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lundi 16 mars 2026

Vie d’auteure / Romantisme ?

Je ne pensais pas que j’allais donner une suite à ce premier article « Vie d’auteure », à propos d’une blogueuse dont le site est en lien du mien. Mais voilà qu’une autre blogueuse – auteure ? –, elle aussi en lien… évoque un travail littéraire en cours. (Et d'autres encore, on en parlera, sans doute, etc.)

NB - La Hague

Pour Ulrika Nettelblad, cela donnera un roman intitulé Sjukdomen (La Maladie). Pour Julia Eriksson, on n’en sait rien encore, mais il semble que la météo soit très présente dans son travail.
Elle écrit en effet le 18 février 2026 :

« I romantexten jag skriver på inser jag att det är fullt av väderbeskrivningar, karaktärerna har svårt att gå utanför porten utan att jag skildrar den meteorologiska tillvaron och kopplar samman den med deras sinnestillstånd. Förmodligen måste jag stryka hälften (...) »

« Je me rends compte que dans mon roman en cours d’écriture il y a plein de descriptions du temps ; les personnages passent difficilement la porte sans que j’aie décrit l’ambiance météo autour d’eux et que je l’aie reliée à leur état d’esprit. Il faudra sans doute que j’en retire la moitié (…) »

NB - La Hague

Maladie, caprice des éléments… Peut-être voit-on où je veux en venir : n’est-on pas en plein romantisme ; renonciations désespérées et tempêtes…

Dans mon propre blog, j’ai peu parlé de météorologie, si ce n’est pour évoquer des inondations me semble-t-il, ou pour me languir de l’été. Par contre, j’ai entamé une série de billets autour de la tuberculose, ce terrible mal des temps passés, que l’on croise sans cesse, un peu comme on croiserait quelque personne antipathique qu’on ne saurait comment saluer, dans les biographies de peintres, écrivains, au moins jusqu’à l’immédiat après (seconde)- guerre.

Quant aux flashs météo de la radio suédoise…

« På radion säger de att vinterkylan tagit ett grepp om oss. Den ser inte ut att gå någonstans, så långt 10-dygnsprognosen sträcker sig finns den där. Isande och kall, med froströk och ymniga snöfall och även om jag inte älskar just detta arktiska tillstånd så är det något med vädersleksrapporterna som jag alltid gillat. »

« À la radio, ils annoncent qu’on en a pour un certain temps avec le froid. Et ça ne semble déboucher nulle part, en tout cas pour ce qui est des prévisions à dix jours. Glacial et froid, avec du givre et de la neige en abondance ; et même si je n’aime pas précisément cette ambiance arctique, il y a quelque chose avec les bulletins météo que j’ai toujours apprécié. »

J'écoute parfois en boucle P1 à la radio, quand je suis en Suède. Ou est-ce sur P2 ou P3 ? Arrive, vers le soir, une voix d’homme le plus souvent, qui entame une longue déclinaison de forces du vent, pluies voire températures à tel ou tel lieu d’une carte marine à laquelle, moi non plus, je ne connais pas grand-chose.

NB - La Hague

La voix prend parfois un ton las ; des soupirs ne sont pas forcément retenus. C’est que les informations sont monotones, mais on imagine qu’elles ont de l’importance pour ceux qui les guettent dans leur bateau, à tel ou tel lieu maritime plus ou moins éloigné du littoral qu’eux connaissent. On peut imaginer plein d’histoires sur les gens de ces bateaux, grands cargos ou petits voiliers ; plutôt petits voiliers – on imagine que les grands navires n’ont pas besoin d’ondes nationales…
Les mots se succèdent en boucle, on n’y prend plus garde. Quelques sonorités, en effet, émergent.

Puis au bout d’un moment on coupe, si ça ne passe pas à autre chose.
N'est-ce pas du reste un peu le propre de notre époque ?


