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jeudi 21 août 2025

Divers lieux, passés / de la trahison

La trahison n’est pas un thème qui m’intéresse particulièrement, mais une notion qui revient beaucoup ici et là, sous tels ou tels figure, éclairage… Je ne sais encore trop où j’ai rencontré ce mot tout récemment.

Thorvald Erichsen, Holmsbu, 1916 - Capture d’écran


Et moi-même espère ne pas avoir trop trahi le texte de Martin Fahlén, Le tableau de Savery, en le traduisant. (Martin Fahlén qui évoque entre autres dans son livre Thorvald Erichsen…) J’avais / j’ai la confiance de l’auteur, et même une certaine latitude… Eh, mais je ne vais pas me lancer dans des réflexions étymologiques, on n’en sortirait plus. Plus exactement, on n’irait pas là où je veux qu’on aille cette fois… : en Italie ; à Venise, plus précisément.
En février 2023, le tenancier du site Tramezzinimag parle de « journal retrouvé ». À vrai dire, je ne comprend pas très bien ; il s’agirait de textes écrits avant le confinement…
Toujours est-il qu’on y trouve ce thème de la trahison, du sentiment de trahison au regard de l’éloignement que l’on s’impose – qu’on se voit imposer – de lieux aimés.

« Quelques années plus tard, lui aussi est parti pour éviter de souffrir du départ de tous ceux qui viennent à Venise et semblent vouloir y rester mais finissent toujours par repartir.
Par une sorte de maléfice, moi qui n'ai jamais rien tant souhaité que de poser un jour et à tout jamais mes malles remplies de livres et de souvenirs sur les dalles de la Sérénissime, je trahis sans cesse mon vœu et ma ville, ne réalisant pas l'un et abandonnant l'autre à chaque fois et pleurant de le faire… »

Un peu dur à suivre, n’est-ce pas. Lieu : rattaché à une personne, évidemment ; un amour ? Voire, même – si, si – à un travail. Le lieu où je fus jusqu’à présent le mieux traité par mes employeurs est le Maryland, aux États-Unis ; Bob et Ellen.
J'en garde une sourde nostalgie de la Baie de Chesapeake.

Ponts de la Baie de Chesapeake - Wikipedia

Mais il n’y a pas que les lieux. Je suis de loin en loin, avec un certain détachement (forcément, non, mais ce que je veux dire, c’est que je « lis » / « tourne » (avec ma molette) les pages de ce site très vite, sans tout lire dans le détail), un blog dont il a été question ici, d’une dame, par ailleurs créatrice de mode, entre Varberg et le sud de la France : Krickelins.
Elle a un côté horripilant de consommatrice scandinave un peu mal dégrossie (si on veut « résumer » un « jugement », très hâtif forcément, et de manière en grande partie injuste et faussée bien sûr…) Derrière ça, néanmoins, transparaissent – souvent quand ses articles tournent autour de ses escapades de vacances ou de pause dans sa maison française – des réflexions qui valent qu’on s’y attarde.
Là, justement, le lieu, au fond, est-il si important ? (Bien sûr, quand on parle de lieu, on parle de l’histoire qu’on a avec, de ce qu’on en fait, de l’imaginaire qu’on y disperse, etc.) L’article s’appelle, justement encore : « När livet ser lätt ut – utifrån » (« Quand la vie semble facile – vue du dehors »), le 27 juin 2025. Il se termine de la sorte :

« I morse låg ett tungt tryck över mitt bröst. Trots att solen sken. Trots att jag var i södra Frankrike. Trots att jag kunde ta ett dopp i den svala poolen innan kaffet.
Jag tror att verklig lycka inte sitter i det yttre. Den bor i mammahjärtat – Om barnen mår bra. I om man själv är frisk och stark, både i kropp och själ. Den finns där man jobbar med acceptans och självkärlek. Och när man har människor omkring sig som älskar en, som bär när man själv inte orkar.
Det där går inte att köpa för pengar. »

« Je ressentais ce matin une lourde pression sur ma poitrine. Pourtant le soleil brillait. Pourtant j’étais dans le sud de la France. Pourtant je pouvais piquer une tête dans la piscine fraîche avant le café.
Je pense que le vrai bonheur n’est pas dans l’apparence. Il est dans le cœur de la mère – si l’enfant va bien. Et si l’on est soi-même forte et en bonne santé, de corps et d’esprit. Il est là où l’on travaille dans le respect et l’estime de soi. Puis quand on a des proches qui vous aiment, vous supportent quand on n’en peut plus.
Ça, ça ne s’achète pas. »



Doit-on prendre comme une trahison, quand on exerce comme professeur, tel « jugement »  (pour le moins) hâtif d’« inspecteur » (infoutu m’a-t-on dit de lever son cul de sa chaise pour aller regarder un cahier d’élève – tout aurait dû lui être apporté sur un plateau) ? Sa tentative de détruire, me fait-on lire encore, dans son outrance même, la contradiction apportée par d’autres « observateurs » le montre, relève quelque chose d’étrangement « dérouté » (à défaut d’être déroutant : je subodore d’autres causes « profondes » de la chose, jalousie, vengeance...)
Déroute, tra-duction, tradition et trahison… On en revient à des jeux d’étymologie déjà évoquées dans ces lignes.
(Bon, mais on me dira – de quoi se 
plaindrait un tel professeur ? – j’écrivais quelque part dans ce blog qu’un mauvais rapport d’inspection pouvait être un honneur...)

