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mercredi 6 mai 2026

De la retenue / héritiers

Fâchons-nous un peu, avec des sujets plus ou moins récents… Et tâchons d’éviter par là-même les raccourcis, mensonges, bêtises de divers fâcheux, qui n’ont bien sûr guère vocation à monopoliser les billets de ce blog.

NB – printemps haguenovien

D'abord, je m’étonne que sur beaucoup de médias, on ne parle absolument plus d’« économies » d’énergies, à l’heure de crises au Moyen-Orient, mais aussi toujours en Ukraine, pour ne pas parler de la « crise écologique » tout court. (Dans la bouche de certains fâcheux le mot « écologiste » est devenu une insulte.) Tout juste évoque-t-on des « alternatives » ; il faudrait privilégier l’alternative de l’électricité au détriment des énergies fossiles, en oubliant allègrement qu’une grande part de cette électricité est nucléaire, et par là-même extrêmement problématique.
À Bure, récemment (le 19 avril), une manifestation d’opposants au « projet » d’enfouissement de déchets radioactifs a été interdite par les autorités ; on se demande pour quel motif.

L'économie pourrait passer par une grosse taxation des panzers et autres grosses cylindrées, par une taxe sur les jeux vidéo consommateurs d’électricité… (Est-ce un hasard, ou bêtise et consommation excessive d’énergie vont-ils de pair?)

Or donc, l’économie, la retenue… La sobriété (je ne parle pas d’alcool…) : tout cela semble totalement passé de mode.

NB – printemps haguenovien

On a parlé en ces lignes d’héritiers à propos du chef d’un syndicat de patrons. Il semble que nous vivions des temps où ces derniers auraient tendance à s’acoquiner sans vergogne avec le front national.
Un autre héritier contrôle financièrement (entre autres) les éditions Grasset, dont plusieurs auteurs ont claqué la porte récemment (avril 2026…) à la suite du renvoi de l’éditeur Olivier Nora.
Grasset… André Dhôtel, Jules Roy y ont été publiés… Et Jacques Brenner y a longtemps travaillé.
Alors je cherche trace d’Olivier Nora dans le journal de Brenner (Pauvert… Fayard (!), tome V, 1980-1993). Le problème, avec Brenner, c’est qu’on n’arrive plus à s’arrêter quand on commence de musarder là-dedans. Et l’on peut s’abuser : cela semble si actuel, ces descriptions de vie, où l’on côtoie aussi bien Ionesco, Florence Gould que Matthieu Galey ou… qui sais-je. Des auteurs anciens tout aussi bien. Brenner était une encyclopédie vivante.
Olivier Nora ? Pas trace. Mais il n’y a pas d’index ; on ne peut tout (re)lire…

Mais tenez, Brenner lui-même s’égare dans le temps ; il écrit le 4 décembre 1988 (p. 564) : « Ai-je cependant une vraie conscience d’être un vieil homme? Dans l’après-midi, rue des Canettes, très étroite et très encombrée, un automobiliste me lance : “Hé, pépé, il y a des trottoirs !” J’ai été surpris par ce “pépé”. »

NB – printemps haguenovien

S'égarer dans le temps. Bon. Mais un historien (j’en suis, en partie) essaie de s’y repérer. Or je m’interroge çà et là sur la nécessité de continuer ce blog (plus exactement : quand y mettrai-je fin?) Mais un blog peut avoir l’intérêt, parfois, de diffuser une information plus précise, voire plus juste que celle de certains médias (et je ne parle pas bien sûr des « réseaux » « sociaux »…)
Ainsi récemment (22 avril… 2026), on entend sur France info que les Français se détournent du livret A. Raison invoquée : la baisse de son taux. Certes, mais on oublie aussi qu’il a été annoncé que ledit livret A servirait à financer le nucléaire. Peut-être cela gêne-t-il certains épargnants. (On en revient à Bure…)
Ou encore, je trouve un ancien article de Ouest-France du 14 janvier 2024, à propos d’Amélie Oudéa-Castéra, au moment de son calamiteux passage au ministère de l’Éducation nationale. Le journaliste, Stéphane Vernay, semble la voir d’un plutôt bon œil. Et d’omettre de rappeler, à l’époque, ce qu’elle avait dit lors de son adresse à la presse, à son premier jour « sur le terrain », de proprement mensonger et insultant envers les personnels qu’elle était censé (on se demande bien pourquoi, en arguant de quelles compétences…) représenter ; je cite sa diatribe notamment ici.
On a entendu récemment (pas en avril, quelques mois avant…) parler de cette dame, qui a joué un rôle au moment des jeux olympiques d’hiver.
Là, encore, quand on sait le coût écologique de ce truc… (je parlais d’alliance entre bêtise et consommation excessive…)


Nils Blanchard


Or tenez, cela ne rejoint-il pas un poème récent publié le 4 mai dernier par Sandra Holmqvist dans son blog (Sandra skriver) ? (Liste des blogs en lien, à droite de l’écran, version ordinateur…)
Le cœur de ce poème intitulé « Hur jag vill leva » dit ceci :

« (...)
Lite mera generöst
lite mindre digitalt
det ska alltid finnas mat
för extra middagsgäster

(...)

