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mercredi 22 juillet 2026

Des barbares, et de thèmes qui reviennent

Néopuritanisme, maastrichtlisbonnisation, racisme ou xénophobie… vaguement en lien à l’explosion d’un équilibre (il était précaire, après tout) d’après guerre froide, reviennent dans ce blog des thèmes qui, sans trop simplifier, rejoignent une certaine vision de la Cité.

Éphèbe d'Agde - Capture d'écran

C'est ce que je me disais en lisant un article d’Argoul, qui a le mérite de vulgariser régulièrement diverses lectures, à sa sauce certes, qu’on accommoderait pas toujours exactement de la même manière…
Il était question là du mot « barbare » chez les Grecs anciens, à travers le Dictionnaire du paganisme grec de Reynal Sorel.

« Être barbare, c’est avant tout parler barbare. Les Grecs étaient fils de la lumière et, comme Apollon aimait trancher, ils accordaient une grande importance au langage articulé, messager de la parole nette. Comme dit Thésée chez Euripide, cette façon de parler en mots distincts fait l’humanité. Elle la différencie de la bestialité selon Isocrate. Mais, si le barbare est incompréhensible, il peut être assimilable dès lors qu’il fait l’effort d’apprendre la langue grecque. (…) De plus, le barbare est perfectible s’il adopte la culture grecque, selon Isocrate, qui parle en vers -380. On appelle Hellène plutôt les gens qui participent à notre éducation que ceux qui ont la même origine que nous, dit Isocrate dans son Panégyrique. »

Voilà pour le racisme ou la xénophobie, ou une certaine forme d’antisémitisme raciste : la cité, civilisée, n’est pas ce qui rejette l’autre de par ses origines, sa couleur de peau, ou on ne sait quels fantasmes…

Capture d'écran

Aussi, « Pour le Grec, c’est le corps qui donne sa forme aux vêtements et non le vêtement qui redessine le corps. (…) Être de lumière, le Grec aime plutôt montrer son corps, aller nu au sport et le moins vêtu possible à la ville, portant des tuniques carrées, dont certaines laissent à découvert, pour les hommes, le sein droit. »

Voilà, entre autres, pour le néopuritanisme. Est-il besoin de développer beaucoup ?

Et là apparaît soudain Camus : « Un homme, ça s’empêche », disait-il, rappelle Argoul, qui ne confond pas gens de liberté et « libertariens ».

Deux jours plus tôt, le 18 février, Thomas Nydahl évoquait Camus lui aussi dans un tout petit article de son blog : « Att lita på Camus har inget med att göra. Hos honom finner man istället argument att själv bruka i livets svåra stunder. » « Se fier à Camus n’a rien d’idolâtre. On trouve au contraire chez lui un argumentaire à utiliser, soi-même, dans les moments difficiles. »

Luis Márquez Romay - Capture d’écran

D
e là, on en arrive progressivement à ce à quoi je fais référence de temps en temps, à travers ce terme de maastrichtlisbonnisation : cette union européenne qui a donné la primeur à l’argent roi, qui confond souvent, malgré tel ou tel slogan, unité et uniformisation… Argoul : « La loi est faite pour dompter son chaos intérieur afin d’être libre. Car on n’est pas libre sous la loi de la jungle (...) » « Libre » concurrence partout, n’est-ce pas aussi ce qui amène au chaos environnemental, culturel, dans lequel on s’englue ?
Car finalement (Argoul via Reynal Sorel) : « Le barbare accepte la servitude, contrairement aux Grecs. Il est le sujet d’un Grand roi, et non pas le citoyen d’une cité. »

(Bon, mais ensuite, il faudrait s’interroger sur le sens que Jules Roy, qui fut ami de Camus, s’en sépara quelque peu au moment de la guerre d’Algérie – ou est-ce l’inverse ? –, donne au mot « barbare », lui qui a écrit des Mémoires barbares, des Amours barbares…)


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Fata Morgana, Carl Köhler, Frans Timén.

samedi 7 mars 2026

Fleurs / Décalage – Une cinquième saison

C'est Alain Souchon qui chantait – qui chante peut-être toujours ? – « J’aurais mis des p’tits brins d’bruyère sur ton coeur / Toi qui trouves que pour un garçon / J’aime trop les fleurs ».
C’est dans la chanson Portbail, qui parle aussi, d’une maison dans le Cotentin.
Eh, les maisons, à nouveau…

Henri Lebasque, Jeune fille au collier de fleurs,
vers 1914 - Capture d'écran 

Récemment, quelqu’un de cueillir une première anémone des bois de l’année. (En vitsippa.) Et pourquoi je pense à tout ça ? J’attends l’été, encore, bien sûr…

Envie de sortir de cet hiver trumpien – le coup d’éclat permanent –, et pas que…
Mais c’est que les fleurs peuvent aussi inquiéter ; ainsi de ces Vanités, ces bouquets de fleurs qui marquent, en le fixant, le passage du temps. Savery en a laissé plusieurs ; l’un est dans le livre de Martin Fahlén ; pas le même – mais ressemblant – que celui-ci :

Roelandt Savery, Bouquet de fleurs,
Musée des Beaux-Arts de Lille, Wikipedia

Attention aussi, une première fleur n’est pas l’explosion du printemps. Mais cette saison entre l’hiver et le printemps donne la sensation d’un décalage. Or après tout, mars est le mois de la guerre ; qu’est-ce qui peut alors tant nous étonner dans les conflits actuels ?