Face à cela, telle connaissance s’étonnait récemment que je lui eusse dit que je partirais du jour au lendemain s’il m’en prenait l’envie de mon emploi actuel, si besoin était par abandon de poste (on vous méprise beaucoup, dans certaines sphères administratives de l’Éducation nationale, mais on fait tout, en même temps, pour vous retenir – il est vrai que la situation (chute des vocations, départs…) devient inquiétante. On vous répète, par exemple, que vous n’aurez, en cas de démission, non seulement pas la moindre indemnité – à moins de faire partie d’un groupe de chanceux dont les algorithmes du coup de bol semblent pour tout le monde un fabuleux hasard – mais pas de droit non plus au chômage. On vous laisse entrevoir des complications paperassières digne d’un conte de Kafka…)

Mais c’est que, comme disait Krickelins (« Där man jobbar med acceptans och självkärlek » – « Où l’on travaille dans le respect et l’estime de soi »)…
Cette estime de soi, il semblerait que certains paperassiers ne soient occupés qu'à la brider chez autrui.


Nils Blanchard

dimanche 27 octobre 2024

Séries, cinéma, livres / Digression ; maisons

Revu récemment un film assez surprenant, plus encore cette deuxième fois que je l’ai vu : La femme d’à côté, de François Truffaut.



Les acteurs sont très bons, Gérard Depardieu, Fanny Ardant, mais aussi par exemple Michèle Baumgartner, qui campe l’épouse endurante, mais pas sotte – c’est une toute autre époque aussi – du personnage joué par Depardieu.
Surprenant : cette peinture d’un amour absolu, à la fois impossible et facile.
Quelque chose qu’on ne représente plus vraiment à notre époque pudibonde. Les gens le vivent-ils encore ?
Mais là n’est pas le propos. Je voulais parler de livres qu’on voit de moins en moins dans les intérieurs des productions actuelles. Là, dans La femme d’à côté, deux maisons jouent un rôle important dans l’histoire. Et dans les deux – l’une plus que l’autre –, il y avait des bibliothèques.
Il est vrai, pas d’écran. Ou si peu. Des télés ? Jamais allumées alors.

NB


Associations improbables d’idées, sur le blog de Gabrielle Björnstrand, Gabis Annex, le premier octobre dernier, un article intitulé : « Att skämmas för serier » (« Avoir honte des séries »). Je pensai d’abord que la blogueuse s’en prendrait au genre en lui-même – et au temps pris, à une certaine dépendance qu’il induit chez certaines gens. Mais ce qui la rebute, surtout, c’est la violence, dans des productions il est vrai dont je n’ai pour ma part jamais entendu parler :

« Jag vill inte moralisera, människan har väl ett behov av nåt spännande ibland. Men det som bjuds är som att sluka våld och fetischerad tuffhet. »

« Je ne veux pas faire la morale – les gens ont besoin d’action de temps en temps –, mais ce qu’on nous offre est une violence envahissante, une dureté fétichisée. »

Ah, j’oubliais : l’article en question (sur Gabis annex) est illustré par une image des 400 Coups.



(Il faudrait que je trouve cette édition préfacée par Thomas Mann…)

Petite digression.

Récemment, K a reçu la visite de Klamm, ou, peut-être, on n’en est jamais sûr, de quelqu’un qui lui est très proche… En tous les cas un envoyé du Château. (Non, il ne s’agit pas là d’écriture cabalistique, mais de réminiscences de sujets évoqués en d’anciens articles… Glossaire, à droite (version ordinateur…) : K…)
À quel sujet ai-dû parler de mon livre ? À vrai dire, je n’ai pas parlé de mon livre (j’ai du reste dû dire à peine trois ou quatre phrases pendant tout l’« entretien »), mais de mes recherches. On m’interrogeait sur l’histoire de mes « états de service » – ils touchent à leur fin en ce qui concerne ce métier que j’exerce actuellement –, j’ai dû parler de « temps partiels » passés, et partant de mes « travaux ». Là, l’entretien aurait presque pu virer au comique ; Klamm (ou qui que ce fût) :
– Vous refaites une maison ? [La maison, décidément…]
– Non. Je voulais parler de recherches…
J'aurais dû répondre : « Non, j’ai entrepris de reconstruire un château. » Mais ça aurait été doublement mentir (aux sens propre et figuré ; j’ai assez donné…)


Nils Blanchard


P.-S. : Au hasard de je ne sais quelle pérégrination, recherche (pas de maison, quoique, ni de château), je tombe sur cette affiche pour une conférence prochainement à la bibliothèque nordique, à Paris.



lundi 10 juin 2024

Eau ; fleuve, hygiène sauvage

Il y avait il y a peu encore une exposition à Strasbourg, galerie Decorde, que j’ai vue en son dernier jour. Intitulée Bleu. Là, notamment, des tableaux du Rhin de Roger Dale, auteur de l’illustration d’Elmar Krusman.

