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jeudi 14 mai 2026

Mon livre sur Elmar Krusman

C'est vrai que je parle en ces pixels de choses et d’autres, et somme toute peu, ou pas directement, de ce autour de quoi ce blog était censé s’organiser tout d’abord, mon livre paru à l’Harmattan.


Une fois que j’avais été à l’ancien camp de concentration de Natzweiler (communément appelé le Struthof) en Alsace, on avait été accueilli, en haut, par un brouillard complet. On ne distinguait pas, à quelques mètres seulement, tel ou tel bâtiment, clôture barbelée, monument mémoriel. Puis, progressivement, la brume s’est dissipée.
C'est un peu ce qui m’est arrivé quand j’ai commencé d’enquêter sur un déporté, Elmar Krusman, qui avait été inscrit à ce camp comme « suédois ». Au fil de mes recherches, par couches successives, s’est établie une certaine netteté (incomplète néanmoins) sur son destin. Sur sa courte existence (il meurt à vingt-quatre ans au camp annexe de Bisingen, en Allemagne, le 13 mars 1945), il faut avancer au moins deux éléments. Jeune homme au commencement de la guerre (né en 1921), il avait participé à des réunions du Komsomol (jeunesse communiste) local, lors de la Première Occupation de l’Estonie (soviétique, donc, entre juin 1940 et l’été 1941). Cela lui a été reproché par la suite, lors de la deuxième occupation, nazie, du pays.
Aussi, il appartenait à un groupe bien particulier (on ne se demandera pas ici s’il s’agit d’un peuple, d’une ethnie…) : une minorité nationale, celle des Suédois d’Estonie, dont l’existence remonte au moins au XIIIème siècle. Or, dans le contexte étrange de l’occupation des États baltes par l’URSS, en conséquence du pacte germano-soviétique, ces Esto-Suédois se sont vus proposer une non moins étrange sollicitude par les autorités staliniennes, qui a pris la forme de quelques adoucissements de leur sort, limités, mais réels, et la parution d’un hebdomadaire en langue suédoise a eux consacré : Sovjet-Estland. (Elmar Krusman faisait-il partie des rares lecteurs influencés par cet organe de propagande ? – Dans la foulée de mon livre (un peu lointaine) a paru aussi cet article au journal en ligne Nordiquesjustement sur ce journal soviétique.)

Elmar Krusman – années trente ? –
Collection particulière
  

Cela s’inscrit bien sûr dans un contexte plus général de l’Estonie dans la guerre, qui subit trois occupations successives (à peu près parallèles à celles des deux autres États baltes).
D'abord, le pays vit une période intermédiaire, à partir de l’entrée de l’Armée rouge en Pologne le 17 septembre 1939, dans le cadre du pacte germano-soviétique. Dès le 28 septembre, un premier accord est signé entre l’URSS et l’Estonie décidant une alliance militaire, un pacte d'assistance mutuelle… préservant cependant l’indépendance du petit pays (avec néanmoins présence de troupes soviétiques sur le territoire). Mais ce n'est qu'un répit de quelques mois. En juin 1940, Staline annexe l’Estonie ; plus précisément, elle cède face à un ultimatum le 17 juin, pour devenir la République socialiste soviétique d'Estonie le 6 août. Cette « Première occupation » dure jusqu’à l’été 1941. C’est lors de cette Première occupation que paraît Sovjet-Estland, presque concomitamment avec un blocage des frontières et des côtes (après une autorisation exceptionnelle, au début de l'occupation, donnée par les Soviétiques à cent dix habitants des îles devenues terrains militaires, de partir en Suède). Précisément, une partie de la population esto-suédoise ayant été expulsée de certaines îles par l’Armée rouge, leurs relations avec les Soviétiques commençaient mal…
Vient après la « Deuxième occupation », allemande, suite au plan Barbarossa. (Les îles au nord du pays, où il y a beaucoup d'Esto-Suédois, sont prises par les armées d’Hitler entre le 15 et le 21 octobre.) Puis on parlera d’une « Troisième occupation », à partir de l’automne 1944, soviétique à nouveau, qui durera jusqu’à 1991.


Cette « Troisième occupation », Elmar Krusman ne l’a pas connue. Arrêté en 1941. Il est arrêté par les Allemands vraisemblablement fin septembre ou début octobre 1941. De là, il passe par différents camps et prisons en Estonie avant d’être transféré pour un mois au camp de concentration (KL) de Stutthof, près de Dantzig. Il y est enregistré le 1er septembre 1944. Le 1er octobre, il arrive au camp de Bisingen (Wurtemberg), annexe du KL Natzweiler. Il y meurt le 13 mars 1945.

Mon livre porte sur son terrible périple des côtes suédophones de l’Estonie à un camp de concentration annexe de l'ouest de l’Allemagne. Mais plein de sujets « secondaires » sont apparus : qu’étaient-ce que ces camps annexes, ceux précisément du complexe où il se trouvait ? En quoi consistaient les relations (il y en avait) entre déportés et populations civiles ?
Par une sorte de miracle, j’ai retrouvé (entre autres) le témoignage d’une habitante de Bisingen, qui a été mise en présence d’Elmar Krusman – lui, et pas un autre… et en même temps d’une sinistre brute qui avait aussi sévi à Natzweiler, le SS Ehrmanntraut… – à deux reprises.