De nouvelles alliances ?
Article dans le Göteborgs Posten (de Wiktor Nummelin et TT) sur la visite d’E. Macron à l’Arsenal de Brest. À aucun moment il n’est question là d’OTAN, d’Union européenne, comme s’il s’agissait d’ustensiles poussiéreux qu’on garde au fond d’un placard.

« Allt är en del av en ny kärnvapenstrategi som håller på att utvecklas, i ljuset av Rysslands krig i Ukraina.
– Vi måste se vår avskräckningsstrategi mot bakgrund av hela den europeiska kontinenten – med skapande av vad jag kallar en ”avancerad avskräckning”, säger Macron.
I den ingår bland annat möjligheten för ”europeiska allierade” – däribland länder som Sverige, Danmark, Polen, Belgien och Nederländerna – att delta i övandet av den franska ”avskräckningsförmågan". »

« Tout ceci fait partie d’une nouvelle stratégie nucléaire qui se déploie, à la lumière de la guerre russe en Ukraine.
– Nous devons voir notre stratégie de dissuasion dans le contexte de tout le continent européen – en formant ce que j’appelle une ”dissuasion avancée”, dit Macron.
En fait partie la possibilité pour des alliés européens – parmi lesquels la Suède, le Danemark, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas – de prendre part à la capacité française de dissuasion". »

(En tout, huit pays, puisque s’y ajoutent le Royaume-Uni et l’Allemagne.)

Jeune homme en mars (sans auteur)
- Capture d’écran

Décalage ; sentiment de ne pas être en situation connue.
Retour à Albert Camus… N’est-on pas dans cette situation, somme toute, depuis les évolutions de la Seconde Guerre mondiale – Shoah et massacres de masse technologiques (bombardements…), parmi ces bombardements : l’usage de l’arme atomique ?

Julia Eriksson, pour en revenir à des sujets plus ciel à ciel, évoque il y a quelques jours une cinquième saison :

« Det är den första mars och utanför fönstret har snön smält bort (…) En ny period har sakta börjat att ta vid, men nu gäller det att vara försiktig. Det är en styggelse att räkna med vår i mars, det gör en bara besviken. Än är det långt kvar, men i ett försök att blidka mig själv har jag valt att tänka på den här perioden som den femte säsongen: vårvinter. »

« On est au premier mars et la neige a fondu au dehors (…) Prudemment, une nouvelle saison commence, mais il faut être prudent. C’est une erreur de compter sur le printemps dès mars, et ça ne peut qu’amener de la déception. Il faut encore attendre, mais pour m’y résoudre, j’ai choisi de considérer qu’il y avait une cinquième saison : le printhiver. »


Moi de la guerre donc, et des maladies ? Tuberculose, pneumonies ; rhumes divers chopés ou transmis par les imprudents (et jusqu’en avril, ne te découvre pas d’un fil…)

Et les filles d’avril (texte de Souchon encore, mais là, c’est Voulzy qui chante…) Qui, par ailleurs, a chanté Le pouvoir des fleurs…

Et la paix. Dans l’album Lys and love… « La neuvième croisade. » Allez !

La paix !

 
Nils Blanchard


Triche ; rajout d'étiquettes du dernier billet : antisémitisme, Iran, Israël, États-Unis.  

samedi 3 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute assez traditionnels semble-t-il (Thomas Nydahl), et New York, si j’ai bien compris, où vit un Français d’origine, homosexuel, disciple de l’empereur Hadrien.

NB - Anjou

 Le premier, dont on va un peu sauver le blog Nydahls Occident (c’était avant cet article calamiteux évoqué au dernier billet), écrit le 14 novembre – il faudrait aussi en ce blog, Suédois d'ailleurs, une étiquette « Le temps passe » :

« Att Putinfascismen verkligen startade angreppskriget mot Ukraina är ett nederlag också för alla fria nationer (…)
Jag befinner mig i ett tillstånd av uppgivenhet och bedrövelse. Det har förstås mest att göra med det pågående skeendet. Men det har också privata orsaker. Omständigheternas diktatur ligger sedan flera årtionden som en våt filt över mig. Allt jag försökt, allt jag kämpat för, har rasat och förtvinat. Det rena har ersatts av mögel och svamp.
Jag har Henne här hemma, att tacka för att livet också är vackert och kärleksfullt. »

« Que le fascisme poutinesque ait pu effectivement enclencher sa guerre d’agression contre l’Ukraine, c’est une défaite pour toutes les nations libres (…)
Je me sens maintenant affligé, désabusé. C’est lié bien sûr surtout à la conjoncture. Mais ça a aussi des raisons privées. Depuis plusieurs décennies, la dictature des circonstances me recouvre comme une couverture humide. Tout ce que j’ai tenté, tout ce pour quoi je me suis battu, s’est effondré et s’est étiolé. Le pur a été remplacé par moisissure et mycose.
J'ai Elle à la maison, que je remercie de rendre la vie, quand même, belle et pleine d’amour. »