Recto prospectus galerie Decorde, Roger Dale


Or on parla de bains d’anciens temps, en bord de rivière. Plus généralement, j’ai découvert récemment (furetant dans des ex-libris) un illustrateur, peintre, belge – beaucoup de choses à explorer de ces côtés ! –, Armand Rassenfosse.
Chez ce peintre, beaucoup de scènes de toilettes – certaines pouvant faire penser à Degas.
Qui plus est : on retrouve certaines dates évoquées dans des billets antérieurs. 1921…

Armand Rassenfosse -- Capture d'écran


1917. Bassine. On n’est pas loin du tub.

Armand Rassenfosse -- Capture d'écran

Le tub, on y arrive, et la baignoire.



E. Degas, capture d'écran


Mais si on quitte la ville, qu’on va vers le dehors (foris – à l’extérieur), vers la forêt… On fait une toilette d’air pur, quoi qu’on dise ; autant qu’on aime Paris, par exemple, on ne peut se défaire de cette sorte de suie que l’on y attrape dans le nez, sur la peau, sans parler du bruit.
Encore plus dehors encore, si l’on peut dire… on peut retrouver la singulière Nastassja Martin, en Russie. Croire aux fauves raconte l’attaque par un ours subie par l’auteure au Kamchatka.
Elle est d’abord soignée dans un hôpital russe, avant d’être ramenée à Paris.
Page 42 (édition Folio), encore en Russie, elle écrit dans ce qu’elle appelle son « cahier noir » :

« Tension de leurs rencontres inattendues, inavouables, improbables, en devenir, pourtant. Puisque seuls ils [les prédateurs solitaires] se perdent, puisque seuls ils s’enferment, puisque seuls ils oublient. Le croisement de leurs regards les sauve d’eux-mêmes en les projetant dans l’altérité de celui qui fait face. Le croisement de leurs regards les maintient en vie. »

Peut-être. Il est question d’animisme dans tout cela.
Mais ça nous ramène étrangement au verso (ou au recto, peu importe) du prospectus de la galerie Decorde ; peinture de Cécile Duchêne.

Verso prospectus galerie Decorde, Cécile Duchêne

De là, si vous cliquez dans l’orange et allez voir d’un peu plus près, via écran, l’œuvre de cette artiste, peut-être ses cerfs vous feront penser à Claudie Hunzinger, évoquée ici, ou ses personnages feuillus, à Julien Grainebis, le héros d’André Dhôtel.



Nils Blanchard


P.-S.: encore des étiquettes en retard du dernier article: Bernur, Franz Kafka. 

vendredi 3 mai 2024

Kungälv blues

 À vrai dire, malgré la beauté notamment de sa rue (son ancienne rue) principale, cette ville m’a toujours semblé un peu tristounette. (Ce billet fait suite à ceci, à cela...) 

NB - août 2023

C'est particulièrement le cas depuis quelques années (les travaux sont encore en cours) : le centre ayant permuté de l’ancienne rue piétonne (prolongée par la rue des – fort belles – vieilles maisons dont on reparlera) à une espèce de centre commercial immense, « Kongahälla » (on reviendra aussi sur cette appellation…) D'où la photo ci-dessus de cette rue délaissée.

Justement, le 26 juin dernier, avant les scandaleuses grandes vacances des professeurs, j’avais évoqué un faux dernier article de Thomas Nydahl, qui évoquait une sorte d’enfer moderne…

De l’ancienne rue passante (que prolonge donc la vieille rue "principale" et que l'on voir sur la première image de ce billet), la librairie, notamment, a été transférée au centre commercial, où l’on est si bien accueilli par des employés de société privée représentant une vague police…

Par contre, malgré les apparences, le cinéma, non loin de là, est toujours en activité. Pour combien de temps ?

NB - août 2023

A résisté aussi, dans la rue principale, un marchand de fromages très fréquenté.

Le cimetière, près de l’ancienne gare de bus (transférée elle aussi du côté de Kongahälla) existe toujours lui aussi ; il n’a pas encore été remplacé par un fast-food.

Attention, dans les strictes limites de cette étrange (k)ommune, il ne faut pas avoir trop de choses à jeter ; les ouvertures des poubelles sont strictement rationnées par toutes sortes d’ingénieux systèmes (au moins des fonctionnaires locaux méritent-ils leur salaire).

NB - août 2023

Mais ce qui fiche peut-être le plus le mouron, c’est la statuaire. Certes, a subsisté ceci :

NB - août 2023

Pour le reste, on a une flopée d’ œuvres évitant soigneusement tout réalisme (au vu de quelque néopuritanisme?)

