Affichage des articles dont le libellé est La Hague. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Hague. Afficher tous les articles

lundi 16 mars 2026

Vie d’auteure / Romantisme ?

Je ne pensais pas que j’allais donner une suite à ce premier article « Vie d’auteure », à propos d’une blogueuse dont le site est en lien du mien. Mais voilà qu’une autre blogueuse – auteure ? –, elle aussi en lien… évoque un travail littéraire en cours. (Et d'autres encore, on en parlera, sans doute, etc.)

NB - La Hague

Pour Ulrika Nettelblad, cela donnera un roman intitulé Sjukdomen (La Maladie). Pour Julia Eriksson, on n’en sait rien encore, mais il semble que la météo soit très présente dans son travail.
Elle écrit en effet le 18 février 2026 :

« I romantexten jag skriver på inser jag att det är fullt av väderbeskrivningar, karaktärerna har svårt att gå utanför porten utan att jag skildrar den meteorologiska tillvaron och kopplar samman den med deras sinnestillstånd. Förmodligen måste jag stryka hälften (...) »

« Je me rends compte que dans mon roman en cours d’écriture il y a plein de descriptions du temps ; les personnages passent difficilement la porte sans que j’aie décrit l’ambiance météo autour d’eux et que je l’aie reliée à leur état d’esprit. Il faudra sans doute que j’en retire la moitié (…) »

NB - La Hague

Maladie, caprice des éléments… Peut-être voit-on où je veux en venir : n’est-on pas en plein romantisme ; renonciations désespérées et tempêtes…

Dans mon propre blog, j’ai peu parlé de météorologie, si ce n’est pour évoquer des inondations me semble-t-il, ou pour me languir de l’été. Par contre, j’ai entamé une série de billets autour de la tuberculose, ce terrible mal des temps passés, que l’on croise sans cesse, un peu comme on croiserait quelque personne antipathique qu’on ne saurait comment saluer, dans les biographies de peintres, écrivains, au moins jusqu’à l’immédiat après (seconde)- guerre.

Quant aux flashs météo de la radio suédoise…

« På radion säger de att vinterkylan tagit ett grepp om oss. Den ser inte ut att gå någonstans, så långt 10-dygnsprognosen sträcker sig finns den där. Isande och kall, med froströk och ymniga snöfall och även om jag inte älskar just detta arktiska tillstånd så är det något med vädersleksrapporterna som jag alltid gillat. »

« À la radio, ils annoncent qu’on en a pour un certain temps avec le froid. Et ça ne semble déboucher nulle part, en tout cas pour ce qui est des prévisions à dix jours. Glacial et froid, avec du givre et de la neige en abondance ; et même si je n’aime pas précisément cette ambiance arctique, il y a quelque chose avec les bulletins météo que j’ai toujours apprécié. »

J'écoute parfois en boucle P1 à la radio, quand je suis en Suède. Ou est-ce sur P2 ou P3 ? Arrive, vers le soir, une voix d’homme le plus souvent, qui entame une longue déclinaison de forces du vent, pluies voire températures à tel ou tel lieu d’une carte marine à laquelle, moi non plus, je ne connais pas grand-chose.

NB - La Hague

La voix prend parfois un ton las ; des soupirs ne sont pas forcément retenus. C’est que les informations sont monotones, mais on imagine qu’elles ont de l’importance pour ceux qui les guettent dans leur bateau, à tel ou tel lieu maritime plus ou moins éloigné du littoral qu’eux connaissent. On peut imaginer plein d’histoires sur les gens de ces bateaux, grands cargos ou petits voiliers ; plutôt petits voiliers – on imagine que les grands navires n’ont pas besoin d’ondes nationales…
Les mots se succèdent en boucle, on n’y prend plus garde. Quelques sonorités, en effet, émergent.

Puis au bout d’un moment on coupe, si ça ne passe pas à autre chose.
N'est-ce pas du reste un peu le propre de notre époque ?


Nils Blanchard


P.-S. : Appris, un peu par hasard et avec tristesse, la mort de Jean-Loup Trassard, dont il a été un peu question ici. Je serais revenu, je reviendrai à lui, au fil de mes lectures. C’est une belle maison d’édition, Le temps qu’il fait – on parlait de météorologie –, qui éditait plusieurs de ses ouvrages (il côtoyait en ces éditions Henri Thomas, André Dhôtel, Alain Galan… d’autres encore… du très beau monde pour moi).
Il est mort en janvier, à Ernée, un coin de la Mayenne que je connais un peu, beaucoup… vaguement, comme dirait l’autre (cf. index à droite de l’écran… version ordinateur. Etc.)

jeudi 6 mars 2025

August Hagborg ; hasards, pêche à pied

On voit peu à peu le printemps approcher. Cela ramène étrangement au peintre August Hagborg évoqué pour languir après l’été. Il a peint en effet une série sur une plage vraisemblablement normande, de ramasseuses d’huîtres. Huîtres ; fruit des mois en r…

NB - La Hague

Mais il se trouve qu’une conférencière a évoqué (ça remonte au 7 juin 2016 – hasard des ramassages de P(erles)DF sur internet) le peintre suédois. Il s’agit de Carine Delaporte, alors médiatrice du musée de Saint-Maur-des-Fossés. Il est là question du tableau Grande marée dans la Manche, de 1879 (Orsay, en dépôt à Saint-Maur.) Au passage, elle rappelle les bienfaits du système de dépôt des œuvres d’arts des grands musées nationaux vers des musées plus modestes.