Lite mera litterärt
lite mindre monetärt
(...) » 

« (...) 
Un peu plus généreusement
un peu moins digitalement
avec toujours à manger
pour un convive ajouté

(...) 

Vivre de manière un peu plus littéraire
un peu moins monétaire
() »


mardi 3 mars 2026

Inondations – de bêtise ?

Passé quelques jours en Anjou ; inondations, auxquelles on est relativement habitué en cette région. Je me souviens de mon professeur de français de sixième, très aimé, qui m’avait donné une punition (le tarif, ordinaire, c’était : « Quatre pages – des petites… – de rédac ») ; quatre pages à rédiger donc, avec pour thème les inondations. (Il devait y en avoir à ce moment.))

NB - Anjou, février 2026

Je garde un plutôt bon souvenir de cette rédaction, que je pourrais peut-être retrouver, quelque part… En fouillant un peu dans ma mémoire, néanmoins, je me souviens d’une certaine circonspection. Qu’allais-je pouvoir dire ? Aujourd’hui, ça me ramène à d’autres « remontées » ; remontées de bêtise ?

Le « dossier Epstein », jeté en pâture aux étals de poissonnerie du monde entier par une justice américaine passablement perfectible – usage dans certains États de la peine de mort, dans des conditions forcément abominables, avec exécutions d’innocents, notamment pour des raisons racistes, intervention de l’argent dans certaines procédures ; Epstein lui-même qui n’a pas été jugé (sur la base des dossiers en question) puisqu’il est mort en prison… –, et nos médias s’en saisissent et en font leurs choux gras ? Ça nous regardera(it) si/quand des victimes déposeront des plaintes en saisissant la justice de notre pays.

NB - Anjou, février 2026

Parallèlement, pour ainsi dire (radio sur la route du retour…), on entend parler de gaz hilarants dangereux pour le cerveau, employés par beaucoup de jeunes gens de nos contrées paraît-il. Cela, et l’usage d’écrans, de « réseaux » « sociaux » : on a là une inondation de bêtise – affaiblissement précoce des capacités cognitives – dont la décrue n’est pas prévue pour demain.
Par là-dessus, de même que sur la Maine débordante peuvent flotter différents objets de plastique abandonnés par des salopards, sur un certain étiage de la culture des jeunes gens, flottent des débris d’I.A..
Récemment (20 dévrier), Mazarine Pingeot, dans Ouest-France – je profite de mon éloignement de l’Alsace pour lire un peu de pesse locale – d'apporter des éléments de bon sens.

« () Je pense que nous vivons une rupture anthropologique. Ce qui est nouveau, c’est qu’une machine parle. Or parler, dialoguer, c’est le propre de l’humain. (…) [Ce] n’est pas un gadget, c’est addictif. Et dès qu’on peut déléguer une tâche difficile, on le fait. Il y a un vrai risque d’encourager la paresse intellectuelle et d’appauvrir l’esprit critique. »

Puis, outre les problèmes de contrôle de l’I.A., on demande à M. Pingeot en quoi cette I.A. modifie notre rapport au réel, à la vérité. Réponse :

« Il y a d’abord le paradoxe de l’écran : il donne l’illusion d’un accès direct au monde alors que, précisément, il fait écran. (…) Nous sommes déjà dans une ère de post-vérité. (…) L’IA renforce cette tendance : elle ne va pas chercher dans le réel, elle puise dans des bases de données. Elle fonctionne en vase clos (…) »

Ne rejoint-on pas là une forme d’idiotisme ? (On en revient aussi à ce que j’appelais « intérieur numérique » ; voir à l’index, en lien, version ordinateur de ce site…)

NB - Anjou, février 2026

Et la radio – route du retour, etc. – de parler d’anciens poutinolâtres, lors qu’on entre dans la cinquième année de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui se dandinent au Salon de l’agriculture, appelant à augmenter la consommation de viande, lors que – sédentarité, écrans… – l’obésité progresse dans nos pays. Il ne manquait là, comme (ancien?) poutinolâtre, que J.-L. Mélenchon, avec ses éructations antisémites en sus (et qu'on n'aille pas me dire que je traque l'antisémitisme chez lui... Ses propos sur le nom "Epstein" étaient gras, provocants au mauvais sens du terme; on aurait presque cru entendre, par le ton, Jean-Marie Le Pen!)
Ces gens pourraient être amenés à diriger la France, où l’information est étouffée par les « débats » des « chaînes d’information ».

