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samedi 7 mars 2026

Fleurs / Décalage – Une cinquième saison

C'est Alain Souchon qui chantait – qui chante peut-être toujours ? – « J’aurais mis des p’tits brins d’bruyère sur ton coeur / Toi qui trouves que pour un garçon / J’aime trop les fleurs ».
C’est dans la chanson Portbail, qui parle aussi, d’une maison dans le Cotentin.
Eh, les maisons, à nouveau…

Henri Lebasque, Jeune fille au collier de fleurs,
vers 1914 - Capture d'écran 

Récemment, quelqu’un de cueillir une première anémone des bois de l’année. (En vitsippa.) Et pourquoi je pense à tout ça ? J’attends l’été, encore, bien sûr…

Envie de sortir de cet hiver trumpien – le coup d’éclat permanent –, et pas que…
Mais c’est que les fleurs peuvent aussi inquiéter ; ainsi de ces Vanités, ces bouquets de fleurs qui marquent, en le fixant, le passage du temps. Savery en a laissé plusieurs ; l’un est dans le livre de Martin Fahlén ; pas le même – mais ressemblant – que celui-ci :

Roelandt Savery, Bouquet de fleurs,
Musée des Beaux-Arts de Lille, Wikipedia

Attention aussi, une première fleur n’est pas l’explosion du printemps. Mais cette saison entre l’hiver et le printemps donne la sensation d’un décalage. Or après tout, mars est le mois de la guerre ; qu’est-ce qui peut alors tant nous étonner dans les conflits actuels ?

De nouvelles alliances ?
Article dans le Göteborgs Posten (de Wiktor Nummelin et TT) sur la visite d’E. Macron à l’Arsenal de Brest. À aucun moment il n’est question là d’OTAN, d’Union européenne, comme s’il s’agissait d’ustensiles poussiéreux qu’on garde au fond d’un placard.

« Allt är en del av en ny kärnvapenstrategi som håller på att utvecklas, i ljuset av Rysslands krig i Ukraina.
– Vi måste se vår avskräckningsstrategi mot bakgrund av hela den europeiska kontinenten – med skapande av vad jag kallar en ”avancerad avskräckning”, säger Macron.
I den ingår bland annat möjligheten för ”europeiska allierade” – däribland länder som Sverige, Danmark, Polen, Belgien och Nederländerna – att delta i övandet av den franska ”avskräckningsförmågan". »

« Tout ceci fait partie d’une nouvelle stratégie nucléaire qui se déploie, à la lumière de la guerre russe en Ukraine.
– Nous devons voir notre stratégie de dissuasion dans le contexte de tout le continent européen – en formant ce que j’appelle une ”dissuasion avancée”, dit Macron.
En fait partie la possibilité pour des alliés européens – parmi lesquels la Suède, le Danemark, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas – de prendre part à la capacité française de dissuasion". »

(En tout, huit pays, puisque s’y ajoutent le Royaume-Uni et l’Allemagne.)

Jeune homme en mars (sans auteur)
- Capture d’écran

Décalage ; sentiment de ne pas être en situation connue.
Retour à Albert Camus… N’est-on pas dans cette situation, somme toute, depuis les évolutions de la Seconde Guerre mondiale – Shoah et massacres de masse technologiques (bombardements…), parmi ces bombardements : l’usage de l’arme atomique ?

Julia Eriksson, pour en revenir à des sujets plus ciel à ciel, évoque il y a quelques jours une cinquième saison :

« Det är den första mars och utanför fönstret har snön smält bort (…) En ny period har sakta börjat att ta vid, men nu gäller det att vara försiktig. Det är en styggelse att räkna med vår i mars, det gör en bara besviken. Än är det långt kvar, men i ett försök att blidka mig själv har jag valt att tänka på den här perioden som den femte säsongen: vårvinter. »

« On est au premier mars et la neige a fondu au dehors (…) Prudemment, une nouvelle saison commence, mais il faut être prudent. C’est une erreur de compter sur le printemps dès mars, et ça ne peut qu’amener de la déception. Il faut encore attendre, mais pour m’y résoudre, j’ai choisi de considérer qu’il y avait une cinquième saison : le printhiver. »


Moi de la guerre donc, et des maladies ? Tuberculose, pneumonies ; rhumes divers chopés ou transmis par les imprudents (et jusqu’en avril, ne te découvre pas d’un fil…)

Et les filles d’avril (texte de Souchon encore, mais là, c’est Voulzy qui chante…) Qui, par ailleurs, a chanté Le pouvoir des fleurs…

Et la paix. Dans l’album Lys and love… « La neuvième croisade. » Allez !

La paix !

 
Nils Blanchard


Triche ; rajout d'étiquettes du dernier billet : antisémitisme, Iran, Israël, États-Unis.  

jeudi 19 juin 2025

(Dé) Colonisation

Titre un peu étrange, peut-être ; c’est que j’ai dans l’esprit un autre billet sur le thème de la colonisation.
Mais là, article de Bernur (Björn Kohlström), en lien indirect de ce blog (voir Voices in translation), le 14 juin dernier, sur une nouvelle traduction de Robert Antelme en Suède : Hämd ? (Vengeance?)