NB - août 2023

Ceci qui précède : près de Kongahälla, précisément. (Il vaut mieux essayer de ne pas lui attribuer de réalité…)

NB - août 2023

Ceci, devant l’ancienne biscuiterie qui a fermé il y a peu (son activité aurait été transportée dans un pays balte).

NB - août 2023

Du coup, cette partie de la ville n’est pas très joyeuse non plus.

Et non loin de là, ceci, ci-dessous :

NB - août 2023

Cela :

NB - août 2023

Allez, on va murmurer que je me suis assez exercé au tir sur ambulance.

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin, devant l’hôtel de ville :

NB - août 2023

N'y a-t-il pas une lointaine parenté avec mon édition de Kafka ?



Nils Blanchard


P.-S. : Ajout ici de l'étiquette (longue...) "Les Soulèvements de la Terre", que je n'ai pas eu la place d'ajouter à l'avant-dernier billet ("Bermont - Au-delà de la civilisation").

lundi 29 avril 2024

En avril 83 (mais aussi à propos de 1974)

Une fois n’est pas coutume, j’évoque ici quelque chose de ma vie personnelle entre autres, entre autres... J’étais enfant alors.

NB - avril 2024

Ma famille avait l’habitude d’aller en Suède en été. Et pour diverses raisons – oh, rien de catastrophique ni brutal –, 83 fut le dernier été de la sorte.
Je pense à cela en lisant cette remarque de Thomas Nydahl (le 18 février 2024), à propos de Lisbonne où il alla pour la première fois cette année-là :

« (...) i april 1983, världen var ännu ung, fascismen låg alldeles bakom oss och optimismen var alldeles obefogat stor, i Lissabon som i andra europeiska städer. »

« (...) en avril 1983, le monde était jeune encore, le fascisme était bien derrière nous, nous étions dans une sorte d’optimisme béat, à Lisbonne comme dans les autres villes européennes. »

Après, 1984 ?

NB - avril 2024

Je me souviens d’étés doux et sans nuages, de rêveries autour de grands jardins comme asiatiques. Une marraine, qui a perdu sa mémoire et presque son langage, parlait d’un passé africain – le Sénégal je crois, autour du temps d’une courte union avec le Mali –, dans une véranda qui s’avançait, précisément, sur son grand jardin de ville.
J'ai croisé récemment un ancien professeur d’histoire, voyez-vous ça, qui est passé au même endroit à peu près à la même époque, homme âgé (mais ayant conservé mémoire et langage) et sage, connaisseur de Marc Bloch. Je ne lui ai pas parlé de ma marraine, je n’y ai pas pensé je crois ; mais c’est que ce passé-là semble comme fragile ; c’était bien avant 1983.


Dixikon, capture d'écran


Puis j’ai évoqué quelque part diverses notes sur le monde lusophone (plus exactement, des flashs, ou des ricochets de je ne sais quels passés, amitiés et intérêts littéraires, à commencer par Wera von Essen). Ça a un peu commencé, là


« En kort summering av bakgrund: Fernando Pessoa var 47 år gammal när han dog 1935, och hade varit död i lika många år när Orons bok började publiceras. Hans litterära karriär påminner inte så lite om Franz Kafkas: båda var hängivna pessimister, och båda publicerade sig sparsamt. »

« Court épitomé de CV : Fernando Pessoa est mort à 47 ans en 1935, et ça faisait déjà autant d’années qu’il était mort quand est paru Le livre de l’intranquillité. Sa carrière littéraire rappelle celle de Franz Kafka : tous deux étaient des pessimistes assumés, et publièrent avec parcimonie. »

47 ans. Voyez-vous ça.



Puis le 25 avril dernier ont été fêtés les cinquante ans de la Révolution des Œillets.
Quelques jours plus tôt, deux articles de Henrik Nilsson dans Dixikon (en lien de ce blog) : « Portugal, havet och litteraturen ». Tout un programme.


Nils Blanchard

vendredi 29 décembre 2023

Miscellanées, Auvergne et autres blogs, et chats, et neige, 5

L'hiver, donc.
Attention, Kafka n’est pas très loin.
« Écrire doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. » 

NB - Auvergne, printemps 2023

Mais c’était de Marie-Hélène Lafon dont on parlait au début de cette série de billets plus ou moins à partir de l'Auvergne ; j'ai lu récemment Le roman du fils (Buchet/Chastel, Libella, 2020).
M'y a touché un détail, vers la fin (je trouve que c’est là que le roman devient intéressant, quand il ne parle plus du fils, mais de la mère comme indigne, Gabrielle, qui préfère Paris – simplement Paris, apparemment – à… tout le reste.
Il est question d’un de ses voisins d’immeuble (pages 158-159) ; le récit se fait via une concierge :

« (...) l'hiver dernier, heureusement qu’il avait fait très froid à ce moment-là, le locataire était mort depuis trois jours, dans son lit, quand elle l’avait trouvé, son chat aussi était mort, elle ne disait pas crevé, et depuis plus longtemps que ça, il l’avait arrangé comme une momie (…) comment imaginer ça, un homme qui présentait si bien et avait monté ses cinq étages jusqu’au dernier jour. On frôlait des précipices glacés de solitude. »

Peut-être. Pas forcément… Ça sonne un peu faux.