Puis d’autre thèmes, parmi lesquels la mémoire. Celle de l’univers concentrationnaire est particulière ; mais toute mémoire est à interroger dans le cadre d’une étude historique.
Pour resituer certaines choses, j’ai utilisé comme en filigrane cinq témoignages de déportés ayant été détenus dans des camps proches et comparables à celui d’Elmar Krusman, voire à Bisingen même pour S. J. Sagan. Ces cinq récits ont été écrits à des époques différentes (publiés de 1958 à 2000) ce qui permet d’appréhender les mécanismes de la mémoire en prenant en compte le temps écoulé, mais aussi l’environnement précis des différentes périodes, presque jusqu’à nos temps. Quant à eux, ceux du début des années 2020 en tout cas, de par des témoignages plus secondaires, des études, des réflexions personnelles aussi bien sûr, ils ont pu nous mettre face à une actualité navrante – avec notamment le retour de la peste de l’antisémitisme, une sorte de prime donnée à l’ignorance, aux raccourcis et imprécisions dans moult domaines.


Nils Blanchard

dimanche 12 avril 2026

Les enfants finlandais de la Guerre d’hiver

Olivier Norek consacre plusieurs pages (p. 260 – 264, version Pocket) de son passionnant roman Les Guerriers de l’hiver (Michel Lafon, 2024) au transfert d’enfants finlandais en Suède, pendant la Guerre d’hiver. 


Il y a là des choses à nuancer, voire à corriger, même s’il s’agit d’un roman.

D'abord, on lit page 263 : « 80 000 autres [gamins] composaient la plus grande opération de transfert d’enfants au monde. Un océan de têtes blondes, des larmes plein les yeux (...) »

Il se trouve qu’a paru récemment à la revue Nordiques (n° 48, de 2025 ; voir en lien de ce blog ; les articles y sont disponibles en livre accès…) une recension d’Antoine Vermauwt sur le livre d’Ann Nehlin (De Finska krigsbarnen. Ett nordiskt familjedramaLes enfants de guerre finlandais. Un drame familial nordique.) Là, on y lit, dès le départ, que ce transfert d’enfants massif de Finlande vers la Suède pendant la guerre concerne la Seconde Guerre mondiale dans son ensemble (ce qui signifie trois guerres successives pour la Finlande, pas seulement celle d’hiver dont parle Olivier Norek), et un chiffre de 70 000 enfants finlandais.

(Comme je le rappelais dans un billet en novembre 2024 – « L’Île du bonheur » ; cf. liste des articles sous l’index, à droite de l’écran version ordinateur… –, la Finlande a subi trois guerres pendant le second conflit mondial, la Guerre d’hiver, de décembre 1939 à mars 1940, contre l’Union soviétique, la guerre de Continuation, de juin 1941 à septembre 1944 – la Finlande s’alliant alors à l’Allemagne nazie pour reprendre les territoires perdus pendant la Guerre d’hiver, enfin la guerre de Laponie, d’octobre 1944 à mai 1945, la Finlande devant se retourner contre ses anciens alliés nazis.)

Il faut préciser aussi que la plupart de ces enfants sont revenus en Finlande plus ou moins rapidement après, voire pendant la guerre ; « en 1949 (…) 13 500 enfants finlandais se trouvaient en Suède » (article).

Plus loin dans l’article, on précise (page 3), que ce sont 8000 enfants qui sont transportés en Suède pendant la Guerre d’hiver. Puis, pendant la Guerre de continuation, 51 000 enfants passent le golfe de Botnie, dont 14 000 rentrent en Finlande dès avant la fin de la guerre.
À ces chiffres, il faut rajouter environ 10 000 enfants (sur l’ensemble de la période de la Seconde Guerre mondiale) qui seraient parvenus en Suède par d’autres canaux que ceux des comités officiels (auxquels correspondent les chiffres plus haut).
En tout, donc, près de 70 000.

Enfants finlandais évacués en Suède, Guerre d'hiver - Capture d'écran

C
es passages d’enfants finlandais vers la Suède ont été faits, au départ, à l’initiative de « comités » suédois. Des comités, associations diverses ont joué un rôle non négligeable aussi dans l’histoire des Suédois d’Estonie, avec le « rapatriement » (en partie raté) de ceux de Gammalsvenskby (en 1929, voir ici, ou le passage bien sûr des Esto-Suédois vers la Suède pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sur le sujet de la conduite de la Suède pendant la Seconde Guerre mondiale, O. Norek insiste à plusieurs reprises sur sa passivité vis-à-vis de la Finlande. Cette passivité est réelle, coupable sans doute (même si la neutralité a pu permettre à la Suède d’agir parfois pendant la Seconde Guerre mondiale, à commencer par l’intercession diplomatique, qui apparaît du reste dans Les Guerriers de l’hiver). Mais il faut aussi rappeler que si la Suède n’a pas officiellement combattu aux côtés de la Finlande (loin s’en faut…), il y a eu tout de même l’envoi de matériel aux Finlandais, et un corps de volontaires (entre 8000 et 9000 Suédois, rejoints par 1010 Danois et 895 Norvégiens dans ce Svenska Frivilligkåren - Corps de volontaires suédois), au sein duquel il y eut 33 morts.