Nils Blanchard


P.-S. : Appris, un peu par hasard et avec tristesse, la mort de Jean-Loup Trassard, dont il a été un peu question ici. Je serais revenu, je reviendrai à lui, au fil de mes lectures. C’est une belle maison d’édition, Le temps qu’il fait – on parlait de météorologie –, qui éditait plusieurs de ses ouvrages (il côtoyait en ces éditions Henri Thomas, André Dhôtel, Alain Galan… d’autres encore… du très beau monde pour moi).
Il est mort en janvier, à Ernée, un coin de la Mayenne que je connais un peu, beaucoup… vaguement, comme dirait l’autre (cf. index à droite de l’écran… version ordinateur. Etc.)

samedi 7 mars 2026

Fleurs / Décalage – Une cinquième saison

C'est Alain Souchon qui chantait – qui chante peut-être toujours ? – « J’aurais mis des p’tits brins d’bruyère sur ton coeur / Toi qui trouves que pour un garçon / J’aime trop les fleurs ».
C’est dans la chanson Portbail, qui parle aussi, d’une maison dans le Cotentin.
Eh, les maisons, à nouveau…

Henri Lebasque, Jeune fille au collier de fleurs,
vers 1914 - Capture d'écran 

Récemment, quelqu’un de cueillir une première anémone des bois de l’année. (En vitsippa.) Et pourquoi je pense à tout ça ? J’attends l’été, encore, bien sûr…

Envie de sortir de cet hiver trumpien – le coup d’éclat permanent –, et pas que…
Mais c’est que les fleurs peuvent aussi inquiéter ; ainsi de ces Vanités, ces bouquets de fleurs qui marquent, en le fixant, le passage du temps. Savery en a laissé plusieurs ; l’un est dans le livre de Martin Fahlén ; pas le même – mais ressemblant – que celui-ci :

Roelandt Savery, Bouquet de fleurs,
Musée des Beaux-Arts de Lille, Wikipedia

Attention aussi, une première fleur n’est pas l’explosion du printemps. Mais cette saison entre l’hiver et le printemps donne la sensation d’un décalage. Or après tout, mars est le mois de la guerre ; qu’est-ce qui peut alors tant nous étonner dans les conflits actuels ?

De nouvelles alliances ?
Article dans le Göteborgs Posten (de Wiktor Nummelin et TT) sur la visite d’E. Macron à l’Arsenal de Brest. À aucun moment il n’est question là d’OTAN, d’Union européenne, comme s’il s’agissait d’ustensiles poussiéreux qu’on garde au fond d’un placard.

« Allt är en del av en ny kärnvapenstrategi som håller på att utvecklas, i ljuset av Rysslands krig i Ukraina.
– Vi måste se vår avskräckningsstrategi mot bakgrund av hela den europeiska kontinenten – med skapande av vad jag kallar en ”avancerad avskräckning”, säger Macron.
I den ingår bland annat möjligheten för ”europeiska allierade” – däribland länder som Sverige, Danmark, Polen, Belgien och Nederländerna – att delta i övandet av den franska ”avskräckningsförmågan". »

« Tout ceci fait partie d’une nouvelle stratégie nucléaire qui se déploie, à la lumière de la guerre russe en Ukraine.
– Nous devons voir notre stratégie de dissuasion dans le contexte de tout le continent européen – en formant ce que j’appelle une ”dissuasion avancée”, dit Macron.
En fait partie la possibilité pour des alliés européens – parmi lesquels la Suède, le Danemark, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas – de prendre part à la capacité française de dissuasion". »

(En tout, huit pays, puisque s’y ajoutent le Royaume-Uni et l’Allemagne.)

Jeune homme en mars (sans auteur)
- Capture d’écran

Décalage ; sentiment de ne pas être en situation connue.
Retour à Albert Camus… N’est-on pas dans cette situation, somme toute, depuis les évolutions de la Seconde Guerre mondiale – Shoah et massacres de masse technologiques (bombardements…), parmi ces bombardements : l’usage de l’arme atomique ?