Mais, bon. Ça m’a ramené à autre chose.

Une certaine sauvagerie-solitude, dans une grande ville. L’anonymat de Paris n’est pas si isolant toujours ; il peut être protecteur, disait-on là...

Ça ramène à autre chose, donc, une des rares personnes qui rapprochent les thématiques de ce blog : Thierry Maricourt. J’en reparlerai plus longuement. Un de ses recueils de poèmes, Miel de neige (La Passe du vent), est préfacé par Jean-Claude Pirotte. Un de ses récits, L’Excuse de la vie / L’Arbre, le doute (Syllepse), par Pierre Drachline. Or tous deux ont été membres d’honneur de l’Association des amis… d’André Dhôtel. Et par ailleurs, Thierry Maricourt anime un site formidable sur la culture des pays nordiques. C'est là, mais je n’arrive toujours pas à le mettre parmi la liste des sites en lien permanent au mien. Ces listes en lien, vous savez, c’est à droite, en haut, sur ce blog… Trop à droite pour lui ?


Or Thierry Maricourt peint très bien cette « sauvagerie solitude », dans Le chevreuil (SCUP, 2018), pages 255-256 :

« Il ne se lie pas, bien que son allure, cheveux blanc et visage radieux, incite à lui sourire aimablement. Les villes sont peut-être peuplées d’innombrables individus à son image, éjectés du cours tumultueux de l’Histoire pour une quelconque raison, qui ont trouvé une cachette où se réfugier, des moyens de subsistance à la limite de la légalité, et qui survivent sans attirer l’attention sur eux.
Parfaitement intégrés, apparemment, dans le paysage social, on ne les retrouve qu’après leur mort, lorsque les voisins se plaignent de l’odeur infecte qu émane d’un appartement (…) On les retrouve (…) un chat maigre et momifié à leurs pieds. »

C'est l’auteur lui-même qui m’a envoyé ce beau livre, après avoir été le premier à écrire sur mon Elmar Krusman ; les deux livres avaient en commun la Seconde Guerre mondiale.

Couverture: Jean-Félix Annic

Un peu solitaire-sauvage moi-même ?
Si j'avais un peu plus de temps... La tentation d'Argos... Me retirer dans l'un de ces lieux à cent lieues de tout ou presque.
Peut-être le nord de la Suède de Gabrielle (tiens…) Björnstrand (blog Gabis annex, 11/12/2023) :

« Enorma mängder snö. Och ingen vind. Snön ligger kvar i träden och skapar en skulpturpark utanför mitt fönster. Jag har varit ute i stort sett varje dag med sparken (…) Och så åkte vi till kyrkan i lördags, jag och grannarna. Julpsalmer med kören och allsång och glögg. En gitarrist sjöng solo. Bra stämning, mycket barn. Alla var där.
Mitt liv här uppe är mycket enkelt och naturnära, med P2 som i stort sett enda dagliga underhållning. (…) »

« Énormes quantités de neige. [On a déjà cité ce blog, en lien de celui-ci (à droite, à droite…) Sa tenancière vit très au nord de la Suède.] Et pas de vent. La neige reste sur les branches et ça crée un parc de sculptures, devant ma fenêtre. J’ai été dehors à peu près chaque jour avec le spark*(…) Puis nous sommes allés à l’église le samedi, avec les voisins. Chants de Noël avec chœurs et tous chantant, et vin chaud. Un solo de guitare. Bonne ambiance, beaucoup d’enfants. Tout le monde était là.
Ma vie là haut est très simple et proche de la nature, avec P2** comme à peu près la seule distraction. (…) »

* Vous souvenez-vous ? On a déjà évoqué cet objet, sorte d’hydre de luge et de déambulateur.

** Une des radios nationales suédoises. (Programme n° 2.)

Mais gare, là, à ne pas se trouver dépendant du RSA, en ces jours étranges où des députés de droite ont fait passer un projet de loi à l’Assemblée pour obliger les chômeurs de longue durée à se prévaloir de recherches actives, formations, que sais-je…

NB - Auvergne, printemps 2023

Une chose est sûre : cette droite-là n’est pas gaulliste. « Imaginerait-on le général de Gaulle »… comme dit l’autre… fliquer ainsi des gens en difficulté ? D’abord, de Gaulle était chrétien. Puis il avait un certain sens de l’honneur. Ah, mais… ce terme risque de n’être pas compris par certains. De ma part : snobisme… intellectualisme?


Nils Blanchard

samedi 18 novembre 2023

Trois points, plus ou moins en rapport avec la justice

Trois points sur des actualités ou parution récentes. Pour le deuxième, aussi, autour du KL Natzweiler et du bourreau Ehrmanntraut – qu’Elmar Krusman côtoie d’après un témoignage très singulier (voir mon petit livre).
Pas de lien à faire (hormis ce thème de la justice) entre les trois points.
 
