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lundi 24 mars 2025

« La doxa de l’inévitable », Nils Holgersson, 3

Expression entendue dans la bouche d’Éric Sadin, dans l’émission d’Alain Finkielkraut « Répliques », sur France culture le 22 mars.
Il était là remis en question l’inexorable progression, promotion aussi, de l’« intelligence » « artificielle », remise en question qui fait étrangement écho à un billet d’il y a près d’un an.

Et c’est le printemps, quand même…

Présentation de l’émission : « Eric Sadin revient sur la généalogie de l'Intelligence Artificielle, la fait remonter à ce qui s'est passé à partir du mitan des années 2000. Il définit ce qu'il appelle "la dimension cognitive et organisationnelle - Ça interprète et ça organise, ça envoie des signaux en vue d'agir de telle manière plutôt que de telle autre". »

Éric Sadin d’insister sur la mise en danger de certains métiers : traducteur (littéraire notamment), auteur, doubleur, acteur… avocat, médecin généraliste.
On a besoin les uns des autres pour se développer, pour « faire société » (là, c’est moi qui utilise cette expression qui m’agace considérablement habituellement). É. Sadin : « On a tous besoin de quelqu’un qui a les compétences que chacun n’a pas » (je cite de mémoire). Si on n’utilise plus les compétences des autres, mais celle des machines uniquement, c’est l’humanité elle-même qui va profondément changer, dans son modèle de développement.

« Mitan des années 2000 » ?
On en voit déjà les résultats : Musk et autres avec leurs saluts nazis incontrôlés (sans même qu’ils soient sans doute réellement nazis : ils ne comprennent rien et tout (tout et rien…) C'est le désordre intégral de la saturation de la réflexion humaine, du développement humain, par les algorithmes mercadents.

Mary Hamilton Frye, The Wonderful Adventures of Nils (Selma Lagerlöf)


En l’occurrence, la « peste » faisait allusion à l’antisémitisme.

Or (et ne serait-ce que l’œuvre de l’« hologramme » de Mélenchon ? Je n’en crois rien…), l’antisémitisme progresse on le sait dans nos contrées et temps, particulièrement peut-être depuis le 7 octobre (mais, déjà avant…), et a été évoqué ces derniers temps dans les médias de par une affiche assez puante de « LFI », reprenant des codes antisémites anciens…

Bon, mais alors, quel lien, entre l’antisémitisme et l’intelligence artificielle dévoyée ?
J'aurais tendance à dire que dans les deux cas, on est dans l’amorce de l’attaque contre l’humanité. L’antisémitisme est particulier car, indépendamment de son aspect détestable, voire même de la Shoah, il précède et sert d’exemple aux autres intolérances, discriminations, jalousies… névroses…

Mary Hamilton Frye, The Wonderful Adventures of Nils (Selma Lagerlöf)


Et Nils Holgersson, qui apparaissait aussi dans ces billets évoqués ?
N'y a-t-il pas là à travers l’histoire de ce garçon transformé par un tomte en petit gnome, le contact possible avec d’autres formes d’intelligence, de réflexion, au travers des contes, de la fiction, de l’imaginaire ?
On sait que les oies sauvages, aussi, oiseaux migrateurs, se repèrent dans leurs voyages à travers des mécanismes particuliers qui nous échappent en partie.
Autres intelligences ?


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Lorenzo, Venise, Covid-19, Suède, OTAN, Anders Tegnell, maastrichtlisbonnisation, 1921.

dimanche 26 mai 2024

Nils Holgersson ; Autres blogs – Citations et destinations inattendues, et IA (2)

Je reviens à mes citations, destinations inattendues et… mais si, Nils Holgersson…
Dans un autre blog « indirect » d’Alluvions, Le SauteRhin, les deux derniers articles portent sur l’« intelligence » artificielle. Enfin, un beau texte en date du 5 mai, dans celui de Julia Eriksson, évoque un séjour au Japon.



Dans le blog Le SauteRhin, donc, il est question d’intelligence artificielle, dans deux articles des 5 et 14 avril derniers. Il est évoqué là notamment la transformation d’internet sur les vingt dernières années :

« Depuis une vingtaine d’années maintenant, l’espace médiatique numérique s’est considérablement transformé : créé et développé pour concrétiser des idéaux d’ouverture, de liberté, de partage des savoirs et d’apprentissage collectif, les réseaux sociaux dominants sont aujourd’hui souvent devenus le lieu du cyberharcèlement, de la violence en ligne et de la désinformation. »

Et cela : Anne Alombert (citée par Bernard Umbrecht) le lie à des évolutions somme toute techniques :

Au Web fondé sur le principe des liens hypertextes, qui permet la navigation intentionnelle de sites en sites, se sont peu à peu substitués les algorithmes de recommandations automatiques de contenus, qui téléguident les utilisateurs vers les contenus qui ont suscité le plus d’« engagement » des utilisateursi, sachant que ces contenus sont aussi ceux qui auront le plus de probabilité d’être les plus sensationnels, les plus choquants, voire les plus violents. »



J'ai revu récemment, justement – justement, on va voir pourquoi – un film de Guillaume Nicloux, de 2002, avec Thierry Lhermitte parmi une bordée d’acteurs assez exceptionnels, dont le moindre n’était pas Paris… : Une affaire privée. Je me faisais la réflexion en le voyant que s’il y avait déjà des ordinateurs portables, téléphones de la même sorte (pas de smartphones…), ces instruments ne nous avaient pas avilis au début de ce siècle comme ils l’ont fait aujourd’hui. Eux, et d’autres responsables… Le Saute-Rhin de mentionner ainsi l’influence de grands groupes privés.
Or il se trouve que Guillaume Nicloux (dont j’apprécie bien des films, dont The End avec Gérard Depardieu, Thalasso, avec le même Depardieu et Michel Houellebecq…) a connu André Dhôtel, qu’il mentionne dans plusieurs interviews.

