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samedi 7 mars 2026

Fleurs / Décalage – Une cinquième saison

C'est Alain Souchon qui chantait – qui chante peut-être toujours ? – « J’aurais mis des p’tits brins d’bruyère sur ton coeur / Toi qui trouves que pour un garçon / J’aime trop les fleurs ».
C’est dans la chanson Portbail, qui parle aussi, d’une maison dans le Cotentin.
Eh, les maisons, à nouveau…

Henri Lebasque, Jeune fille au collier de fleurs,
vers 1914 - Capture d'écran 

Récemment, quelqu’un de cueillir une première anémone des bois de l’année. (En vitsippa.) Et pourquoi je pense à tout ça ? J’attends l’été, encore, bien sûr…

Envie de sortir de cet hiver trumpien – le coup d’éclat permanent –, et pas que…
Mais c’est que les fleurs peuvent aussi inquiéter ; ainsi de ces Vanités, ces bouquets de fleurs qui marquent, en le fixant, le passage du temps. Savery en a laissé plusieurs ; l’un est dans le livre de Martin Fahlén ; pas le même – mais ressemblant – que celui-ci :

Roelandt Savery, Bouquet de fleurs,
Musée des Beaux-Arts de Lille, Wikipedia

Attention aussi, une première fleur n’est pas l’explosion du printemps. Mais cette saison entre l’hiver et le printemps donne la sensation d’un décalage. Or après tout, mars est le mois de la guerre ; qu’est-ce qui peut alors tant nous étonner dans les conflits actuels ?

De nouvelles alliances ?
Article dans le Göteborgs Posten (de Wiktor Nummelin et TT) sur la visite d’E. Macron à l’Arsenal de Brest. À aucun moment il n’est question là d’OTAN, d’Union européenne, comme s’il s’agissait d’ustensiles poussiéreux qu’on garde au fond d’un placard.

« Allt är en del av en ny kärnvapenstrategi som håller på att utvecklas, i ljuset av Rysslands krig i Ukraina.
– Vi måste se vår avskräckningsstrategi mot bakgrund av hela den europeiska kontinenten – med skapande av vad jag kallar en ”avancerad avskräckning”, säger Macron.
I den ingår bland annat möjligheten för ”europeiska allierade” – däribland länder som Sverige, Danmark, Polen, Belgien och Nederländerna – att delta i övandet av den franska ”avskräckningsförmågan". »

« Tout ceci fait partie d’une nouvelle stratégie nucléaire qui se déploie, à la lumière de la guerre russe en Ukraine.
– Nous devons voir notre stratégie de dissuasion dans le contexte de tout le continent européen – en formant ce que j’appelle une ”dissuasion avancée”, dit Macron.
En fait partie la possibilité pour des alliés européens – parmi lesquels la Suède, le Danemark, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas – de prendre part à la capacité française de dissuasion". »

(En tout, huit pays, puisque s’y ajoutent le Royaume-Uni et l’Allemagne.)

Jeune homme en mars (sans auteur)
- Capture d’écran

Décalage ; sentiment de ne pas être en situation connue.
Retour à Albert Camus… N’est-on pas dans cette situation, somme toute, depuis les évolutions de la Seconde Guerre mondiale – Shoah et massacres de masse technologiques (bombardements…), parmi ces bombardements : l’usage de l’arme atomique ?

Julia Eriksson, pour en revenir à des sujets plus ciel à ciel, évoque il y a quelques jours une cinquième saison :

« Det är den första mars och utanför fönstret har snön smält bort (…) En ny period har sakta börjat att ta vid, men nu gäller det att vara försiktig. Det är en styggelse att räkna med vår i mars, det gör en bara besviken. Än är det långt kvar, men i ett försök att blidka mig själv har jag valt att tänka på den här perioden som den femte säsongen: vårvinter. »