NB - Eva Blanchard – Collection particulière


Bernur rappelle que Robert Antelme a été marié à Marguerite Duras, qu’ils se sont séparés après la guerre (lors de laquelle Antelme a survécu notamment à Buchenwald) et que Duras a tiré de la période de la guerre le recueil La Douleur (récits retrouvés plusieurs décennies plus tard par l’auteure, publiés en 1985).

Quand on pense à Marguerite Duras, on pense bien sûr à la présence française en Indochine. Or récemment, Argoul a évoqué un roman de guerre, Le navigateur de Jules Roy. Jules Roy, lui, s’il a écrit aussi sur l’Indochine, et évidemment la Seconde Guerre mondiale, est lié à son histoire algérienne, une certaine amitié avec Camus.

Deux auteurs, donc, concernés par deux drames comme parallèles, qui se suivent chronologiquement, les guerres d’Indochine et d’Algérie. Ces guerres : acmés de la bêtise et de l’ignominie de la colonisation, et de sa gestion à cette époque.
Peut-être y reviendra-t-on.

Eugène Delacroix, Roméo et Juliette au tombeau des Capulet – Capture d’écran.


Mais le sentiment de vengeance, l’incapacité à tirer un trait (même pointillé, même nuancé) sur un passé, la transmission d’une volonté de violence à des générations à venir – la vendetta ? – ; n’y a-t-il pas là une forme de colonisation des esprits ?

On ne peut s’empêcher d’y penser en lien aux événements autour de Gaza ; la fuite en avant criminelle de B. Netanyahou, qui mélange allègrement notions et époques, suscitant sciemment le désordre dans les âmes plus ou moins simples (de Mélenchon à l’excité anonyme et ignare derrière son écran...)

Bernur commente :

« Numera handlar allt om det bibliska öga mot öga (fast mer ”öga mot ögon, tand för tänder …”). Vad beror det här på? Kanske vår tid är för narcissistisk: det här är priset vi får betala för att allt större fokus läggs på individen, våra känslor och hur vi upplever saker. Vi pratar för mycket om våra rättigheter, och för lite om våra skyldigheter. På ett sätt blir vi allt dummare, det vill säga, mindre intellektuella. »

« Maintenant il n’est plus question que de l’œil pour œil biblique (ou plutôt œil pour œil, dent pour dent…”). À quoi cela est lié ? Peut-être est-ce que notre temps est trop au narcissisme : c’est le prix à payer de ce que l’individu prend de plus en plus de place, avec ses sentiments, sa façon d’appréhender les choses. Nous parlons trop de nos droits, pas assez de nos devoirs. Dans un sens, nous devenons de plus en plus bêtes, plus exactement de moins en moins cérébraux. »

NB – Carrière du Struthof, août 2022 (depuis, la recherche a avancé…) 

Je ne suivrai pas dans son article Bernur dans tous ses commentaires ; mais celui-ci est assez imparable me semble-t-il. J’ajouterai néanmoins : droits, et devoirs, vis-à-vis de la vie, de la nature, des autres espèces…, surtout.

Et un des moyens d’échapper aux réductions et généralisations erratiques, c’est le travail et la réflexion étayée, de bonne foi.
L'archéologie offre un terrain de réflexion et de travail méthodique, ancré dans ce qui nous a précédé, formé. Il y avait justement (14 et 15 juin), les journées de l’archéologie, à l’ancien camp de concentration de Natzweiler (Struthof) notamment.
Les archéologues font suffisamment râler les entrepreneurs de « BTP », quand leur progression bétonisée est ralentie par un signe du passé.
Au Struthof, ailleurs, l’archéologie permet de clarifier, remettre en perspective certaines zones d’ombre, ou de trouble. On en reparlera aussi.


Nils Blanchard


Ajout : visite du président Macron au Groenland, le 15 juin. Il s’agit là de lutter contre une autre forme de danger de colonisation.

mardi 11 mars 2025

Jacksonite et mort d’une marraine

Mars ; temps de la guerre, mais aussi des prémisses du printemps ; c’est trompeur… Court séjour à l’Ouest – entre autres pour les obsèques de ma marraine… (Pas particulièrement suédoise ; mais c’est elle qui m’avait fait découvrir Henning Mankell…)

NB - mars 2025


Peu avant, allocution d’E. Macron à propos de l’évolution géopolitique (5 mars). C’est dès la Seconde Guerre de Tchétchénie que beaucoup ont compris (pas certains extrêmes, pas certains hommes de droite) que le poutinisme était dangereux, foncièrement malintentionné. Je me souviens d’un article, dans Le Monde je crois, d’André Glücksmann à ce propos.