L'article est illustré d’une belle photo d’arbres dans le brouillard (d’Astrid Nydahl vraisemblablement).
Il est vrai que l’époque nous entraîne, comme un fleuve en crue, vers de mauvaises directions : constructions nucléaires, menaces d’utiliser des armes nucléaires, réduction de la biodiversité, submersion plastique, progression de l’I.A. (que je pense être, de plus en plus, une vaste connerie. Oui, l’I.A. permet certaines choses, notamment dans le domaine médical… Mais quoi, mais justement : on arrivera peut-être à cette situation où les médecins doubleront systématiquement leur diagnostic de celui de l’I.A. On pensera que c’est très bien, cela sauvera des vies peut-être. Puis petit à petit, on se rendra compte qu’on n’aura plus de médecins, plus de gens capables d’exercer ce métier de manière autonome et donc d’avoir l’expertise personnelle, le recul nécessaires à leur pratique. – D’ailleurs, du fait de la recherche d’un certain confort bobo, a-t-on encore de vrais médecins, qui acceptent de sortir de leurs centre-villes, de leurs emplois du temps confortables pour exercer ? Là, l’I.A. n’y est pour rien ; une certaine éthique… –), menaces russe, chinoise (très différentes), j’aurais tendance à ajouter : abêtissement de certaines masses…
Quant à ma vie privée par là-dessus…

NB - Anjou

Le disciple d’Hadrien, lui (blog Animula Vagula Blandula), de remarquer, le 27 novembre dernier :

« En 36 ils accusaient les juifs, les communistes, les homos, les noirs et les arabes, vaste amalgame de détestations et de colère, abreuvés par une presse qui alimentait leur flamme par une diarrhée immonde d'informations, de petits mots, de sous-entendus... Tout un scénario qui à travers le monde se répète et s'amplifie. Les peuples ne se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière le masque de l'honorabilité, de la simplicité, de l'élégance affectée des nouveaux populistes. On les flatte, on leur rappelle qu'on vient des mêmes villages, des mêmes cités, qu'on partage leurs aspirations et leurs colères et peu à peu on grimpe jusqu'au sommet de l’État et dès le lendemain on confisque la souveraineté au peuple, on s'auto-amnistie, on se remplit les poches et on se vautre dans le luxe. (...) Et les peuples joyeux sont prêts à se jeter dans la gueule souriante du diable et de ses diablotins... »

Les « noirs et les arabes », en 36, je ne suis pas sûr qu’ils aient été une cible privilégiée. (Peut-être, du reste, aurait-il mieux valu parler de 34, mais…) Il y avait plutôt les Italiens ; j’aurais tendance à ajouter, dans certains « mondes », au cœur de certaines morales, les femmes. Celles qui seront tondues en 40, parce que la morale de ces mondes-temps acceptait que les hommes fussent « volages », interdisait aux femmes d’être des « salopes »…
La notion de « sous-entendus », pour faire passer toutes sortes de saloperies précisément, est bien vue.
Elle existe encore aujourd’hui où des crétins parlent avec légèreté des camps de concentration, par exemple, décomplexés par les errements des derniers gouvernements israéliens, confondant complètement, lesdits crétins, dans leur bile plus ou moins réseau-sociarde, les mondes et les temps…


Nils Blanchard


Ajout : Mort d’Henri Mosson, le 30 décembre dernier, dont il a été un peu question en ce billet-là
Ce billet évoque aussi des bizarreries (à tout le moins) « historiographiques » (si l’on peut dire…) alsaciennes, sur lesquelles il faudra que je revienne malheureusement.

lundi 29 décembre 2025

Quand des blogs en lien (en lien de lien) partent en vrille / parallèle

Suédois d’ailleurs, petit blog au titre somme toute étrange, mais pratique, présente des blogs en lien, dont certains eux-mêmes présentent des blogs en lien, dont certains eux-mêmes, etc.
Cela permet d’aller cliquer ici et là facilement et, parfois, de tomber sur des choses intéressantes.
Parfois sur des propos passablement consternants.

Magnus Enckell, Diane et Endymion - Capture d’écran

Nydahls Occident (en lien du blog Bernur, lui même dans la liste du site Nordic Voices in Translation) a été plusieurs fois cité ici. Il a le mérite d’ouvrir des portes sur la culture, notamment littéraire, suédoise, parfois danoise, parfois d’ailleurs. L’auteur s’y livre à des réflexions, dont on devine parfois que l’angoisse est relative à ses difficultés physiques. Bon, mais de là à laisser entendre qu’islam et « massinvandringen » – « immigration massive » sont responsables de l’antisémitisme (article du 15 décembre dernier, suite à l’attentat de Sydney), il y a un pas. Un pas qui me dégoûte de franchir à nouveau le clicseuil de ce blog. Tant de simplicité d’esprit, et à un âge avancé, cela devient proprement dégoûtant.
Accabler une communauté, une religion, pour en « défendre » une autre est de l’ordre de la faiblesse d’esprit, qui plus est quand on se targue de connaître l’histoire du vingtième siècle. Je ne crois pas que l’islam, ni quelque « immigration massive » que ce soit aient été responsables de l’antisémitisme – qui a abouti à ce que l’on sait – des années trente !
Du reste, comment se serait comporté notre bon blogueur dans les années trente ?

