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mercredi 29 janvier 2025

Fantômes / Premiers jours de janvier

Au fond les fantômes, spectres, ne sont pas très loin des anges. Messagers, que l’on croit faire sens au milieu de choses qui reflètent un certain chaos ?

NB - janvier 2025

Promenade au hasard dans l’un des premiers jours de l’année désert, rues d’Angers, autour de l’Université catholique, de mes anciens collèges. Itinéraires du passé, sans grand changement, si ce n’est que l’université en question, où je pris quelques cours de japonais autrefois, accumule les nouveaux bâtiments.
Précisément, tout semble comme en suspens.

NB - janvier 2025

Lumière angevine dans une rue dont je ne sais plus le nom. Croisé des jeunes femmes – réelles, pas celle de l’affiche – transportant on ne sait quel barda. Il doit y avoir quelque centre d’accueil, quelque part au milieu des maisons bourgeoises.
Par là, un fronton, un haut de porte ? – comment appelle-t-on cela ? – que je n’avais jamais remarqué, peut-être ajouté plus récemment… « Plus récemment », qu’est-ce que cela veut dire ? Quelques années ? Quelques décennies ? Le temps semble autre.

NB - janvier 2025

Que représente cette scène, du reste ? Un viol ? Une scène de ménage ?
Plus loin, on entre dans la rue Bressigny ; un bar-club, déjà fermé, que je n’avais jamais remarqué ; il n’a pas dû faire long feu.

NB - janvier 2025

On bifurque vers le petit parc d’Ollone, anciennement attaché aux Beaux-Arts. Restaurant associatif africain. Lui non plus, je ne l’avais pas remarqué auparavant.

NB - janvier 2025


NB - janvier 2025


Puis d’anciens remparts affleurent.
Époques qui se mêlent. La mienne ? Ai-je eu vraiment une époque ici ? Je me souviens d’une fille dénudée à l’arrière d’une voiture.
Fantôme ; moi-même ?

En cette ville…

Gunnar Ekelöf (Non serviam) : « Jag är en främling i detta land
men detta land är ingen främling i mig!
Jag är inte hemma i detta land
men detta land beter sig som hemma i mig! »

« Je suis un étranger en ce pays
mais lui, lui ne l'est pas en moi !
Je ne suis pas chez moi en ce pays
or il se comporte comme chez lui en moi ! »

Alors Ingrid Bergman, bien sûr, dans un film de son homonyme. Edith Södergran
Villon !

NB - janvier 2025


On arrive, vers la rue de Brissac, devant une maison dotée d’une horloge sans aiguilles ; voyez-vous ça. Bergman encore, Les fraises sauvages.

Différents âges, différents temps, différents pays… Que veulent dire les fantômes ?


Nils Blanchard


P.-S.: – Après l’épisode de Notre-Dame payante, nos édiles qui confondent culture et tiroir caisse voudraient rendre le Louvre plus cher pour les étrangers (hors U.E.).
C'est oublier que les œuvres du Louvre ne sont pas seulement une attraction nationale, mais qu’elles sont proprement universelles (elles viennent d’Egypte, d’Angleterre, d’Italie, de France…) Que la culture est échange, partage, ouverture au monde, et pas seulement pin-code…
(Du reste, ne pourrait-on ici reprendre la citation d’Ekelöf?)
Puis que « verra » l’« étranger » que l’on plumera, en allant au Louvre ? À peine un cent millième des œuvres qui y sont présentes.
Ne vaudrait-il pas mieux réduire un peu l’« offre » – pour reprendre leur vocabulaire – et distribuer davantage d’œuvres de ce trésor inter.national (vous ne me verrez pas souvent utiliser l’écriture « inclusive »… profitez-en!) aux musées provinciaux ? Par là-même, dévier un peu de ce « flux » touristique (ils voudraient douze millions de visiteurs par an!) vers d’autres villes de notre pays ?


– Puisqu’il est question de fantômes, et d’expositions, même de femme nue, dans cette série de billets, il en est une (exposition) qui est bien alléchante, à Liège !

mardi 14 février 2023

Concomitances II, Hillevi Norburg, Angers, Hervé Bazin...

Étrange, quand même, que ce roman Messalina, d’Hillevi Norburg, lu somme toute par hasard – en ai-je entendu d’abord parler sur le blog de Thomas Nydahl ? – me ramène dans les nords d’Angers.

NB - Anjou, décembre 2019

Bon, mais déjà, dans ce roman, le héros, David de Lesrat, a le même prénom que celui du livre éponyme d’André Dhôtel réédité il y a peu par les fantastiques éditions de l'Arbre vengeur.
Là où ça se corse, dans un sens, c’est qu’il est (le Messalina de Hillevi Norburg) dédié à un… Daniel…
Or on a la même hésitation entre ces prénoms – Da-vid, niel – dans Svar till D de Wera von Essen.

Et… même dans dans une nouvelle d’André Dhôtel, quand on se penche un peu dans ses archives…

NB - Anjou, décembre 2019

J'ai trouvé aussi un vague quelque chose de Hervé Bazin, dans ce roman. Est-ce simplement parce qu’il se situe au départ près d’Angers ? Est-ce son côté roman d’initiation – mais en l’occurrence, l’initiation est différente chez Bazin. Aussi : l’absence du père ; plus exactement, un rôle primordial donné à la mère.

Mais j’en reviens aux abords d’Angers, liés au retour, vers la fin du roman de H. Norburg (page 226) :

« Jag hade inte förvarnat någon om min ankomst, så på stationen i Angers får jag ta en hyrdroska som sakta för mig ut i Loiredalens böljande landskap. (…) Allt längre fördas jag in i detta som är min barndoms landskap. (…) Snart framme nu. Även om vi lämnat flodens banker känner man dess fukt, Loire glittrar som ett dis i luften över den betande boskapen och fälten. (…) Till detta landskap önskar jag mig tillbacka, till en tid som kanske inte var lycklig men i någon form full av oskuld. En tid där framtiden kändes lika öppen som fälten utanför droskan. »

« Je n’avais prévenu personne de mon arrivée ; du coup, j’ai dû prendre un fiacre en gare d’Angers qui me conduit tranquillement dans le paysage ondoyant de la Loire. (…) Et je m’enfonce de plus en plus loin dans ce qui est le cadre de mon enfance. (…) On arrive bientôt. Même si on s’éloigne des rives du fleuve, on ressent toujours l’humidité ; la Loire brille comme une brume dans l’air au-dessus des troupeaux et des champs. (…) Je voudrais revenir à ce paysage, à un temps qui ne fut peut-être pas heureux mais qui était celui d’une certaine innocence. L’avenir semblait alors aussi ouvert que les champs vus à travers le fiacre. »

NB - Anjou, novembre 2019

Angers est un peu au nord de la Loire, et Champigné au nord encore d’Angers. Mais il est vrai que le fleuve – baignade interdite – n’est jamais loin, lui et ses lumières étranges, sa douceur climatique…

À l'époque de David Lesrat (le roman se déroule à la fin du XIXème siècle), il n’y avait pas encore la statue de Jacques Coquillay qui accueillait les voyageurs.


La rue Bressigny ressemblait à ça :

Rue Bressigny, fin XIXe ?

Aujourd'hui : 

NB - fin décembre 2022

C'est toujours un peu difficile de trouver le point de vue exact. Entre tous ces points de vie. 


Nils Blanchard


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...