Bon. Mais ça fait quatre petites pages, non ? Ce serait amusant, quand même, de retrouver cette ancienne rédaction.


Nils Blanchard


Aussi : Annonce du festival « Regards d’ailleurs », à Dreux. Thierry Méranger, délégué général et artistique, commence ainsi sa présentation : « Après l’hommage de 2025 au Brésil, qui nous a permis de franchir allègrement, avec des hôtes de cœur et de prestige comme Walter Salles (oscar du meilleur film international) ou Kleber Mendonça Filho (palme cannoise de la mise en scène), le cap des 20 000 entrées de cinéma et des 4 000 visites d’expositions, l’ailleurs de nos regards est cette année suédois. On ne saurait rêver écart plus important entre territoires, filmographies et modes de vie. Et pourtant ! D’un continent à l’autre, d’un paysage à l’autre, d’un climat à l’autre, les cinéastes ne cessent obstinément de dialoguer… et de nous prouver que l’exotisme est souvent le plus révélateur des miroirs. »
On pense à Wera von Essen…



Ajout. Attaques sur l’Iran, d’Israël et des États-Unis. Il serait difficile de défendre les dirigeants iraniens, qui ont massacré récemment leur peuple. Mais comme en juin dernier, m'interpelle le fait que les États-Unis attaquent lors qu’ils étaient en phase de négociation avec l’Iran. Aussi : nulle déclaration de guerre, comme si les anciennes lois des conflits étaient devenues d’un coup caduques.

NB

mardi 3 juin 2025

Retour / Inquiétudes encore / Expositions baltes

Xième trajet ouest-est à travers la France. À la Chapelle-Rainsoin (Mayenne), une descente au tombeau peut rappeler celle de Chaource.

NB - La Chapelle-Rainsoin 


NB - Chaource


Au hasard des traversées, on retrouve la mise au tombeau de Chaource reproduite sur l’autel de l’église de Rouilly-Sacey (Aube).

NB - Rouilly-Sacey


À la Chapelle-Rainsoin (ma photo n’est pas non plus excellente), on ne voit quasiment pas saint Jean, « caché » derrière le personnage du bout à droite. (On peut cliquer sur la photo, zoomer…)
À Chaource, on est stupéfait de son expression – une vieille amie me l’a fait remarquer – de désespoir incrédule. (On peut cliquer sur la photo, etc.)

Bon, mais dans la bonne ville d’Angers, bruits de klaxons et de je ne sais quels pétards le 31 mai au soir. Je subodore soudain que ce doit être ce club de football dont le seul mérite (à ma connaissance, limitée certes en la matière, mais bien suffisante !) est d’être soutenu par des pétrodollars, qui était en finale de je ne sais quelle « compétition ».
Le lendemain sur la route du retour, une radio d’« information » pseudo-nationale en fait ses choux gras, interroge des supporters criards, comme si cela devait intéresser les honnêtes gens.
On apprend que les « festivités » consécutives au match ont fait un mort, qu’un policier est dans le coma, qu’il y a eu blessés et saccages…

Ne pourrait-on supprimer, mettons pour deux ans (renouvelables!), toute manifestation publique liée au football ?
Les matchs se feraient à huis clos ; un peu de vacances pour les gens que tout ce cirque n’intéresse pas, voire incommode… Un peu de place aussi pour les (autres) sports.

NB - La Loire près de Tours (1er juin 2025)


Pensées de route, de retour ; d’une parenthèse étrange, personnellement endeuillée. Et ce, dans une conjoncture nationale, européenne, passablement déplorable.

À la radio, quand, quelques secondes ici et là, les « journalistes » parlent d’autre chose que de pied-ballon, on apprend qu’une série d’actes antisémites a frappé la France – je me renseigne ensuite : des dégradations ont visé trois synagogues, un restaurant, le Mémorial de la Shoah dans la nuit de vendredi à samedi (30 au 31 mai) à Paris. Entre autres… Mais on apprend le 2 juin qu’un Serbe a été arrêté ; ces actions seraient le fait de la Russie.

Meurtre d’un Tunisien samedi, semble-t-il uniquement du fait de ses origine et religion.
On a l’impression d’un rengorgement de la lie de la société.

La veille, le 30 mai, un éditorial de Ouest-France (Laurent Marchand ; lui-même cite Galia Ackerman) titre sur une « dérive totalitaire » de la Russie, justement. En Russie même, y est-il écrit, « la délation a pris une proportion inédite depuis les années les plus sombres du régime soviétique ». Le resserrement du régime poutinien correspond à une militarisation qui « pèse pour un tiers (32,5%) de la dépense publique russe ».



