienne prison Patarei 

Il se trouve que peu avant a paru le numéro 73 de La revue des revues (en lien de ce blog, cela aussi, en lien…) Celui-ci, je me le suis procuré (maintenant, je suis abonné…) à cause d’un de ses titres (je parlais récemment de mes dispersions… de Jules Roy aussi…) : « Henri Bosco, Aguedal ».
Pour être plus précis, c’est un article de Guy Dugas, « Henri Bosco au Maroc (1931-1955) et l’aventure d’Aguedal ». Seize pages (avec illustrations) sur un sujet (qui m’intéresse…) sur lequel on trouve peu de choses sur le net et ailleurs…
Résumé ? Résumé…

« C'est chose peu connue : l’écrivain provençal Henri Bosco (1888-1976) a passé près de 25 années au Maroc, entre 1931 et 1955. Outre la publication de plusieurs ouvrages importants, notamment Le Mas Théotime (éd. Charlot, 1945) prix Renaudot, il y dirigea durant cette période très compliquée la revue Aguedal (une vingtaine de numéros avec une suspension au début de la guerre, et quelques tirés-à-part).
Par sa longévité comme par la richesse de ses sommaires, son ancrage en milieu arabe et berbère sans équivalent parmi les revues nord-africaines de la période coloniale, Aguedal représente un élément majeur de l’histoire littéraire au Maghreb. Elle a été le creuset d’une réflexion, contrariée par la guerre, sur une « métaphysique orientale » inspirée de la Doctrine guénonienne qui irriguera une partie de la littérature marocaine contemporaine, de langue arabe ou française, grâce à des intellectuels tels que Mohamed-Aziz Lahbabi ou Ahmed Sefrioui. » (Guy Dugas.)



Jules Roy et Henri Bosco ont entretenu une correspondance pendant la guerre. Jules Roy reçut les lettres d’abord en Afrique du Nord, puis en Angleterre, où il servait sur un équipage de bombardier – il en a parlé (notamment encore) dans La Vallée heureuse. Ou, voyez-vous ça, dans un livre évoqué récemment par Argoul, Le navigateur.– Puis à Paris…
Les lettres de Henri Bosco (1942 à 1969, mais en fait surtout jusqu’à 1946) ont été gardées par Jules Roy et publiées par l’Amitié Henri Bosco, dans le vingt-cinquième de leurs Cahiers Henri Bosco (1985).
Comme Jules Roy le note dans un texte introductif, l’amitié des deux hommes fut de quelques années, et semble-t-il surtout épistolaire. Il semble que ce soit Jules Roy qui écrivit d’abord à son aîné ; il se souvient : « Son âme sensible avait compris à quel point j’étais coincé entre mes devoirs et mes affections et combien j’avais peu d’espoir de m’en sortir. Durant cette longue période de nuit semée de feux et de terreur, il veilla sur moi. » (Cahiers Henri Bosco, 25, 1985, pages 89-90.)

On peut penser peut-être, même s’il semble que les drones ont remplacé en grande partie les bombardiers, à certains combattants d’Ukraine.


Nils Blanchard


Triche. Ajout d'étiquette du dernier billet : Garçon au poisson. 

samedi 28 juin 2025

Des temps et des oiseaux de fer

À cette journée au Mont-de-Jeux fin mai (Ardennes) consacrée à André Dhôtel, dont il a déjà été fait mention ici, une troupe amateur, le Théâtre de la Grande Oreille, a donné une représentation d’une partie de l’adaptation radiophonique de L’Île aux oiseaux de fer.