August Hagborg est né à Göteborg en 1852 ; il est jeune homme (et étudiant) dans les années 1870, au moment où les rois de Suède se sont détournés de l’Allemagne (destination première auparavant des peintres suédois en formation) du fait de la guerre des Duchés, en solidarité donc avec le Danemark. (Eh oui, ce n’est pas d’hier que des âneries de dirigeants peuvent détourner certains pays de certaines amitiés…) Du coup, Hagborg, comme beaucoup d’artistes nordiques – cela aussi est un champ historique à continuer de travailler ; il y a eu déjà des travaux dont on reparlera… –, va notamment à Paris.
En 1879, Grande marée dans la Manche est achetée par l’État français, après avoir été exposée au Salon de peinture et de sculpture. Carine Delaporte note qu’il s’agit de la première œuvre scandinave qui entre dans les collections françaises.

August Hagborg - Capture d'écran


Contrairement à d’autres artistes suédois qui retournent dans leur pays après quelques années françaises (Hugo Salmson et autres), Hagborg demeure de manière quasiment continue en France de 1876 à 1909. Il meurt à Paris en 1921 (la même année que Julius Kronberg évoqué aussi en ce blog…) Et il est sans doute retourné plus régulièrement en Suède dans ses dernières années.
Il s’attache aux rivages de la Manche, de la Bretagne jusqu’au Nord. Carine Delaporte note des similarités entre les lumières de ces rivages et celles de la côte Ouest suédoise. C’est à voir…

C'est notamment à Agon-Coutainville qu’August Hagborg revient régulièrement, ce qui nous ramène à quelque excursion de ce blog.

August Hagborg, Grande marée dans la Manche - Capture d'écran


Carine Delaporte fait un développement intéressant, en lien au tableau, sur la pêche à pied, pratiquée principalement par les femmes, qui se voyaient à l’époque interdire la pêche en haute mer.

Elle note aussi que les artistes d’alors « prennent conscience des changements de vie tels l’industrialisation et l’exode rural et immortalisent un mode de vie dont on perçoit déjà qu’il risque de disparaître. »
Elle évoque aussi l’originalité d’une génération d’artistes scandinaves, dans les dernières décennies du siècle, à propos desquels l’historien d’art Charles Ponsonailhe utilise l’expression « juste milieu », voulant signifier que s’ils s’inscrivent dans un certain académisme (réalisme, importance des détails), ils y ajoutent un souci – nordique ? – de la lumière, qui peut conduire à l’impressionnisme.

Autre thème (indépendant de la conférence de C. Delaporte) : l’importance des femmes dans l’art, leur entrée dans les écoles des Beaux-Arts, leur rôle dans les colonies d’artistes… On reparlera de cela, mais j’avais ce sujet à l’esprit récemment en consultant le prospectus des Beaux-Arts d’Angers qui ont un détail du portrait de Laura Leroux, de Jean-Jacques Henner, en couverture. Lui avait organisé avec Carolus Duran un « Atelier des dames » à une époque où celles-ci n’avaient pas encore le droit de suivre l’enseignement des Beaux-Arts. Or il y a précisément en ce moment une exposition sur ELLES à Paris.



Nils Blanchard


Et puis… À propos du gros score de l’AfD en Allemagne il y a quelques jours, Volker Schlöndorff (le 24 février dernier sur France info) voit dans son électorat la marque d’une « petite classe moyenne ». Pour lui (il simplifie peut-être) : le parti nazi a explosé en quelques années grâce à elle, alors qu’elle s’était sentie méprisée par les partis de droite qui s’intéressaient aux classes au-dessus et de gauche (qui s’intéressaient au prolétariat).
Aussi, cette réaction épidermique du (vraisemblablement) futur chancelier allemand Friedrich Merz aux trumperies vis-à-vis de l’Ukraine ; n’y-a-t-il pas là le souvenir de la paix pour le moins problématique qui fut imposée à l’Allemagne en 1919 ? Et qui participa aux développements que l’on sait…

NB

vendredi 2 juin 2023

De la mémoire, Claudie Gallay, Jean Mergeai…

Conseillé par Héloïse Combes, j’ai lu avec plaisir (j’en ai déjà un peu parlé ici) ce long roman de Claudie Gallay, Les déferlantes, de 2008, qui se déroule en un lieu qui m’est étrangement un peu familier : La Hague. 