Julia Eriksson, pour en revenir à des sujets plus ciel à ciel, évoque il y a quelques jours une cinquième saison :

« Det är den första mars och utanför fönstret har snön smält bort (…) En ny period har sakta börjat att ta vid, men nu gäller det att vara försiktig. Det är en styggelse att räkna med vår i mars, det gör en bara besviken. Än är det långt kvar, men i ett försök att blidka mig själv har jag valt att tänka på den här perioden som den femte säsongen: vårvinter. »

« On est au premier mars et la neige a fondu au dehors (…) Prudemment, une nouvelle saison commence, mais il faut être prudent. C’est une erreur de compter sur le printemps dès mars, et ça ne peut qu’amener de la déception. Il faut encore attendre, mais pour m’y résoudre, j’ai choisi de considérer qu’il y avait une cinquième saison : le printhiver. »


Moi de la guerre donc, et des maladies ? Tuberculose, pneumonies ; rhumes divers chopés ou transmis par les imprudents (et jusqu’en avril, ne te découvre pas d’un fil…)

Et les filles d’avril (texte de Souchon encore, mais là, c’est Voulzy qui chante…) Qui, par ailleurs, a chanté Le pouvoir des fleurs…

Et la paix. Dans l’album Lys and love… « La neuvième croisade. » Allez !

La paix !

 
Nils Blanchard


Triche ; rajout d'étiquettes du dernier billet : antisémitisme, Iran, Israël, États-Unis.  

mardi 11 mars 2025

Jacksonite et mort d’une marraine

Mars ; temps de la guerre, mais aussi des prémisses du printemps ; c’est trompeur… Court séjour à l’Ouest – entre autres pour les obsèques de ma marraine… (Pas particulièrement suédoise ; mais c’est elle qui m’avait fait découvrir Henning Mankell…)

NB - mars 2025


Peu avant, allocution d’E. Macron à propos de l’évolution géopolitique (5 mars). C’est dès la Seconde Guerre de Tchétchénie que beaucoup ont compris (pas certains extrêmes, pas certains hommes de droite) que le poutinisme était dangereux, foncièrement malintentionné. Je me souviens d’un article, dans Le Monde je crois, d’André Glücksmann à ce propos.

Oui, on change d’ère. Ce qu’on appelle l’époque contemporaine, à partir de 1789, est divisée ainsi en périodes, qui se révèlent – ce sont là les secrets de la chimie des temps et des pensées – parfois plus tard. Ainsi en est-il des années 1941-1942, qui marquent l’entrée des États-Unis dans la guerre (décembre 41), l’attaque allemande en URSS (été), mais aussi la conférence de Wannsee (20 janvier 1942). On pourrait y ajouter la confirmation du programme atomique par Roosevelt.
La Seconde Guerre mondiale est fondamentalement différente de la Première (étrange tendance à lier les deux en un seul conflit, çà et là…) Certes elles ont des ressemblances, des logiques communes ; mais cette industrialisation de l’horreur et de l’inhumanité (la Shoah), ce développement d’armes menaçant l’existence même de notre espèce (l’atome), j’ajouterais aussi les alliances problématiques (un Henry Ford soutien du parti nazi, ou encore l’alliance avec le totalitarisme lénino-stalinien…), ont plongé le monde dans un provisoire illusoire (guerre froide puis lendemains incertains, dont on sortirait maintenant).

NB (enfant) - Jacqueline Roulet

Ma marraine, Jacqueline Roulet, est morte le 4 mars à 102 ans. Femme, dans mon souvenir, de principes, çà et là, d’éclats de rires et de lectures, amoureuse aussi des plantes et des jardins, elle était donc née en 1922, un an après Elmar Krusman.
1921, 1922 – dates qui sont revenues, par hasard, en ce blog… – ce sont les années qui suivent les traités de Paris (dont celui de Versailles), qui ont forgé une Europe de l’échec.
Ce sont les années folles ; Dada a déjà été terrassé par les surréalistes.
Ma marraine a onze ans quand Hitler arrive au pouvoir et, quasiment au jour près, Roosevelt est investi président (Trump en a troqué le portrait, paraît-il, dans le « salon ovale » de la Maison-Blanche, par celui d’Andrew Jackson, par ailleurs planteur esclavagiste, auteur du Indian Removal Act de 1830, bref, du beau monde…)
D'un côté les fantasmes, la folie morbide, de l’autre un certain keynésianisme face à la crise, le pari en la démocratie.
En 1941, ma marraine a quasiment vingt ans. Je pense qu’elle a déjà dû contracter une tuberculose osseuse qui lui occasionnera toute sa vie quelques difficultés à marcher (ce qui ne l’a pas empêchée de courir le monde et la vie).
Je lui ai toujours trouvé un certain air de gravité, de réserve, face aux évolutions du monde. On ne la lui faisait pas ; tout ça n’était pas une plaisanterie.
Son grand homme : Senghor, parce qu’elle avait passé quelques années en Afrique au moment de l’alliance entre le Mali et le Sénégal.