Alors, changer un peu d’air. On a parlé quelque part d’expositions manquées. Celles-là, je les manquerai aussi vraisemblablement, car je vois mal comment je pourrais me rendre en Estonie et en Finlande dans les prochaines semaines.

D'abord à Helsinki, à la Bibliothèque nationale, celle de SLS (Svenska litteratursältskapet i Finland), dont le site internet est en lien de ce blog (à droite de l’écran, vers le haut…)
Cette exposition commémore les 140 ans de la SLS (l’Association pour la littérature suédophone en Finlande). On lit dans sa présentation :

« Bland det originalmaterial som visas finns handlingar som berättar om såväl kända som okända personer, säger SLS arkivchef Kristina Linnovaara. (…) Arkivmaterial ur privata samlingar är en viktig del av vårt gemensamma kulturarv, och vår uppgift är att bevara dem för kommande generationer. (...) »

« Parmi les documents originaux qui sont exposés, on trouve des pièces qui évoquent autant des personnes connues qu’inconnues, explique la cheffe des archives de la SLS, Kristina Linnovaara. (…) Les documents d’archives issus de collections privées sont une partie importante de notre patrimoine commun ; notre devoir est de les conserver pour les générations à venir. (…) »



Ensuite, à Tartu (ville universitaire estonienne) se tient du 25 mai au 28 juin une exposition sur les Esto-Suédois.



Une des particularités de ces Suédois d’Estonie, la plus constante dans leur histoire autant que je sache, c’est un certain « pacifisme » (le mot est en partie anachronique) ; une certaine tolérance, pourrait-on dire, à l’égard de leurs voisins et envahisseurs. (J’en parle dans un texte à paraître prochainement dans la revue Nordiques – en lien, encore, à droite, vers le haut de la page d’accueil de ce blog…) Mais ils ont quasiment disparu…


Nils Blanchard

vendredi 21 février 2025

Fin de l’Alliance Atlantique ?

Si l’on en croit Nicole Bacharan (Ouest-France du 20 février 2025), Arnold Raestad, que Martin Fahlén évoque à plusieurs reprises dans Le tableau de Savery aurait de quoi râler, lui qui avait promu et pensé l’atlantisme. Il faut prendre conscience néanmoins de la fin de l’Alliance Atlantique.

NB – Angers, février 2025

Dans son fonctionnement (les États-Unis protègent, et par là-même dominent l’Europe), il est étonnant que la chose ait duré si longtemps. Elle était marquée par le sceau du provisoire, mais un provisoire dont on n’arrivait pas à se dépêtrer, du fait entre autres de la menace atomique.
Aussi, l’Europe (l’Union européenne), corollaire du système – et « construction » en chantier depuis près de 70 ans au bas mot ! – est à repenser absolument. Garder des « compétences » européennes (Union européenne, je précise encore) pour les questions financières, commerciales ? Peut-être. Mais pour le reste : mettre en place une alliance diplomatique répondant aux dangers de l’heure (en premier lieu l’agressivité russe – attaque de l’Ukraine, piratages informatiques…) Cette alliance ne serait plus seulement « européenne » (Union européenne) en ce sens qu’elle inclurait bien sûr le Royaume-Uni. Dans un premier temps : France, Royaume-Uni, pays nordiques, et peut-être Benelux ? Dans un deuxième temps, si une majorité stable et favorable se dégage en Allemagne, elle pourrait rejoindre le groupe, d’autres pays encore.

Il y eut déjà en 2003 une occasion de créer un autre cadre sur le continent européen, dans un contexte passablement différent. Allemagne et France s’étaient retrouvées à peu près seules à refuser de soutenir les États-Unis dans leur seconde intervention en Irak, infondée. J’avais alors imaginé que l’on créât, Allemagne et France, des Républiques-Unies. Sur un contrat de dix ans, renouvelable (et le tout approuvé par référendum), on aurait uni les deux pays, indépendamment de l’Union européenne, avec un président et quelques ministères communs (diplomatie, défense notamment). Chaque pays aurait conservé de manière autonome ses fonctionnement et chef de gouvernement, ainsi que divers ministères.
(J'avais à l’époque, via un petit texte, soumis l’idée à quelques éditeurs dont j’avoue ne pas me souvenir du nom…)