Oui, on change d’ère. Ce qu’on appelle l’époque contemporaine, à partir de 1789, est divisée ainsi en périodes, qui se révèlent – ce sont là les secrets de la chimie des temps et des pensées – parfois plus tard. Ainsi en est-il des années 1941-1942, qui marquent l’entrée des États-Unis dans la guerre (décembre 41), l’attaque allemande en URSS (été), mais aussi la conférence de Wannsee (20 janvier 1942). On pourrait y ajouter la confirmation du programme atomique par Roosevelt.
La Seconde Guerre mondiale est fondamentalement différente de la Première (étrange tendance à lier les deux en un seul conflit, çà et là…) Certes elles ont des ressemblances, des logiques communes ; mais cette industrialisation de l’horreur et de l’inhumanité (la Shoah), ce développement d’armes menaçant l’existence même de notre espèce (l’atome), j’ajouterais aussi les alliances problématiques (un Henry Ford soutien du parti nazi, ou encore l’alliance avec le totalitarisme lénino-stalinien…), ont plongé le monde dans un provisoire illusoire (guerre froide puis lendemains incertains, dont on sortirait maintenant).

NB (enfant) - Jacqueline Roulet

Ma marraine, Jacqueline Roulet, est morte le 4 mars à 102 ans. Femme, dans mon souvenir, de principes, çà et là, d’éclats de rires et de lectures, amoureuse aussi des plantes et des jardins, elle était donc née en 1922, un an après Elmar Krusman.
1921, 1922 – dates qui sont revenues, par hasard, en ce blog… – ce sont les années qui suivent les traités de Paris (dont celui de Versailles), qui ont forgé une Europe de l’échec.
Ce sont les années folles ; Dada a déjà été terrassé par les surréalistes.
Ma marraine a onze ans quand Hitler arrive au pouvoir et, quasiment au jour près, Roosevelt est investi président (Trump en a troqué le portrait, paraît-il, dans le « salon ovale » de la Maison-Blanche, par celui d’Andrew Jackson, par ailleurs planteur esclavagiste, auteur du Indian Removal Act de 1830, bref, du beau monde…)
D'un côté les fantasmes, la folie morbide, de l’autre un certain keynésianisme face à la crise, le pari en la démocratie.
En 1941, ma marraine a quasiment vingt ans. Je pense qu’elle a déjà dû contracter une tuberculose osseuse qui lui occasionnera toute sa vie quelques difficultés à marcher (ce qui ne l’a pas empêchée de courir le monde et la vie).
Je lui ai toujours trouvé un certain air de gravité, de réserve, face aux évolutions du monde. On ne la lui faisait pas ; tout ça n’était pas une plaisanterie.
Son grand homme : Senghor, parce qu’elle avait passé quelques années en Afrique au moment de l’alliance entre le Mali et le Sénégal.

NB - mars 2025

Précisément – j’y pense à cause des sécheresses au Sahel – quelque chose manque, régulièrement, aux discours de Macron, de bien d’autres : le souci de l’environnement.
Et si l’oubli quasi complet, dans l’industrialisation triomphante des dix-neuvième et vingtième siècle, de notre condition de vivants, parmi d’autres vivants, n’avait pas été la ciguë qui avait préparé notre humanité à ce qu’on appelle, d’un hochement d’expression, les « horreurs du vingtième siècle » ?
Ce sont les rejetons de ces pages sombres qu’il faut stopper.


Nils Blanchard


Triche. Rajout d’étiquettes du dernier billet : Charles Ponsonailhe, AfD, Volker Schlöndorff, Friedrich Merz, Ukraine.

dimanche 2 mars 2025

« I’m not playing cards... »

Sensation amère, désagréable, après l’accès d’ignominie du ticket présidentiel américain face à Volodymyr Zelensky, le 28 février à la Maison-Blanche. Ce court mois, qui vient de s’écouler, a révélé, avec des lumières de compromissions poutinesques plus crues encore que ce qu’on pensait, la pellicule de la trumperie.

Nicolas Poussin, L'Adoration du Veau d'or - Wikipedia

Quand on regarde un extrait de vidéo de cet événement, sur le site du Göteborgs Posten, on voit Zelensky « attaqué » conjointement par Trump et Vance ; véritablement, des journalistes l’ont noté : impression que ce sont des gangsters qui dirigent les États-Unis. La voix traînante et forte, désagréable, « vrillante », de Trump, voix d’enfant gâté… Zelensky empêché de parler, interrompu… Dans l’extrait, cette réplique de Zelensky à qui Trump explique : « You don’t have the cards right now » ; Zelensky : « I’m not playing cards. »
Une chose qu’il faut rappeler aussi, pour mesurer la goujaterie des « hôtes » de la maison blanche, est que Zelensky est seul à s’expliquer face à plusieurs « contradicteurs », et que lui, contrairement aux autres, parle dans une langue étrangère (qu’il maîtrise… Mais imagine-t-on Trump comprendre et dire trois mots d’une langue étrangère?)

Illustration de couverture: Henri Meyer


Imaginerait-on Churchill se faire traiter de la sorte par Roosevelt ? Le simple fait qu’on dusse comparer (de par, oui, leurs fonctions…) Trump et Roosevelt pose un problème intellectuel, une sorte d’abysse, difficilement « négociable », pour employer leurs mots.

