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jeudi 28 mai 2026

Un blog qui disparaît / mai – couverture et paradoxe

Rien de plus fréquent sans doute. Mais en l’occurrence, c’est assez bizarre : je suis tombé sur celui-ci (« Maytember », qui existe depuis plus de dix ans) par des cliquettements au hasard (et à partir d’un autre blog assez nouveau pour moi : « Imagine a bird »…) Il y est question d’Ethiopie, d’autres choses. Un article récent (18 mai 2026 ; on est alors le 21…) montre que le blog fonctionne…

NB - Mai 2026, entre France et Allemagne

Las. L’article en question s’intitule : « Det sista inlägget ».

« Längtan finns efter att klä vardagen i ord och samtidigt erbjuda den artificiella intelligensens övertagande av internet ett trotsigt motstånd – men jag hamnar så sällan framför datorn på fritiden. På arbetstid gör jag inget annat än att skriva, och däremellan är livet väldigt annorlunda nu jämfört för tio eller fem år sedan.
Därför blir det här det sista inlägget på den här sidan. Senare i veckan kommer den att plockas bort (…) »

« Ce n’est pas l’envie qui manque d’habiller de mots le quotidiens et d’apporter en même temps une ferme opposirion à l’intelligence artificielle qui se répand sur internet – mais j’ai si peu de temps à consacrer à mon ordinateur pendant mon temps libre. Et quand je travaille, je ne fais rien d’autre qu’écrire ; puis aussi la vie a beaucoup changé par rapport à il y a dix ans.
C'est pourquoi ceci sera mon dernier post sur cette page. Et le blog disparaîtra plus tard dans la semaine (…) »

Capture d’écran, blog Maytember

Je ne vais pas / ne me suis pas mis, à courir après tous les articles manqués (pour moi) de ce site, qui contiennent sûrement des choses bien intéressantes… Pas le temps, pas la disponibilité…
Manque de sommeil du mois de mai. Projets et devoirs (lettres à écrire, que sais-je) qui s’accumulent…
Puis un blog qui disparaît, ce n’est pas pour attirer de nouveaux lecteurs…
Il peut y avoir quelque chose de contradictoire : avoir envie d’écrire et arrêter le blog, vouloir lutter contre l’intelligence artificielle – contre l’artificialité sans intelligence ? – et déserter internet.
Mais précisément… (On en a déjà parlé…)

Capture d’écran, blog Maytember

De son côté, Ulrika Nettelblad (en lien de ce blog, à droite de l’écran...) évoque un « mjuka maj », un 
« mai tendre ». Tendre ? Mais chargé…

« En veckas semester i maj. Ansträngningarna inför den. En generalrepetition inför sommaren (…)
Arbetets administration (…)
Redaktörskommentarer på min roman. Kvällar i soffan och på balkongen, väga ord och formuleringar. Vilka komman måste få vara kvar i meningar som rör sig i ett oupphörligt flöde? När är det dags att sätta punkt? Hur långt får en liknelse glida iväg? Vad måste stå som det står, för att det var så formuleringen måste vara, för att jag känner det i kroppen?
Omslagsförslagen (…) »

« Une semaine de vacances en mai. Plein de choses à faire. Une répétition générale avant l’été (…)
L'administratif du travail (…)
Les commentaires de l’éditeur à mon roman. Des soirs sur le canapé et sur le balcon ; choisir termes et formulations. Quelle virgule peut être laissée dans une pensée qui s’étale comme un fleuve sans pause ? Quand faut-il mettre un point ? Jusqu’où une image peut s’éloigner ? Qu’est-ce qui devra être maintenu, car c’était ainsi que ça avait été formulé, et que je le ressens ainsi ?
La proposition de couverture (…) »

Eh ! La couverture…
Moi, j’en suis encore à attendre un vague avis, sur un roman à peine fini (toujours, des annotations rajoutées). À chercher vaguement quelque éditeur à peu près d’attaque pour d’autres textes encore.
Mais on a l’impression d’un tel flux de livres – parmi lesquels des bouquins formidables, d’ailleurs… –, d’un tel flux de discours.
Et en parallèle, les budgets d’armement augmentent à peu près partout, les flux de cochonneries continuent de se déverser dans l’environnement… des « économistes » continuent de déconner à plein tube sur la croissance, lors que celle-ci n’est plus supportable…