NB - mars 2025

Précisément – j’y pense à cause des sécheresses au Sahel – quelque chose manque, régulièrement, aux discours de Macron, de bien d’autres : le souci de l’environnement.
Et si l’oubli quasi complet, dans l’industrialisation triomphante des dix-neuvième et vingtième siècle, de notre condition de vivants, parmi d’autres vivants, n’avait pas été la ciguë qui avait préparé notre humanité à ce qu’on appelle, d’un hochement d’expression, les « horreurs du vingtième siècle » ?
Ce sont les rejetons de ces pages sombres qu’il faut stopper.


Nils Blanchard


Triche. Rajout d’étiquettes du dernier billet : Charles Ponsonailhe, AfD, Volker Schlöndorff, Friedrich Merz, Ukraine.

dimanche 25 août 2024

De la tuberculose, II

Où que l’on se tourne, pour peu qu’on s’intéresse un peu aux quinze – vingt décennies qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale, et encore un peu après, on bute sur cette maladie, quel que soit le nom qu’on lui donne… Aussi dans les pays du Nord.

E. Munch, l’enfant malade (II), Wikipedia.
(Munch qui apparaît aussi dans Le tableau de Savery)

Étrangement, on retrouve ce thème dans un récent « clip » – et une récente chanson – de Mademoiselle K, déjà évoquée ici. Les paroles seules ne nous amèneraient pas forcément à penser à la tuberculose, même s’il est question de « chloroforme », d’« ennui »… de mort…

Les images du clip, en revanche, sont troublantes (un lit de fer ancien, tout ceci au bord de la mer, le maquillage marquant les cernes de la chanteuse…)

Mademoiselle K, capture d'écran


Les temps de crise sanitaire, relativement récemment, se sont étrangement rapprochés de ceux où l’on luttait, contre la tuberculose. Ouvrir les fenêtres, ne pas cracher et autres règles d’hygiène…
Dans un certain sens – très différemment bien sûr –, les périodes de confinement, de restrictions diverses… ont ménagé de nouvelles façons d’aborder la réalité, qui ont traumatisé certaines personnes et, au contraire, paradoxalement libéré d’autres de chaînes anciennes. Ainsi a-t-on assisté à des évolutions professionnelles, personnelles, à des retrouvailles avec des aspects de la vie oubliés (lecture, paresse, jardinage, méditation, que sais-je…)
C'est d’ailleurs dans la chanson de Mademoiselle K, dont l’album est aussi un album post-covid… « Est-ce qu’il faut qu’j’change de vie ?... »

NB - Croquis machinaux pendant la pandémie


Et une autre chanson de l’album nous ramène – en se tirant un peu les cheveux, dont je ne dispose guère quant à moi – à La montagne magique, c’est Les Trains.
C'est en train que le bon Hans Castorp arrive, de son Hambourg maritime et bourgeois, à la montagne de Davos (p. 14, Livre de poche, traduction de Maurice Betz) :

« Il vit que l’ascension avait pris fin. Le point culminant du défilé était franchi. Au milieu de la vallée plane, le train à présent roulait plus agréablement.
Il était huit heures environ, le jour durait encore. Un lac parut dans le lointain du paysage ; son eau était grise, et les forêts de pins montaient, noires, au-dessus des rives et le long des pentes, se clairsemaient, se perdaient, ne laissant qu’une masse pierreuse de nudité embrumée. On s’arrêta près d’une petite gare, c’était Davos-Dorf (...) »

Et outre les trains, il y a aussi des ascensions, dans ce dernier album de Mademoiselle K (qui date déjà d’il y a plus de deux ans…)

« Trafiquante de crêtes / extractrice de sueur / cracheuse de poumons / marcheuse cicatricielle / CIEL »

(Le bleu des masques?)