NB – Angers, février 2025

Avant même les calembredaines de Donald Trump du 19 février (Zelensky assimilé à un dictateur, etc.), la visite du vice-président américain JD Vance à Munich (Munich!) Nicole Bacharan note à leur propos que nous « ne partageons plus les mêmes valeurs. (…) Ce sont [les propos de JD Vance] le mensonge et la menace déguisés en vertus. Ajoutons l’ultime perversité : après avoir visité le camp de concentration de Dachau, JD Vance insista pour rencontrer les leaders de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand dont les affiches reprennent le salut nazi. »
On a là affaire semble-t-il (je n’ai pas étudié ce garçon très en détail, ai entendu de lui quelques extraits de discours…) à de ces gens fondamentalement inaptes à l’analyse intellectuelle un peu poussée. AfD après Dachau ? Ce n’est pas pour défendre le personnage : mais il ne comprend rien à la contradiction que cela sous-entend. Il me fait penser à E. Zemmour à propos, notamment, de Pétain. Sans doute a-t-il lu des livres, en a-t-il écrit (on peut citer son autobiographie, à l’instar de celles des jeunes J. Åkesson et J. Bardella), sans doute peut-il décocher de mémoire toutes sortes d’informations et citations, mais il n’a pas le recul intellectuel, personnel, nécessaire à leur compréhension, leur digestion, leur analyse. Ces gens regardent le monde à travers d’impressionnantes lentilles (ils ont, oui, lu ceci, cela, connaissent tel ou tel chiffre, voire telle ou telle personne…), mais n’en comprennent rien. D’une certaine manière, ils ne vivent pas vraiment à leur époque ; ils ne produisent pas une once de la « substantifique moelle » chère à un Rabelais.

NB – Angers, février 2025 


À Angers, à côté des sculptures de loups (plus haut), il y a un autre monument, place Giffard-Langevin, VOIE BLANCHE, constituée d’un ruban minéral de 64 mètres qui longe la voie ferrée, en souvenir du huitième convoi (821 personnes déportées à Auschwitz le 20 juillet 1942).
On pourrait voir dans les illustrations de ce billet des symboles politiques liés à l’actualité évoquée… Pas vraiment : les loups ne sont pas ici des bourreaux ; on lit sur une plaque à proximité que ce sont des « sculptures animalières, dont les formes tendent à restituer une forme de sérénité dans ce nouvel environnement, de silence. Cette présence muette souhaite convoquer notre relation ancestrale et profonde à la nature. »

NB – Angers, février 2025

Bref, autre chose que du « Drill, baby, drill »…


Nils Blanchard

mardi 21 mai 2024

Eau (courante), inondations

Je me souviens avoir reçu une punition lorsque j’étais en sixième, donnée par un professeur de français fantastique, originaire de Toulon. Là, il me fallut écrire « quatre pages de rédac » sur les inondations. J’ai peut-être gardé mon texte quelque part, corrigé… Mais je ne me souviens plus ce que j’y écrivis.

NB – Mai 2024, Mûrs-Érigné

À Angers, il y a en mai une exposition des Archives patrimoniales au « Repaire urbain », jusqu’au 31, sur les bains douches de la ville. Un article de Ouest-France (quand on n’est pas en Alsace, on peut trouver quelque intérêt à la presse régionale bien sûr) du 7 mai dernier, explique que ce n’est qu’en 1950 que les salles de bain se sont généralisées à Angers. Et l’eau n’est arrivée dans les maisons qu’à partir de 1956. Autant dire que les bains publics ont eu une certaine importance.

Quant à la survivance des bains douches, l’article n’est pas très clair ; il est d’abord avancé que le dernier a fermé en 1998, puis qu’ « il y en a un encore derrière la Bourse du travail, fréquenté par les SDF ».


Le Bain des Treilles (bord de Maine)

(Au passage, on a sur cette lithographie un aperçu des bords de Maine d’ancien temps, consciencieusement arasés par les constructions de voies rapides des années Pompidou. Ou des années 60-70 tout court, vu qu’on trouve trace de mêmes âneries à Göteborg, comme l’écrit Åke Edwardson dans Det trettonde fallet (2021).)

Or il se trouve que je me promenais à Mûrs-Erigné – qui jouxte Angers – et que je pris en photo la façade d’une ancienne auberge, dite « Hostellerie du Château ».


NB - Mûrs-Érigné, mai 2024


NB - Mûrs-Érigné, mai 2024


On y fait la promotion sur le panneau de droite, de l’« eau courante chaude et froide » et du chauffage central.
À gauche, on a quelque chose comme « Au rendez-vous des gars du Nord ».
Quel Nord ? Demanderait André Dhôtel.

Bon, mais à Haguenau quelques jours plus tard, sans vouloir faire de rapprochement trop facile, les inondations ont quelque chose d’une immense laverie, surtout quand un peu de lumière se glisse sur les nouvelles eaux. On a l’impression que des bestioles diverses arrivent par enchantement, peut-être parce qu’elles n’ont plus à se préoccuper des pesticides dans les champs (on va me traiter d’écolo excité), que certaines voies sont débarrassées des véhicules humains faisant ronfler leurs moteurs, spécialité locale…


NB – Mai 2024, Haguenau


NB – Mai 2024, Haguenau



Nils Blanchard

dimanche 7 janvier 2024

Anjou, presse, camps, actualité

 Jamais en Alsace bien sûr, mais ailleurs il peut m’arriver, avec intérêt, de lire la presse locale.