NB - La Hague

On va rejoindre les thèmes de ce blog par deux voies.
D'abord, la Normandie reste aussi le pays des gens du Nord, ces vikings pour se débarrasser desquels le roi Charles le Simple, en 911, octroie à Rollon (originaire vraisemblablement du Danemark) le duché de Normandie.
Ensuite, un certain travail (oh que je n’aime pas ces expressions!) sur la (et non « de ») mémoire est au cœur du livre.
On y lit (page 187) :

« – Pourquoi tu t’intéresses à ça ? Il m’a demandé en écrasant sa canette entre les doigts.
Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes du contre-jour.
J'avais appris ça avec les cormorans.
Quand un cormoran avale un poisson, c’est toujours la tête en premier. Leur estomac digère par étape. Un jour, j’ai trouvé un cormoran mort, je l’ai éventré, à l’intérieur de son estomac, la moitié du poisson qu’il venait d’avaler était encore intacte alors que tout le reste était en bouillie. »

NB - La Hague
L'image est bien trouvée, n’est-ce pas ?
Les monceaux de mémoire qui émergent, « sans filtre », brutes encore.
Qu’en faire ? Qu’en dire ?
(Et digérée ou non, la mémoire n’est pas exempte d’erreurs…)

J'ai appris des choses encore très récemment sur l’arrestation d’Elmar Krusman, – qui sont du domaine privé plus qu’autre chose et que je ne révélerai pas, ou pas « brutes »… peu importe… – ; monceaux de mémoire échappés du temps.

NB - La Hague

Quant aux erreurs de la mémoire, ses traficotages plus exactement là, on retrouve ça chez Jean Mergeai, auteur belge, entre autres, des Vêpres buissonnières (Duculot, 1974, page 64), que je connais parce qu’il est (magnifiquement, bien sûr) préfacé par André Dhôtel :

« Il est vrai qu’entre adultes – entre hommes faits, comme on dit – on ne parle guère de ses premières années si ce n’est pour évoquer un bonheur diffus, trafiqué par la mémoire (…). »


On penche là, là aussi, vers l’enfance.


Nils Blanchard


jeudi 6 avril 2023

Ragots, déferlantes, pénis de marbre

 Un titre ce jour dans la version numérique du Göteborgs Posten : « Franska demonstranter kastade döda råttor. » « Des manifestants français ont lancé des rats morts. »

Michel-Ange, David (détail), Wikipedia 
Renseignement pris (ce que j’ai trouvé sur internet, seulement une vidéo d’1 mn. 30 de BFM TV), ce sont des employés des services municipaux qui ont jeté quelques cadavres de rats devant l’hôtel de ville, à Paris.
Ce n’est pas ragoûtant !
On pourrait même dire que c’est radicalement bête, étant donné que la municipalité de Paris est dirigée par Anne Hidalgo, qui a assez montré (et s’est assez fait rabrouer pour cela) qu’elle n’était pas particulièrement favorable à la réforme des retraites.
Bref, c’est raté.

Mais ça m’a fait penser aux Déferlantes, de Claudie Gallay (roman de 2008), que je suis en train de terminer (bonne lecture, conseillée il est vrai par Héloïse Combes). Là, une des personnages a un rat, domestiqué donc, qui ne semble pas avoir une vie très frénétique.
Le frère de cette personnage est sculpteur (on se rapproche de nos thèmes).
Et l’ensemble se passe à la Hague. Et on en reparlera.


En remontant un peu le temps, le 17 mars, dans Le Monde cette fois, un petit article sur les Pays-Bas (on n’est pas si loin de la Suède), page 3 : « Percée d’un parti hostile aux réformes environnementales ». Apparemment, c’était à des élections sénatoriales ; la fronde viendrait notamment d’agriculteurs.
On trouve de tout.

Je me suis dit que ça me faisait penser à quelque chose.
Un roman, pêché un peu par hasard dans les chaluts de L’Harmattan : La convergence du loup, de Pascal Hémon. 
(Entre autres, un loup, un renard – arctique – interviennent dans l’histoire ; que demande le peuple?)

Page 21 (il s’agit d’un article de presse) : « Après l’annonce en début de mois du gouverneur de Californie d’activer le plan de restriction d’usage de l’eau dans tout l’état, les lobbies agricoles se font entendre afin d’obtenir des dérogations. »



Puis en Floride, cette fois – mais l’info m'est venue, à nouveau, du Göteborgs Posten, le 27 mars ; article d’Andreas Granath :

« En bild på Michelangelos Davidstaty visades på en lektion i en skola i Florida. ”Pornografi”, tyckte vissa upprörda föräldrar. Skolans rektor fick sparken. »

« Une image du David de Michel-Ange a été montrée en cours, dans une école de Floride. ”Pornographie”, ont jugé des parents indignés. Le directeur de l’école a été renvoyé. »

On trouve de tout, oui, commentera-t-on poliment.
Cela peut faire penser au titre d’un roman de Geneviève Dormann : Mickey l’ange.
Elle, dans ce qui a dû être une de ses dernières interviews, alors que le journaliste s’étonnait qu’elle ne se soit pas défendue lors d’une controverse où elle était en cause (elle n’était pas réputée pour avoir la langue dans sa poche), de répondre : « Il faut bien que les cons puissent s’exprimer. » (Je cite de mémoire.)

Nils Blanchard


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...