(Il faut noter aussi que la politique suédoise pendant la Seconde Guerre mondiale a fait l’objet d’oppositions non négligeables en Suède même. Ainsi le journal Göteborgs Handels- och Sjöfarts-Tidning (GHT), avec son directeur antinazi Torgny Segerstedt. Il y eut aussi par exemple la démission du ministre des affaires étrangères Rickard Sandler. C’est du reste son épouse, Maja Sandler, qui est à l’origine du comité visant à accueillir les enfants finlandais en Suède…)

O. Norek revient aussi plusieurs fois sur la politique désastreuse de Daladier (fausses promesses… ayant prolongé inutilement la Guerre d’hiver…) Là, difficile de nuancer, si ce n’est en rappelant qu’aux côtés de la France, il y avait alors le Royaume-Uni du bon Chamberlain...

Pour en revenir à l’article d’A. Vermauwt (mais ce n’est qu’une recension de livre…), un aspect peu ragoûtant semble avoir été la conduite de certaines familles suédoises, dont les raisons et conditions d’accueil d’enfants finlandais n’étaient pas toujours très… glorieuses. Là, néanmoins, il faudrait que je lise le livre directement.


I
l y a quelques anachronismes dans le roman (pas tant que cela, on y reviendra dans un billet futur). En est-ce un que de faire dire à Mannerheim à un officier (page 39), avant le début des hostilités : « L’Ukraine aussi voulait son indépendance. Et il [Staline] l’a affamée. Quatre millions de morts pourraient en témoigner. »
Je ne sais si l’Holodomor, et son bilan, étaient alors objets de conversation. Évidemment, cela permet (le livre paraît deux ans après le 24 février 2022) de faire un lien avec l’agression russe actuelle en Ukraine. Poutine (et Maria Lvova-Belova) sont précisément l’objet de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale, pour expulsion et transferts illégaux… d’enfants, ukrainiens.

On reviendra, je l’ai dit, sur ce livre d’Olivier Norek et la guerre en Finlande.


Nils Blanchard

mercredi 7 janvier 2026

Mattias Reinholdson - Vagues agressions / Laclos par là-dessus

Retour Ouest – Est (un peu (trop?) traditionnel pour moi ; j’en reparle…)
Mais en rentrant, consultant le site de la SOV (Estlandssvenskarnas Kulturförening – Association culturelle des Suédois d’Estonie), en lien de ce blog (écran, à droite, version ordinateur, etc.), j’apprends la mort de Mattias Reinholdson.

Estlandssvenskarnas Kulturförening - Capture d’écran

Il se trouve que j’avais été récemment un peu en contact avec lui par courriel. Il avait rédigé un beau dossier dans le dernier numéro de Kustbon (l’organe historique de la SOV dont il était le rédacteur en chef jusqu’il y a peu) sur mon article dans Nordiques et mes travaux plus généralement…

Il me fait penser, pour ce que j’en ai connu à des gens comme Göte Brunberg, Luc Autret (lui dans un autre domaine, les revues littéraires), qui consacraient de leur temps à la recherche, désintéressée (hormis l’intérêt pour le sérieux, la fiabilité…), et toujours prêts à partager connaissances et avancées.

Jag beklagar sorgen.

NB - Mûrs-Érigné

                                                                                     *

Et retour de l’Ouest, donc. Dès Troyes, je ne veux pas manquer ma sortie vers Nancy pour passer de l’autoroute à la N4. Un type (parmi d’autres) me serre, klaxonne même, sous prétexte que je ne vais pas assez vite à son goût (j’ai un peu de mal à voir la nuit avec des phares mal réglés dans tous les sens face à moi, ou ceux de panzers qui pourraient illuminer on ne sait combien de stades de foot (allez, oui… de foot!)) Bref, je rate ma sortie, perds une bonne demi-heure à faire un tour pour la retrouver.

Ah, il est vrai, je n’avais pas branché de GPS…

Ensuite, sur toute la route jusque vers Nancy (je m’en suis vraiment rendu compte à partir de Saint-Dizier) : tous les panneaux indicateurs ont été systématiquement souillés par de la peinture ou je ne sais quelle boue. Ce sont des centaines de panneaux, sur près de cent kilomètres. Quasiment aucun épargné.
Quelque colère d’agriculteurs d’avant les fêtes ? Mais ils ont dû y passer des jours entiers…
Et qui paiera le remplacement desdits panneaux ?

On me dira… avec leurs guidages GPS, les gens ont-ils vraiment besoin qu’on les remplace ?


NB - Mûrs-Érigné

                                                                                     *

Par là-dessus – c’était samedi – j’entends à la radio le récit des exploits de Trump au Venezuela. Surtout, j’entends Trump lui-même s’auto-acclamer pendant vingt minutes.
Là… Je n’ai pas franchement d’opinion très tranchée sur le régime au Venezuela – on ne peut avoir d’opinion tranchée sur tout… – Quant à l’opération de Trump, si vraiment le président vénézuélien était un parrain de la drogue comme Trump le prétend, après tout, qu’on l’exfiltre…
Non, ce qui m’a paru à ce moment être une agression en soi, encore une fois, c’est la bêtise crasse (« la plus grande opération depuis la Seconde Guerre mondiale », etc.) de Trump, cette vulgarité à toute épreuve qui ronge peu à peu – accumulation de précédents – tout un tissage de civilisation.