NB – Anjou, janvier 2024

De passage à Angers, lecture dans Ouest-France (les éditions de ce journal, en ce qui concerne certains thèmes historiques de la Seconde Guerre mondiale liés à l’Alsace – décidément… –, ne font pas toujours des choix très judicieux, mais, bon…)

Début novembre (2023), un article de Christophe Penot relevait l’étrange mise en vente, dans une enchère, d’une tenue de déporté. Le journaliste précisait qu’elle avait appartenu au résistant Francis Richard, arrêté en mai 1944 et déporté à Dachau. Il avait survécu… Le « lot » provenait d’un vide-grenier. N’avait-il plus de famille ?

Ouest-France, 4-5 novembre 2023

Le 2 janvier 2024, un autre article, d’Emmanuel Esseul, concerne un autre déporté, Charles Gohier, mort fin décembre 1943 ou début janvier 1944 dans l’enfer de Dora, camp alors dépendant de Buchenwald.
C'est à la suite d’une « cousinade » que des gens de sa famille ont enquêté sur cet homme.

Ouest-France, 2 janvier 2024

En l’occurrence, il ne semble pas avoir été déporté pour action de résistance, mais pour vol de matériel allemand.
Cela permet de souligner que l’enfer concentrationnaire a incorporé des gens de divers horizons, aux parcours divergents. Mais le résultat, pour Charles Gohier, mort à vingt ans après des mois de travail – torture ? – dans un tunnel, rappelle le destin de Maurice Vissà, dans l'enfer de Haslach.

NB – Anjou, décembre 2024

C'est aussi une face du nazisme – du totalitarisme ? –, cette manière de traiter les réprouvés, les prisonniers. Ceux qui, dans un État de droit digne de ce nom devraient (éventuellement…) subir une simple privation de liberté.
Est-ce un hasard si la montée des extrêmes accompagne la remise en cause de principes élémentaires de la justice, de l’État de droit (présomption d’innocence, jugements dans un cadre idoine, avec droit à la défense – pas sur l’étal poissonneux d’un marché télévisuel…) ?


Nils Blanchard


N.-B. : Parution annoncée pour ce mois-ci du nouveau livre de Wera von Essen, qui s’annonce comme la suite du formidable En debutants dagbok.



lundi 6 novembre 2023

1921, 23 – Du débat, de la prise au monde

Elmar Krusman – sur le destin duquel j’ai consacré un livre, diverses recherches ensuite, autour de lui…. – était né en 1921. Ma marraine (angevine), toujours de ce monde, somme toute… pour autant que je ne dise pas de bêtise : en 1922.

Owe Zerge, Victoria Mortis, 1921

1921, c’est aussi l’année où le tableau ci-dessus a été peint (et où Owe Zerge a débuté au salon de Paris).
Drôle de peintre, suédois (1894-1983, de Kristianstad), il était spécialiste des jeunes garçons/hommes, avec quelques bouquets comme des memento mori et quelques paysages. Une série de ces garçons peints en habits d’enfants de chœur.
Ultra-réalisme, avec ces expressions comme semblant dire : « Oui, je sais que le temps passe. »
Par ailleurs, Owe Zerge est passé par l’atelier d’André Lhote (qu’André Dhôtel a connu)…

Ma marraine, je disais : « toujours de ce monde, somme toute » ; c’est que la dernière fois que je l’ai vue, elle ne m’a pas reconnu. Mais elle semblait avoir étrangement rajeuni physiquement, retombée comme avant l’enfance.

Retirée du monde, dans un sens. À quoi fait étrangement écho celui de Philippe Sollers, dans Agent secret : « Il nous faut nous désactualiser d’urgence. » Philippe Sollers qui est mort en 2023.

Voilà pour 21, pour 23…

Je le lisais quelquefois, autrefois, dans Le Journal du dimanche. Journal devenu bien difficile à lire aujourd’hui.
Acheté récemment le numéro 1 de La Tribune dimanche.

La Tribune Dimanche, 8 octobre 2023

Là, une chronique d’Edgar Morin – lui, aussi : 1921 ! –, page 23 – 23 ; bordel ! – : « Restaurons les conditions d’un débat intelligent ».
Je pensais justement à la chose quelques jours plus tôt, je ne sais plus dans quel cadre – discussion ? –. Il faudrait arriver à retrouver de l’intelligence, des idées dans les discussions, notamment publiques ; cela allant avec un certain travail, aussi. Pas seulement « parler la bouche ouverte » (expression angevine, je crois) dans des « débats ». On lit :

« Hélas, nous constatons un dépérissement du dialogue politique, qui va de pair avec un affaiblissement de la démocratie, dont l’existence même est menacée.
(...) [Le débat] doit favoriser l’échange d’arguments, se fonder sur des faits incontestables, cultiver la nuance – indissociable de la complexité.
Débattre, c’est souvent critiquer. Mais la critique ne doit jamais discréditer le contradicteur ni sombrer dans l’invective ou l’imprécation. »

Et tenez, il y a ce « débat » sur l’euthanasie… qui entraîne cette publicité dans Le Monde :


Illustration, Le septième sceau bien sûr, d'Ingmar Bergman,
avec là Bengt Ekerot et Max von Sydow. 