Nils Blanchard

mercredi 10 janvier 2024

Au hasard, Stockholm, Paris… (à défaut d’un Paris-Stockholm)

Martin Fahlén m’informe de la tenue d’une conférence sur sa parente, dont il est question dans Le tableau de Savery, Marika Stiernstedt.

NB - Stockholm en hiver

Quand je travaillais à la traduction du Tableau de Savery, je m’étais intéressé à elle. C’était en effet la sœur de Märta, la grand-mère du titre original en suédois (Märtas tavla) ; elle est évoquée page 55 de la traduction française : on note qu’elle se décida tôt à devenir écrivaine, et qu’elle lisait ses premiers jets à sa sœur.
Et en note : « Marika Stjernstedt (1875–1954) catholique et socialiste, a publié une trentaine de livres, romans, essais et mémoires. À Paris, elle a connu notamment Jules Pascin. »

Marika Stiernstedt

J'avais compulsé notamment une revue, Hertha, « Tidskrift för den svenska kvinnorörelsen » (« Revue pour le mouvement féministe suédois »). 
C’est un peu un hasard (un peu beaucoup), j’ai fait un cours avant les vacances, à l’université, justement sur le mouvement féministe nordique – à quoi j’ai ajouté des développements sur Edith Södergran et sur la tuberculose.
Liens ? Edith Södergran elle-même, bien sûr. Mais voyez aussi cette publication (que je n’ai pas utilisée pour ce cours…)


Elle contient cette publicité: 



On reviendra sur tout cela, les sanatoriums, Edith Södergran, Hertha

Eh ! Dans ce numéro, aussi, un article sur l’onanisme, la nécessité du désarmement international… (Non, là, je ne crois pas qu’il y ait de lien particulier…)



Puis un article sur quatre pages (deux colonnes) d’Ellen Kleman (la directrice de la revue) s’intitule : « Deras liv och minnen » – « Leurs vies et souvenirs ». Il y est recensé des ouvrages de Selma lagerlöf, Alma Söderhjelm, historienne (notamment) finlandaise de langue suédoise, et Marika Stiernstedt.

Que de gens fascinants (auteure de l’article comprise) !
Que de thèmes à découvrir, à évoquer !
Je serais volontiers allé à Stockholm assister à la conférence, mais n’en saurais trouver le temps (cours à donner – et préparer… –, aussi à l’université), sans parler de l’autorisation de congé qu’il me faudrait obtenir de ne ne sais quelle sous-Klamminette.

Mais pour ceux qui seraient plus libres de leurs mouvements ces temps-ci, voici déjà l’affiche de l’événement – où l’on apprend au passage que Marika Stiernstedt traduisait ses œuvres en français…


Hasard encore, ça se passe à Humlegårdsgatan où j’ai travaillé quelques mois… J’évoque cette rue dans un roman, non encore publié ; il est vrai que je n’ai guère pressé les éditeurs, paraît-il débordés ces temps-ci (il n’y a pas que moi).


Nils Blanchard

samedi 7 janvier 2023

Aux abords de Birkenwald, II – Paris, Munch, chanson perdue

 Bien sûr, quelques uns s’en sont souvenu, Birkenwald, c’est aussi le cadre du roman de jeunesse de Serge Dalens, illustré par Pierre Joubert, au Signe de piste, Le bracelet de vermeil. On y reviendra.

NB - Tuileries, décembre 2022

Mais à Paris, en cette fin d’année froide et pluvieuse, les Tuileries avaient 

comme un air d’après tempête. Ou guerre.

Quelle guerre ?, aurait pu demander André Dhôtel.


NB - Tuileries, décembre 2022

Je me rendais à l’exposition Munch, pas loin, au musée d’Orsay, où je devais

rejoindre un ami.

Munch ; cet ami voulait la voir ; moi aussi bien sûr. C’est aussi que Martin

Fahlén en parle dans ce qui sera bientôt (un peu de patience…) Le tableau de

Märta. Ses grand-parents maternels, Arnold et Märta Raestad, rencontrent le

maître à Oslo. Je cite ? Je cite… C’est vers 1910.


« Den manodepressive konstnären var det året särskilt ansatt av 

förföljelsemani.