« On est au premier mars et la neige a fondu au dehors (…) Prudemment, une nouvelle saison commence, mais il faut être prudent. C’est une erreur de compter sur le printemps dès mars, et ça ne peut qu’amener de la déception. Il faut encore attendre, mais pour m’y résoudre, j’ai choisi de considérer qu’il y avait une cinquième saison : le printhiver. »


Moi de la guerre donc, et des maladies ? Tuberculose, pneumonies ; rhumes divers chopés ou transmis par les imprudents (et jusqu’en avril, ne te découvre pas d’un fil…)

Et les filles d’avril (texte de Souchon encore, mais là, c’est Voulzy qui chante…) Qui, par ailleurs, a chanté Le pouvoir des fleurs…

Et la paix. Dans l’album Lys and love… « La neuvième croisade. » Allez !

La paix !

 
Nils Blanchard


Triche ; rajout d'étiquettes du dernier billet : antisémitisme, Iran, Israël, États-Unis.  

mercredi 26 février 2025

Borne SNCF ; Musée des Beaux-Arts ; et puis…

J'en ai parlé pour d’autres raisons, j’ai fait un séjour d’une semaine à Angers. Bon, mais comme il y avait une certaine urgence dans les raisons de mon séjour, j’ai pris le train pour arriver plus vite. Et, vrai, je me suis décidé à partir vers 14h30, d’Alsace (et pas de Strasbourg où se trouve la gare de départ…) ; et je suis arrivé à Angers vers 22h00.

NB - Hendrick van Balen et Jan Brueghel l'Ancien, Banquet des dieux, vers 1610, Musée des Beaux-Arts d’Angers

On pourrait dire bravo.
Ça, c’est pour l’aller (à un prix certes relatif au service rendu…)
Et à l’aller : j’avais un ordinateur à disposition chez moi, connecté à internet… J’ai pu aller sur le site « SNCF-connect » ou quelque chose du genre ; râler en tapotant sur mon clavier contre divers points de détail mais enfin… j’ai obtenu mes billets sans trop d’encombre.

NB - Pierre Mignard, Vierge à l’Enfant et saint Jean-Baptiste, 1646-1648, Musée des Beaux-Arts d’Angers

Au retour, il m’a fallu passer par une borne : il n’y a plus qu’un seul guichet en gare d’Angers (provisoirement ? En lien à des travaux?), et il n’était pas ouvert.
(Je n’avais pas pris le retour à l’avance ; si vous suivez, vous vous rappellerez que j’étais parti dans une certaine urgence, sans savoir quand je rentrerais. Je n’ai pas de smartphone, cela va sans dire… Et ne pouvais utiliser les services d’un café internet (il en reste…), vu que je n’avais pas en mémoire mes codes de banque à distance qui m’auraient été demandés pour une telle transaction…)
Bref (je me rends compte que je m’en justifie!) : borne.

NB - Jean-Honoré Fragonnard, Jupiter, sous les traits de Diane, séduisant Callisto, 1750-1755, Musée des Beaux-Arts d’Angers

Après avoir « rempli » – cliqueté – un formulaire pour le moins policier (on me demande mon nom, mon âge… pourquoi pas la taille de mon sexe?), j’arrive à une énième « diapositive » où il m’est demandé de renseigner un numéro de téléphone et une adresse email pour obtenir un e-billet (et il n’y a pas moyen de faire autrement…)

Là, je pense à un vieil ami parisien qui se plaignait, récemment, qu’il n’y eût plus de guichets dans les gares parisiennes, et qu’il ne pût subséquemment plus obtenir de billet de train, sachant… que l’ami en question n’a comme moi nul smartphone, mais pas non plus d’ordinateur (et donc pas d’internet).
Je lui avais rétorqué qu’il exagérait peut-être un peu, qu’il saurait se tirer d’affaire d’une confrontation avec une « borne » (portant particulièrement bien son nom…), qu’on trouvait encore des guichets…
Eh bien à Angers, le 19 février 2025 – ne parlons pas de la malheureuse gare de Strasbourg avec son caparaçon et sa devanture minérale… –, cet ami n’aurait pu prendre le train (sans l’assistance d’un autre voyageur, et encore faut-il rencontrer une personne avisée et serviable…) ; cela lui aurait été défendu ; il aurait été puni (vu qu’il n’aurait pu renseigner d’adresse mail) pour refus d’utilisation d’internet. Rejeté hors du troupeau de moutons, car ne broutant pas dans le bon sens…