Magnus Enckell - Capture d’écran

En lien cette fois du blog « Alluvions », le site « L’Ex, Homme-Âne-Yack » parle, le même jour, de « pétasses qui se prostituent toujours pour la putasserie généralisée », à propos d’une publicité d’abribus avec la photo d’une élégie pour une marque de parfum.
Là, plusieurs choses : je comprends mal pourquoi on devrait assimiler les travailleuses du sexe à des « pétasses ».
D'autre part, le site cite René Char en exergue : « L’essentiel est toujours menacé par l’insignifiant. » Je ne saurais trop leur recommander d’ajouter cette phrase de Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant. »
Derrière cet excès en l’occurrence, on devine le pavage de bonnes intentions (très mode, même s’il critique l’industrie de la mode…) de l’auteur : des affiches montrant des femmes les transforment en objets, etc.

Eh bien non, zut. Je préfère des affiches de belles personnes à des photos de panzers ou de je ne sais quelle banque.
On me dira : mieux vaut n’avoir pas d’affiche du tout.
Eh ! Mais méfiance : tout interdire peut préparer à l’avènement de règnes où l’on reverra les murs se couvrir d’affiches, d’un dirigeant divinisé…

Magnus Enckell - Capture d’écran

Je ne sais si l’on peut faire un parallèle entre une certaine xénophobie (premier blog évoqué) et ce que je ne peux m’empêcher d’assimiler à du néopuritanisme (le deuxième). Mais les deux choses cohabitent très bien, par exemple, dans une certaine Amérique estampillée « Make America Great Again ».


Nils Blanchard

mardi 14 octobre 2025

Retour de Paris et lit défait

Passé deux jours à Paris, pour diverses raisons bien sûr, et surtout pour le Salon de la revue, qui avait lieu à la Halle des Blancs-Manteaux, où il y avait, entre autres… La Route inconnue, l’association des Amis d’André Dhôtel, qui était représentée avec ses bulletins, ses cahiers…

NB - octobre 2025, Paris, rue G. Geffroy

Outre la Route inconnue, au salon, pêle-mêle, la revue La Rocambole, sur le roman populaire, La Faute à Rousseau, de l’APA (association pour l’autobiographie), les Cahiers Charles Fourier, les Études Romain Rolland, Jean Paulhan et ses environs, La Revue des revues bien sûr, L’Actualité Verlaine et… Le Haïdouc, des Amis de Panaït Istrati. Je ne cite qu’une petite partie de ce que j’ai repéré ; il y avait à faire… 
Ah, on me parle aussi des Nouveaux Cahiers Castoriadis. J’avoue que j’ignorais Cornélius Castoriadis, dont, pourtant, la biographie (Wikipedia….) me ramène à diverses pistes…

J'avoue… n’avoir pas été très consciencieux. J’ai un peu tenu le stand André Dhôtel bien sûr, me suis un peu promené… Puis j’ai chopé à un moment mal à la tête. C’était peut-être un appel de Paris. Je suis sorti marcher…

NB - octobre 2025, Paris, vers la rue Mouffetard

À cette marche-là ou à une autre – souvent, ces derniers temps notamment… je marche beaucoup à Paris ; flemme d’aller à telle exposition ou rencontre pourtant prévue ; je préfère me promener… « Ces derniers temps »…, sans doute tout simplement parce que je ne vis plus à Paris ; j’y vais peu de temps, plus ou moins mal posé dans des hôtels de hasard… J’y suis comme vagabond, ce n’est pas complètement désagréable. Vagabond de luxe : de quelques heures, et logé, nourri, blanchi… –, je me suis retrouvé place de la République.

NB - Paris, 12 octobre 2025, Place de la République

Là, je discerne ce tag sur le socle de la statue, appelant à « détruire Israël », à « abolir le sionisme », le tout dans un globish conquérant…
Dénoncer les atrocités du gouvernement actuel d’Israël est une chose, appeler à la destruction d’un État reconnu par l’ONU en est une autre, qui fleure de bien mauvaises odeurs.

Capture d’écran, Ville de Paris


Au cours de mes promenades, des panneaux publicitaires souvenirs de la panthéonisation de Badinter évoquée au dernier billet. Sur cette photo-ci (que j’ai récupérée sur internet), un cycliste.
J'ai eu l’impression cette fois à Paris que les cyclistes s’étaient mis un peu au pas ; ils viennent moins frôler le marcheur que dans mon souvenir. C’est une trop grande ville ; les piétons se défendent – il y a qui plus est une certaine tradition de râlerie. En plus, les cyclistes eux-mêmes sont boutés un peu hors par leurs cousins motorisés : trottinettes, vélos électriques et autres étranges engins à grosses roues, hydres particulièrement laids entre des vélos et des motos (peut-être ces choses ont-elles un nom?)
À Strasbourg, l’affaire est tout autre. On y verra peut-être bientôt fleurir des panneaux d’interdiction de passage aux piétons sur les trottoirs…

Bien. Mais le lit défait, là-dedans ?