Encore une fois, échec diplomatique de Macron (il refait un peu la même erreur qu’avec Poutine il y a trois ans, et ce sans l’excuse de la nouveauté, de ne pas connaître les gens en question…), quand il est allé à la Maison-Blanche il y a quelques jours et a laissé des images où on le voit frétiller avec Trump… Difficile de le lui reprocher cependant. Comme le geint D. Trump, il y a des gens qui meurent en Ukraine ; tout pouvait être tenté pour aboutir à une paix, au moins provisoire.
Tout, sauf l’inacceptable.

C'est fini : les États-Unis ne sont plus les alliés de l’Europe. Dans un sens, ça clarifie une situation qui devenait de plus en plus intenable avec le temps (et avec les élections américaines!), d’un continent qui s’en remet à une autre puissance pour garantir sa sécurité. Mais ça tombe à un mauvais moment pour les Ukrainiens, qui sont au début de leur quatrième année de guerre contre l’envahisseur russe.

Le Lorrain, L'Adoration du Veau d'or

Dans Expressen, Göran Rosenberg écrivait, le 15 février : « Den rörelse och de opinioner som Donald Trump lyckades väcka och mobilisera hade den sekteristiska väckelsens alla kännetecken; fanatism, intolerans och verklighetsförakt. Vad den amerikanska konstitutionens arkitekt, James Madison, inte kunde eller ville föreställa sig var att en sekt (faction) skulle kunna växa sig stor och stark nog att genomtränga hela den amerikanska unionen (…). »

« Le mouvement, les opinions que Donald Trump a réussi à éveiller et mobiliser présentaient toutes les caractéristiques de l’émergence sectaire ; fanatisme, intolérance et mépris de la réalité. Ce que l’architecte de la constitution américaine James Madison, ne put ou ne voulut s’imaginer est qu’une secte (ou une faction) pût devenir suffisamment grande et forte pour dominer l’ensemble des États-Unis (…) »

Une secte au service de quoi ?
De l’argent, et de caprices d’enfants gâtés. C’est l’adoration du veau d’or. On y reviendra (malheureusement).


Nils Blanchard

mercredi 8 janvier 2025

Fantômes, ratages d’expositions

Étranges jours un peu opaques (météo) dans l’Ouest de la France. Pour diverses raisons, j’ai loupé plusieurs expositions. Du coup, impressions parfois, fantomatiques, de passer à côté de gens, d’événements qui me concernent, sans les voir réellement, ou inversement de me frotter à trop de possibles – devenant impossibles. C’est un peu aussi le sort de ce blog.

NB - décembre 2024


Évidemment, on peut imaginer que les fantômes passent parfois de bons moments, à pouvoir pénétrer en des lieux difficiles d’accès, comme un vestiaire de danseuses. La peinture nous y mène presque aussi bien cependant.

Zinaïda Serebriacova, ballerines - Capture d'écran


Justement, première exposition ratée : celle sur Zinaïda Serebriacova (se terminant le 8 janvier 2025) au Centre spirituel et culturel orthodoxe russe. Bon, là, j’ai une excuse plus solide que pour d’autres ratages : ce n’est pas un ratage. Aucune envie en ce moment d’aller dans un centre culturel russe, pour des raisons que tout un chacun comprendra très aisément.
C'est dommage.

Zinaïda Serebriacova Bath House, 1913, Wikipedia


Du reste, une partie de son histoire, d’il y a à peu près cents, peut faire étrangement écho à nos temps (Wikipedia) :

« She did not want to switch to the Suprematist or Constructivist styles popular in the art of the early Soviet period, nor paint portraits of commissars, but she found some work at the Kharkov Archaeological Museum (…) After the October Revolution, inhabitants of private apartments were forced to share them with additional inhabitants, but Serebriakova was lucky – she was quartered with artists from the moscow Art Thatre. (…) »

Ayant reçu une rande commande, elle part pour Paris en 1924, souhaite ensuite rentrer en URSS – ce n’est pas toujours une bonne idée ; voyez ce qui est arrivé à Navalny – mais ne le peut finalement pas. Elle parvient à ramener auprès d’elle deux de ses quatre enfants, mais restera longtemps séparée des deux autres…



Moins pardonnable, mon incapacité à me rendre à deux expositions, guère éloignées l’une de l’autre, mais difficiles d’accès pour moi au dernier moment. Évidemment, j’aurais dû anticiper, y aller beaucoup plus tôt ; cet été par exemple, ou cet automne. J’ai bien quelques petites – ou grandes – excuses, mais…



Il y a eu cette exposition sur les peintres néo (post?) impressionnistes Henri Martin et Henri Le Sidaner, au Palais Lumière à Evian.
Il se trouve que j’ai eu quelque proximité, familiale, avec les peintures de ces deux artistes ; et il se trouve qui plus est que je les aime bien.

