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mardi 17 février 2026

Des faux amis aux faux ennemis – Et des vrais ?

Étrange politique des États-Unis. On en a dit du mal, et on continue d’en penser ; on a rappelé en même temps qu’ils continuent de soutenir (pressions douanières par exemple sur les pays qui achètent du pétrole russe), bon gré mal gré, l’Ukraine. (La question se pose évidemment, à chaque rodomontade présidentielle… Pour combien de temps?)

NB - Le Louet

Que penser du discours – s’il faut en penser quelque chose – du secrétaire d’État américain à Munich le 14 février ? (Quelle idée, au, passage, de multiplier en cette ville d’étrange mémoire sur ce sujet, les conférences sur la sécurité…)
Marco de Rubio d’y annoncer que l’Alliance atlantique ne serait pas morte, qu’États-Unis et Europe auraient une culture commune, lors qu’il assène que l’« immigration de masse » (« mass migration ») déstructurerait nos sociétés, menacerait « the future of our people ». Après cela, de poursuivre : « We belong together » (États-Unis et Europe) ; vraiment ?
Sommes-nous du même monde ? (Il le demande lui-même, dans un sens : « What exactly are we defending?) Est-ce l’intolérance aux étrangers, aux pauvres, aux autres croyances que le christianisme (agnosticisme compris) ? Est-ce le mépris la peur du changement climatique « fear of climate change » ; comme si ce changement n’existait pas (cf. dernières décisions en ce domaine des États-Unis) ou n’avait pas d’importance ?

Eh, mais le secrétaire d’État de faire des rappels historiques quant à la création de son pays, de ce « new world ». À l’entendre, il ne possédait pas de population indigène avant l’arrivée des Européens, et les gens d’origine africaine n’y auraient eu aucune part…
Puis, « Yesterday is over » croit-il pertinent de déclarer à la fin de son discours, alors même qu’il a passé vingt minutes à parler de fierté de traditions héritées...

Ami, faux-ami ?

NB - La Loire 

Bon, mais je revenais aussi à cette notion de « faux ami » du fait d’articles, à la fin de l’année dernière.
Ainsi dans Fonge et florule, site en lien indirect de ce blog (via Alluvions), le 13 décembre vingt jours après le billet sur les faux-amis de ce blog-ci, pouvait-on lire, après une définition du terme « faux-ami », que la notion pouvait s’appliquer : « à notre champignon nommé Stereum insignitum Quélet, dont l’épithète latine : insignitum, nous fait irrésistiblement glisser vers le mot français insignifiant. Mais insignitum et insignifiant sont de sens contraire ; insignitum est le participe passé de insignire : se distinguer ; qui se distingue nettement, donc qui est remarquable. »

Et comme en écho, le 22 décembre, Mattias Reinholdson écrivait ce qui était peut-être son dernier article sur le site Estlandssvenskarnas Kulturförening (Sov), autour de la question des faux-amis (falsk vän). Après avoir, lui aussi, défini le terme, il remarque qu’une bière de Noël, « Julmust », contient « julm », ce qui en estonien ramène à la notion de cruauté…

Faux amis ? Je ne sais pas. Mais les « natures mortes »
de Sacksick ont quelque chose de troublant
quand on est devant les tableaux.
Quelque chose de vivant…
Still lives ?
Mais comme en mouvement…


Nils Blanchard


Et puis…. Affaire sordide, catapultée dans le cadre de la « mondialisation » par le département de la justice américain, lâchant des millions de pièces de « dossier » (le dossier Epstein), certaines caviardées – il semble que personne ne s’en offusque vraiment –, d’autres exhibant contre leur gré des victimes qui n’avaient sûrement pas besoin de ça… Et certaines gens en profitent en France pour s’en prendre à Jack Lang.

Que lui reproche-t-on : d’avoir connu Epstein ? Est-ce un crime ? Ah, mais non, se dépêche-t-on alors de répondre. Il a 86 ans. C’est scandaleux qu’il ait été si longtemps en fonction (à la tête de l’Institut du Monde Arabe)
Il faut savoir…
(En attendant, il a été reconduit légalement dans ses mandats successifs, qui ont vu la fréquentation dudit institut croître…)

Une publication, Valeurs actuelles, se désole sous la plume de Marguerite Frison-Roche, le 15 février, que « Jack Lang [ait] empoisonné la vision stratégique de la France en étendant indéfiniment le périmètre du terme culture”. »
Alors, là, pardon de m’exprimer un peu familièrement : soit je suis complètement con, soit cette dame manque de clarté dans son expression…