Ulrika Nettelblad poursuit : « Saker som aldrig blir gjorda görs. Köper en gräsklippare. Målar en flagnande vägg. Rensar ogräs. Tar hand om mitt hem som om det är en plats som är min, som om det är mer än förvaring för våra kroppar.
Ljuset så mjukt när det finns löv på träden. Solnedgång över viken på väg till affären, ljum luft i ansiktet. De enkla sakerna det största begäret. En varm kardemummabulle. Kaffe i morgonsolen. Att läsa dagstidningen från början till slut. »

« Des choses qu’on ne fait jamais se font. J’achète une tondeuse à gazon. Je peins un mur abîmé. Désherbe. Prends soin de mon chez moi comme s’il était à moi, plus qu’un simple lieu pour abriter nos corps.
Cette lumière si tendre quand il y a des feuilles sur l’arbre. Le coucher de soleil sur la baie quand je vais faire des courses, l’air doux sur le visage. Les choses simples si désirées. Un gâteau chaud, à la cardamome. Le café dans la lumière du matin. Lire le journal du jour du début à la fin. »

Moi aussi, moi aussi, moi aussi… ai quelques jours de liberté…
Le mois de mai explose de chants d’oiseaux, de feuillages nouveaux.

J'ai même revu le chat noir que je croyais perdu.

Même quelques lapins çà et là, lors qu’on en voyait si peu ces dernières années…
Voyez-vous ça.


Nils Blanchard


Ajout : Aussi, à Helsinki, se tiendra le 4 juin un colloque sur Tove Jansson : « Tove Jansson, la mer et la création ». (Et un site, assez formidable, sur Tove Jansson, est en lien de ce blog, vous savez… À droite de l’écran, version ordinateur…)
Eh… À quand un petit tour à Helsinki ?



Aussi, Wera von Essen « sort » ces jours-ci son nouveau livre, un recueil de nouvelles : Mödrar och män (Mères et hommes).
J'avance toujours dans la lecture – sorte de vie parallèle ; on en reparlera peut-être – de son formidable En Emigrants dagbok…, ne sais quand je me procurerai ce dernier opus. Le titre interpelle bien sûr (encore que ce ne soit sans doute que celui d’une nouvelle). Doit-on y voir un clin d’œil à Of Mice and men de Steinbeck ? Ou à Pères et fils, de Tourgueniev ? Il y aurait bien aussi Sons and Lovers de D. H. Lawrence.

Bon, mais c’est étrange, dans un des manuscrits à « éditoriser » dont je parlais justement plus haut, j’écrivais – sorte de reprise d’autofiction d’un journal de mai 2020 :

« Par ailleurs, j’avance – comme en un rêve, peut-être – dans En debutants dagbok [de Wera von Essen]. Un six juin, page 175 :

La petite maison est habitée par des musaraignes. Hier, Christine et moi avons acheté des pièges à souris et du poison et alors les rongeurs ne se sont plus montrés de tout le jour. Mais là, j’en ai vu deux de ces petites vies traverser le sol de la cuisine et disparaître sous la cuisinière. Je n’ai pas le courage de mettre en place les pièges. (…) Julia est mécontente de ce que je perds le contact avec les gens, de ce que je ne fais pas une différence suffisamment nette entre la vie et la fiction. Julia écrit que je me mets dans une situation impossible, que c’est insupportable de vivre comme je le fais, dans l’isolement.

Des souris et des femmes... »

Et tenez, quelques pages en avant, avril 2020, pour recoller à la canicule dont parle aussi le blog Alluvions :

« Un député républicain a parlé de décaler les vacances ; elles commenceraient mi juillet et iraient jusqu’à mi septembre. Pas question, pour ces gens, de les raccourcir, il faudrait pour eux au contraire pouvoir les allonger ! Cet état d’esprit me met de plus en plus en colère. Il fut un temps où les écoliers ne reprenaient les cours que début octobre. Et les cours finissaient en juin... Allez faire travailler les élèves dans la chaleur de juillet ! (Mais j’ai déjà dû écrire ça...) Puis, surtout, cette idéologie du « travailler plus »... Ne voient-ils pas les faits : la baisse de la pollution avec le confinement (et donc le ralentissement des activités), le fait aussi que, plus on travaille, plus la croissance augmente, comme le veulent ces gens-là, plus la dette (écologique, notamment) augmente aussi ! »

Étrange comme ces députés-là sont totalement muets en ce moment !