Et bien sûr, le brave homme de publier une photo de son ennemi capturé, sur son « réseau » « social »…

                                                                                    *

Georges Barbier (illustration des Liaisons dangereuses)
- Capture d’écran

Mais de retour à mon appartement, retrouvant mon ordinateur et le blog Bernur, je vois que Björn Kohlström parle de la traduction suédoise des Liaisons dangereuses, évoquée en ce blog notamment à cet endroit.
Article intéressant et complet, comme bien souvent chez Bernur, qui remarque que dans la postface : « Carin Franzén inkännande om romanens tillkomst och historia, och låter det vara osagt om Laclos roman ligger närmast Rousseau eller Sade » – « Carin Franzén étudiant la genèse et l’histoire du roman, semble indécise quant à le placer plus près de Rousseau ou de Sade ».

À propos de Cécile Volanges, de son traitement par Merteuil et Valmont, Bernur note : « Laclos visar hur lättmanipulerade vi är, hur vi nästan frivilligt uppsöker det som duperar oss » - « Laclos montre combien on peut être aisément manipulé, comment nous allons presque volontairement vers ce qui nous dupe ».
Est-il nécessaire ici de reparler du paragraphe précédent de ce billet ?

Puis Bernur poursuit : « Om dagens unga tar hjälp av chat GPT för att skriva sina kärleksbrev kunde man på 1700-talet konsultera de många kärleksromanerna och kopiera fraser därifrån. » - « Si les jeunes gens d’aujourd’hui s’aident de chat GPT pour rédiger leurs lettres d’amour, on pouvait, au dix-huitième siècle, se servir des nombreux romans d’amour et en copier des phrases. »

Eh ! Pas qu’au dix-huitième siècle !

Hashtag : pas qu’au dix-huitième siècle !


Nils Blanchard

dimanche 19 octobre 2025

Publications / Pistes de Travail

Hasard des services postaux, des commandes, des réceptions d’articles… reçu il y a peu deux publications : le dernier numéro de Kustbon, dans lequel un dossier de quatre pages est consacré à l’hebdomadaire Sovjet Estland, en lien à l’article de Nordiques. Reçu aussi le livre que j’évoquais sur Jeanne Letourneau, Clichés barbares.

NB - Hapsal (Estonie), vue de l’Aibolands Museum

Ce numéro de Kustbon est passionnant. Plusieurs sujets : l’exposition à Tallinn sur les Esto-Suédois (annoncée déjà ici). Aussi, des textes sur la petite île d’Odensholm (notamment au moment de la Seconde Guerre mondiale), île qui a été un de mes premiers centres d’attention au début de mes recherches sur Elmar Krusman, ceci pour des raisons aussi passionnantes qu’improbables ; j’y reviendrai peut-être.
Il est question aussi d’un étrange jugement, avec des Esto-Suédois impliqués, concernant un vol (présumé) sur une épave en 1756 ; mais plusieurs des prévenus meurent en prison.
(Quand on visite la prison de Marstrand, on voit un autre décor que celle de la station balnéaire riante de l’été ; on n’est pas très étonné que des prisonniers pussent décéder au dix-huitième siècle avant leur jugement, dans les prisons du Nord…)
D'autres articles encore, nouvelles diverses (dont la chronique des anniversaires et décès, où je retrouve étrangement des noms de moi connus, rencontrés au cours de mes travaux…), en Estonie et en Suède.

NB - Estonie, région d’où était originaire Elmar Krusman

Bien, puis sur quatre pages (34-38) : recension de l’article de Nordiques avec divers commentaires et des textes issus de Sovjet-Estland. Le tout, réalisé par Mattias Reinholdson. (Et j’y apprends que mon livre a rejoint la bibliothèque de la SOV à Stockholm où il y a plus de 600 autres volumes sur le thème des Esto-Suédois et de l’« Aiboland » – les régions par eux fréquentées autrefois en Estonie.)

Fra Angelico, L’Annonciation - Wikipedia

J'ai reçu aussi ce livre, que j’évoquais il y a quelques jours, consacré à cette professeure d’arts plastiques rescapée du camp de Ravensbrück.
Comme il avait été dit au colloque de fin septembre, la finalité première des dessins des camps – essentielle, voire unique pour leurs auteurs – était le témoignage.
Dans ce livre, ceux de Jeanne Letourneau accompagnent des pages de récit écrites peu après la guerre.

Le récit est passionnant et méritera une plus ample étude. En une quinzaine de (grandes) pages, on entre dans l’expérience de déportée de Jeanne Letourneau par petites touches, « petites » expériences qui sont autant de cas d’école, cas d’études sur le système concentrationnaire. L’auteure écrit avec sobriété ce qu’elle a vu, expérimenté, sans essayer d’en dire plus qu’elle ne sait, sans cacher non plus ce qui est difficile à dire.
Les gardiennes (Aufseherin), plus ou moins inhumaines, les relations avec les autres déportées de divers âges et nationalités, relations particulières dans ce camp de femmes parce qu’apparaissent çà et là aussi des enfants (garçons parfois), les transferts, les appels…
À cet ensemble, la professeure de dessin qu’était Jeanne Letourneau ajoute des réflexions, très courtes, passagères – c’est comme malgré elle – artistiques. Ainsi rencontre-t-on au détour du récit, aussi inattendus soient-ils, Fra Angelico ou Dürer. On parle aussi çà et là du Moyen Age, ce qui rejoint la conclusion de mon livre (ou plutôt, ce en quoi mon livre rejoint Clichés barbares…), mais, oui, on en reparlera.