Au moins a-t-elle ensuite l’honnêteté de reconnaître à Jack Lang d’avoir sauvé les librairies en France (prix unique du livre), d’avoir eu l’idée de la fête de la musique, et d’avoir soutenu le cinéma.
Évidemment, c’était d’après elle plus par souci « idéologique au service de Mitterrand » qu’autre chose… bon, mais c’est dit.
On pourrait rajouter d’autres réussites ; la journée du patrimoine – la même Marguerite Frison-Roche se plaint que la « France périphérique fréquente deux à trois fois moins les équipements culturels que les centres métropolitains ». Eh ! Mais cela fait quand même quelques décennies que Jack Lang n’est plus ministre de la culture… –, la lutte constante contre certaines intolérances racistes

NB

mardi 3 juin 2025

Retour / Inquiétudes encore / Expositions baltes

Xième trajet ouest-est à travers la France. À la Chapelle-Rainsoin (Mayenne), une descente au tombeau peut rappeler celle de Chaource.

NB - La Chapelle-Rainsoin 


NB - Chaource


Au hasard des traversées, on retrouve la mise au tombeau de Chaource reproduite sur l’autel de l’église de Rouilly-Sacey (Aube).

NB - Rouilly-Sacey


À la Chapelle-Rainsoin (ma photo n’est pas non plus excellente), on ne voit quasiment pas saint Jean, « caché » derrière le personnage du bout à droite. (On peut cliquer sur la photo, zoomer…)
À Chaource, on est stupéfait de son expression – une vieille amie me l’a fait remarquer – de désespoir incrédule. (On peut cliquer sur la photo, etc.)

Bon, mais dans la bonne ville d’Angers, bruits de klaxons et de je ne sais quels pétards le 31 mai au soir. Je subodore soudain que ce doit être ce club de football dont le seul mérite (à ma connaissance, limitée certes en la matière, mais bien suffisante !) est d’être soutenu par des pétrodollars, qui était en finale de je ne sais quelle « compétition ».
Le lendemain sur la route du retour, une radio d’« information » pseudo-nationale en fait ses choux gras, interroge des supporters criards, comme si cela devait intéresser les honnêtes gens.
On apprend que les « festivités » consécutives au match ont fait un mort, qu’un policier est dans le coma, qu’il y a eu blessés et saccages…

Ne pourrait-on supprimer, mettons pour deux ans (renouvelables!), toute manifestation publique liée au football ?
Les matchs se feraient à huis clos ; un peu de vacances pour les gens que tout ce cirque n’intéresse pas, voire incommode… Un peu de place aussi pour les (autres) sports.

NB - La Loire près de Tours (1er juin 2025)


Pensées de route, de retour ; d’une parenthèse étrange, personnellement endeuillée. Et ce, dans une conjoncture nationale, européenne, passablement déplorable.

À la radio, quand, quelques secondes ici et là, les « journalistes » parlent d’autre chose que de pied-ballon, on apprend qu’une série d’actes antisémites a frappé la France – je me renseigne ensuite : des dégradations ont visé trois synagogues, un restaurant, le Mémorial de la Shoah dans la nuit de vendredi à samedi (30 au 31 mai) à Paris. Entre autres… Mais on apprend le 2 juin qu’un Serbe a été arrêté ; ces actions seraient le fait de la Russie.

Meurtre d’un Tunisien samedi, semble-t-il uniquement du fait de ses origine et religion.
On a l’impression d’un rengorgement de la lie de la société.

La veille, le 30 mai, un éditorial de Ouest-France (Laurent Marchand ; lui-même cite Galia Ackerman) titre sur une « dérive totalitaire » de la Russie, justement. En Russie même, y est-il écrit, « la délation a pris une proportion inédite depuis les années les plus sombres du régime soviétique ». Le resserrement du régime poutinien correspond à une militarisation qui « pèse pour un tiers (32,5%) de la dépense publique russe ».



Alors, changer un peu d’air. On a parlé quelque part d’expositions manquées. Celles-là, je les manquerai aussi vraisemblablement, car je vois mal comment je pourrais me rendre en Estonie et en Finlande dans les prochaines semaines.

D'abord à Helsinki, à la Bibliothèque nationale, celle de SLS (Svenska litteratursältskapet i Finland), dont le site internet est en lien de ce blog (à droite de l’écran, vers le haut…)
Cette exposition commémore les 140 ans de la SLS (l’Association pour la littérature suédophone en Finlande). On lit dans sa présentation :

« Bland det originalmaterial som visas finns handlingar som berättar om såväl kända som okända personer, säger SLS arkivchef Kristina Linnovaara. (…) Arkivmaterial ur privata samlingar är en viktig del av vårt gemensamma kulturarv, och vår uppgift är att bevara dem för kommande generationer. (...) »

« Parmi les documents originaux qui sont exposés, on trouve des pièces qui évoquent autant des personnes connues qu’inconnues, explique la cheffe des archives de la SLS, Kristina Linnovaara. (…) Les documents d’archives issus de collections privées sont une partie importante de notre patrimoine commun ; notre devoir est de les conserver pour les générations à venir. (…) »



Ensuite, à Tartu (ville universitaire estonienne) se tient du 25 mai au 28 juin une exposition sur les Esto-Suédois.



