Affichage des articles dont le libellé est Alain Chassagneux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alain Chassagneux. Afficher tous les articles

vendredi 30 mai 2025

Divers points – éditeurs, bobos (pas la même chose)

Croisé il n’y a pas très longtemps avec grand plaisir l’éditeur de cette maison dont il a déjà été question ici : Sous le Sceau du Tabellion, Alain Chassagneux. Cette maison d’édition, associative, a (ré)édité récemment, entre autres, Héloïse Combes, André Dhôtel, Patrick Reumaux !


Du coup, j’ai commencé de lire Biogriffures, de Patrick Corneau, qui lui-même a parlé non sans intérêt d’Héloïse Combes… J’en reparlerai peut-être, mais je voudrais m’arrêter sur le passage suivant (page 30 – il y est question d’un Frédéric…) :

« Il lui serait désagréable d’apprendre qu’il se rattache aux habitus de classe de la néobourgeoisie semi-intellectuelle française du début du XXIe siècle, dite bobo. (…) Pour Frédéric, les bobos ce sont les autres, sous-entendu ceux qui ont un peu plus d’argent, qui peuvent prétendre à l’atelier sur cour, la petite maison charmante dans une impasse privatisée, le loft avec vue sur le Sacré- Cœur, etc. Le bobo c’est toujours l’autre, celui qui vous ressemble mais en mieux, que vous dénigrez tout en l’enviant secrètement. »

Pourquoi pas. Sans vouloir empiéter sur les plate-bandes des sociologues – leurs semis sont déjà bien capricieux ! –, je me permettrai néanmoins de donner ici une définition simple et me semble-t-il assez complète du mot bobo, en cinq points. Sans doute la trouvera-t-on sujette à caution, mais elle aura le mérite d’exister.

1) Le bobo habite généralement le centre de certaines villes moyennes – grandes.

2) (En lien avec les points précédant et suivant), le bobo est aisé (matériellement), voire très aisé.

3) Le bobo est « branché », plutôt cultures underground, si possible locales.

4) Le bobo est de gauche (rarement communiste, entre LFI et un certain spectre de l’écologie et du centre-gauche).

5) (J'ai tendance à l’oublier, celle-ci), le bobo est assez niais.




Quant à l’Arbre vengeur – on en a parlé du fait de la belle réédition de David – ils ont parfois des soldes dans leur impressionnant catalogue. Gare alors, au porte-monnaie peut-être, aussi à l’espace jalousement préservé pour caser encore quelques livres ici ou là. En vrac : Franz Bartelt, Robert Louis Stevenson, Mark Twain, Remy de Gourmont, D. H. Lawrence…
J'hésite en l’occurrence un peu à me faire plaisir : sait-on jamais, quelque fâcheux – j’entrevois bien à l’heure où l’écris ces lignes quelques personnes particulièrement obtuses et ignares – pourrait me rendre le service de me décider à changer, enfin, de métier ; il me faudrait alors vraisemblablement déménager… et la difficulté serait alors précisément de transporter mes livres et leur trouver une place quelque part…

Ou rester indifférent à l’instar d’un David ?
Indifférent ; refuser l’influence du temps qui passe ? Jusqu’à prendre langue avec la mort ?
Je fais là allusion à un article d’André Murcie (mais on en reparlera…), qui évoque dans le dernier Cahier (n° 22, 2024) de la Route inconnue « Une mauvaise lecture d’André Dhôtel » :

« Les interstices dhôteliens changent le regard sur le sens profond de cette œuvre : pourquoi les amoureux de Dhôtel mettent-ils tant de temps à se retrouver ? Parce qu’ils ne sont pas situés sur la même rive, l’un se tient sur la rive du monde des vivants et l’autre sur celle de la mort. Ne poussez pas des cris d’orfraie (…) »

La thèse est troublante, même si elle généralise peut-être… Puis on pourrait penser aussi que Dhôtel a besoin simplement de temps pour raconter son histoire, « dérouler son tapis » (Paulhan).


Illustration de Julie Faure-Brac, tirée du
P
ays où l’on arrive un jour, Éditions Invenit


Ce jour au Mont-de-Jeux : présence de Julie Faure-Brac, Dominique Tourte (entre autres…) Ce dernier est l’éditeur d’Invenit, qui a confectionné le livre Le pays où l’on arrive un jour.
Le titre est résolument (par rapport à Dhôtel), contradictoire ; son objet a quelque chose de surprenant aussi (par rapport à Dhôtel, encore) : c’est qu’il a quelque chose, aussi, du guide de voyage, voire de randonnée. Dhôtel randonneur ? Dhôtel guidé ? Il se laissait plutôt guider par le hasard.

