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jeudi 5 décembre 2024

Entre Aube et Haute-Marne / saint Nicolas – Jean Balthazar

Il a déjà été évoqué ici cette marche du printemps dernier entre Aube et Haute-Marne, d’églises en églises (pour leurs pans de bois, vitraux…), marche prolongée par des arrêts ici et là, lorsque j’ai l’occasion de traverser cette région.

NB - Dans l'église d'Outines


Je me suis vite rendu compte qu’il y avait quasiment dans chacune des églises visitées quelque allusion à saint Nicolas (tableau, sculpture).
On le reconnaît assez facilement à son vêtement épiscopal (mitre, crosse…), et à cette cuve contenant trois enfants, auprès de lui.


NB - Dans l'église de Juzanvigny; un peu flou, mais... 


Ignorant du détail de l’histoire, j’ai fini par y revenir. Pour résumer, des enfants se perdent en forêt, sont récupérés par une sorte d’ogre (qui deviendra le « père fouettard ») qui décide d’en faire ni plus ni moins (des enfants en question), que du petit salé. D’où la cuve ; les enfants sont cuits, assaisonnés, prêts à être mangés.


NB - Dans l'égilse de Droyes

Mais saint Nicolas passe par là, intervient, et non seulement sauve – ce mythe est quand même assez particulier – mais ressuscite les trois enfants.

(Images de mer dans les deux précédents tableaux – saint Nicolas, outre celui des hommes célibataires, est le patron des marins et bateliers, entre autres…)

(Alors, une question que je me pose : est-ce de là que vient l’expression « lardons », pour désigner les jeunes enfants?)

NB - Dans l'église de Vallentigny

Bon, mais ensuite, saint Nicolas est plus ou moins associé au « père Noël »… Quant au père fouettard, il continue de l’accompagner ; les deux ont visiblement sympathisé.

(Alors, je me pose une question : est-ce la base d’un certain type d’éducation bien ancrée dans les mœurs ?)

NB - Dans l'église d'Outines


Pour finir, l’histoire en question se serait passée au troisième siècle et / ou au sixième en Lycie (sud de l’Anatolie), d’où une phalange d’un saint réunissant pour ainsi dire les deux siècles aurait été amenée en Lorraine via Bari. Du coup, saint Nicolas est devenu le patron de la Lorraine, d’où sa présence dans les sanctuaires d’Aube et de Haute-Marne qui n’en sont pas si éloignés.

(Coca-cola a participé à fixer le personnage du père Noël. Où serait passé le père Fouettard dans l’affaire ? Elon Musk ?)



Nils Blanchard

lundi 2 décembre 2024

Marche ou crève, hiver qui vient / Maternités

Impression de n'avoir le temps de rien faire. Pourtant, cette année, je n’enseigne plus à l’université. J’ai fini un article dont je suis assez content, sur la guerre dans un roman d’André Dhôtel.
D'ailleurs, le cahier a paru ; je ne saurais trop le recommander, il suffit d’aller voir sur le site de la Route inconnue (vers le haut, à droite de l’écran, version ordinateur...) 



Mais cette façon de se croire toujours obligé de faire quelque chose, voire… de croire avoir quelque chose à faire… comme ces gens qui s’imposent des réunions inutiles, des procédures sottes, et croient travailler de la sorte.

Je ne dois pas être le seul.
Krickelins, le premier décembre, parle de « självuppfunna måsten » – « les must qu’on s’impose » ; la traduction n’est pas aisée… (Bon, et visiblement, elle a une légère déprime liée à un passage d’une maison à une autre ; on connaît ça, ceci aggravé par les rigueurs lumineuses de l’hiver qui arrive :

« Jag är alltid påverkad av ljuset och säsongerna i mitt arbete. Man tänker mest på det då man inte har det. Som nu under vintern.
Dagarna då ljuset knappt visar sig alls. Inomhus kan det kännas som det är kväll en hel dag och jag går och väntar på de får lunchtimmarna då jag skulle kunna plocka fram kameran för att föreviga det jag planerat och sedan blir klockan tre och det är kört. »