C'est qu’au retour à ce qui est encore chez moi, en ce moment (à Haguenau), je furète sur quelques blogs où j’ai coutume d’aller de temps en temps. Kristin Lagerqvist (blog Krickelins), dont je parlais il n’y a pas si longtemps, remet ça avec son lit défait, que d’un côté, etc.
Elle s’apprête à le retrouver (le lit) :

« (...) jag är på väg till mitt paradis och jag kan knappt bärga mig. Uppe i ottan, faktiskt tidigare än jag behöver men jag har vaknat två gånger i timmen hela natten. Varför gör man alltid det när man vet att man ska upp tidigt? Är det för att kroppen är så rädd att försova sig så den inte riktigt somnar kanske…? »

« (...) je m’apprête à rejoindre mon paradis et je trépigne d’impatience. J’étais debout à l’aube, clairement plus tôt que nécessaire, mais je me suis réveillée deux fois par heure toute la nuit.
Pourquoi en est-il toujours ainsi quand on sait qu’on va se lever tôt ? Est-ce parce que le corps craint de ne pas se réveiller et qu’il ne s’endort pas réellement… ? »

La photo est la même que celle évoquée là. Je n’avais pas remarqué le livre ouvert.

Sur le mien, de lit défait, un Panaït Istrati que je me suis procuré au salon de la revue…

Mais le mien, de lit, est défait, mal fait, pour d’autres raisons sans doute que pour celui de K. Lagerqvist. C’est en lien à ce vagabondage dont je parlais sans doute ; vagabond en ma ville (ou l’une d’elles), mais mon logement est dans un ailleurs que je quitterai vraisemblablement assez vite (raisons professionnelles, etc.)


Bon, mais quant au sommeil ; je me rends compte que j’en ai bien peu parlé ici.

Eh, oui, deux fois par heure…

Il y a une exposition au musée Marmottan-Monet ; j’aurais pu aller la voir avec moins de flemme ; il n’est pas trop tard, bien sûr… Si j'ai bien dormi.

En lien au dernier billet, on sait qu’Hypnos était frère jumeau de Thanatos.



Nils Blanchard


mardi 7 octobre 2025

Les saisons d’un blog… / Ticket 171

Les saisons d’un blog tournent plus vite que celles des maraîchers souriants de la réalité. (Sans compter qu’un média numérique reste, quoi qu’on fasse, numérique. On me dira que les livres aussi ont leur irréalité ? Peut-être…) 
Par ailleurs, je n’aime pas courir après l’actualité, mais…

NB - Automne, l’année dernière

 Ces pensées un peu à tort et à travers, parce qu’après l’annonce récemment de la mort d’un blogueur (qui était en lien indirect de ce blog – j’en reparlerai), je viens d’apprendre celle de Gabrielle Björnstrand, dont le blog Gabis Annex est en lien direct, lui, de ces pages.
C'est l’autre Gabrielle (en lien direct aussi, et à propos de laquelle je voulais justement dire quelques petites choses, depuis quelque temps – mais les articles s’encombrent en ce moment au point de « publication » ; « publications » que j’ai pris le parti de restreindre à environ six, sept par mois…) qui a annoncé sa disparition sur son blog

Il y avait comme une teinte d’éternel dans le blog Gabis annex, quand y étaient évoqués les paysages du nord de la Suède, les gens vivant là-haut, les particularités et problèmes pratiques liés au climat (froid, neige, isolement… lumières…)

NB - Automne, l’année dernière

Jean-Jacques Birgé, lui aussi en lien indirect, etc., écrivait dans son blog le 23 septembre 2024 – une année sur un blog passe à peu près comme quelques secondes, quand il en reste une trace copiée-collée quelque part… – ; « Avec le temps je me suis aperçu que la mémoire se fige et que nous finissons par toujours raconter les mêmes histoires, et surtout de la même façon. Il en est une que je me suis vu réitérer récemment. »

Précisément, l’intérêt d’un blog peut être de sortir de ses « bulles mémorielles » (qui doivent être plus ou moins imperméables d’une personne à l’autre) pour prendre du recul vis-à-vis de ses idées et expériences, faire des liens avec d’autres pensées. En bref : faire œuvre d’intellectuel. (Encore faut-il ne pas déverser ses âneries vomitives, non mâchées, comme je ne sais quelle bile, en réagissant sans recul à tout ce qui passe à portée.)

On vit dans un monde où l’on dispose de tellement d’informations, intéressantes souvent quand même pour peu qu’on aille les chercher ; où, peut-être – allez… sans doute – aussi, des évolutions ont cours comme jamais – crise écologique, intelligence artificielle, crise des démocraties… – qu’il est difficile de garder, précisément, ce recul.
Que faire œuvre de blogueur intellectuel relève d’un certain équilibrisme…

NB - Automne, l’année dernière

Un danger qui guette le blogueur, tel en tout cas que je semble me voir dans la glace, c’est de s’enfermer dans un « intérieur numérique ».
Aussi, qu’on le veuille ou non, ce blog – à plus ou moins courte échéance – est mortel (non, je ne paraphrase pas Valéry) et c’est très bien ainsi, salvateur. Il est une parenthèse.

« Intérieur numérique », cependant… Oui, mais liens, numériques, aussi. Ainsi ai-je l’impression que Gabrielle Roland Waldén de « Gabrielles blogg », que je n’ai jamais rencontrée ni même contactée (ça viendra peut-être un jour), qui pousse des coups de gueule contre les criminels contre l’humanité que sont Netanyahou et son gouvernement (Gabrielle Björnstrand le faisait aussi), ou contre l’alliance Tidö, mâtinée d’extrême droite, au pouvoir en Suède, contre l’agression russe en Ukraine… et qui s’intéresse par ailleurs à un navigateur du dix-huitième siècle (et à Stockholm!), est comme une vieille connaissance.

