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vendredi 3 avril 2026

Allers-retours

Périodes d’allers-retours, mais très rapides – nécessités diverses – entre l’Ouest et l’Est de la France.
Pas le temps de prendre la voiture ; le train.
Et des lectures plus ou moins de hasard.

NB

D'abord… J’ai déjà parlé de cette notion de désintégration. Alors même que divers racistes et esprits simples s’en prennent sans cesse aux étrangers dans leurs discours, leur reprochant notamment de ne pas s’intégrer, une partie de la population – parmi elle, des racistes, des esprits simples ?… ce serait à étudier bien sûr – me donnent l’impression de se désintégrer au contraire, de se retirer de la civilisation commune…

J'eus cette impression dans le train, passant dans tel wagon, et voyant tous les gens les yeux accolés à leurs écran. Pas de lecture (autre), de conversation, de rêvasseries à la vue du paysage. Une sorte de cohorte – immobile – d’absents.
Entrant – je ne sais plus à quel trajet – dans un espace de bout de wagon où m’avait relégué ma réservation hasardeuse (carré à quatre, ou comment disent-ils cela?), je ne vois autour de moi que des gens absentéisés par leurs écouteurs et écrans. Un homme arrive et dérange une de ces personnes – une jeune femme – pour rejoindre sa place près de la fenêtre. Il salue sans obtenir de réponse. Puis, ayant pu s’asseoir, il remercie. « Merci », dit-il donc. Incompréhension sur le visage de la jeune femme. « Comment ? » Je ne sais plus si elle retire seulement ses écouteurs.
« Merci », répète-t-il, à la fois amusé et gêné. 
Le mot a-t-il été seulement compris ?

Mot « magique », dit-on aux enfants. Peut-être a-t-il repris là quelque chose d’un mystère impénétrable. Politesse (de polis la ville), civilisation (de civis, la ville encore).
Vivre en ville signifie aussi de souffrir des interactions avec les autres, de s’intégrer un minimum dans un groupe.

NB

Au bar TGV, début de coucher de soleil par la fenêtre. Crayonnages d’avions et de rayons de soleil dans le ciel. J’étais dans Olivier Norek, Les Guerriers de l’hiver, qui raconte les aventures de différents personnages, soldats notamment, pendant la Guerre d’hiver (novembre à mars 1940).
Très bien fait, peu d’erreurs semble-t-il – la notion de « trauma » évoquée en début de roman peut-être cependant anachronique (dans les représentations de l’époque)…

Me revient le souvenir d’un grand-père dans une famille finlandaise, dans les années 1990, qui m’avait dit quelques mots sur cette guerre. Elle semblait difficile à évoquer seulement.

Dans un chapitre évoquant le front de Kollaa, quelques jours avant la fin de la guerre (de cette guerre), avec les opérations des survivants de la 6e Compagnie de l’ancien légionnaire Juutilainen, il est 4h30 du matin, il fait moins 40°… (Pocket, page 393.)

« Deux mille Finlandais contre six fois plus de Russes. Au vu de l’infériorité numérique criante, aucune armée n’aurait choisi autre chose que la défense. Les Finlandais optèrent donc pour l’attaque. »

On y reviendra, vraisemblablement.



NB

Au bar TGV – c’était à un autre trajet, ma place était voisine du bar –, quasiment personne.
On regretterait par moments l’époque du Covid où les bars des trains étaient pris d’assaut par des voyageurs qui en profitaient pour ôter quelques instants leurs masques. Les masques…

Puis soudain, discussion entre un passager et la « barrista ».
C'est l’inverse, cette fois-ci ; les deux sont très polis et diserts. Cela donne, dans mon souvenir, à cet instant quelque chose de poétique et charmant.
Comme une humanité retrouvée, lointaine.
C'est que dans un sens les deux parleurs ont baissé les masques, ont presque tout raconté de leurs vies, mais pas par exhibitionnisme ; on avait l’impression plutôt d’une simple volonté de communication permettant de redonner quelque sens à des existences – l’une des deux au moins dans mon souvenir – qui étaient à un point de basculement.
S'ancrer quelque part, dans une conversation avec un inconnu pour faire le point, avant de continuer, repartir.

Quelque part mais pas n’importe où, précisément dans une certaine civilisation.


Nils Blanchard


Triche, ajout d'étiquettes du dernier billet : Maurice Garçon, Xavier Gianoli, Jean Luchaire, Paris, Homère, Paul Jourdy, Guillaume II, Jean-Baptiste Corot, Louis Hector Leroux, Bertel Thorvaldsen.

Allers-retours

Périodes d’allers-retours, mais très rapides – nécessités diverses – entre l’Ouest et l’Est de la France. Pas le temps de prendre la voiture...