(Bon. Mais ayant en tête cette notion de fantôme, je retrouve un article, de Serge Bourjea, sur la page d’accueil de mon ordinateur, où il est question de « Fantômes de Rimbaud ». On y reviendra peut-être. Là, citation du poème Outre Harar, de Michel Butor : « (…) Frère au très loin je tourne / depuis des années sournoisement / autour de ton ombre gardée / farouchement par des spécialistes / dont tu aurais détesté la plupart (…) » Cela s’adresse à Rimbaud bien sûr ; ah, les querelles de Charleville !
Mais l’idée est que la trace – la culture ? Je résume en citant la conclusion de l’article… : – est « effacement / remplacement / renaissance (« avatar »), la mort seule lui donnant (« augmentant ») ses pouvoirs. »

Archéologie ?

Bon… mais dans cet article de Serge Bourjea, apparaît un autre Le Sidaner, Jean-Marie (poète).)




L'autre exposition était en Suisse, où j’aurais eu plaisir à retourner, sur les traces des découvertes évoquées – mais ça date déjà un peu – ici.


Nils Blanchard


Et puis… - J’ai eu l’occasion d’entendre les vœux présidentiels. En creux, si je puis dire, j’ai songé aux derniers de François Mitterrand. Il est vrai que j’y avais été aidé par une émission écoutée dans la voiture, sur France culture, sur laquelle je reviendrai vraisemblablement. Il y était question… de fantômes. Quant à Mitterrand : « Là où je serai, je l’écouterai [il évoque son successeur à la présidence] (…) Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. »

- On entend parler ces derniers temps des soutiens qu’Elon Musk apporte aux extrême droites européennes, notamment allemande. Ma foi… il eut un prédécesseur – pas si éloigné dans le temps du départ de Zinaïda Serebriacova pour Paris – en Henry Ford. Une preuve s’il en fallait que richesse et qualité ne sont pas toujours réunies.

mardi 26 novembre 2024

Trois points

Petit billet de circonstance, même si une « actualité » chasse vite une autre ; ce blog n’a certes pas vocation à les courser…

Nicolas Poussin - Le Temps soustrait la Vérité aux atteintes de l'Envie et de la Discorde


- Un président à Natzweiler


Le samedi 23 novembre 2024, commémoration des 80 ans de la libération de Strasbourg, à l’occasion de laquelle Emmanuel Macron s’est rendu au site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler.


NB - Site de l'ancien camp de Natzweiler


Quoi qu’on pense d’un homme politique, il est important qu’un chef de l’État, dans notre république, fasse cette visite, me semble-t-il.
Était présent samedi Henri Mosson, ancien Nacht und Nebel, qui a avait un peu moins de trois ans de moins qu’Elmar Krusman.


Raccourcis gênants (surtout pour les gens qui les font)

Le lendemain, un petit organe de presse spécialisé dans certains thèmes régionaux (que je ne lis certes pas habituellement!), « l’ami hebdo », publie une espèce de jeu de mot, de lettres plus exactement, « MN » (pour « Malgré-nous » – mot par ailleurs impropre en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale, période à laquelle il est fait allusion) et « NN », pour « Nacht und Nebel ». Étrange jalousie mémorielle ; cette façon de vouloir s’approprier les mémoires des autres, ou les confondre à la sienne, n’est-ce pas exactement l’inverse de la recherche de la connaissance, qui tend à distinguer (notons le verbe) les identités, les parcours, les particularités ?

Capture d'écran

Autre raccourci gênant, celui du premier ministre israélien, mis en cause par la Cour pénale internationale, qui crie à « l’affaire Dreyfus ». (Entre autres, Dreyfus, au commencement de son affaire, homme sans notoriété, sans pouvoir particulier, ne pouvait crier sur tous les toits, les « réseaux » « sociaux », les manchettes de presse, à l’injustice…)


- Hommage à Marc Bloch

Indépendamment de ce qu’on en peut dire (combattant de la Première Guerre mondiale, parcours d’historien hors du commun, évocation de L’Étrange défaite, de son engagement dans l’armée au début de la Seconde Guerre puis dans la Résistance…), à l’occasion de l’annonce par le président de la république à Strasbourg de sa panthéonisation, le 23 novembre, à nouveau, peut-être serait-il intéressant, en ces temps de… fragilité politique, voire géopolitique, de « simplement » lire, ou relire, La société féodale.




Nils Blanchard

jeudi 11 avril 2024

Plusieurs choses… Marc Bloch

Préparant un cours pour l’Université de Strasbourg, je tombe sur un ancien compte-rendu des Annales, de Marc Bloch, à propos d’un ouvrage de l’historien norvégien Halvdan Koht, historien qui sera ensuite ministre des affaires étrangères de son pays, à l’instar d’un Arnold Raestad, que Martin Fahlén évoque dans Le tableau de Savery

Tony Noël, Jeune guerrier (capture d’écran)


C'est un article du n° 10 de la troisième année des Annales, de 1931. Marc Bloch évoquait une traduction d’un livre de H. Koht sur « les luttes des paysans en Norvège du XVIe au XIXe siècle » (Payot, 1929).
Le nom du traducteur n’est pas mentionné, mais il faut dire que Marc Bloch n’est pas tendre avec lui ; cette traduction, écrit-il, « n’a guère de français que le nom : car ce n’est point, je pense, user de notre langue que – par exemple – de paraître ignorer que "bien que" gouverne le subjonctif (je rougis de cette remarque grammaticale, mais après tout il y a une grammaire, fût-ce de l'usage) (...) Ce n'est pas tout. À supposer même, ce qui n'est point le cas ici, que le traducteur eût satisfait au premier de ses devoirs: écrire avec la correction qu'on attend d'un élève de lycée (...) », etc.     