« La lumière, les saisons ont toujours une influence sur mon travail. Et on y pense surtout en moment de manque. Comme maintenant avec l’hiver.
Ces jours où le jour se montre à peine. À l’intérieur, on peut avoir l’impression que c’est le soir toute la journée et je m’apprête, laisse passer le moment du déjeuner, et voudrais prendre l’appareil photo pour capturer ce que j’ai prévu mais il est déjà trois heures et le moment est passé. »

Capture d'écran


Et sur une image de ce blog apparaissent étrangement Jane Birkin et Serge Gainsbourg. Et la statue me rappelle une autre, dans le cimetière de Puellemontier. Marche évoquée déjà par ici ; Haute-Marne, Aube…
Le temps lui a forgé une étrange apparence « thanatosienne ».

NB - Puellemontier


NB - Puellemontier

Autre tracas, ces fatigues de fin de semaines, semi-crèves (sens imagé du terme) transmis par les charmantes têtes blondes qui se mouchent à qui mieux mieux comme pour se venger des mois de Covid – auxquels, visiblement, beaucoup de leurs parents n’ont rien compris…

Et quant à nos édiles, à moitié élus ; leur « marche ou crève » de petits enfants martiaux terrifiés par les « agences de notation » (il faudra bien un jour que quelqu’un se décide à les remettre à leur place…), nos édiles donc, de bavasser sur la nécessité d’aller au travail même quand on a un « petit rhume », d’imposer trois journées de carence aux fonctionnaires… (Ces politiques, aussi, des jalousies des uns contre les autres…)

Sandra (Holmqvist), elle, écrit (en lien, vers le haut, à droite…) le 27 novembre :

« Inte undra på att jag kroknar i en förkylning mot slutet av veckan. Jag jobbar hemifrån bäst jag kan, sover tiotimmarsnätter men är ändå trött, och när vi ska ut på en kort promenad för att få lite luft och titta på änderna vid bron så missar jag det sista trappsteget och stukar foten. »

« Pas la peine de se demander pourquoi je chope un rhume vers le week-end. Je travaille le plus possible à la maison, fais des nuits de dix heures et suis néanmoins fatiguée, et quand on sort faire une petite promenade pour prendre un peu l’air et aller regarder les canards près du pont, je rate la dernière marche et me foule la cheville. »

Des nuits de dix heures ?
Ma foi… Ça me rappelle une berceuse ; pas Gainsbourg, Dutronc

Dix heures, ça, ce doit être le lot du charmant petit bonhomme de bientôt trois ans, fils d’amis que j’évoquai vers les débuts de ce blog. Voilà un garçon avisé, visiblement ! Je ne l’imagine guère, plus tard bavasser comme certains petits marquis (ceux-là, pas élus du tout) dans le vide.


NB - Eva Blanchard, Maternité (tuffeau)


Il parle du reste peu. Mais en deux langues, s’il vous plaît !
J'ai traversé le Rhin, en bac, dans la nuit pour aller le voir.

Dans l’hiver qui arrive.

Et dans l’hiver qui vient
je pense à Héloïse
Ses sylvestres chemins
Ses batailles, ses bises



(Vers le haut de l’écran, à droite...)


Nils Blanchard

mardi 5 décembre 2023

Neige / tristes langages / Vit och svart

On passe du noir au blanc ; enfer ou paradis pour les uns, inversement pour les autres. Du coup pour illustration et sans grand lien au sujet, j’ai retrouvé cette photo de Paris. Je ne saurais dire, à l’instant, quand je l’ai prise. Peu importe.