Le terme « barbares », du titre, est étrange. Il peut désigner ce qui est fondamentalement étranger à l’expérience de vie antérieure de la déportée. Page 67 : « Que devenait parmi ces rebuts d’humanité aux mœurs les plus dépravées une pauvre prisonnière politique appartenant à un milieu honnête et sain ? » Il peut désigner ce qui est cruel et inhumain, au sens moderne du terme (page 73) : « On pense aux temps barbares aux “Brunehaut” et aux “Frédégonde”, à ces récits lus dans notre enfance en frémissant d’horreur. »

Le tout est très bien présenté par des auteurs locaux ; on y lira notamment avec intérêt divers développements sur la résistance en Anjou.


Nils Blanchard


Étiquette rajoutée du dernier billet : ONU.

vendredi 11 juillet 2025

Revue de revue de revues de…

Peut-être vais-je finir par devenir un homme de revues ; un « moitié fou » dit (je cite de mémoire, ça ne doit pas être exactement ça) Morand (ou Chardonne?) à propos de Léautaud et de son travail au Mercure de France.
Il y a mes travaux sur 84 (je ne vais pas vous enserrer de liens ; allez voir, l’index, version ordinateur…), textes dans La Route inconnue…

NB - Tallinn, 2018

Et voilà qu’un travail sur un étrange hebdomadaire, Sovjet-Estland, suite à un colloque auquel j’ai participé à l’INALCO en 2021 (déjà…) vient de paraître dans la revue numérique Nordiques (elle aussi en lien de ce blog…)

En voici le résumé : Sovjet-Estland, une revue soviétique pour les Suédois d’Estonie.

« Sovjet-Estland, édité à Tallinn d’octobre 1940 à août 1941, est un hebdomadaire en langue suédoise, à destination des Suédois d’Estonie (environ 8000 habitants) qui paraît pendant la première annexion de l’Estonie par l’URSS, jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes du plan Barbarossa. Organe du parti communiste local (Läänemaa), il est particulier d’abord parce qu’il s’adresse à une petite minorité, et parce que cette minorité est a priori peu à même d’épouser son communisme militant. L’hebdomadaire doit donc s’adapter aux caractéristiques des Esto-Suédois, en reprenant en partie la tradition de leur revue précédente qu’était Kustbon, tout en menant une opération de communication politique, au long de ses 43 numéros. Sovjet-Estland pointe ainsi les efforts du gouvernement soviétique à destination des Esto-Suédois et tâche de les convaincre de renoncer à l’idée d’émigrer vers la Suède. En même temps, Sovjet-Estland peut apparaître comme une tribune pour développer l’image d’un contre-modèle à destination de l’Occident. »

NB - Tallinn, 2018, vers l'ancienne prison Patarei 

Il se trouve que peu avant a paru le numéro 73 de La revue des revues (en lien de ce blog, cela aussi, en lien…) Celui-ci, je me le suis procuré (maintenant, je suis abonné…) à cause d’un de ses titres (je parlais récemment de mes dispersions… de Jules Roy aussi…) : « Henri Bosco, Aguedal ».
Pour être plus précis, c’est un article de Guy Dugas, « Henri Bosco au Maroc (1931-1955) et l’aventure d’Aguedal ». Seize pages (avec illustrations) sur un sujet (qui m’intéresse…) sur lequel on trouve peu de choses sur le net et ailleurs…
Résumé ? Résumé…

« C'est chose peu connue : l’écrivain provençal Henri Bosco (1888-1976) a passé près de 25 années au Maroc, entre 1931 et 1955. Outre la publication de plusieurs ouvrages importants, notamment Le Mas Théotime (éd. Charlot, 1945) prix Renaudot, il y dirigea durant cette période très compliquée la revue Aguedal (une vingtaine de numéros avec une suspension au début de la guerre, et quelques tirés-à-part).
Par sa longévité comme par la richesse de ses sommaires, son ancrage en milieu arabe et berbère sans équivalent parmi les revues nord-africaines de la période coloniale, Aguedal représente un élément majeur de l’histoire littéraire au Maghreb. Elle a été le creuset d’une réflexion, contrariée par la guerre, sur une « métaphysique orientale » inspirée de la Doctrine guénonienne qui irriguera une partie de la littérature marocaine contemporaine, de langue arabe ou française, grâce à des intellectuels tels que Mohamed-Aziz Lahbabi ou Ahmed Sefrioui. » (Guy Dugas.)