 
On en revient au thème du joueur d’échec, dans l’art suédois…

« Vem är du ?

– Jag är Döden.

– Kommer du och hämta mig ? »


« Qui es-tu ?

– Je suis la Mort.

– Tu viens pour m’emmener ? »


Et la mort réplique : « Är du beredd ? » (« Es-tu prêt ? »)

Question fallacieuse me semble-t-il. D’ailleurs, elle triche aux échecs, contre le personnage joué par Max von Sydow (Suédois d’ailleurs, en quelque sorte, qui avait pris la nationalité française à la fin de sa vie).

Owe Zerge - Capture d'écran

Et quant aux « débats », entre autres sur le sujet de l’euthanasie (débats qui « secouent » – comme on dit étrangement – aussi la Suède), j'arrive (étrangement?) à un éditorial de Jeanne Emmanuelle Hutin (Ouest-France, 1er novembre 2019) ; il commence ainsi :

« Dans notre monde si bruyant, le silence est considéré comme un hôte indésirable. On le fuit, on l’étouffe de mille manières. (…)
Le silence effraye car on semble voir en lui l’ombre de la mort portée sur nos vie. Mort que l’on relègue aussi aux périphéries de nos existences. Mais un jour, elle frappe. Faute de pouvoir l’éviter, certains pensent que la liberté résiderait dans le fait d’en choisir le moment. (…) » 


Nils Blanchard


P.-S.; Sur le site, en lien de ce blog, de l'Institut Suédois : une rencontre est prévue rue Payenne (Paris), sur le rapport sacré au monde sauvage, le 28 novembre. Et ça tourne autour... de Kerstin Ekman, dont il a été question, dont il sera encore question en ce blog...

mardi 10 janvier 2023

Nord(s)

Le n(N)ord est une n(N)otion à laquelle des universitaires (dont je faisais partie, même si je n’ai plus trop l’occasion de fréquenter les universités), réfléchissent, ont réfléchi notamment en novembre dernier (ça fait plus d’un an…)

NB - Bohuslän


Je veux parler bien sûr de ce congrès de l’APEN, Entre Scandinavie et Baltique orientale, déjà évoqué en ces billets (dans ces parages).
Par exemple, Pierre Ange Salvadori s’interrogea sur « Le Nord de la Renaissance : dés-orientation des imaginaires, ré-orientation des cartes et englobement du monde ». Entre autres ; on ne peut tous les citer, et on y reviendra.

Toujours à mes croisées de chemins hasardeux, mes concomitances d’intérêt (expression de Roland Frankart), j’en arrive là à ce poème de François Squevin, membre de La Route inconnue…

Je me suis pris à la distance calme et lumineuse
du Nord

Je ne sais plus partir.

L'air solide d'un matin froid

Il n'y a presque rien d'autre que la poésie
et pourtant je suis seul.

Joli, vrai ?
C'est dans Voyage nu, éditions Herbes folles / Le dé bleu, 1986 (page 14). On trouve une version numérique de ce recueil sur internet, à un prix modéré, que je ne saurais trop recommander. (Là, par exemple.)


Il se trouve donc que François Squevin est un grand lecteur d’André Dhôtel, qui lui est aussi l’auteur de Nulle part.

Ça se passe à Béthune ; un certain Nord quand même. Des passages de frontière, de contrebande, vers la Belgique.

Et cela fait partie de ce qu’il faut relire.

Ce roman a été publié deux fois : une première fois chez Gallimard en novembre 1943. une deuxième fois chez Pierre Horay en 1956, dans une version légèrement différente je crois. On ne sort jamais tout à fait des histoires de la guerre. Mais peut-être la guerre n’eut là aucune influence.