NB - Henri Lebasque, Le goûter sur l’herbe, 1903, Musée des Beaux-Arts d’Angers

Bon, mais alors peut-être aurait-il sollicité les services d’une agence de voyages, et en attendant d’obtenir un billet, aurait-il été obligé de prolonger son séjour à Angers.
Peut-être y aurait-il alors visité le musée des Beaux-Arts dont sont tirées les illustrations de ce billet.



Nils Blanchard


Et puis… Législatives en Allemagne, le 23 février. L’AfD dépasse les 20 %.
Deux points demandent un peu de réflexion (et sur lesquels on reviendra) :

- Il semble y avoir au moins deux types d’extrême droites. Il y a certes toujours eu des paroisses différentes dans cette zone politique… mais ces deux-là sont difficiles à différencier. L’AfD est soutenue par des pontes de l’actuel régime américain qui n’hésitent pas à se dandiner sur scène en faisant le salut nazi (sans l’assumer totalement cependant ; on a l’impression de gens qui laissent s’exprimer des réflexes corporels en partie indépendants de leur volonté. Il ne faudra pas s’étonner de les voir baisser leur culotte et déféquer en public ; ils diront que c’est ce qu’on a vu, que ce n’est pas ce qu’ils voulaient faire… L’inquiétant – enfin… ce qui est aussi inquiétant, est qu’ils seront peut-être en partie sincères.) Or les saluts nazis semblent révulser une autre extrême droite, celle de Jordan Bardella. Peut-être les uns sont-ils aussi plus pro-Poutine que les autres (Mme Le Pen est allée rencontrer V. Poutine en mars 2017 ; c’était avant que J. Bardella soit intronisé président du parti, puis l’agression de la Russie contre l’Ukraine semble avoir calmé les ardeurs sibériennes du RN). Étrangement, ceux qui font les saluts nazis (ni les autres?) ne semblent pas être antisémites. On vit une époque de fous…

- Comment se peut-il que ces mouvements atteignent de tels scores, dans des pays où, officiellement, le niveau d’éducation (en tout cas d’élèves atteignant le cycle secondaire) n’a jamais été aussi élevé ? Ne faut-il pas s’interroger sur l’éducation en question ?
Mais un professeur du secondaire est sans cesse témoin d’arrangements divers, de privilèges variés qu’obtiennent certains parents pour « protéger » leur progéniture, d’« apaisements » qu’imposent, ou essaient d’imposer, des chefs d’établissement – j’en ai encore été témoin récemment –, sans que les maîtres y puissent grand-chose, le plus souvent bien sûr, au final, au détriment des enfants concernés, mais aussi des autres (auxquels on a moins de temps à consacrer).
Renvoyer les parents des enceintes scolaires, exiger à nouveau un certain niveau pour passer dans les classes supérieures… Redonner de l’autorité à la formation intellectuelle. Au moins les cadres seront-ils un peu plus capables de discerner le vrai du faux. Et les autres pourront toujours rattraper, adultes, ce qu’ils n’auront su apprendre dans leur jeunesse.

- Ce télescopage entre les élections et l’éducation me vient d’un réflexe d’historien. Le vote en Allemagne a eu lieu la veille de la date anniversaire des trois ans de la tentative d’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et à peine un mois après les 80 ans de la libération d’Auschwitz (27 janvier 1945).

NB

dimanche 18 août 2024

Eau – badhus, peintres d’intimité ; lieux que l’on traverse

Le thème des établissements de bains revient à travers le site de Kristin Lagerqvist, Krickelins, le 14 juin dernier, à propos d'une station dans le Halland, Varberg. Cela fait partie des lieux que je traverse, souvent trop vite. Comme Laholm, un peu plus au sud.