Un élève de lycée, aujourd'hui, a-t-il beaucoup entendu parler du subjonctif?
Étiquette « vieux con », je sais, je vais en mettre, si j'ai la place...

Mais là n'était pas le sujet. (J'espère en tout cas pouvoir échapper à ce genre de remarque en ce qui concerne ma traduction du livre de Martin Fahlén...) 

R. Savery, Le paradis terrestre, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg (capture d'écran) 

 
Il se trouve qu'on retrouve Marc Bloch, de manière assez logique, dans un article assez récent d’Argoul, à propos bien sûr de L’Étrange défaite.
C'était le 8 mars dernier, et commençait ainsi :

Il y a 10 ans, en 2014, année où Poutine a envahi, occupé et annexé la Crimée sans que personne ne réagisse autrement que comme à Munich en 1938  par des paroles vaines  j'analysais sur ce blog le Bloch de L'Étrange défaite. Nous y revenons aujourd'hui parce que l'actualité remet le livre au goût du jour et parce que le jeune Emmanuel Macron fustige la lâcheté des dirigeants européens (...) »  

Argoul paraphrase Marc Bloch : « Ce qui s’est effondré, dit-il, c’est le moral. Le commandement a failli, mais surtout les élites avachies dans l’inculture et la bureaucratie, les petit-bourgeois des petites villes assoupies dans l’hédonisme de l’apéro et de la sieste, le pacifisme internationaliste qui refuse tout ennemi – alors que c’est l’ennemi qui se désigne à vous et pas vous qui le qualifiez. »
 
Et de citer, cette fois : « L’ordre statique du bureau est, à bien des égards, l’antithèse de l’ordre, actif et perpétuellement inventif, qu'exige le mouvement. L’un est affaire de routine et de dressage ; l’autre d’imagination concrète, de souplesse dans l’intelligence et, peut-être surtout, de caractère. » (Pp. 90-91 de l’édition Folio.)



Macron, « jeune », pourquoi pas.

J'ai croisé de temps à autre quelqu’un, secrétaire d’un club de sport, qui dépasse me semble-t-il les 80 ans largement, et qui semble beaucoup plus jeune que bien des… jeunes. Je pense à lui parce qu’il a joué un rôle en lien au souvenir de Marc Bloch.

Mais quant à l’Université de Strasbourg, elle s’appela quelques années Université Marc Bloch (du moins pour les sciences humaines). « Marc Bloch » a disparu – de la titulature de l’université, pas de certaines réflexions actuelles.

Tony Noël, Méditation (Paris), capture d'écran



Nils Blanchard


Triche : je rajoute l'étiquette Les Soulèvements de la Terre, du billet précédent.  

mardi 16 janvier 2024

D'une nouvelle ministre, de Cripure, de Nabucet / Et Colette, et 1921

 On a fait mention récemment – via Marie-Hélène Lafon, mais on parla surtout de Thierry Maricourt – de personnes seules à Paris.

NB - Paris

On retrouve ce thème dans un article d’Argoul (présent en lien à la page « Le tableau de Savery », sur ce blog), à propos de Colette, sur laquelle l’auteur revient régulièrement.
Là, on parle de Paris de ma fenêtre, publié en 1942 sous le titre De ma fenêtre et republié (corrigé) en 1944 avec une préface de Francis Carco.
Argoul présente le livre :

« De sa fenêtre du Palais royal, au premier étage au-dessus du restaurant Le Grand Véfour, elle observe les passants des galeries, les putains qui font le tapin, les enfants qui jouent au sable, les chiens qui pissent sur les bosquets. Elle est voisine de la Comédie française qui reprend ses représentations, et de Jean Cocteau qui habite le quartier. »


Mais Argoul remarque :

« Évidemment les bêtes, les corneilles qui tombent des clochers sur le jardin, les chats qui chassent le rat pour manger par « haine raciale ». Nécessité n’est pas gourmandise, les chères lectrices rationnées auront compris, mais le terme repris de la propagande contre les Juifs sonne un peu bizarrement. Colette se sent-elle chatte pour chasser par nécessité du temps l’ennemi héréditaire, le rat-juif ? Ou n’use-t-elle de cette expression que parce qu’elle est dans l’air du temps, comme sans y penser ? Ne pas y penser, justement, montre combien les gens les plus intelligents, comme Colette, peuvent se « laisser aller » à suivre le mouvement de l’opinion par inadvertance, moutonnant avec les moutons jusqu’à dire des horreurs qui seront ainsi peu à peu acceptées par tous. »