Que j’ai écrit il y a quelques années un petit article, paru à La route inconnue, sur André Dhôtel et… l’intelligence artificielle. Il y était question notamment d’oiseaux de fer, que nous appellerions aujourd’hui des drones. Comme ceux qui bombardent ces temps-ci Gammalsvenskby – cf. site en lien de ce blog…



En lien de ce blog, aussi, le site de Julia Eriksson. Elle rentre donc d’un voyage au Japon ; on en reparlera sans doute… Le 5 mai, cela a donné l’article « Tiden och tillvaron nästintill olaglig » – « Le temps et l’existence aux confins de l’illégal. » Il y est question notamment du sentiment d’être dans l’illégalité tant l’étrangeté du pays est agréable et la situation (le trajet en avion) particulière :

« (...) den fascinerande känslan av att vuxenlivet kan få vara så här också, i alla fall för ett slag, som om vi skapat oss en Murakamisk lucka till en annan tillvaro och nu njuter vi av den fullt ut. »

« (...) le sentiment fascinant que l’âge adulte peut connaître cela aussi, pour un temps au moins, comme si nous nous étions créé une ouverture murakamienne vers une autre réalité ; et que nous en profitions pleinement. »

J'ai vécu un peu l’inverse à Kungälv. Et en l’occurrence, peut-être qu’une intelligence artificielle aurait été moins xénophobe qu’un employé de police privée…


Nils Blanchard

samedi 18 mai 2024

Nils Holgersson ; Autres blogs – Citations et destinations inattendues, et peste (1)

Dans un blog, espagnol comme son titre ne l’indique pas (HobbyHorse), en lien indirect de celui-ci (il est en lien d’Alluvions), un article sur l’antisémitisme s’ouvre sur une allusion à Nils Holgersson, de Selma Lagerlöf.

NB - Mai 2024

Or donc, Álvaro de La Rica commence ainsi son texte :

« De ahora en adelante – escribió Selma Lagerlöf en El maravilloso viaje de Nils Holgersson a través de Suecia –, siempre que me encuentre en un callejón sin salida, pensaré que no es así. No olvidaré que puede evitarse el daño propio sin perjudicar al otro. Nunca falta una tercera salida: lo bueno es encontrarla”. »

« Dorénavant – écrivit Selma Lagerlöf dans Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède – chaque fois que je me trouverai dans une impasse, je penserai toujours que ce n'est pas le cas. Je n'oublierai pas que l'on peut s’éviter du mal sans pour autant que ce soit au préjudice de l’autre. Il y a toujours une troisième voie : l'important est de la trouver". »

Puis de rappeler que Selma Lagerlöf – sur laquelle on aura l’occasion bien sûr de revenir plus amplement assez vite – a séjourné à Jérusalem en 1899-1900.
Et de poursuivre :

« Estamos viviendo en Occidente una nueva ola de antisemitismo. La respuesta militar israelí a los ataques del pasado 7 de octubre ha renovado esa forma de odio, nunca vencido, de una parte no menor de la opinión pública occidental. (…) »

« Nous vivons en Occident une nouvelle vague d'antisémitisme. La réponse militaire israélienne aux attaques du 7 octobre dernier a ravivé cette forme de haine, jamais vaincue, d’une partie non négligeable de l'opinion occidentale. (…) »



Et j’avais conservé dans mes « archives » – on ne se refait pas, quoique… c’est une autre histoire – une « lettre politique » de Laurent Joffrin dans Libération, en date du 18 février 2019, intitulée « Le retour de la peste ». Il y était commenté un événement arrivé en marge d'une manifestation des bons gilets jaunes :

« Bien sûr, il faut répéter, comme nous l'avons fait hier, que les insultes proférées contre Alain Finkielkraut sont insupportables et que les opinions du philosophe, quoi qu'on en pense par ailleurs, n'ont rien à voir là-dedans : ce n'est pas par goût de la joute intellectuelle que des manifestants se sont attaqués à lui, mais bien en raison de sa qualité de Français juif, ce qui signe l'agression raciste. L'inquiétude supplémentaire vient d'un phénomène plus insidieux que la persistance – déjà honteuse – de réflexes antisémites en France : elle vient de l'abaissement des défenses immunitaires de la société et d'une partie de la scène politique face à ce retour de l'immémoriale peste. »  

Par là-dessus, la politique récente du gouvernement israélien « permet » à certains faquins de se désinhiber, s’adonnant notamment à leur sport favori consistant à assimiler les israéliens à des nazis – ce genre de comparaison « c’est comme le nazisme » ne servant la plupart du temps qu’à montrer que son auteur n’a aucune idée sérieuse de ce que fut le nazisme.
Étrangement, l’assimilation au nazisme a aussi été employée par le gouvernement russe pour « justifier » son attaque de son voisin ukrainien.


Nils Blanchard


Triche : je rajoute ici deux étiquettes du dernier billet : André Dhôtel, Karin Boye.

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...