Pour en revenir à l’actualité autour de Wera von Essen, des recensions du livre paraissent dans les différents journaux. Il y est question çà et là de dragons…



NB

lundi 16 mars 2026

Vie d’auteure / Romantisme ?

Je ne pensais pas que j’allais donner une suite à ce premier article « Vie d’auteure », à propos d’une blogueuse dont le site est en lien du mien. Mais voilà qu’une autre blogueuse – auteure ? –, elle aussi en lien… évoque un travail littéraire en cours. (Et d'autres encore, on en parlera, sans doute, etc.)

NB - La Hague

Pour Ulrika Nettelblad, cela donnera un roman intitulé Sjukdomen (La Maladie). Pour Julia Eriksson, on n’en sait rien encore, mais il semble que la météo soit très présente dans son travail.
Elle écrit en effet le 18 février 2026 :

« I romantexten jag skriver på inser jag att det är fullt av väderbeskrivningar, karaktärerna har svårt att gå utanför porten utan att jag skildrar den meteorologiska tillvaron och kopplar samman den med deras sinnestillstånd. Förmodligen måste jag stryka hälften (...) »

« Je me rends compte que dans mon roman en cours d’écriture il y a plein de descriptions du temps ; les personnages passent difficilement la porte sans que j’aie décrit l’ambiance météo autour d’eux et que je l’aie reliée à leur état d’esprit. Il faudra sans doute que j’en retire la moitié (…) »

NB - La Hague

Maladie, caprice des éléments… Peut-être voit-on où je veux en venir : n’est-on pas en plein romantisme ; renonciations désespérées et tempêtes…

Dans mon propre blog, j’ai peu parlé de météorologie, si ce n’est pour évoquer des inondations me semble-t-il, ou pour me languir de l’été. Par contre, j’ai entamé une série de billets autour de la tuberculose, ce terrible mal des temps passés, que l’on croise sans cesse, un peu comme on croiserait quelque personne antipathique qu’on ne saurait comment saluer, dans les biographies de peintres, écrivains, au moins jusqu’à l’immédiat après (seconde)- guerre.

Quant aux flashs météo de la radio suédoise…

« På radion säger de att vinterkylan tagit ett grepp om oss. Den ser inte ut att gå någonstans, så långt 10-dygnsprognosen sträcker sig finns den där. Isande och kall, med froströk och ymniga snöfall och även om jag inte älskar just detta arktiska tillstånd så är det något med vädersleksrapporterna som jag alltid gillat. »

« À la radio, ils annoncent qu’on en a pour un certain temps avec le froid. Et ça ne semble déboucher nulle part, en tout cas pour ce qui est des prévisions à dix jours. Glacial et froid, avec du givre et de la neige en abondance ; et même si je n’aime pas précisément cette ambiance arctique, il y a quelque chose avec les bulletins météo que j’ai toujours apprécié. »

J'écoute parfois en boucle P1 à la radio, quand je suis en Suède. Ou est-ce sur P2 ou P3 ? Arrive, vers le soir, une voix d’homme le plus souvent, qui entame une longue déclinaison de forces du vent, pluies voire températures à tel ou tel lieu d’une carte marine à laquelle, moi non plus, je ne connais pas grand-chose.

NB - La Hague

La voix prend parfois un ton las ; des soupirs ne sont pas forcément retenus. C’est que les informations sont monotones, mais on imagine qu’elles ont de l’importance pour ceux qui les guettent dans leur bateau, à tel ou tel lieu maritime plus ou moins éloigné du littoral qu’eux connaissent. On peut imaginer plein d’histoires sur les gens de ces bateaux, grands cargos ou petits voiliers ; plutôt petits voiliers – on imagine que les grands navires n’ont pas besoin d’ondes nationales…
Les mots se succèdent en boucle, on n’y prend plus garde. Quelques sonorités, en effet, émergent.

Puis au bout d’un moment on coupe, si ça ne passe pas à autre chose.
N'est-ce pas du reste un peu le propre de notre époque ?