Une des particularités de ces Suédois d’Estonie, la plus constante dans leur histoire autant que je sache, c’est un certain « pacifisme » (le mot est en partie anachronique) ; une certaine tolérance, pourrait-on dire, à l’égard de leurs voisins et envahisseurs. (J’en parle dans un texte à paraître prochainement dans la revue Nordiques – en lien, encore, à droite, vers le haut de la page d’accueil de ce blog…) Mais ils ont quasiment disparu…


Nils Blanchard

mardi 14 février 2023

Concomitances II, Hillevi Norburg, Angers, Hervé Bazin...

Étrange, quand même, que ce roman Messalina, d’Hillevi Norburg, lu somme toute par hasard – en ai-je entendu d’abord parler sur le blog de Thomas Nydahl ? – me ramène dans les nords d’Angers.

NB - Anjou, décembre 2019

Bon, mais déjà, dans ce roman, le héros, David de Lesrat, a le même prénom que celui du livre éponyme d’André Dhôtel réédité il y a peu par les fantastiques éditions de l'Arbre vengeur.
Là où ça se corse, dans un sens, c’est qu’il est (le Messalina de Hillevi Norburg) dédié à un… Daniel…
Or on a la même hésitation entre ces prénoms – Da-vid, niel – dans Svar till D de Wera von Essen.

Et… même dans dans une nouvelle d’André Dhôtel, quand on se penche un peu dans ses archives…

NB - Anjou, décembre 2019

J'ai trouvé aussi un vague quelque chose de Hervé Bazin, dans ce roman. Est-ce simplement parce qu’il se situe au départ près d’Angers ? Est-ce son côté roman d’initiation – mais en l’occurrence, l’initiation est différente chez Bazin. Aussi : l’absence du père ; plus exactement, un rôle primordial donné à la mère.

Mais j’en reviens aux abords d’Angers, liés au retour, vers la fin du roman de H. Norburg (page 226) :

« Jag hade inte förvarnat någon om min ankomst, så på stationen i Angers får jag ta en hyrdroska som sakta för mig ut i Loiredalens böljande landskap. (…) Allt längre fördas jag in i detta som är min barndoms landskap. (…) Snart framme nu. Även om vi lämnat flodens banker känner man dess fukt, Loire glittrar som ett dis i luften över den betande boskapen och fälten. (…) Till detta landskap önskar jag mig tillbacka, till en tid som kanske inte var lycklig men i någon form full av oskuld. En tid där framtiden kändes lika öppen som fälten utanför droskan. »

« Je n’avais prévenu personne de mon arrivée ; du coup, j’ai dû prendre un fiacre en gare d’Angers qui me conduit tranquillement dans le paysage ondoyant de la Loire. (…) Et je m’enfonce de plus en plus loin dans ce qui est le cadre de mon enfance. (…) On arrive bientôt. Même si on s’éloigne des rives du fleuve, on ressent toujours l’humidité ; la Loire brille comme une brume dans l’air au-dessus des troupeaux et des champs. (…) Je voudrais revenir à ce paysage, à un temps qui ne fut peut-être pas heureux mais qui était celui d’une certaine innocence. L’avenir semblait alors aussi ouvert que les champs vus à travers le fiacre. »

NB - Anjou, novembre 2019

Angers est un peu au nord de la Loire, et Champigné au nord encore d’Angers. Mais il est vrai que le fleuve – baignade interdite – n’est jamais loin, lui et ses lumières étranges, sa douceur climatique…

À l'époque de David Lesrat (le roman se déroule à la fin du XIXème siècle), il n’y avait pas encore la statue de Jacques Coquillay qui accueillait les voyageurs.


La rue Bressigny ressemblait à ça :

Rue Bressigny, fin XIXe ?

Aujourd'hui : 

NB - fin décembre 2022

C'est toujours un peu difficile de trouver le point de vue exact. Entre tous ces points de vie. 


Nils Blanchard


Fuir ?

Comme je le notai en réponse à une précision (commentaire) au billet « (Konstiga) sommar dagar » , je suis revenu il y a peu d’une marche e...