Jules Roy et Henri Bosco ont entretenu une correspondance pendant la guerre. Jules Roy reçut les lettres d’abord en Afrique du Nord, puis en Angleterre, où il servait sur un équipage de bombardier – il en a parlé (notamment encore) dans La Vallée heureuse. Ou, voyez-vous ça, dans un livre évoqué récemment par Argoul, Le navigateur.– Puis à Paris…
Les lettres de Henri Bosco (1942 à 1969, mais en fait surtout jusqu’à 1946) ont été gardées par Jules Roy et publiées par l’Amitié Henri Bosco, dans le vingt-cinquième de leurs Cahiers Henri Bosco (1985).
Comme Jules Roy le note dans un texte introductif, l’amitié des deux hommes fut de quelques années, et semble-t-il surtout épistolaire. Il semble que ce soit Jules Roy qui écrivit d’abord à son aîné ; il se souvient : « Son âme sensible avait compris à quel point j’étais coincé entre mes devoirs et mes affections et combien j’avais peu d’espoir de m’en sortir. Durant cette longue période de nuit semée de feux et de terreur, il veilla sur moi. » (Cahiers Henri Bosco, 25, 1985, pages 89-90.)

On peut penser peut-être, même s’il semble que les drones ont remplacé en grande partie les bombardiers, à certains combattants d’Ukraine.


Nils Blanchard


Triche. Ajout d'étiquette du dernier billet : Garçon au poisson. 

mardi 26 septembre 2023

(K)ungälv (II), et ailleurs (et pas le 22 mais le 26…)

Il était question des méfaits de la sous-traitance, il y a peu, à Kungälv. On sait, dans l’histoire des années trente et quarante, les dégâts (pour le moins) qu’ont pu commettre les polices ou armées – milices – « parallèles » aux usages de l’État de droit…

Bruegel l'Ancien, La chute d'Icare, Wikipedia.

Mais plus généralement, la Suède nous ouvre la voie – on la suit, souvent, parfois à raison ; là… – de la sous-traitance dans bien des domaines. Ainsi le secteur privé a vampirisé le « secteur » de l’éducation.
Anne-Françoise Hivert en parle dans Le Monde du 9 septembre 2022
(Bon... pour ce qui est des enquêtes "Pisa" évoquées dans cet article, j'aurais tendance à dire qu'être mal noté par elles est plutôt un bon point...)

Ou encore, plus récemment, cet article somme toute assez surprenant – comment peut-on être aussi naïf ? – dans Le Monde du 22 septembre dernier, d'Anne-Françoise Hivert encore.

Bon, mais le 22 septembre… malgré des températures encore vaguement « mexicaines », je ne peux m'en empêcher :   

Le vingt-e-deux septembre au diable vous partîtes,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous…
Or, nous y revoilà mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd’hui : je m’en fous.


Or donc, Le Monde, 22 septembre, page 19, pleine page ; l’article est intitulé : « En Suède, une ville dans la tourmente immobilière – En 2007, la commune de Härnösand a vendu 43 bâtiments publics à une société privée. Aujourd’hui, elle est confrontée à une hausse record des loyers, qui grève son budget. »
C'est qu’on lui avait promis de l’argent frais, tracé des plans sur la comète ; des sociétés privées entretiendraient bien mieux ses bâtiments qu’elle-même…
Comment, oui, être aussi naïf ?
Forcément, est-il expliqué : « (…) ce qui ne devait pas se produire est arrivé. Avec le retour de l’inflation, les loyers se sont envolés (...) »
Et un directeur de collège d’observer, assez logiquement : « Si les électeurs peuvent renvoyer leurs élus, “ils ne peuvent rien faire contre les sociétés privées”. »

NB

Un article de Yohann Aucante de Nordiques (en lien de ce blog ; là, dans le numéro 43 de 2022 : « Crise politique et réponses à l’épidémie de COVID-19 en Suède » – indépendamment de ce qu’on en peut penser quant au recul qu’on pouvait avoir alors fin 2022, et aujourd’hui encore, sur la gestion suédoise de cette crise (voir aussi ici) – met l’accent sur la catastrophe qu’a été, globalement, le sort des personnes âgées vulnérables. Et on n’est guère étonné de voir dans cet article rappelées les privatisations qui ont eu lieu dans le secteur de soins aux personnes âgées, au milieu des années 1990. (Et, personnellement, je ne peux ne pas avoir une pensée pour ma grand-mère. J’en reparlerai vraisemblablement.)

« Tout en louant le respect des libertés et des droits individuels ainsi que des institutions, elle y stigmatisait les lourdes conséquences d’une réaction trop tardive et lente, notamment pour les établissements recevant des personnes âgées vulnérables. (…) Or, le système de prise en charge suédois (…) est aussi un sujet de polémiques depuis de nombreuses années. En effet, ce secteur a été profondément réformé, décentralisé et ouvert aux opérateurs privés depuis le milieu des années 1990. Avec le vieillissement de la population suédoise, il est devenu le premier secteur en termes d’emploi et le moins qu’on puisse dire est qu’une part significative de ces postes sont précaires, souvent payés à l’heure et requièrent des agents qui partagent leur service entre plusieurs établissements quand ils ne font pas du travail à domicile. (…) Les faibles capacités de diagnostic médical, les choix parfois stricts en matière de priorité d’accès dans les services de réanimation ont contribué à décimer cette population dont les conditions de fin de vie ont parfois été très problématiques. »

Mais pourquoi Icare, en début de ce billet ?

D'abord, parce qu'il est question de Bruegel, dans Le tableau de Savery, de Martin Fahlén, dont je reparlerai bien sûr, très vite (j'en suis le traducteur).  


Ensuite, de la psychologie de Brassens, qui n'est pas précisément de bazar: 

Le complexe d'Icare à présent m'abandone, 
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.


