Affichage des articles dont le libellé est Rio de Janeiro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rio de Janeiro. Afficher tous les articles

samedi 8 novembre 2025

Exclusion / Retour d’un blog ?

"Retour" de l’Ouest, il n’y pas si longtemps, par Fontevraud. Je voulais y voir le musée d’art moderne. On y arrive peu après 18h00, prévenus par internet que le musée fermait à 19h00. Ah, mais c’était compter sans le logiciel, qui n’acceptait plus personne à partie de 18h00.

NB - Fontevraud

Tant qu’on est là… L’abbaye, quant à elle, fermait à 20h00 à ce moment du mois d’août, on visite. Là, bien sûr, le logiciel ne refuse pas que l’on verse le droit d’entrée qui n’est pas modique dans ce musée privé.
On se retrouve évidemment très vite devant les quatre gisants. Aliénor d’Aquitaine, Richard Coeur de Lion… Qui étaient-ils exactement, quid des deux autres ? On ne peut être spécialiste de tout, mais on trouvera bien des explications quelque part…

Eh bien non. Et puis, si, peut-être sur un QR code. Le dépliant-guide de la visite, quant à lui, est très incomplet. Là : sentiment d’exclusion ; quand bien même l’un d’entre nous disposerait d’un smartphone, on ne sait ni ne veut s’en servir de la sorte.

NB - Fontevraud, août 2025


NB - Fontevraud, août 2025

Bon, mais la chose devient proprement provocation : dans cette antre culturelle, où partout des affiches louent les efforts du musée privé, des sortes de smartphones géants ont été installés çà et là. Il faut les tapoter du doigt pour qu’apparaisse on ne sait quel verbiage. On se met à la place de parents bien intentionnés qui se disent qu’ils vont soustraire pour quelques heures leur progéniture de l’influence des écrans…

NB - Fontevraud, août 2025

Au moins, soudain, un arbre. D’où sort-il ? Qui l’a peint ?

NB - Fontevraud, août 2025


                                                                                 *

Cela m’amène – ce n’est pas si loin – à un article, dans Dixikon (en lien de ce blog), de Maxim Grigoriev (du 4 septembre dernier) : « Att översätta världen » / « Traduire le monde ». L’auteur y évoque une série de conférences de Juan Gabriel Vásquez, autour du rôle de la fiction, à ne pas prendre pour argent historique comptant, mais qui peut viser néanmoins à des ouvertures, des connaissances inatteignables par les textes plus scientifiques. En bref, l’art différencie une fiction d’un amas d’infox... Et :

« Vi lever i dag”, skriver Vásquez, ”i en polariserad och uppretad tid”. Vår tillvaro har avhistoricerats. För honom är vi inte längre med i en gemensam berättelse, och romanens uppgift är därför att återetablera de narrativa länkarna som förbinder individen med den kollektiva historien; en människa, så att säga, med ”hennes land”. »

« Nous vivons aujourd’hui, écrit Vasquez, une époque polarisée, tendue.Notre environnement s’est déshistorisé. Pour lui, nous ne participons plus d’un récit commun, et une tâche du roman est du coup de rétablir les liens narratifs qui relient l’individu à l’histoire collective, pour ainsi dire une personne à son pays”.

Même des gens qui visitent la même abbaye sont ramenés à leurs intérieurs numériques plus ou moins scabreux, plutôt que se voir offrir une connaissance commune, universelle.

Capture d'écran


                                                                                  *

Capture d'écran - Blog de Thomas Nydahl

Pianotant précisément un peu par désœuvrement sur mon clavier d’ordinateur dans mes intérieurs numériques, je constate que Thomas Nydahl semble reprendre son blog.

15 septembre ; une photo de Malmö des années 50 – 60. « Ska bloggen öppna igen? Tanken har börjat gro. Den mörka känslan behöver ljus. Nu återstår bara beslutet. Huvudet är fullt. »

« Vais-je me remettre à ce blog ? Cette pensée a commencé de germer. Les idées noires aspirent à la lumière. Il ne reste plus que la décision à prendre. La tête est pleine. »

N'a-t-on pas là un peu l’inverse de ce que j’évoquais précédemment : un intérieur numérique comme une lumière ?


Nils Blanchard


Ajout, quelques jours après la rédaction du billet. Talleyrand je crois disait « Défiez-vous des premiers mouvements, ce sont les bons. » Peut-être Thomas Nydahl aurait-il dû suivre ses premiers mouvements (et il y en eut quelques uns, il avait déjà plusieurs fois annoncé qu’il cessait d’écrire dans son blog) et… cesser son blog. Il se « lâche » en effet, de manière assez pitoyable, le 20 septembre dernier, sur l’immigration permissive en Suède des dernières décennies (jusqu’au dernier gouvernement Tidö exclu…) Dans un texte passablement vomitif – il y a fort à parier qu’il disparaîtra d’ici peu du blog ; c’est tout le problème de blogueurs qui ne se relisent pas suffisamment, ne prennent pas de recul et qui regrettent trop tard ce qu’ils ont « publié », quand ils le regrettent…

NB - Le Rhin, septembre 2025

Il part d’un argument somme toute défendable : il s’en prend aux gens qui arborent malhonnêtement la nationalité suédoise (et là-dedans le « fameux » personnummer…) Mais c’est ensuite pour mélanger allègrement immigration et criminalité, sans argument aucun.
Beaucoup de « vrais » Suédois ne sont pas comme ça. Je peux en témoigner. D’ailleurs, parfois – pas qu’en Suède –, les xénophobes – façon milicien de Kungälv – donnent l’impression de mal comprendre leur propre environnement, partant le pays qu’ils prétendent défendre.

