vendredi 17 avril 2026

La seconde partie du livre

J'ai remis en forme récemment les articles 87, 88 et 89 de ce blog (des 3, 8 et 11 mars 2023). Il m’arrive de temps à autre de remettre ainsi en forme des articles passés ; je manipulais mal, aux premiers mois de ce blog, les outils de mise en forme de la chose, ce qui rend certains billets (il y en a encore qui reste à « redresser ») difficilement lisibles…

NB – François Cacheux, Arboretum d’Angers

Vous pouvez y aller voir (liste des articles, en bas de l’index, à droite, en orange, version ordinateur…)

L'article 89 évoquait, du fait d’une réédition suédoise, Premier amour de Tourgueniev.
J'expliquais que j’étais en train de le lire (dans ma version bon marché et ancienne Librio) et que j’en étais à la première partie. (J’avais dû commencer de la lire, il y a plusieurs années, du fait de discussions avec mon père qui, au début d’une maladie, faisait une cure de Tourgueniev. Tant et si bien, du reste, que nous avions été à Bougival voir sa maison, mais c’était fermé…)

Puis-je l’avouer sans rougir ? Je n’avais progressé dans ma lecture jusqu’il y a quelques jours.
(Je lis somme toute assez peu ces derniers temps (yeux en réparation, impression d’être sans cesse pris par le temps comme il était un peu question au dernier billet…) et suis lancé dans la lecture de dizaines de livres en même temps, ce qui n’améliore pas les choses bien sûr.)

Or allez, j’ai été reprendre mon petit volume ; il ne me reste pas tant de pages ! Aspirateur, copies (grand Dieu, oui, copies !…), même courrier en retard peuvent attendre.
J'ai repris la lecture au chapitre 10 : « Dès lors, mon vrai supplice commença (…) »

Kapiton Zelentsov (tableau de la couverture du livre) -
Capture d’écran

Et je trouve cette peinture du peintre russe Zelentsov, dont un détail d’une autre orne la couverture de mon édition du livre.  Quelque chose de Carl Larsson, dans ses intérieurs, disais-je ?
Pas vraiment là, avec le portrait de ce jeune officier, si ce n’est un certain… réalisme candide du portrait ? Quel âge peut avoir ce militaire ?

(On sait que ceux que Poutine envoie sur le champ de bataille sont très jeunes…
Et combien de tués parmi eux depuis 2022 ? Plus d’un million de jeunes Russes?)

Mais Tourgueniev. Le héros du livre, Vladimir Pétrovitch, est jeune aussi ; seize ans. Et l’auteur lui en avait donné d’abord quinze.
Il s’émeut notamment d’une crise de baisers de son aimée.
Il s’émeut de l’irrationalité, de la surprise de la vie. C’est donc l’apprentissage de ce trésor de l’existence, que sait peut-être contempler certaine sagesse !

Or voyez-vous ça ; mon père de m’offrir une ancienne édition, russe, de L’Éducation sentimentale… Je me demande si ce livre ne m’avait pas fait trop grande impression quand j’étais en première…
« Ce fut comme une apparition », etc. Et une jeunesse qui se dévide…

Kapiton Zelentsov (tableau de la couverture du livre) - Capture d’écran

Mais Tourgueniev (pages 72-73 de ma petite édition Librio…, traduction de Michel Rotislav Hofmann) :

« Je m’habillai en hâte et me faufilai hors de la maison… La nuit était noire, les arbres faisaient entendre un chuchotis à peine perceptible ; une fraîcheur légère descendait du ciel ; une odeur de persil émanait du potager… Je fis le tour de toutes les allées ; le bruit de mes propres pas m’intimidait et me stimulait en même temps ; je m’arrêtais, attendais, épiant le battement de mon cœur, rapide et précis… Enfin je m’approchai de la palissade et m’appuyai sur un piquet…. Tout à coup une silhouette de femme passa rapidement à quelques pas de moi – peut-être une hallucination : je ne savais trop quoi penser… »

On a tous, plus ou moins réalisés, des rêves, d’enfance – il s’agit là encore d’enfance, de promenade nocturne.

Cette sorte de salon d’amusement entretenu par la princesse Zinaïda, avec ces jeunes hommes – et Vladimir ajouté là, tenant à un moment le rôle de page. On pourrait repérer quelque ambiance de nouvelle de Tove Jansson.
On peut trouver plein de choses.

Et étrangement, le développement de cette seconde partie longtemps manquante m’a ramené à des souvenirs personnels. Rien, oh, quasiment rien à voir entre eux et la nouvelle ; seulement des correspondances improbables dont je ne parlerai pas plus que ça. Mais c’est qu’au retour de Provence, de ces souvenirs, j’en parlai justement dans la voiture.


Nils Blanchard


Triche ; ajout d'étiquettes du dernier billet : V. Poutine, Maria Lvova-Belova, C. G. E. Mannerheim, Ukraine, Holodomor.

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