Illustration de Dignimont (Colette, Paris de ma fenêtre)

Autre chose que les gens répètent comme un mantra, de nos jours – du moins, encore une fois, certains journalistes – : l’absentéisme des professeurs serait gigantesque, un nombre énorme « d’heures non remplacées » est avancé : 15 millions, d’après la ministre à la mémoire pour le moins erratique dira-t-on, évoquée au dernier billet, Mme Oudéa-Castera (source : Libération du 15 janvier dernier, page 14, première colonne). (Mais pour quels niveaux, quand, où, qui ?… Une enquête sérieuse sur le sujet ? Y compte-t-on des heures qui sautent mais que les professeurs rattrapent à d’autres moments ? Quid des heures supplémentaires effectuées – non payées – auprès des élèves, dans le cadre par exemple de sorties ; ceci, pour me faire insulter, il y a quelques années, par un très bon élève, qui avait derrière lui sa « maman », et qui, ayant reçu son bulletin de notes, pensait pouvoir s’en prendre aux professeurs. – Je l’imagine bien passé dans un réseau de petits péteux se croyant tout dû… À moins, bien sûr, que malgré toutes leurs absences, les professeurs l’aient rendu à terme moins bête que ses parents...)
Le 16 janvier, le président Macron d’avancer le chiffre de « 10 millions », dans sa conférence de presse.
Peut-être le pape, demain, parlera-t-il de 5 millions ?
Qui dit plus, moins ?

Illustration de Dignimont (Colette, Paris de ma fenêtre)

D
ans cette conférence de presse (qu’on ne peut entendre que partiellement sur France info – non que ça semble d’un intérêt saisissant…, des « journalistes », « observateurs », « experts » obscurs bavassant par dessus…), il a été question de remise solennelle de diplômes dans les écoles, de Marseillaises obligatoires.
Je pense à ce bon Cripure, dans Le Sang noir, de Louis Guilloux, aux Nabucet.


Mais, sans transition, 1921… Il en a été question plusieurs fois dans ce blog (le fait que ce soit la date de naissance d’Elmar Krusman, c’est un peu un hasard).
Et récemment, je trouve cette couverture de Life, du 21 avril 1921, de Gustav-Adolf Tenggren. Les traits « sémites » caricaturés en haut à droite ramènent bien à ce qu’évoque Argoul à propos de Colette.

Ce n’était peut-être pas si méchant, à cette époque (1921), un affleurement de médiocrité qui, peut-être, sans doute, peut arriver à tout le monde.
Mais de nos jours – voir les effluves antisémites qu’on a senties l’année dernière ; atavisme des « réseaux » « sociaux » anonymes ? – le médiocre la ramène trop.


Nils Blanchard

vendredi 28 juillet 2023

Pour lectures (même de soi-même)

 On peut commencer par se citer – une fois n’est pas coutume – ; ce poème écrit il y a deux ans. Or à nouveau cette année la Grèce est touchée par des incendies comme incontrôlables.

NB - Bohuslän

Återkomst, bränder och ensamhet i Arkadien *

Il pleut des cendres sur Athènes
Ici la nuit tarde à tomber
Que dirait quelque vague Hellène
de quelque roman de Dhôtel
de ces feux, de cet epochè ?
Ici le Bohuslän s’endort
Ça va être le temps des bêtes
Sombre tourne le bleu du ciel
Lorsque tu reviendras, alors
Aurai-je quitté ma retraite ?

(NB ; à E.)    * Retour, feux et solitude en Arcadie


NB - Bohuslän

Révisions pour les vacances : les blogs en lien de celui-ci.
Il faut aller dans les anglophones, le groupe du milieu (bon… The history of Nordic Women literature peut être mis aussi en suédois…) Dans Nordic Voices in Translation, il y a en lien Bernur, que je n’arrive pas – pour quelle obscure raison technique ? J’espère qu’il ne s’agit pas de je ne sais quelle querelle entre hébergeurs… – que je n’arrive pas à mettre en lien du mien. Il est donc en lien indirect… (Comme bien d’autres, de différents blogs ou sites en lien du mien ; allez y voir…)
Il parle, lui, récemment, de Simone Weil – idem Thomas Nydahl, qu’on trouve en lien de Bernur.
Lien de lien de lien… Lui parle aussi de Jane Birkin, le 25 juillet dernier.

Simone Weil, dont André Dhôtel a parlé aussi, et dont il sera sans doute question dans le prochain Cahier de la Route inconnue…


Lien indirect aussi : The Finnish [comprendre ici : Finnois] -English Literary Translation Cooperative. Là, il est beaucoup question de l’excellente Leena Lehtolainen – dont je reparlerai (mais il faut que je trouve des versions françaises, anglaises, ou suédoises… car je ne maîtrise pas le finnois). Ah, Cicatriceville… Comprenne qui voudra.