Karl Hoffer, Sybille - capture d'écran

¤ Michel Ciment, disparu très récemment, avait fait une mise au point très juste sur une certaine chasse aux sorcières, qui piétine (et s’en vante parfois) la présomption d’innocence qui est pourtant une des bases de toute bonne justice et, derrière, de l’état de droit.
 C'était dans l’émission de France inter « Le Masque et la plume », de Jérôme Garcin, le 24 septembre 2023 : 

« Moi, ça me gêne beaucoup, ces enquêtes, pseudo-enquêtes, sans preuve véritable, sans jugement (…) J’attends que la justice donne un verdict après une enquête approfondie. (…) Je suis gêné par cette chasse aux sorcières. »

 

Karl Hofer, Mutter und Tochter - capture d'écran

¤ Deuxième point : il y a sur le site de l’ancien camp du Struthof (site au titre étrange : « Mémorial Struthof »…) des documents fort intéressants, régulièrement publiés notamment dans une chronique « L’archive du mois ».

(Appris incidemment par ailleurs que Michaël Landolt, dont il est question notamment ici et , a été nommé récemment à la tête du CERD (Centre européen du Résistant Déporté).)

Le document commenté en ce mois de novembre est la déposition du déporté NN Roger Leroy en mars 1949, pour le procès de Metz.

Il y est question du traitement effroyable du kommando de NN français, chargés de faire des travaux de gros œuvre de ce qu’on appellera la « cave à pommes de terre », sous la direction de Franz Ehrmanntraut.

« Par tous ses aspects, la Kartoffelkeller est devenue le symbole de l’oppression, de l’épuisement, de l’avilissement des déportés par le travail et les coups ; de la volonté ultime des nazis d’anéantir toute résistance et tout espoir. »

Karl Hofer, Les prisonniers, 1933 - Capture d'écran

Maintenant, on me demandera ce que vient faire Karl Hofer en ce billet ?

J'ai simplement découvert très récemment ce peintre, allemand (1978-1955), proche des expressionnistes, considéré comme « dégénéré » sous le régime nazi.

¤ Troisième point, que je ne développerai pas beaucoup car il n’a pas grand intérêt : eu maille à partir à nouveau avec le Château. Notamment, voilà K mis en cause ; on l’accuse (sans l’accuser directement bien sûr – c’est pourquoi je dis que ce sujet a un intérêt limité : la sous-klamminette locale à qui j’ai affaire semblant par trop médiocre) d’avoir simulé la maladie pour manquer une journée de travail. (Est-il besoin de signaler que K est très rarement absent?)

Mais le lien avec la justice, plus exactement avec le droit, est le brouillard de règlements qui lévite autour de la sous-klamminette en question, à donner le tournis. Sans doute pourrait-on en trouver, de ces règlements, qui iraient dans le sens des arguments de K (si K, bien sûr, les avait développés ; il a préféré sortir son portefeuille, cela prenant bien moins de temps ; K se ressent toujours d’un gros rhume, et il a bien autre chose à faire que d’aller farfouiller là-dedans. Et que de discuter avec une sous-klamminette).


Nils Blanchard


P.-S.: – Ajout. Je suis un peu de mauvaise humeur en fignolant ce billet, pour diverses raisons – on le voit avec ce qui précède. Bon, mais m’agace aussi le fait d’avoir loupé une conférence qui m’aurait vraisemblablement intéressé : « Déporté à Obernai ? », de Sandrine Gaume, le 30 octobre à Obernai. Je n’en avais nulle part vu mention, avant de la voir – on était déjà en novembre – sur le site internet de l’ancien camp du Struthof que je consulte pourtant régulièrement.

Il a été consacré trois billets en ce blog à ce camp. (Cliquer dans les mots clé, à droite, version ordinateur...)


– Lien à l’article précédent. Dans cette édition de La faim, de Knut Hamsun (Archipoche, 2023), il y a un avant-propos d’Octave Mirbeau, de 1895 (date de naissance de mon grand-père, de Florence Gould…) O. Mirbeau n’aime pas Strindberg, mais défend Hamsun ; à l’époque, la Norvège était liée encore à la Suède.

L'avant-propos est suivi d'une courte « préface » d'André Gide. Elle, date de 1950; elle a été publiée d'abord dans le numéro 15 de... la revue 84

Détail d'E. Munch en illustration


lundi 9 octobre 2023

Miscellanées, Auvergne et Paradis. Et autres (et autres blogs), 3

 Je disais donc au billet du 1er octobre : « M’y (re)poser, après, aussi, toute sorte de querelles et d’incompréhensions »…

NB - Auvergne, printemps 2023

Puis, ce métier d’enseignant que je ne goûte guère, des cours d’université que je m’efforce de donner au mieux (cela, pour quelques mois), peut-être même mon lieu de vie principal qui m’agace – j’ai encore récemment été empêché de sortir de chez moi (en auto) par un livreur de société privée (décidément…), tout cela…

Souvenons-nous; Kafka...