NB - Laholm


NB - Laholm


(Ce billet fait plus ou moins suite à ces deux précédents : des 22 mai et 10 juin derniers.)

Kristin Lagerqvist fait l’historique des maisons de bains de Varberg. Elle remonte aux années 1820, quand un bassin (eau froide) est construit au bord de mer, construit « en dur » au milieu du siècle. Puis :

« Varbergs första kallbadhus, byggt 1866, hade en morisk stil med kupoler på hörntornen och i mitten (…). Badhuset existerade i nästan 20 år och förstördes tyvärr i en storm 1884. »

« La première maison de bains (froids), construite en 1866, était de style maure avec des coupoles sur les tours d’angle et au centre (…). Elle a tenu presque vingt ans puis a malheureusement été détruite par un orage en 1884. »

Un nouveau bâtiment, construit en 1886, a a nouveau subi un orage en 1902 ; c’est donc le troisième bâtiment que l’on peut voir actuellement…

On est à la période dorée d’une certaine peinture intimiste, qui insiste précisément sur la toilette, accompagnant un mouvement d’affranchissement corporel des gens (encore souvent timide).

Raoul du Gardier, Bord de mer, capture d'écran


Henri Lebasque, Véranda sur la plage de Cannes, capture d'écran


Début juillet encore, une querelle a mis en relief le petit monde des « maisons de bains froids (ou d’hiver) » en Suède, une personne s’étant vu refuser l’entrée à cette de Saltholmen du fait qu’elle voulait y pénétrer en maillot de bain. Cris d’orfraies dans un premier temps (discrimination, etc.) jusqu’à ce qu’une membre de l’association des bains de Saltholmen rappelle que la règle était bien à la nudité… et que cette règle protégeait l’agrément de ceux qui souhaitaient se baigner en cet état.

En Suède, je connais mieux Marstrand que Varberg, où l’on peut se réfugier après avoir fui les agressions xénophobes de la « police » privée de Kungälv. Station aisée, qui jouit aussi d’un certain cosmopolitisme tranquille des touristes et navigateurs.
Oscar II y passait ses vacances.

NB - Marstrand, statue d'Oscar II


NB - Marstrand, été 2023


On reparlera de Marstrand pour bien d’autres aspects ; peut-être de ce peintre d’origine allemande, aussi, qui s’y était installé. On retrouve encore de ses peintures dans une petite galerie bien agréable sur le front de mer (Posers Ateljé, Hamngatan 7...)

Martin Poser, capture d'écran


Mais, retour à Varberg, avec ce site de la bibliothèque locale, sur la photo de « couverture » duquel on voit le badhus.
J'y ai trouvé un bel article d’Andrea Johansson sur le dernier livre de Wera von Essen, que je n’ai pas encore lu, mais que l’article me donne encore plus envie de lire. Quelqu’un devrait normalement me le rapporter bientôt de Suède. Je lis en tout cas des choses dans ce texte qui me touchent étrangement ; Andrea Johansson, en effet, commente :

« Att inte vilja arbeta, skaffa sig ett vanligt jobb för att tjäna pengar till hyra och mat, kan vara provocerande. »

« Refuser de travailler, via un emploi ordinaire et rémunérateur permettant de financer logement et nourriture, peut paraître provocateur. »

Eh ! Si j’avais quant à moi un peu plus de courage, un peu moins d’obligations (les deux ne vont-ils ensemble ?)…

Ou encore, elle explique que Wera von Essen s’est vu commander un essai, à la suite de quoi :

«  [Hon] tvekar att publicera den alls när två redaktörer ”slaktar” den, de har åsikter om varenda mening, texten ska omarbetas på varje nivå, göras till deras text, inte längre hennes. »

«  [Elle] hésite à le publier au final, vu que deux éditeurs le « charcutent » ; ils émettent des avis sur chaque idée, le texte devant du coup être retravaillé à tout niveau, et finalement devenir le leur, plus le sien. »

La mésaventure m’est arrivée deux fois récemment.