NB - Mont-de-Jeux, baraquement d’André Dhôtel

 
J'ai déjà parlé de ce livre ; il a une actualité étrange et dramatique. Son épitomé : Julien Grainebis, le héros des contes du même nom, est repris de l’envie de voyager, quitte Bermont et embarque du Havre sur le Tourterelle où il est engagé comme steward avec Daniel, personnage hâbleur et vaguement maléfique, qui pousse Julien à l’eau en pleine mer, quelque part dans le Pacifique à proximité d’une étrange île. Julien Grainebis rejoint l’île à la nage et est tout de suite accueilli – et peut-être sauvé de requins – par ceux qui donnent son nom au roman : les oiseaux de fer. Ce sont des sortes de drones – on ne devait pas employer le mot en 1956 –, qui servent de police, notamment morale et politique, à un gouvernement sans tête de l’endroit, dictatorial, totalitaire pour mieux dire. Le gouvernement – ses manifestations en tout cas – y est une hydre déconcertante d’intelligence artificielle et de psychologie.
Julien Grainebis est intégré tant mien que mal aux travailleurs de l’endroit – on a quelque chose de Kallocain (La Kallocaïne) de Karin Boye –, mais parviendra, aussi logiquement qu’invraisemblablement à faire « buguer » (ce terme non plus n’existait pas en 1956) les oiseaux de fer, mais aussi à entraîner dans sa fuite amoureuse une psychologue…



Or comment ne pas songer que tous ces drones sont – entre autres bien sûr – une marque des conflits actuels, notamment celui entre la Russie et l’Ukraine ? (Récemment, il a été annoncé que Renault devrait construire des drones en Ukraine, de même que la marque produisit des chars pendant la Première Guerre mondiale…) Kiev, Odessa, Gammalsvenskby, sont régulièrement touchés par des drones ou des bombes planantes. La population de Gammalsvenskby a été réduite quasiment à néant ; on lit sur ce blog en lien de celui-ci, le 19 juin (Sofia Hoas) :

« Det är nu bara 7 personer kvar i byn. De uppmanas att lämna. Det är livsfarligt att köra ner nödhjälp. Innan det ryska anfallskriget började bodde det 2300 personer i byn. Det fanns bl.s. skola, vårdcentral, ålderdomshem, butiker, kulturhus och kyrkor. Alla de är nu jämnade med marken eller utbrända. »

« Il n’y a plus que sept personnes au village. On les presse de partir. On risque sa vie quand l’on y achemine de l’aide d’urgence. Avant la guerre d’agression de la Russie, le village comptait 2300 habitants. Il s’y trouvait notamment une école, un centre de soins, une maison de retraite, des boutiques, une maison de la culture, et des églises. Tout cela est désormais rasé ou brûlé. »

Le blog Argoul de conter d’évoquer un ancien voyage à Odessa, le 17 mars 2023, et :

« Les gens d’Odessa méritent qu’on se souvienne d’eux.
Avec l’invasion russe à prétexte xénophobe, d’un clair racisme anti-occidental, l’Ukraine résiste.
Ce sont des gens ordinaires, des vieux qui ont encore l’habitus soviétique mais qui sont heureux d’en avoir fini avec les contraintes du « communisme », des hommes mûrs qui sont au front pour défendre leur travail, leur famille et leur patrie (mais oui, Pétain-Poutine !) ; des jeunes qui aspirent à l’avenir en Europe et à vivre selon leurs goûts.
Tous ceux que j’ai vus il y a 17 ans sont peut-être au front, peut-être déjà tués… Souvenir. »

NB - juin 2025, Strasbourg

Temps qui passe, passablement bouleversé en temps de guerre. Or j’écris ce billet d’une salle d’attente d’un vaste hôpital de Strasbourg, d’une ville en paix, donc… Le NHC (Nouvel Hôpital Civil), est une véritable ville dans la ville. La notion du temps y est comme transformée, de même que les repères géographiques – un peu comme sur une île. Je m’y repère notamment grâce au copain un peu râleur de l’emblème de ce blog, déjà évoqué, le garçon au poisson.

NB - juin 2025, Strasbourg

Que sont devenus, que deviendront les gens que je croise, que j’ai croisés ici ?


Nils Blanchard


P.-S. Il y a ces temps-ci une publicité qui met en scène des… oiseaux de fer, pour la marque « Macintosh » je crois. Ce sont là des volatiles métalliques dont le gros du corps est une caméra qui vient espionner ls regardeurs de « smartphones » (on se demande bien pourquoi ces volatiles perdent leur temps de la sorte!) ; une « application » (de protection des informations, des donnés?) les fait exploser en vol…

Triche. Ajout d’étiquettes du dernier article, à savoir : Iran, François Hollande, Donald Trump.

dimanche 11 mai 2025

Plus d’un an après / Inquiétudes de mai

Une certaine actualité, la guerre en Ukraine, certains désastres environnementaux – parmi tant d’autres sujets ! – suivent ce blog comme une ombre.