À propos de Kafka ; il y a un auteur qui cite étrangement ensemble les noms de Kafka et Dhôtel, Wajdi Mouawad. C'est dans un (relativement) vieil Express, du 5 octobre 2014 ; propos recueillis par Laurence Liban :

« Grands-pères: André Dhôtel et Franz Kafka.
Le premier est insouciance, amour et paysages. Le second travaille sur l'oppression et le comique. Je suis traversé par ces vents contraires. »

NB - Auvergne, printemps 2023

Bon, mais ces agacements, mésaventures – diminution d’un certain sentiment diplomatique ? – serait-ce une question d’âge, comme l’évoque Kristin Lagerqvist le 29 septembre dernier ?

« Jag ska gå en promenad med min hund, åka till jobbet och styla om butiken, träna, handla, jobba och bara vara med mig själv. För mycket social stimulans får mig att tappa lusten på allt vad livet innebär – en känsla av att livet runnit ifrån mig (…)
Det blir så mer och mer. Jag vet inte vad det kommer från eller om det alltid har varit så men det är inte förrän jag blev över fyrtio jag började känna efter att jag faktiskt inte orkar. (…) Just nu vill jag bara ta det lugnt och ha noll saker på min agenda. En bastu. Ett bad. »

« Je vais aller me promener avec mon chien, puis au travail refaire un peu la boutique, faire du sport aussi, des courses, travailler donc et me retrouver simplement avec moi-même. Trop d’interactions sociales me font perdre le goût de tout ce qu’offre la vie – ce sentiment que la vie m’échappe (…)
Et il en est de plus en plus ainsi. Je ne sais d’où ça vient, si ça a toujours été là mais ce n’est en tout cas pas avant la quarantaine que j’ai commencé à me rendre compte que je n’y arrivais pas. (…) Et juste maintenant, je veux simplement être tranquille, avec rien sur mon agenda. Un sauna. Un bain. »

Eh ! La quarantaine, Jean-Louis Curtis. On revient à Florence Gould.


Lorsque j’avais voulu quitter mon travail dans les règles, il y a… quelque temps, j’eus affaire à une dame morveuse dans un bureau administratif, qui outre ses microbes – je fus ensuite malade une semaine – me passa un coup de blues assez vache. « C’est votre âge, monsieur, c’est simplement votre âge. Vous verrez... »

NB - Auvergne, printemps 2023

Bien. Mais pour en revenir à ce que dit Wajdi Mouawad de Dhôtel : la notion d'insouciance... Vraiment?
Pourquoi pas. 


Nils Blanchard


P-S : La Norvège à l’honneur, avec pour commencer Jon Fosse (qui écrit en nynorsk), prix Nobel de littérature. Je me permets d’ajouter qu’il a un faux air de Bill Murray. Patrice Chéreau mit en scène autrefois une de ses pièces, Rêve d’automne. Et l’automne va finir par vraiment commencer en nos contrées…

Le prix Nobel de la paix (remis par la Norvège) – une fois n’est pas coutume, pas erratique –, attribué lui à l'Iranienne Narges Mohammadi.

P.-S. 2 : À la carrière de l'ancien camp de Natzweiler (Struthof), samedi 7 octobre, visite guidée passionnante de Juliette Brangé, doctorante en archéologie et histoire contemporaine. C'était organisé par l'APHG (Association des Professeurs d'Histoire et Géographie). 
J'en reparlerai... quand j'aurai mis à jour mes notes.

mercredi 20 septembre 2023

Miscellanées / Maisons noires

 Ce titre du dernier livre de Patrick Reumaux, déjà évoqué et qui se passe principalement dans les Ardennes, a ceci d’étrange, aussi, qu’il pourrait ramener à l’Auvergne et ses pierres volcaniques. On a déjà évoqué une marche en Auvergne à cet endroit-ci et à celui-là.

NB - Auvergne, avril 2023

Lors de cette marche, divers rencontres, thèmes, ont rejoint ce que l’on a déjà évoqué parfois en ce blog.
Ainsi de la sculpture ; à Volvic, près de l’église (en pierres volcaniques), il y a une petite école d’architecture, en fait école d’art si j’ai bien compris.