Nils Blanchard


P.-S. : Appris, un peu par hasard et avec tristesse, la mort de Jean-Loup Trassard, dont il a été un peu question ici. Je serais revenu, je reviendrai à lui, au fil de mes lectures. C’est une belle maison d’édition, Le temps qu’il fait – on parlait de météorologie –, qui éditait plusieurs de ses ouvrages (il côtoyait en ces éditions Henri Thomas, André Dhôtel, Alain Galan… d’autres encore… du très beau monde pour moi).
Il est mort en janvier, à Ernée, un coin de la Mayenne que je connais un peu, beaucoup… vaguement, comme dirait l’autre (cf. index à droite de l’écran… version ordinateur. Etc.)

jeudi 26 février 2026

Vie d’auteure / (slash)

Un blog que j’ai rajouté aux liens de celui-ci, il y a quelques mois – un peu plus, déjà ? – « Ulrika Nettelblad – En som skriver ».
Jusque là, parmi d’autres sujets, question çà et là de refus de manuscrits. Une vie d’auteure…

NB - Eva Blanchard

Puis, le 10 février 2026, un long article, « 2016/2026 » ; rien d’orwellien là… Ça commence par cet avertissement/conseil : « Idag blir det långläsning. Brygg en kopp kaffe, ta en liten pralin vetja, och ge dig själv en stund för text. » « Aujourd’hui, ce sera une longue lecture. Faites-vous un café [C’est le français/moi qui vouvoie...], prenez un chocolat, que sais-je, et prenez du temps, pour le texte. »
Puis une capture d’’écran de « smartphone » où l’on comprend qu’un manuscrit, pourtant retravaillé, a été refusé.
(Là, on se rend compte que les/des éditeurs suédois, en comparaison à certains, français, sont foutrement professionnels. Ils lisent (et savent lire…), répondent, expliquent… Bref, ils font leur métier, ne se contentent pas de placer un produit, ou une envie bobote – là, je vise certains petits éditeurs, qui sont capables de vous demander un texte, puis ne vous répondent même pas quand vous le leur envoyez…)

Pas datée, cette capture d’écran. On comprendra que c’est ancien. (Relativement…)
2016
/
Pas 2026…

Pia W - NB - 2016

Entre-temps, 2021-2022, la blogueuse raconte ; une vie d’auteure (publiée ou pas, peu importe… enfin, façon de parler…) Elle gagne quand même un concours avec une nouvelle, 5000 euros. Ce n’est pas rien… Mais c’est surtout le fait, bien sûr, de recevoir une rétribution pour ses écrits qui lui fait plaisir semble-t-il.
Je résume un peu, sans doute.
2021-2022, donc, sa vie évolue, encore plus… Et « Det är våren 2022, anfallskrig i Europa, gränser som inte betyder någonting. Det som varit självklart är upplöst.
Det blir sommar, det blir höst. » « Voici le printemps 2022, la guerre d’agression en Europe ; les frontières n’ont plus de signification. Ce qui était évident n’est plus.
Arrive l’été, puis l’automne. »

Eh ! On est alors au début de mon blog…

Il semble que la blogueuse sombre, alors.
Puis…
Oui, le texte est long.
/ (Slash) ; 2026.

Annonce de la publication de son premier roman (debutroman, dit-on en suédois…) Le titre : Sjukdomen (La Maladie).
La blogueuse est médecin (par ailleurs…) Mais le titre ne pourrait-il pas plutôt faire allusion à la vie d’auteur ?

Hanna Frosterus-Segerstråle - Capture d'écran

À paraître à l’automne. On en parlera, peut-être… Car le temps qu’il paraisse, de me le procurer… J’ai déjà dit que ce blog n’allait pas durer très, très longtemps…


Nils Blanchard

vendredi 15 août 2025

Objets de placard (pas en plastique!) / Wera von Essen

Voyage étrange et à peu de frais dans le temps ; objets de placards laissés passablement intacts par mon grand-père, en Suède. En même temps, j’ai pu enfin me procurer la suite d’En debutants dagbok, de Wera von Essen.

NB - Bohuslän, juillet 2025


Oui, il y a plus – bien plus peut-être… – de quarante ans qu’ils dorment là, dans une maison en Suède, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas beaucoup plus anciens. On croira que Michel Houellebecq (on le préférera chanté par Carla Bruni, en l’occurrence) visait juste : « Il existe au milieu du temps / La possibilité d’une île. »

Au milieu des temps, temps suspendus ? Des flots. Mer d’huile.