Nils Blanchard

samedi 11 mars 2023

Quelques « petites » choses / blogs et sites II

J'ai déjà dû dire que je trouvais l’hiver long. Pour toutes sortes de raisons, etc. Forcément, cette affiche parue sur le site d’Ent’revues (en lien de ce blog, etc.), a attiré mon attention.

Ça, c’est à Paris.
Ma ville mais où je n’ai pas l’or pour y vivre.

En Suède, réédition de Premier amour, (Första kärleken), de Tourgueniev, avec une nouvelle traduction de Christopher Mankell. C’est Bernur qui signale la chose le 3 mars.


Or il se trouve que je suis en train de le lire (en français). Sur mon édition (bon marché – Librio), le détail d’un tableau de Kapiton Zelentsov.
Petite recherche sur Google, il y a chez ce peintre quelque chose de Carl Larsson (beaucoup d’intérieurs avec personnages…) mâtinée d’une sorte de hiératisme empire…

Kapiton Zelentsov, Wikipedia


Bernur, comme Voyage dans les lettres nordiques de Thierry Maricourt (dont je reparlerai), sont des blog et site que je n’arrive pas à mettre avec les autres en lien de celui-ci pour des raisons techniques bien regrettables.

Dans un autre blog, Le Poignard subtil (en lien d’Alluvions) qui fait des « passerelles entre l’art populaire, l’art brut, l’art naïf, le surréalisme spontané et l’art immédiat », on trouve un singulier dessin de Taisiia Cherkasova. Le blogueur remarque qu'il semble annoncer l'attaque russe en Ukraine.

Bon, mais quant à faire la part des choses… Bernur :

« Jag hann läsa halva boken innan det slog mig: är det passande att läsa en rysk författare i dessa tider? (…) Här ska dock något mer än två saker hållas i huvudet samtidigt: 1) Putin är inte Ryssland; 2) Putin är Ryssland. »

« J'en étais arrivé à peu près au milieu du livre quand ça m’a traversé : est-ce convenable de lire un auteur russe en nos temps ? (…) Là, il faut arriver à faire tenir plus de deux choses en même temps dans la tête : 1) Poutine n’est pas la Russie ; 2) Poutine, c’est la Russie. »

Or il se trouve que moi aussi suis à la moitié du livre…

Carl Larsson, Autoportrait dans l'atelier, 1912; Musée de Malmö, Wikipedia


Nils Blanchard


P-S. : Triche ; je me dois de rajouter quelques étiquettes que je n’ai pu ajouter à celles du dernier article : Thomas Nydahl, Edith Boissonnas, Nantes, Wera von Essen, Svenska Dagsbladet.

vendredi 26 août 2022

(19)42

C'est le numéro (aussi), de cette revue Nordique, de Caen, déjà évoquée. J’ai dit que j’en reparlerais, et j’en reparlerai encore…


NB - Laholm


Mais, au début de son interview par Harri Veivo, cette réponse de Susanna Alakoski (auteure suédo-finlandaise – traduction de Harri Veivo et Yohann Aucante), qui me ramène à mes LONGING, à mes tissages… mais aussi à la langue et à la migration…

« Bomullsänglen peut bien être analysé comme cette broderie qui tiendrait ensemble plusieurs mondes parallèles, mais qui parfois ne communiquent qu’à travers les pensées et les sentiments des protagonistes. Je considère la migration un peu de cette façon, dans le sens où nous nous trouvons dans plusieurs pays en même temps, et peut-être sommes-nous « étrangers » dans notre propre esprit chaque jour par le fait de changer de langue sans même que les autres s’en aperçoivent. »

Edith Södergran ? (Jag.)

« Jag är främmande i detta land, / som ligger djupt under det tryckande havet, / solen blickar in med ringlande strålar / och luften flyter mellan mina händer. / Man sade mig att jag är född i fångenskap – (…) »

« Je suis étrangère en ce pays, / qui gît en profondeur, sous la mer oppressante, / Les regards du soleil ondoient là, rayonnants / et l’air s’écoule entre mes mains. / On me disait que j’étais née en captivité – (…) »

Elle était entre Finlande, Suède, Russie… et d’autres langues encore.


NB - Laholm


Roger Dale (image de couverture de mon livre) a récemment donné un « Grand entretien » au Magazine de la Faculté des Arts plastiques de l’Université de Strasbourg (ce printemps).
Il parle d’une autre forme de migration, liée à la guerre ; il explique en effet dans cet entretien (page 6 – attention, si vous consultez cet entretien sur la toile, il y a deux pages 6…) :

« Ce lien avec la guerre, je le tiens de mon père. Parce qu’il était pilote dans la Royal Air Force, à bord des bombardiers qui ont pilonné Stuttgart, Dresde ou encore Francfort, à la fin de la guerre. Il disait que l’avion commençait à chauffer en s’approchant de Dresde, tellement la ville était enflammée. Après la guerre, il a voulu fuir l’Angleterre et cette mémoire et il nous a emmené au Canada, à l’abri de l’Europe. À l’abri de la guerre. »

*
* *

Sur un blog aujourd’hui disparu, j’avais copié-collé un article sur une photo, sans référence, mais présentée de 1942, d’août 1942. Il y aurait exactement 80 ans. Le commentaire :

I love this vintage photograph...
It tells a story...
Happiness, love and friendship...
Two American boys?
What was their fate? Did they go to war? Did they come back from war?
I love the mood of this photograph...
Summer memories...