NB - Volvic

NB - Volvic

Puis la statuaire est apparue jusque dans la forêt, « quelque part » était-il précisé avec raison :

NB - Auvergne, avril 2023

NB - Auvergne, avril 2023

NB - Auvergne, avril 2023

Ou encore, des crucifix comme on en voit aussi dans les Cévennes, peut-être un peu semblable à celui qu’évoque Marcel Arland dans Lumière du soir (Gallimard, 1983), dans un chapitre consacré à… André Dhôtel :

« Je t’écris d’Auvergne, cher André. (…)
Personne. Tout à coup, penché au bord du chemin, qu’est-ce...? En guise de socle, des pierres rongées de mousse ; là-dessus, droite, ronde, une pierre plus puissante, gravée de signes et de figures ; au sommet et toujours en pierre, une sorte de croix, où l’on a installé un petit bonhomme chétif, dont les mains sont plus grosses que le visage. Oui, un calvaire ; et, de mes jours, je n’en ai vu d’aussi naïfs, d’aussi enfantins. Comme il est seul ! (…) Ce calvaire dans la solitude et l’abandon, c’est la beauté, c’est la grandeur… »

NB - Auvergne, avril 2023

Ou encore… mais encore… À l’hôtel de Volvic, une petite bibliothèque. Parmi les ouvrages, un cahier de l’Association Alexandre Vialatte ; le numéro 19, de 1992. Dedans, un article de Vialatte sur Kafka.


Nils Blanchard

samedi 16 septembre 2023

(K)ungälv

 Pour Michel Houellebecq (dont on reparlera aussi, et dont on a déjà parlé là), du moins pour son personnage dans un film de Guillaume Nicloux, la Suède est loin d’être un État de droit exemplaire. Et, c’est assez piquant, je venais d’acheter Le procès de Kafka, en suédois, pour y suivre en cette langue les aventures de K.


C'est qu’à Kungälv – ville où j’avais l’habitude de faire mes courses, j’ai eu un incident s’apparentant à un mauvais Kafka.
Je véhiculais une personne âgée, ayant du mal à se déplacer, munie d’une canne… qui avait besoin que l’on s’arrête au plus vite. Cela se passait dans un nouveau quartier (on en reparlera…), où l’on roule, dans des rues « partagées » à 7 km/h…

NB - Kungälv, août 2023

Je gare ma voiture (immatriculée en France) sur une place à ma gauche, gratuite pour une demi-heure, et la personne âgée et moi-même allons au centre commercial « Kongahälla » non loin de là.

À notre retour, j’aperçois un homme en uniforme que je prends d’abord pour un policier, en train de remplir un PV pour ma voiture. Je l’aborde, très poliment, craignant (mais c’était étonnant...) avoir dépassé la demi-heure de gratuité. Non : l’amende que je vais avoir concerne autre chose : je me suis garé du mauvais côté de la rue (du côté gauche, donc...)
Amende : 100 euros (mille couronnes).
Un peu éberlué, je regarde mieux autour de moi…
À strictement parler, l’amende est peut-être justifiée en ce sens que je suis juste à la limite de la fameuse zone « partagée » (mais dans une rue totalement identique et la prolongeant).

NB - Kungälv, août 2023

J'étais garé à la place juste devant celle occupée, sur la photo, par la voiture grise, mais dans l’autre sens. Dans une rue, on le voit, où il n’y a aucun trafic (j’ignorais qu’elle était à double-sens…)

Bref… Échange courtois avec l’homme en uniforme ; je lui désigne la personne qui m’accompagne, marchant difficilement, munie de sa canne…
Rien à faire (je n’insiste pas non plus énormément, étant aussi pressé par ailleurs) ; nous remontons dans la voiture après avoir salué… Mais quelque chose me gêne, je ne saurais dire quoi à ce moment…

Et alors, l’homme en uniforme qui était retourné lui aussi à sa voiture consulter je ne sais quel outil électronique, revient.
Il m’explique que j’ai commis « deux erreurs »… J’ai un moment de malaise : il ne va pas me mettre un deuxième PV ? Puis un troisième, un quatrième? Kafka...
Non… La deuxième erreur, d’après lui, est de m’être garé sur une place gratuite et d’avoir payé mon stationnement. (C’est simplement qu’il me restait du temps sur un stationnement antérieur, que j’avais payé en effet… L’homme ne le savait pas…)

Je me demande : « Mais il est en train de se fiche de moi ? »

Air satisfait de l’homme en uniforme.

Et là, je comprends ce qui me gênait quelques instants plus tôt. L’homme n’est pas un policier, mais appartient à une compagnie de « sécurité » privée bien connue à laquelle la commune visiblement sous-traite ce genre d’opération.

NB - Kungälv, août 2023

Je n’aurais pas une telle horreur de la généralisation, et j’aurais été un touriste peu au fait de la contrée, j’aurais pu me promettre, après un tel traitement, de ne jamais remettre les pieds en Suède. Il y a près de 200 pays de par le monde.
Une personne de ma connaissance, ayant subi un traitement comparable en Hollande, s’étant jugée victime de basse xénophobie, n’a plus jamais remis les pieds dans ce (beau) pays…

Heureusement, je connais d’autres aspects de la Suède. Mais il est vrai que la sous-traitance, notamment, y fait beaucoup de dégâts.
Un de leurs slogans sur leur site internet : « I Kungälv finns mycket att uppleva! / À Kungälv, il y a beaucoup de choses à expérimenter ! »
Certes...

En tout cas, j’en ai eu ma part. J’irai désormais faire mes courses ailleurs, tant en tout cas que la politique de cette ville, et son administration, n'auront pas changé.

Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...