Si j’avais quant à moi un peu plus de…
Un peu moins de... 


Capture d'écran



Nils Blanchard

mercredi 24 juillet 2024

Sainte Brigitte, l’Apocalypse et Dürer. Et Benoît Duteurtre, et Gammalsvenskby

¤ Une amie passionnée d’André Dhôtel (c’est quasiment pour moi un pléonasme) m’a récemment envoyé une carte représentant une gravure sur bois de Dürer de Sainte Brigitte.
Quelques mois plus tard, je retrouve Dürer, qui a inspiré un panneau de vitraux de Chavanges, cette fois sur l’Apocalypse.

Dürer, Sancta Birgitta, incunable imprimé en 1500 à Nuremberg ; bibliothèque municipale de Charleville-Mézières


Bon, mais alors le premier « lien », c’est la marche. La patronne de la Suède a fait le pèlerinage de Compostelle. J’en ai fait une il y a peu, printemps, en bien bonne compagnie as usual, entre Aube et Haute-Marne, d’églises en églises (à pans de bois et / ou contenant des vitraux du XVIème siècle…) On y reviendra…

À Chavanges, dans l’imposante église de cette petite ville dont la rue principale peut étrangement faire penser à celle d’un bourg du Far West, il y a donc un panneau de vitrail sur l’Apocalypse.


NB - Chavanges


NB - Chavanges


L’œuvre a été réalisée vers 1549, d’après la série de gravures de Dürer publée en 1498. Elle a subi à la fin du XIXe siècle une importante restauration.

On y reviendra.


¤ Mais entre Aube et Haute-Marne, on n’est encore pas très loin des Vosges de Benoît Duteurtre, disparu « brutalement », lit-on dans les journaux, le 16 juillet, lors même que j’avais cité son nom dans le précédent billet de ce blog, qui reprenait le fil de thèmes déjà un peu anciens à défaut d’être délaissés. (Et qui avaient dû être clôturés par mon trop fréquent « On y reviendra... ») J’ai « publié » ce billet le 18 juillet, lors que j’étais de passage à Angers, en ignorant que Benoît Duteurtre était décédé deux jours plus tôt – nouvelle que j’ai apprise bien incidemment du reste, le 18 juillet aussi d’ailleurs. (Cet article, qui plus est, tournait autour de la mort ; une sorte de ronde nudité-mort-enfance.)

NB - bac traversant le Rhin


Hasard sans grande importance sans doute ; j’avais surtout évoqué Benoît Duteurtre en juin et juillet 2023 (il suffit de cliquer sur son nom dans l’index, à droite…), à propos de Ma vie extraordinaire, des Vosges… ou encore d’un livre que je n’ai pas encore lu, son Dictionnaire amoureux de la Belle Époque et des Années folles, qui, prévoyais-je, allait me ramener à Hillevi Norburg (Stasimon, en lien de ce blog, et l’index, à droite…) qui elle-même nous conduit à la littérature décadente, plus étrangement à Champigné (à droite…), au peintre Henri Lebasque… Sur quoi, sur tout cela, on reviendra, on reviendra…

Contrairement à ce que je pensais (j’ai vérifié, cliqué à droite…), je n’ai pas encore parlé du roman En marche sur lequel j’ai pourtant un billet en préparation, depuis pas mal de temps déjà, dans une série, commencée, autour du prénom Thomas, en tout cas de quelques uns de ses porteurs… (Si, vous verrez…) Mais j’ai commencé sur Thomas Mann (27 septembre 2022)… Et je n’ai donc pas encore évoqué le Thomas d’En marche.