La photo : 



Tout d’abord, je trouve la coupe des garçons, voire leur attitude, un peu modernes pour 1942.
Autre chose : s’ils sont, peut-être, américains, le paysage (vieux bâtiment agricole au loin, plutôt en pierre, bocage), semble plus appartenir à l’Europe ; mettons à l’Ouest de la France ou à l’Angleterre.

Last, but not least : en août 1942, Elmar Krusman, alors âgé de 21 ans (ça « colle »…) avait été arrêté depuis un an et était alors détenu dans un « AEL » en Estonie (par la Sipo), avant un parcours concentrationnaire qui allait le conduire de Stutthof (Danzig) à un camp annexe du Struthof.

Bref, on ne sait pas dans quel temps on est, ni où, ni avec qui. (À moins de considérer que la photo soit a priori bien légendée.)

What was their fate ? Méfiez-vous mes petits amis (ça, c’est une expression de Jules Roy ; lui, 1942… Bombardier ; une autre histoire encore…), pour peu qu’une pièce de puzzle vous tombe sous le nez, vous risquez d’y passer quelques mois, quelques années de recherche…

Why not ?


Nils Blanchard


vendredi 29 juillet 2022

Göte Brunberg, Diplomatie, Houellebecq, monde nordique et… Camille Claus

Avant-propos

J'ai appris la mort de Göte Brunberg (via les sites esto-suédois en lien de ce blog).

Capture d’écran sur le site de la Svenska Odlingens Vänner (SOV)

À l'instar de Maurice Carrez que j’évoque plus bas, Göte Brunberg a écrit un long et détaillé sur Elmar Krusman, pour la revue Rickul/Nuckö Hembygdsförenings Medlemsblad.   

Aussi, et surtout, mine de renseignements sur la culture esto-suédoise dont il était originaire, il partageait avec enthousiasme ses connaissances (à la demande, et dans de nombreux articles).

Je n’ai pas eu la chance de le rencontrer, mais je lui dois des informations qui ont été déterminantes pour l’écriture de mon livre, sans compter différentes personnes avec qui je suis entré en relation grâce à lui.

Jag beklagar sorgen.

*
* *

À plusieurs reprises, ces derniers temps, la Suède a pris à rebrousse-poil les opinions à l’emporte pièce, a priori, que l’on pouvait se faire sur elle.

Image du générique de « Tjockare än vatten », capture d’écran

Une de ces idées reçues (ou envoyées), assez originale, d’ailleurs, est émise par Michel Houellebecq, plus exactement son propre personnage, qu’il interprète lui-même, dans deux films de Guilaume Nicloux.
Guillaume Nicloux est un réalisateur que j’affectionne, pour plusieurs raisons, dont la moindre n’est pas de faire part de son admiration pour l’écrivain André Dhôtel.
Mais c’est aussi l’auteur de beaux films comme Valley of love, Le Concile de pierre, l’énigmatique et forestier The end
Dans sa filmographie, deux opus un peu particuliers (un téléfilm et sa suite en film sortie salle) : L’enlèvement de Michel Houellebecq et Thalasso.


À la fin du premier, et ce dialogue est repris au début du second… Houellebecq assène que la Suède est l’inverse d’une démocratie (je cite de mémoire…)
À en croire Thomas Nydahl sur son blog – lien –, la Suède filerait en effet un bien mauvais coton.
Mais cependant...

Sur le plan diplomatique, il me semble que la fin annoncée de la neutralité du royaume et les concessions annoncées à la Turquie, ne sont guère réjouissantes.
Reste à savoir quel est l’autre choix.

C'est à suivre : la diplomatie suédoise et Houellebecq (et la réception suédoise d’icelui…)



Bon. Mais je suis tombé récemment sur un article sur Elmar Krusman, qui m’a fait bien plaisir car s’il montre une lecture enthousiaste du livre, c’est sans concession à quelques manques. Je veux parler du compte-rendu de lecture, dans le dernier numéro (42, printemps 2022, Écritures autobiographiques dans les littératures des pays nordiques, 1960-2020) de Nordiques, de Maurice Carrez. (Un grand merci à lui – et à la revue en général.)

J'ai ajouté un lien, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, vers le site de cette publication.

Et dans ce dernier numéro est beaucoup évoquée la littérature suédophone finlandaise ; on y reviendra, on y reviendra…


Nils Blanchard


P.-S. Le blog Alluvions (en lien à celui-ci), s’intéresse depuis quelques jours aux échelles et autres escales, de Jacob entre autres. (Ce, qui plus est, après être passé par le Gévaudan, où j’étais moi-même il y a peu.)
Ça m’a rappelé le tableau de Camille Claus, à l’exposition de ce printemps à Drusenheim (Bas-Rhin) : Combat de Jacob avec l’ange (de 1957).

NB - Camille Claus, Combat de Jacob avec l’ange, 1957, musée de Drusenheim, printemps 2022


Sur la toile, j’en ai trouvé un autre, même titre, mais de 1954.

Camille Claus, Combat de Jacob avec l’ange, 1954, capture d’écran


Et allez, c’est cadeau :

NB - Camille Claus, musée de Drusenheim, printemps 2022



Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...