J'y pense, soudain, de manière absolument hasardeuse : un spectacle a eu lieu il y a quelques années, mêlant Suède et Pologne dans l’étrange citation de Jarry. (N’en sais rien de plus – sur ce spectacle – pour être tout à fait honnête…)

Document du blog Alluvions


Simple rappel, concernant mon petit livre : Elmar Krusman a été détenu un mois au KL Stutthof (Dantzig – Gdansk – Pologne actuelle) avant d’être envoyé dans le KZ (camp annexe) Bisingen, où il est mort.
Là, inscrit comme Schwede – Suédois. Lui qui au départ venait d’Estonie. Je crois qu’il n’avait jamais mis le pied en Suède. Ce serait à vérifier.
(Comment ?…)

Récemment, à propos de ce camp, il y a eu divers procès, et condamnations, d’anciens gardiens. Tout récemment, cette mention dans Ouest France (du 29 décembre dernier ; quand on n’est pas en Alsace, on peut lire la presse locale…) :


J'évoque aussi la question dans un petit bouquin de notes sur mes recherches, qui paraîtra peut-être un jour (avis aux collègues éditeurs…) : le 20 avril 2019 :

« Lu qu’un ancien gardien du camp de Stutthof (j’ai trouvé ça sur le site internet de Die Zeit) a été inculpé (mis en examen ? – angeklagt –) pour complicité de meurtre de plus de 5000 personnes. Il aurait été actif au camp d’avril 1944 à avril 1945. Il pourrait y avoir croisé Elmar Krusman, qui y était en septembre 1944…
S'il passe effectivement devant la justice, ce sera devant un tribunal pour enfants de Hambourg, vu l’âge qu’il avait en 1944-1945 ; il a 92 ans. (Les Allemands disent Jugendstrafkammer – chambre correctionnelle pour la jeunesse…) »

Puis le 6 février 2021 (on en arrive à la gardienne de l’article) : « En Allemagne, il est question de mettre devant la justice (un tribunal pour enfants ; elle avait moins de 21 ans à l’époque) une ancienne secrétaire du camp de Stutthof. (Vu cela sur le site des Dagens Nyheter.) »

Étrange élastique du temps.


Nils Blanchard

samedi 7 mai 2022

Presse locale, entrelacement de sujets

De temps en temps (pas en Alsace), je lis la presse locale.


Dans ce Ouest France des 23-24 avril derniers, toute la dernière page est consacrée à l’ancien camp de concentration de Natzweiler.
Y sont rappelés certains points essentiels, notamment la mortalité dans le camp central (3000 personnes, sur trois ans et quatre mois je le rappelle), et l’existence de cette nébuleuse de camps annexes (dont Bisingen où Elmar Krusman est mort en avril 1945, il y a un peu plus de 77 ans). Au total : environ 20000 morts.


À l'intérieur du journal, un autre article, en lien à l’actualité : un rappel de l’épisode de famine qu’a connu l’Ukraine du fait de la folie stalinienne en 1931-1933.

C'est un hasard : beaucoup d’habitants de Gammalsvenskby (qui a vu passer ces derniers temps des troupes russes…) avaient alors quitté l’Ukraine.
C'est une histoire assez étrange, qui montre en tout cas qu’il paraît difficile aux Ukrainiens, quelle que soit leur origine, de quitter leur pays.

Habitants de Gammalsvenskby arrivant à Trelleborg en 1929 (source : TT)

Au début des année 20, les persécutions staliniennes entraînent une prise de contact entre la population de Gammalsvenskby et la Suède, notamment la croix rouge.
C'est en 1929 qu’un accord intervient entre la Suède et l’URSS, les habitants de Gammalsvenskby obtiennent des passeports pour partir et 885 arrivent à Trelleborg en août 1929. D’autres vont au Canada, parmi lesquels certains reviendront en Suède…
Là où les choses se compliquent, c’est quand quelques mois plus tard, certains des migrants arrivés en Suède (Gotland) décident de repartir pour l’Ukraine, soutenus par le parti communiste de Suède ; cela, bien sûr, donnera lieu à bien des commentaires...

Habitants de Gammalsvenskby repartant en Ukraine 1931 (source : TT)

Je me disais… S’il y a bien encore à Gammalsvenskby, non loin de Kherson, des descendants lointains d’Esto-Suédois de Dagö. On peut imaginer que ces derniers soient eux-mêmes des descendants de Vikings. De Suède…
Et parmi les récents occupants russes de Kherson, est-il exclu qu’il y ait eu quelque lointain descendant de ces Varègues, eux-mêmes descendants de Suédois ?
Parmi ces ancêtres de tous ces gens, est-ce si illusoire d’imaginer que deux d’entre eux aient vécu dans le même village, dans la même famille ? L’un dont le lointain descendant (par les Varègues) passa récemment en uniforme russe dans Gammalsvenskby, l’autre habitant ukrainien de ce bourg.
Le monde peut être petit.


Post-scriptum :

Entendu ce matin à la fin de l’émission « Concordance des temps », de Jean Noël Jeanneney (Patrice Brun y parlait de la démocratie athénienne), un extrait d’un discours d’E. Macron où il parlait quelques phrases de grec (moderne).
Question, sur un tout autre sujet, du génie de la langue, du lieu.


Nils Blanchard


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...