NB

Des jours passés ont été un bombardement d’ignominie importée de Fricland : le rush du black
friday… Au moins un ministre, en France, discrètement peut-être, a-t-il été à l’encontre d’une certaine doxa à ce sujet, dans son gouvernement même vraisemblablement. Dans un article du Figaro du 14 novembre dernier (de Jérémy Pennors) – puis il y a eu une campagne d’information qui a fait jaser… –, Christophe Béchu de dénoncer le récit du Black Friday, « qui vante un modèle de surconsommation insoutenable (…) Je rêve d’un Green Friday où le récit de la sobriété, de la réparation, du réemploi serait mis à l’honneur comme contre-modèle de société. »

Dans le Göteborgs Posten, un article de Jonathan Andersson (le 28 novembre) narre l’histoire d’un vendeur du magazine Faktum, journal de sans-abris :

« Den mångårige Faktum-försäljaren står utanför Systembolagets lokaler i Nordstan. Fredag har bytts mot måndag och affärerna går marginellt bättre. Två försäljningar har gjorts under dagen – en till en gammal bekant och en till en äldre man. 
Fredagen, som hade lovat så mycket med både Black Friday och löning, var en annan historia. »

« Le vendeur de Faktum, avec derrière lui ses années d’expérience, se tient devant la boutique du Systembolag à Nordstan. On est lundi, vendredi est passé, et les affaires vont un tout petit peu mieux. Il a pu faire deux ventes dans la journée : une à un habitué, une à un homme assez âgé.
Vendredi, qui promettait tant (Black Friday et jour de paie), ça a été une autre histoire. »

En gros, ce vendredi noir, il n’a rien vendu.
(Nordstan est une grande galerie (couverte donc) au centre de Göteborg, contenant boutiques, restaurants, accès aux gares…
Le Systembolag est la chaîne monopolisant la vente de l’alcool en Suède, contrôlée par l’État.)

NB - Alsace

Dieu sait que je ne suis pas opposé à la culture anglo-saxonne – anglaise, américaine… mais on peut légitimement subodorer que l’usage incontrôlé, la frénésie, voire l’incontinence de l’usage (avec l’accent français plîîîîseuh) de termes anglais, soit la marque d’un relâchement intellectuel.
Ainsi des publicités pour attirer des candidats aux concours de professeurs, récemment en France, lâchant comme une trouvaille le mot « challenge »…

Dans un article encore de novembre (le 30 novembre) de Krickelins, l'auteure du blog d’écrire :

« Jag vaknar, ligger och skruvar mig, går upp och kissar och försöker sedan blunda igen. Det är svårt. Jag tänker på mina listor och leveranser. Sedan tänker jag på träning. Därefter tänker jag på att jag inte får bli sjuk och på att alla runt om som är sjuka. Hur ska jag värja mig?
Räknar på fingrarna. Hur många timmars sömn har jag fått egentligen?
Klockan är fem när jag ger upp, stiger upp ur sängen, dra på varm tröja och smyger nerför trappan mot dagens första kaffe. Utanför kör plogbilen. Fram och tillbaka. Fram och tillbaka. Ännu mer snö. (…) »

« Je me réveille, reste encore un peu au lit, nerveuse, me lève, vais faire pipi, essaie de fermer les yeux à nouveau. Ce n’est pas facile ; je pense à mes listes, mes livraisons. Puis je songe à faire du sport. Puis je me dis qu’il ne faut pas que je tombe malade avec tous les gens malades autour.
Comment vais-je m’en préserver ?
Je compte sur mes doigts : combien d’heures de sommeil, réellement ?
Il est cinq heures, je me lève, sors du lit et mets un pull chaud, vais doucement en bas prendre le premier café du jour. Dehors le chasse-neige. Qui va, qui vient. Qui revient. Toujours plus de neige. »

Ça, c’est dans le Bohuslän. Thomas Nydahl évoque aussi à peu près au même moment la neige en Scanie, qu’il juge « infernale » (parce qu’il est âgé et malade).

Et même en Alsace où c’est devenu si rare, il y a eu un petit tapis de blanc.

Mais voyez comme on retombe sur ses pattes : elle se lève à cinq heures. Vous y avez pensé, n’est-ce pas ? Il est cinq heures, Paris…


Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...