Et voilà que précisément, elle parle le 1er octobre (2025) de salle d’attente :

« Går till Provtagningen på det stora sjukhuset. Trycker fram en kölapp i apparaten. Jag sätter mig så att jag kan se när könumren ändras ovanför de 5-6 rum där proverna tas. 171 står det på lappen. Ser mig omkring. Här sitter 10-12 personer i olika åldrar och väntar. Flera står också lutade mot väggen vid ingången till det stora väntrummet. »

« Je suis allée faire des analyses au grand hôpital. Pris un ticket de queue. Je m'assois de telle manière que je puisse voir les numéros défiler au-dessus des cinq-six salles où l’on fait les tests. Mon ticket indique 171. Je regarde autour de moi. Il y a là dix-douze personnes de différents âges qui attendent assises. D’autres sont aussi debout contre le mur près de l’entrée principale. »

Puis de décrire différentes scènes autour d’elle. Les gens parlent peu. La blogueuse se demandera finalement si ce ne serait pas le moment, pourtant, de parler, de réchauffement climatique..., de quoi d’autre encore ?

« Väntrum på sjukhus är ofta så här. Det är tyst tyst tyst.
Alla de som väntar på sin tur har ju något hälsoproblem som ska åtgärdas och nu måste blodprov tas. Hur tankarna går hos dem som väntar går inte att veta. »

« Une salle d’attente d’hôpital est souvent ainsi. C’est silencieux silencieux, silencieux.
Tous ceux qui sont là ont un problème de santé à résoudre, et maintenant il faut faire un test sanguin. À quoi pensent les autres, on ne peut pas savoir. »




Ajout. Sur le temps qui passe… Plus de deux ans depuis l’ignoble 7 octobre. S’en sont ensuivi (le Hamas l’avait en partie prévu sans doute) la riposte-vengeance tous azimut du gouvernement mâtiné d’extrême droite d’Israël, les intenables atteintes aux civils de Gaza.
Dans le Göteborgs Posten, le 16 septembre dernier, Henri Ascher (pédiatre, professeur à l’Université de Göteborg) écrit (dans le cadre d’une polémique sur l’antisémitisme en Suède, ses liens avec les événements en Israël…) :

« Om man verkligen på allvar vill bekämpa antisemitismen krävs det åtminstone tre saker: Det första är, som Göran Rosenberg nyligen pekat på, att journalistiken är sanningsenlig. Det andra, att man erkänner att judar i Sverige inte är en stereotyp, enhetlig massa utan människor med olika uppfattningar och upplevelser: en del av ökad antisemitism, andra av rädsla för det och många som inte alls har sådana erfarenheter. Det tredje är att man slutar med den farliga urvattning av antisemitismbegreppet som det innebär när man använder det i politiska syften för att tysta kritik mot det som FN betecknar som brott mot mänskligheten och som även förintelseforskare, judar över hela världen liksom israeliska författare och mänskliga rättighetsorganisationer betecknar som folkmord. »

« Si l’on veut sérieusement lutter contre l’antisémitisme, il faut trois choses : La première est, comme Göran Rosenberg l’a récemment montré, que le journalisme soit fiable. La deuxième est que l’on reconnaisse que les juifs en Suède ne constituent pas un stéréotype, une masse uniforme de gens sans opinions ou expériences – expériences pour une part d’une montée de l’antisémitisme, pour une autre de son appréhension, et une autre grande part qui n’a pas du tout ces expériences-là. La troisième : mettre fin à la dangereuse banalisation du concept d’antisémitisme, utilisé à des fins politiques pour faire taire les critiques contre ce que l’ONU qualifie de crimes contre l’humanité, ainsi que des chercheurs spécialistes de la Shoah, des juifs à travers le monde entier, des écrivains israéliens ou des organisations de défense des droits de l’homme, qui parlent de génocide. »

Ça me semble sensé…


NB

lundi 24 mars 2025

« La doxa de l’inévitable », Nils Holgersson, 3

Expression entendue dans la bouche d’Éric Sadin, dans l’émission d’Alain Finkielkraut « Répliques », sur France culture le 22 mars.
Il était là remis en question l’inexorable progression, promotion aussi, de l’« intelligence » « artificielle », remise en question qui fait étrangement écho à un billet d’il y a près d’un an.

Et c’est le printemps, quand même…

Présentation de l’émission : « Eric Sadin revient sur la généalogie de l'Intelligence Artificielle, la fait remonter à ce qui s'est passé à partir du mitan des années 2000. Il définit ce qu'il appelle "la dimension cognitive et organisationnelle - Ça interprète et ça organise, ça envoie des signaux en vue d'agir de telle manière plutôt que de telle autre". »

Éric Sadin d’insister sur la mise en danger de certains métiers : traducteur (littéraire notamment), auteur, doubleur, acteur… avocat, médecin généraliste.
On a besoin les uns des autres pour se développer, pour « faire société » (là, c’est moi qui utilise cette expression qui m’agace considérablement habituellement). É. Sadin : « On a tous besoin de quelqu’un qui a les compétences que chacun n’a pas » (je cite de mémoire). Si on n’utilise plus les compétences des autres, mais celle des machines uniquement, c’est l’humanité elle-même qui va profondément changer, dans son modèle de développement.