Mais je me disais alors que j’avais pas mal de choses à lire de lui, que j’en lirais encore d’autant plus qu’il en avait pas mal encore à écrire…
Une crise cardiaque. Cette façon de mourir est-elle un hasard, chez qui écrivait, dans Ma vie extraordinaire (Galimard, Folio, pages 248-249) :

« Ce moment-là, je voudrais qu’il dure éternellement et que nous traversions ensemble l’espace et le temps. La mort cependant finira par nous séparer et cette perspective m’est insupportable. Car, en découvrant l’amour, j’ai découvert aussi la hantise de nous perdre (…) Cette appréhension devient plus aiguë si je songe aux dix-huit années qui nous séparent (…)
Quelquefois, l’âge venant, je suis envahi de cauchemars atroces, les mêmes que je faisais enfant. La mort est là, impitoyable (…)
Cette hantise provoque en outre, chez Jean-Sébastien comme chez moi, une absurde réaction consistant à courir plus vite vers la catastrophe en faisant primer nos plaisirs sur nos santés. »




¤ Enfin, puisqu’il est question d’églises, je me faisais la réflexion que la Russie de Vladimir Poutine semblait goûter particulièrement la destruction de ces édifices.
En tout cas, si je m’en réfère au site Svenskbyborna, consacré à Gammalsvenskby, en lien de ce blog.
Le 17 juin 2024, on y mentionne que l’église allemande luthérienne du village a été détruite par un drone kamikaze russe. Le premier juillet (2024), on annonce que c’est l’église suédoise (qui était partagée avec le culte orthodoxe) qui a été brûlée.

À l'assemblée nationale française, les (ex?)-poutinolâtres des deux extrêmes donnent le spectacle que l’on sait.


Nils Blanchard

lundi 13 novembre 2023

Concomitances, III ; 1923, Laclos, cinéma de l’Est

On a parlé de 1921, 1922, 23… Là, 1923 : le tableau ci-dessous est de cette année-là. Comment arrive-t-il (elle) en ce blog ? C’est que Henri Lebasque est né à Champigné, où je suis passé très récemment.

Henri Lebasque, Nu exotique, 1923 - Capture d'écran

Et… On se souvient que Champigné – un château de Champigné – est le lieu d’origine du héros de Messalina, de Hillevi Norburg, dont le blog Stasimon est en lien de celui-ci et dont il a été question par là....

Et… Il y avait ces soirs passés sur France culture une lecture très bonne d’un des plus beaux textes de la langue française, Les liaisons dangereuses. Or il se trouve qu’on en parla aussi, vaguement en lien à Hillevi Norburg.

Lundi 6 novembre dernier, lecture notamment de la lettre XCVI de Valmont à la marquise de Merteuil, concernant Cécile de Volanges. 
Ce tableau-ci ?

Henri Lebasque, Femme endormie - Capture d'écran

Dans l’un des billets évoqués plus haut, j’évoquai un village (français) à partir d’un autre (suédois) ; apparaissaient en parallèle des allusions aux Liaisons dangereuses… en lien un peu improbable à un article du blog Gabi annex (en lien de celui-ci).

Hasard complet ? Mais têtu, alors. 
Toujours dans ce blog Gabis Annex (de Gabrielle Björnstrandt), il y a quelque temps (près d’un an, cependant) a paru un article sur le cinéma tchécoslovaque.
Et là, mention d’un film, que je vis quand il sortit en France : Mon cher petit village, de Jiří Menzel, dont j’ai gardé un bon souvenir.

Le mur n’était pas encore tombé à cette époque (autour de 1985). L’Est caparaçonné de soviétisme fournissait (ou avait fourni) çà et là des cinéastes parmi les plus talentueux du temps. (En Pologne aussi, Kiéslowski, Polanski…)
Parmi les Tchèques, aussi : Milos Forman. Là (mais dans sa période occidentale), on retombe naturellement aux Liaisons dangereuses.


« Hermia Says », blog en sommeil depuis quatre ou cinq ans d’une bibliothécaire de Gävle, que j’évoquai incidemment ici, a consacré en 2013 un article à des représentations cinématographiques et théâtrales des Liaisons dangereusesFarliga förbindelser, représentation qu’on trouve jusque dans le cinéma sud-coréen de Je-Yong Lee.



Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...