Ça me fait penser à un roman (en cours d’écriture) interrompu. Pas eu le temps du tout de le reprendre lors de mon dernier séjour ; ne l’avais même pas amené. Pas eu le temps de grand-chose ; à peine la relecture d’un autre…
Voulais chercher du travail, passer à autre chose, autre chose, autre chose…

En juillet : eau à 23° !

Bains, promenades dans la forêt.

Été. (Participe passé autant que saison. C’est tout le truc de l’été suédois…)


NB

De quand date cette boîte de plombs ?

Bon, il y a bien un plomb qui a sauté.
Heureusement que j’étais avec un ami qui s’y connaissait mieux que moi, qui avait un regard extérieur sur la chose. Tableau électrique, compliqué par des annotations postérieures. Il suffisait de s’en tenir aux annotations (pas encore effacées, heureusement) de… mon grand-père.

NB


NB

Et cette boîte de thé ?

James Lundgren and co, Göteborg.

Je lis sur une annonce sur internet qu’elle est probablement du milieu du siècle.

NB

Ah, puis cette boîte pour un réchaud de camping.
Elle est bilingue (sur les autres faces) : les explications sont en suédois et en finnois. Ce devait être très courant à… quelle époque ? Milieu du siècle, là encore ? Mais je ne peux m’empêcher de voir ça comme un clin d’œil à ce blog.

Où a été rajouté depuis peu, du reste, un lien vers le blog d’Ulrika Nettelblad…

NB - Bohuslän


Mais Wera von Essen ?

J'avance tranquillement dans son livre, en ce début de mois d’août – entre deux visite à l’hôpital – aussi désordonné que ce billet.
Elle s’apprête précisément (page 109 / 14 juin 2021) à accepter – sans grand enthousiasme – à aller en Finlande (elle est alors à Stockholm). Il faut dire qu’elle a mal au dos, ne veut pas voyager du coup en voiture…

« Tåg upp till Umeå. Jag vet inte. Jag är så vag och ambivalent och kan aldrig planera något. »

« Prendre le train en montant à Umeå. Je ne sais pas. Je suis si indécise, partagée... je n'arrive jamais à rien planifier. »

Elle n'ira pas; elle ira en fait un peu plus tard. Elle aussi a une partie d'histoire en Finlande. Svensk Finland (Finlande suédoise), mais sans être finlandssvensk. Décidément.


Nils Blanchard


- Ajout d'étiquettes du dernier billet : néopuritanisme, Copenhague, Genève.

- Échec hier (14 août) de la réunion de Genève visant à limiter la production de plastique dans le monde. Victoire, à très très court terme, des producteurs de pétrole…
Quand on pense qu’en France, on nous rebat les oreilles, jusque dans des établissements scolaires, de football (masculin), et des exploits de certains « clubs » financés par des pétrodollars…

lundi 18 décembre 2023

Miscellanées, Auvergne et autres (et autres blogs), 4

Déjà décembre ; hiver depuis quelques semaines ; un coup de froid, un redoux, mais humide et gris... Lien avec l’Auvergne ? Aucun, sans doute. Si ce n’est une sorte de chamboulement des saisons (mais là bas, par exemple sur le Puy de Dôme, ça peut être simplement naturel).

NB - Auvergne, printemps 2023

Mais c’est que j’étais resté dans des thèmes d’été (puis d’automne, un peu) ces derniers temps, jusqu’à ces octets de fer du dernier billet, venus me poursuivre après un passage à Göteborg cet été.

On aurait presque envie de retourner plus de cent ans en arrière, via un documentaire sur le Göteborg Posten, où l’on voit notamment cette photographie de 1909. Là, les octets de fer étaient encore assez loin d’éclore.

Aron Jonason, Göteborgs Stadsmuseum, Enfants à Järntorget, hiver 1909

Les jeunes garçons ne passaient pas leur jeunesse rivés à des crétineries de réseaux sociaux. Étaient-ils plus heureux, plus malheureux ? Ils ressemblent quand même sacrément aux enfants d’aujourd’hui. C’est le décor qui a changé bien sûr. Puis, le noir et blanc.
Comme un cocon.