« Science subtile de l’égarement. »


Nils Blanchard

mercredi 7 février 2024

Livres nouveaux (et index, à droite, version ordinateur...)

Bien sûr on ne peut pas tout lire, mais plusieurs sorties font rêver ; on en reparlera, on en reparlera.

Gustav-Adolf Tenggren - capture d'écran

 D'abord, on l’a déjà évoqué, paraît incessamment sous peu le prochain opus de Wera von Essen, En emigrants dagbok (Le journal d’une émigrante), dans la lignée de son En debutants dagbok (Le journal d’une débutante).
Voilà ce qu’on peut en lire chez le site de l’éditeur (Polaris) :

« Jag har längtat så efter det här formatet (…)
I den nya boken är det en etablerad författare som har ordet, men med samma prövande blick, samma kompromisslösa vilja att gå på djupet vad gäller tro, skrivande, kärlek. Hon lever sitt liv mellan två världsdelar, i Sverige och Brasilien, och granskar tillvaron i båda länderna med den utanförståendes blick. »

« Ce format m’a manqué (…)
Dans ce nouveau livre, c’est une écrivaine reconnue qui parle, mais avec le même regard inquisiteur, la même volonté d’aller au fond des choses, sans compromission aucune, pour ce qui est de la foi, l’écriture, l’amour. Sa vie est partagée entre deux régions du monde, la Suède et le Brésil ; et dans les deux, elle fixe le monde avec les yeux de quelqu’un d’ailleurs. »

Expressen, caputure d’écran

Les critiques semblent encourageantes, notamment celle de Victor Malm, dans Expressen (le 25 janvier).
Et Bernur, en lien de lien de ce blog (index, à droite, version ordinateur…), est enthousiasmé ; lui parle de l’Augustpriset, « pour commencer », et commence, justement, ainsi (le 25 janvier aussi) :

« I genren autofiktion skriver ingen bättre svenskspråkig prosa än Wera von Essen. Hennes nya bok sopar banan med all konkurrens. »

« Dans le genre de l’autofiction, il n’y a pas de meilleure prose, en suédois, que celle de Wera von Essen. Son nouveau livre laisse la concurrence loin loin derrière lui. »

Mais ce n'est pas par la critique que je suis "venu" à Wera von Essen. 
À vrai dire, au départ, la couverture de son En debutants dagbok, dans une petite librairie de gare je crois. Choix rapide. Sanja Särman. (Si, si, index, à droite, version ordinateur...) 




C’est via le blog de Thomas Nydahl (le 13 janvier 2024) que mon attention s’est portée sur une Finlandaise de langue suédoise, d’origine aussi russe, ayant passé une partie de sa jeunesse à Saint-Pétersbourg… 
Non, pas Edith Södergran cette fois, Sofia Parland.

« Det är just denna tredelade identitet – finländsk, svensk och rysk – som skapar spänningen och känslan i hennes språk. Den är inte splittrad eller kluven, den är sin egen, hennes. »

« C'est justement cette triple identité – finlandaise, suédoise et russe – qui apporte intérêt et sensibilité à sa langue. Elle n’est pas écartelée ni incapable ; elle est la sienne, elle est elle. »

Et dans vi.se, (le 30 novembre 2023), Nils Niemi Boman titre son article sur une citation de l'auteure : 
« Sofia Parland : "Deux lieux peuvent être, simultanément, un chez soi". »
Ça nous ramène à ces divers lieux d'élection, auxquels on doit tourner le dos bien malgré soi...    

Mais pourquoi le dessin d’ouverture ? On a parlé récemment de Gustav-Adolf Tenggren.
Or d’elfes, ou de farfadets, il en est question dans le livre de Patrick Reumaux à paraître à Sous le sceau du Tabellion – bien belle maison, dhôtelienne s’il en est –, dès février 2024. Et dans sa « lettre » sur le site de la maison d’édition Sous le Sceau du Tabellion, Alain Chassagneux d’évoquer Louis Guilloux, Cripure, Nabucet, Le sang noir…
Et le nouveau livre, malheureusement posthume, de Patrick Reumaux.


Patrick Reumaux, déjà évoqué (à droite, à droite, etc.) et dont on reparlera très vite.


Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...