« Mitan des années 2000 » ?
On en voit déjà les résultats : Musk et autres avec leurs saluts nazis incontrôlés (sans même qu’ils soient sans doute réellement nazis : ils ne comprennent rien et tout (tout et rien…) C'est le désordre intégral de la saturation de la réflexion humaine, du développement humain, par les algorithmes mercadents.

Mary Hamilton Frye, The Wonderful Adventures of Nils (Selma Lagerlöf)


En l’occurrence, la « peste » faisait allusion à l’antisémitisme.

Or (et ne serait-ce que l’œuvre de l’« hologramme » de Mélenchon ? Je n’en crois rien…), l’antisémitisme progresse on le sait dans nos contrées et temps, particulièrement peut-être depuis le 7 octobre (mais, déjà avant…), et a été évoqué ces derniers temps dans les médias de par une affiche assez puante de « LFI », reprenant des codes antisémites anciens…

Bon, mais alors, quel lien, entre l’antisémitisme et l’intelligence artificielle dévoyée ?
J'aurais tendance à dire que dans les deux cas, on est dans l’amorce de l’attaque contre l’humanité. L’antisémitisme est particulier car, indépendamment de son aspect détestable, voire même de la Shoah, il précède et sert d’exemple aux autres intolérances, discriminations, jalousies… névroses…

Mary Hamilton Frye, The Wonderful Adventures of Nils (Selma Lagerlöf)


Et Nils Holgersson, qui apparaissait aussi dans ces billets évoqués ?
N'y a-t-il pas là à travers l’histoire de ce garçon transformé par un tomte en petit gnome, le contact possible avec d’autres formes d’intelligence, de réflexion, au travers des contes, de la fiction, de l’imaginaire ?
On sait que les oies sauvages, aussi, oiseaux migrateurs, se repèrent dans leurs voyages à travers des mécanismes particuliers qui nous échappent en partie.
Autres intelligences ?


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Lorenzo, Venise, Covid-19, Suède, OTAN, Anders Tegnell, maastrichtlisbonnisation, 1921.

dimanche 13 octobre 2024

De la possibilité de l’insouciance ; retour à des photos, et Jean Aujame

Je m’interroge (bien sûr…) sur la nécessité de ce blog. Crainte parfois de me répéter : ainsi, des photographies de Laholm, dont j’allais décorer un billet, je me suis rendu compte qu’elles avaient déjà paru, il y a deux ans (j’en ai trouvé d’autres…) Mais il y a aussi des pistes, des sentes, que l’on retrouve, comme dans une forêt dans laquelle on se serait égaré. Égaré, vraiment ?



Nécessité de ce blog… Faudrait-il se taire, comme le suggère cette jeune femme ?

En tout cas, présence quasi dhôtelienne du hasard : j’ai retrouvé (à temps, heureusement) ces photos déjà publiées de Laholm lors que je recherchais où, quand j’avais parlé de cette étrange photographie, trouvée sur un site disparu depuis plusieurs années, où l’on voit deux garçons insouciants ; légende : août 1942 (et deux prénoms, diminutifs plutôt).
J'y pensais à cause d’une peinture de Jean Aujame. Elle est aussi de 1942, et montre des baigneurs sur une plage.

Jean Aujame, Baigneurs sur la plage, 1942 - Capture d'écran


Insouciance, cette représentation d’une scène intemporelle de bonheur ; jeunes corps, plage d’été… ?
D'après sa biographie sur Wikipedia, Jean Aujame a été fait prisonnier comme officier en Allemagne en 1939.
Quatre ans avant, il avait peint une étrange toile (où l’on sent quelque chose de Picasso) : Terrasse à Ténérife (Centre Pompidou), où des nuages semblent annoncer la guerre d’Espagne.

Où pouvait être cette plage de 1942 : en Espagne (franquiste), au Portugal ? Dans le sud de la France ?
La plage ressemble beaucoup à celle-ci (où il y a plutôt des baigneuses), de 1960.

Jean Aujame, Baigneuses sur la mer, 1960 - Capture d'écran


Pour en revenir à la nécessité du blog, Thomas Nydahl, qui serait un des plus anciens blogueurs suédois, écrivait le 15 janvier dernier :

« Vad vill jag med bloggen?
Låt mig ta det från början. Under de årtionden jag haft blogg - bland andra Inre exil, Vaka över ensamheten och Nydahls Occident - har den varit en blandning av förlagsverksamhet och litteraturtidskrift. »

« Pourquoi ce blog ?
Commençons par le début. Au cours de mes décennies d’activité de blogueur – entre autres Inre exil [Exil intérieur], Vaka över ensamheten [Veiller sur la solitude] puis Nydahls Occident – ça a été un mélange de site de société et de journal littéraire. »

Je ne tiens pas de maison d’édition quant à moi, mais ce blog s’est ouvert d’abord pour développer les thèmes de mon livre sur Elmar Krusman.
Divers événements, grandes tendances géopolitiques pourrait-on dire, sont apparus au moment de mes recherches, écriture d’Elmar Krusman. Cela donnera peut-être, d’ailleurs, naissance à un prochain livre. Notamment, le 24 février 2022, Poutine a attaqué l’Ukraine. D’où une certaine nécessité, parfois, avec autant de circonspection que possible (ce blog n’est pas a priori un blog d’opinions), de pénétrer dans certaines arènes.