Il y a ce blog d’une Suédoise, si j’ai bien compris, qui s’est installée sur Åland avec ses enfants – en Finlande, donc ; et un peu en Suède parce que c’est très suédophone (svédophone devrait-on dire?) là-bas ; une sorte de lieu de métamorphose – un cocon peut-être. Les photos sur ce blog sont quasiment toutes en noir et blanc.
Elle s’appelle Ulrika Nettelblad. Dans un article d'octobre publié fin novembre, elle évoque des lectures.

« (…) böcker som lämnat avtryck på samma sätt som gamla pojkvänner, flickvänner kan göra – även om man inte älskar dem längre, så minns man tiden man gjorde det, ett märke i huvudet för alltid. » « (…) des livres qui ont laissé une impression à la manière de vieux petits/petites ami(e)s – même si on ne les aime plus, on se souvient du temps où l’on faisait ceci ou cela ; une marque en notre esprit, pour la vie. »

Parmi les livres qu’elle évoque, Här ruvar havet, Flora Wiström (Norstedts). On lit à son propos sur des sites de vente :

« Här ruvar havet utspelar sig under ett par vindpinade sommarveckor i Bohuslän. Ida är där för att hälsa på sin pappa, Tommy. Hon har precis blivit lämnad efter ett flerårigt förhållande men berättar ingenting. Det finns så mycket de inte pratar om.
Dofterna på platsen - tång, ljung, enesnår - gör det omöjligt för Ida att värja sig mot minnena. »

« Ici la mer attend [le verbe ruva est difficile à traduire : ruminer, couver…] se déroule au cours de semaines d’été venteuses dans le Bohuslän. Ida rend visite à son père, Tommy. Elle vient d’être quittée après une relation de plusieurs années, mais de ça elle ne raconte rien. Il y a tant de choses dont ils ne parlent pas.
Les odeurs – algues, bruyères, genévriers – empêchent Ida de se protéger de ses souvenirs. »



Ça nous ramène à l’article d’Argoul (en lien de ce blog, page dédiée) sur Le livre de Savery. Le critique n’est pas une buse ; il évoque bien le problème posé par les derniers chapitres du livre de Martin Fahlén : « La magie d’enfance s’est effacée ; ce tableau n’est plus le sien. Il est exposé en public. Son cadre amoureusement collé s’est fissuré, il a vieilli, comme l’auteur. »

Problème de cadres à nouveau. De gens qui partent ; de secrets qui perdent vie. Car certains secrets ne sont-ils pas comme vivants ? Quelque chose d’une autre vie.


Nils Blanchard


Triche : Eh, tire-au-flanc… tricheur, oui, que je suis : j’ajoute aux étiquettes certaines qui auraient dû figurer à un dernier billet de cette série, mais il n’y avait pas de place bien sûr… : Bill Murray, APHG, Natzweiler Struthof.

lundi 27 novembre 2023

Des requins aux bains de mer / Peintres suédois

Je reprends le fil de billets déjà (...) un peu anciens.  Icilà...
Quant aux bains de mer, on y revient, toujours avec Kristin Lagerkvist qui en parle régulièrement dans son blog, à toutes saisons… Ou avec deux autres blogs d’intérêt récemment découverts : Julia Eriksson et Ulrika Nettelblad – en som skriver.

Gerda Roosval-Kallstenius - Capture d'écran

La première écrit le 7 novembre, au début d’un long article intitulé : « Novembers djupa andetag » – « La profonde inspiration de novembre » :

« Kalendern visar november. Årets elfte månad, den långa och gråa, men också det djupa andetaget innan. Före högtider och glitter, decembers hysteri.
(...)
En fördel med det stilla, gråa är det ännu inte blivit för kallt för att ses på bryggan på onsdagsmorgnarna för ett dopp. Kylan biter förvisso hårdare och stunden i vattnet blir kortare, men ruset efteråt finns fortfarande där. När kroppen skjutsar runt blodet och det liksom pirrar i bröstkorgen av energi och extas. »