Nils Blanchard


Hors sujet, le 24 juillet, une nouvelle fois le président de la République s’en prend aux professeurs en prétendant qu’ils ne travaillent pas assez (puisqu’il y aurait des réunions sur le temps de cours (?), qu’il y aurait nécessité pour eux de « travailler plus pour gagner plus » – le fameux « pacte » qui n’est en rien une augmentation mais un attrape-gogo…)
Pourquoi ? Est-ce si populaire de s’en prendre aux professeurs, à l’éducation nationale en général ?
Est-ce parce que nos dirigeants actuels jugent que l’ensemble de la population serait descendue à un niveau intellectuel si bas que lui offrir les professeurs, les intellectuels en règle générale, en bouc-émissaires de tous maux, leur ferait forcément plaisir ? 

NB


lundi 26 juin 2023

Anticyclone, blogs en lien

 Face à cette sorte de pression que l’on connaît (climat, géopolitique – émeute récente de mercenaires en Russie – qu’est-ce que ça va entraîner comme réaction chez Poutine ?…), ou aussi en Alsace cet anticyclone qui va peser tout l’été, nuit et jour – lors que nos édiles forcent des élèves (je suis encore professeur) à « reconquérir le mois de juin », jusqu’en juillet, dans des classes surchauffées, à trente là-dedans…

Dessin d'élève

C'est que, sans le savoir, nous avons dû voter pour un Sarkozy 2 ; « travailler plus pour gagner plus »… Continuer de produire, d’artificialiser, de bassiner, lors que (presque?) chaque mois qui passe fait tomber un record de température quelque part dans le monde, chaque mois qui passe, aussi, ajoute au plastic-fogg, dans les océans, partout… cette saloperie dont on ne sait comment on arrivera à seulement essayer de se débarrasser.
Continuer… On appelle ça un « pacte » ces derniers temps, dans l'Éducation nationale. Avec le diable ?

Besoin de se changer les idées. Pour ça, changer de langue est pratique ; on change de monde quoi qu’on en dise. Je vais picorer (pas beaucoup d’oiseaux, aussi, je trouve, cette année. Où sont mes amis moineaux, qu’il y a quelques décennies encore, on croisait dans la gare Montparnasse, partout à Paris ? La gare Montparnasse est devenue un foutoir de galeries mercadentes…) dans des sites en lien de ce blog.

Dans Dixikon, article sur une biographie (de James Curtis) de Buster Keaton, dont je suis un inconditionnel.

Buster Keaton, The Navigator. (Capture d'écran Youtube.) 

Comme par hasard, André Dhôtel aussi aimait beaucoup Buster Keaton.
Magnus Hedlund débute son texte :

« Buster Keaton är i sina filmer den fullständige främlingen. Allt förvånar honom, men ingenting upprör honom. Hans blick är ständigt fjärrskådande, spanande mot något långt bortom våra horisonter. Hans klassiska gest för detta är handen som skuggar över ögonen, oavsett om solen skiner eller inte. »

« Buster Keaton est dans ses films le parfait étranger. Tout l’étonne, mais rien ne le bouleverse. Son regard est régulièrement fixé au loin, scrutant quelque chose loin au-delà de notre horizon. Du coup, son geste classique est la main qui se porte au front pour ombrager les yeux, que le soleil brille ou non. »

Les yeux comme infinis de Buster Keaton…

NB - Été à Paris

Dans Gabis Annex, l’auteure, le 25 juin, a fait un « Rapport de la Saint-Jean ».
Gabrielle Björnstrand (qui écrit de Laponie) semble vivre un été plutôt frais :

« Midsommardagen var klar och solig, men fortfarande kall, i nordvästlig hård vind. (…) Sen satt G och jag en stund i kvällssolen och uthärdade blåsten. Men inte länge. Jag var stelfrusen när jag kom hem. Tog på mig allt ylle jag har. Gick ut - med dunkappa - i solnedgången, och den var lika vacker som förra året. Och idag, på söndagen, kom lite värme och sol tillbaka. »

« Le jour de la Saint-Jean a été clair et ensoleillé, mais froid encore, avec un vent fort du nord-ouest. (…) Après nous sommes allés un moment, G et moi, dans le soleil du soir et nous nous sommes confronté au vent. Pas si longtemps. J’étais gelée quand je suis rentrée à la maison. J’ai enfilé tous les lainages que j’ai. Suis ressortie – avec un manteau en duvet – au crépuscule, et il était aussi beau que l’année dernière. Et aujourd’hui, dimanche, on a eu à nouveau un peu de chaleur et de soleil. »

Suit une très belle photo du crépuscule en question. En lien…
Certaine tentation de la Laponie…

Je parlais de galeries de foutoir mercadentes. C’est sur cette dernière image, apparemment, que s’achève le blog de Thomas Nydahl, duquel j’ai parlé de temps en temps en ce blog-ci…

Köptempel i Birmingham, West Midlands, photo : Astrid Nydahl, capture d’écran.



Nils Blanchard


P.-S.: témoignage assez saisissant diffusé sur France info, le 18 juin dernier, de l’ancien résistant Jean Lafaurie, déporté en 1944 à Dachau. Voir ici.
Il est né en 1923. Deux ans après Elmar Krusman, quatre ans avant Maurice Vissà.


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...