Bon, mais quelques jours plus tard encore, Thomas Nydahl parle du livre récent de Salla Leponiemi sur l'artiste finlandaise Elin Danielson-Gambogi... 

Elin Danielson-Gambogi, autoportrait - Capture d'écran


NB

lundi 29 janvier 2024

Stockholm – Rio – Newcastle

Il y a peu de temps, est apparu en lien de ce blog celui de Julia Eriksson. Un petit clic, et on se retrouve, la plupart du temps, dans la magnifique ambiance bleu-dorée de Stockholm.

NB - Stockholm en hiver

Je l’avais évoquée : malade juste avant Noël.
Du champagne a depuis coulé dans les coupes ; la blogueuse s’est rétablie juste à temps pour les fêtes – enfin ; allez-y voir par vous-mêmes.
Puis elle raconte un premier de l’an passé du côté de Newcastle.
Puis elle a des coups de blues ; on en reparlera peut-être.

Devant ses belles photos de la campagne anglaise, on est frappé par la ressemblance entre ces paysages et ceux de l’ouest bocager de la France.

NB - Anjou, 1er janvier 2024

Est-ce parce que nous, Anglais et Français,  nous ressemblions tant, que nous nous sommes tant fait la guerre, autrefois ?
C'est un hasard et j’en reparlerai, mais revenant précisément d’Anjou, je me suis arrêté à Fontevraud. Passé assez vite devant les gisants (Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, Henri II Plantagenêt, Isabelle d’Angoulême) devant lesquels une guide essayait d’attraper l’intérêt d’enfants en leur parlant de Robin des bois, ce qui du reste semble avoir fonctionné… et ai été regarder une exposition dans le chœur… mais j’en reparlerai aussi.

NB - Fontevraud,œuvre de Georges Jeanclos 

Ce personnage au lit, dans des draps – c’est rare de trouver cela représenté dans l’art, notamment dans la sculpture – : quelqu’un avec de la fièvre juste avant Noël ?
Non, ou pas seulement ; on en reparlera.

Puis peu de temps après que je sois « rentré » en Alsace, un couple d’amis venus du Brésil en France quelques jours, est venu déjeuner chez moi.
Ont été évoqués des auteurs comme Sébastien Lapaque – buveur de vin en des temps où des pisse-vinaigre voudraient convertir les Français au coca-cola obligatoire – pour un livre sur Bernanos au Brésil, que je vais me dépêcher de me procurer.
Ils me conseillent aussi Luis Alfredo Garcia-Roza ; on va se dépêcher de lire cela aussi.
Cela et bien d’autres choses.

J'ai un dossier, à l’intérieur de mon dossier « Suédois d’ailleurs » (où voisinent tous les petits traficotages historiques, littéraires, artistiques… oniriques de ce petit blog), intitulé « Lusophone », parce que Thomas Nydahl, Bernur, parlent çà et là de Pessoa, et que j’aime aussi cet auteur…

Parce que Wera von Essen, aussi, bien sûr.

En attendant En emigrants dagbok… J’ai reçu en cadeau des bougies de Rio de Janeiro, qui me font penser à cette citation du premier livre de Wera von Essen (En debutants dagbok), que je cite (et traduis) dans un roman dont, jusqu’ici, les éditeurs (il est vrai peu sollicités) n’ont pas voulu :

« Älska mig ! Älska mig ! Jag ger dig en massage med eteriska oljor. När jag fått sittbadkar tappar jag upp ett bad till dig med dalter som jag strör i sju gånger med sju goda intentioner, skog, sol, stjärnor, kärlek, frid, sanning, måne, sedan några droppar oljor beroende på hur du mår, om du är trött och trög kanske jag har i tea tree-olja. För en doftupplevelse kanske rosmarin och cananga. Först har jag rökt ut badrummet med palo santo. Sedan tänt ljus. (…) »

« Que l'on m'aime! Aime-moi! Je te ferai un massage aux huiles essentielles. Quand j'aurai une baignoire, je te ferai couler un bain avec les sels que je mélangerai sept fois pour les sept bonnes influences: forêt, soleil, étoiles, amour, paix, vérité, lune, puis quelques gouttes d'huiles en fonction de ce qu'il te faut, si tu es fatigué et aphasique peut-être que je mettrai de l'huile de l'arbre à thé. Pour une expérience olfactive, peut-être du romarin et du cananga. Et tout d'abord j'aurai fait brûler dans la salle de bain du palo santo. Puis j'aurai allumé des bougies. (...) »  



Bon, bien sûr, un dossier « lusophone », dans un dossier… Combien de dossiers ? Des livres, qui vont s’ajouter à combien de livres commencés ? On s’y perd un peu ?
Mais cette perdition-là n’est pas désagréable.


Nils Blanchard


P.-S.: On apprend que La Tribune relaie une pétition de dirigeants de fédérations sportives à l’encontre de la « communauté éducative », les incitant à « prendre le temps de découvrir » Mme Oudéa-Castera (voir à ce sujet cecicela...) De quoi ces gens se mêlent-ils ? Qu’ils prennent le temps quant à eux de découvrir les montants obscènes de certains salaires, dans les fédérations sportives, bénéficiant souvent de dotations publiques et dont le fonctionnement, souvent encore, est assuré en grande partie par des bénévoles. 

NB

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...