Aussi, des thèmes, centres d’intérêt s’y sont adjoints, dans un équilibre plus ou moins précaire – mais tout équilibre ne se situe-t-il pas à la jointure de précarités ? –, certaines dates ont affleuré, aussi. Parmi elles, 1942.


Nils Blanchard


P.-S. : Quelques dizaines encore d’articles de ce blog (plutôt du début) sont difficilement visibles en version « smartphone », car j’avais fait du zèle, à l’époque… m’étais compliqué la vie, bref…
« Pas de zèle ! », aurait dit Talleyrand.

Je les « redresse » petit à petit… Là, j’ai profité de ce qui précède pour remettre aux bonnes formes les billets (19)41 et (19)42 des 20 et 26 août 2022. Ils sont en lien de ce qui précède, on peut aussi les trouver dans le calendrier quelque part à droite, en bas, de la page d’accueil… (pas version « smartphone »…)

J'avais mis des parenthèses, dans les titres de ces deux articles, aux centaines des dates, pour faire des jeux de chiffres du fait qu’ils étaient alors, ces deux billets, les quarante-et-unième et quarante-deuxième de ce blog, qui s’appelait alors « Suédois d’Estonie et d’ailleurs », qui changera peut-être de nom encore, à moins qu’il disparaisse, comme celui dont il est question dans « (19)42 »…

P.-S. 2 : Rajout d’étiquette : celle, nauséabonde et malheureusement d’actualité, d’antisémitisme, que je n’ai pas eu la place de placer à l’avant-dernier billet, du 2 octobre, sur la conférence sur le négationnisme.

samedi 18 mai 2024

Nils Holgersson ; Autres blogs – Citations et destinations inattendues, et peste (1)

Dans un blog, espagnol comme son titre ne l’indique pas (HobbyHorse), en lien indirect de celui-ci (il est en lien d’Alluvions), un article sur l’antisémitisme s’ouvre sur une allusion à Nils Holgersson, de Selma Lagerlöf.

NB - Mai 2024

Or donc, Álvaro de La Rica commence ainsi son texte :

« De ahora en adelante – escribió Selma Lagerlöf en El maravilloso viaje de Nils Holgersson a través de Suecia –, siempre que me encuentre en un callejón sin salida, pensaré que no es así. No olvidaré que puede evitarse el daño propio sin perjudicar al otro. Nunca falta una tercera salida: lo bueno es encontrarla”. »

« Dorénavant – écrivit Selma Lagerlöf dans Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède – chaque fois que je me trouverai dans une impasse, je penserai toujours que ce n'est pas le cas. Je n'oublierai pas que l'on peut s’éviter du mal sans pour autant que ce soit au préjudice de l’autre. Il y a toujours une troisième voie : l'important est de la trouver". »

Puis de rappeler que Selma Lagerlöf – sur laquelle on aura l’occasion bien sûr de revenir plus amplement assez vite – a séjourné à Jérusalem en 1899-1900.
Et de poursuivre :

« Estamos viviendo en Occidente una nueva ola de antisemitismo. La respuesta militar israelí a los ataques del pasado 7 de octubre ha renovado esa forma de odio, nunca vencido, de una parte no menor de la opinión pública occidental. (…) »

« Nous vivons en Occident une nouvelle vague d'antisémitisme. La réponse militaire israélienne aux attaques du 7 octobre dernier a ravivé cette forme de haine, jamais vaincue, d’une partie non négligeable de l'opinion occidentale. (…) »



Et j’avais conservé dans mes « archives » – on ne se refait pas, quoique… c’est une autre histoire – une « lettre politique » de Laurent Joffrin dans Libération, en date du 18 février 2019, intitulée « Le retour de la peste ». Il y était commenté un événement arrivé en marge d'une manifestation des bons gilets jaunes :

« Bien sûr, il faut répéter, comme nous l'avons fait hier, que les insultes proférées contre Alain Finkielkraut sont insupportables et que les opinions du philosophe, quoi qu'on en pense par ailleurs, n'ont rien à voir là-dedans : ce n'est pas par goût de la joute intellectuelle que des manifestants se sont attaqués à lui, mais bien en raison de sa qualité de Français juif, ce qui signe l'agression raciste. L'inquiétude supplémentaire vient d'un phénomène plus insidieux que la persistance – déjà honteuse – de réflexes antisémites en France : elle vient de l'abaissement des défenses immunitaires de la société et d'une partie de la scène politique face à ce retour de l'immémoriale peste. »  

Par là-dessus, la politique récente du gouvernement israélien « permet » à certains faquins de se désinhiber, s’adonnant notamment à leur sport favori consistant à assimiler les israéliens à des nazis – ce genre de comparaison « c’est comme le nazisme » ne servant la plupart du temps qu’à montrer que son auteur n’a aucune idée sérieuse de ce que fut le nazisme.
Étrangement, l’assimilation au nazisme a aussi été employée par le gouvernement russe pour « justifier » son attaque de son voisin ukrainien.


Nils Blanchard


Triche : je rajoute ici deux étiquettes du dernier billet : André Dhôtel, Karin Boye.

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...