NB, Walbourg, mai 2025

Le 14 février 2024, il fut question ici de l’A 69, à propos de laquelle récemment (encore…) il y a eu une décision du 27 février (2025) du tribunal administratif de Toulouse, un peu plus d’un an plus tard. Elle a annulé les autorisations « environnementales » et entraîné la suspension du chantier.
Les arguments pour le chantier (faisons-nous avocat du diable) ; il y en a un de taille : l’état de droit ; le fait qu’à un moment donné, des instances élues aient donné leur accord à la chose.
Bon. 

Pour les arguments contre, au-delà de ce qui a été dit à plusieurs reprises ici, ailleurs : ne doit-on pas avoir pour principe, sauf cas vraiment exceptionnel, d’arrêter d’artificialiser des espaces ?
J'ajouterais qu’il faudrait rendre à la nature ou à l’agriculture des lieux artificiels dépassés. Arrêter de construire des routes rapides, où vont s’ébaudir des panzers qui, même s’ils sont à la mode, sont d’un temps absolument révolu.

Allez, Épicure : “Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien.” Son école : le Jardin.

NB, Walbourg, mai 2025


L'article suivant (le 16 février 2024 ; Rhin, La nuit du chasseur, toutes sortes de choses…), évoquait un article d’Adam Cwejman : « Kriget som väst helst vill glömma » – « La guerre que l’Occident s’efforce d’oublier », où on lisait : « Putin sitter och väntar på att USA och Europa ska glömma av Ukraina. » / « Poutine, sur son trône, attend que les États-Unis et l’Europe oublient l’Ukraine. »

Si vraiment Poutine espérait que la guerre en Ukraine passerait à l’arrière-plan, puis serait oubliée, il semble qu’il se soit trompé.
Mais ce n’est pas fini… malgré le pschitt des « 24 heures » de l’homme des reculs, Donald Trump. Si États-Unis, Ukraine, et peut-être derrière un peu certains pays européens parviennent à des projets d’accord de paix, rien ne nous permet de dire que la Russie de Poutine y souscrira rapidement.

C'est qu’il y a un terme qu’on peut apposer à ces gens – Poutine, Trump –, comme le fait Gabrielle Björnstrand (Gabis annex) le 21 février (2025), c’est « girighet », autrement dit : la cupidité. Ne peut-on étendre ça à l’envie, au dépit ?

« Makt och girighet hör förstås ihop (Masha Gessen har berättat att girighet alltid var Putins främsta egenskap). Plus de enorma komplexen - Trumps ständiga gliringar till både Biden, Harris och Zelenskuyij och alla möjliga andra inom politik och film som är mer begåvade än han själv. Putin har ett enormt Europa-komplex (…) »

« Pouvoir et cupidité vont bien sûr de pair (et Masha Gessen a raconté que la cupidité était le principal trait de Poutine). Il faut ajouter à cela d’énormes complexes – les fixettes incessantes de trump envers Biden, Harris et Zelensky – et envers tous ceux en politique, show-business, qui sont plus talentueux que lui. Poutine a quant à lui un énorme complexe vis-à-vis de l’Europe (…) »

NB, Walbourg, mai 2025


Dans un troisième article de février 2024 (le 26, de cette série « Inquiétudes de février ») : évocation de la mort d’Alexeï Navalny, du réarmement en préparation de l’Europe, alors même que les poutinolâtres progressaient çà et là aux élections de divers lieux du continent…

Difficile de ne pas soutenir ce réarmement. On a vu comment Poutine est prêt à sacrifier sans ciller des centaines de milliers (vraisemblablement) de ses jeunes compatriotes pour soulager ses pulsions…
Mais qu’est-ce qu’il est rageant de voir le monde dépenser tant d’argent dans l’armement lors que l’on a tant d’autres besoins. J’enfonce une porte ouverte, me dira-t-on ? Au moins est-ce une ouverture...


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Peer de Smit, Blaincourt, Mathaux, Radonvilliers, Brienne-la-Vieille, Frédéric Chopin.

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...