« Novembre au calendrier. Le onzième mois, long et gris, mais aussi la profonde inspiration avant la suite. Avant les fêtes et les lumières, l’hystérie de décembre.
(...)
Un avantage avec ce calme, ce gris, est qu’il ne fait pas encore trop froid pour qu’on ne puisse se retrouver au ponton les mercredis matins pour un petit plongeon. Il fait froid cependant et le bain en est raccourci, mais l’ivresse, après, est bien là. Quand le corps propulse le sang en lui et qu’il y a comme ce picotement dans la cage thoracique – énergie et extase. »

Anders Zorn - Capture d'écran

Cela est entremêlé de photos de Stockholm, du bain, où je retrouve mes lumières et ambiances de cette ville – à l’époque, Anne-Marie Berglund vivait toujours (souvent à Stockholm) et je l’ignorais totalement (on en reparlera…) J’avais d’autres chats à fouetter il est vrai.

Plus loin, elle affiche sa lecture d’Isabelle Ståhl (qui faillit remporter le prix du journal de Borås en 2018 ; et Wera von Essen l’a remporté en 2019…), un roman intitulé Eden. Or j’ai eu beaucoup affaire à la notion de paradis au cours de recherches et lectures récentes ; quelque chose qui me poursuit, sur quoi je n’arrive pas à mettre précisément le doigt.

Birger Simonson (école des coloristes de Göteborg) - Capture d'écran

La seconde écrit d’Åland – photos en noir et blanc ; textes prisés ; et on en reparlera… ; dans un article du 27 septembre, on lit :

« En septemberkväll packar vi (…), åker till stranden och har vårt lördagsmys där. Det är indiansommar. Kvällen är ljum, men den kommer att svalna snart. Snart skymmer det. Vi simmar i havet. Säsongens sista bad. Jag har känt obehag för kallt vatten så länge nu, trots att jag förr älskade att bada. Som om stress och sorg tunnat ut huden. Som om minsta obehag, minsta motstånd inte gått att genomleva för belöningen som kommer strax därefter.
Men nu simmar jag mot vågorna, det doftar salt mot mitt ansikte, jag sänker mig under ytan, allt är svalt. »

« Un après-midi de septembre, on a fait nos sacs (…), puis on est allé à la plage pour notre détente du samedi. C’est l’été indien. La soirée est douce, mais il va bientôt faire plus frais. La nuit va commencer de tomber. Nous nageons dans la mer. Le dernier bain de la saison. Ça fait si longtemps que je n’aime plus l’eau froide, lors que j’adorais autrefois me baigner. Impression que le stress, la peine, s’exhalent de la peau. Comme si le moindre désagrément, la moindre contrariété ne pourraient survivre à la récompense, juste après.
Or maintenant je nage vers les vagues ; ça sent le sel sur mon visage ; je me laisse aller en profondeur, tout est fraîcheur. »

Fraîcheur, froid… Mais en même temps, quel plaisir d’entrer dans l’eau d’huile, noire d’un fjord et rencontrer quelque pingouin, plongeon… (je n’ai pu déterminer, cette fois-là, l’espèce exacte). Entrer comme en un autre monde, comme entrer dans une autre lumière.

Ivar Kamke - Capture d'écran

Henri Thomas – que l’on rerouve bien sûr dans l’article de Bernard Baillaud sur 84, dans La Revue des revues – avait un grand goût pour les bains de mer. Cela se passait en Corse, en Bretagne… Il y avait les bains de sa « vie  réelle », ceux de ses romans. Ainsi dans La vie ensemble (Gallimard, 1945), il se baigne à plusieurs reprises – enfin, Souvrault – et notamment du côté de Porquerolles, vers la fin de ce roman riche et étrange ; une sorte de Paris-Méditerranée de guerre, sans guerre, ou…

Pendant l’Occupation, il fut privé de plage par le blocage des côtes par les Allemands. Se souvenait-on de ce genre de détail ? Où le diable se glisse…
Et voilà : retour à l’enfer ; du coup, retour au paradis.


Nils Blanchard


P..-S. : - Je parlais de feuilleton sur France Culture. En ce moment : Un ennemi du peuple, d’Ibsen.
C'est le soir à 20h30, en semaine.

- En lien de lien de ce blog, via Alluvions, le site de Jérôme Leroy: Feu sur le quartier général... Là, un très court texte, avec une photographie qui parlera aux promeneurs... Il y est question, entre autres, d'André Dhôtel, Jean-Claude Pirotte... Que demande le peuple?

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...