Han öppnade dörren, fick syn på Märta och sa att Munch inte alls var hemma,

som om han själv var en vaktmästare. Anledningen till denna bisarra reaktion 

var att han blev stött över den sköna Märtas oannonserade närvaro bland

herrarna.

Hon fick ändå komma in till mästaren (...) »


« Cette année-là, l'artiste maniaco-dépressif était particulièrement sujet au

délire de persécution. 

Il ouvrit la porte, aperçut Märta, et déclara que Munch était absent en se 

faisant passer pour un concierge. Mais l'explication à cette réaction bizarre est

qu'il avait été stupéfié par la présence de cette belle femme, non annoncée,

parmi les visiteurs masculins.

Elle put quand même pénétrer chez le maître (...) »


Et il est vrai qu’il y a pas mal de vampires (désignant des portraits de femmes),

harpies. 

Inversement, ce portrait de sa sœur, touchée par la tuberculose. À ça aussi 

on reviendra…

Et Peer Gynt.


NB, musée d'Orsay; Peer Gynt, lithographie du musée Munch à Oslo


Peer Gynt que l’on retrouve dans Le bracelet de vermeil.


« Christian, grand amateur de musique, et qui ne l’avait jamais entendu, fut 

tout surpris quand Eric, annonçant La mort d’Aase, commença. Décidément,

c’était un artiste. Sous ses doigts agiles, les notes fugitives prenaient une 

âme, et le décor d’alentour s’estompait dans la brume évocatrice des

paysages nordiques.

Jamais encore Christian n’avait ressenti à ce point la mélancolie de Peer 

Gynt. »


Pierre Joubert, illustration du Bracelet de Vermeil, Signe de piste

Bon. Eric est un artiste. Pas Dieu. Ni François Mauriac. Aurait dit Sartre.

Pardon ; je ne peux m’empêcher de citer cet ami en compagnie de qui je vis

cette exposition Munch qui m’a ramené à Birkenwald. Qui pourrait ramener, 

aussi, à Gainsbourg, chanté par Birkin. Lost Song.

Grieg.


« Lost song

A la longue

Lemots semblent superflus

Entre le flux, le reflux »



Nils Blanchard




samedi 1 octobre 2022

Tout ce que le vent...

 Etiquettes, feuilles, bulletins de (vrai ou faux) vote aussi ? Actualités... Tout ce que le vent disperse…

                                                 NB – Allemagne, automne 2021

Je parlais de refus de voter de certain observateur aux élections en Suède

(Article 47), et opposais à cette forme de nihilisme politique la notion de

priorités.

Et voilà que je lis, un peu en retard, « Några rader inför valet » /

« Quelques lignes à propos du vote », sur Den långsamma bloggen

de Lennart Erling, un billet du 5 septembre dernier. Je n’aurais pas mieux dit :


« En vecka kvar och högerpopulism och främlingsfientlighet har spridit sig

som en löpeld, knappast något parti har undgått smittan. 

(…)

Det talas om "krigsvinter". Inte i Ukraina, utan här. Ingen, inte ens

Miljöpartiet, vågar föra fram det väl belagda faktum att om vi ska nå ens

bråkdelen av Parisavtalets krav, så kommer det att innebära

"livsstilsförändringar". Det är ju just vår livsstil som orsakat miljöhoten. 


Men, liksom i helvetet finns det grader även i politiken. Så jag kommer att

rösta, inte så mycket för något som mot. »


« Il reste une semaine, et la droite populiste, la xénophobie se sont

répandues comme une traînée de poudre ; presque aucun parti n’a évité 

la contagion.

(…)

On parle de "guerre d’hiver". Pas en Ukraine, mais ici. Et personne, pas

même les Verts, n’ose rappeler le fait avéré que si on veut seulement

s’approcher de nos obligations liées aux Accords de Paris, cela induira

des "changements de mode de vie". C’est bien justement notre style de 

vie qui a entraîné la crise environnementale.


Mais, comme dans l’enfer, il y a des paliers en politique aussi. Alors, je 

vais voter, non tant pour quelque chose que contre. »


                                                               NB - Walbourg

Le 30 septembre dernier (c’était un vendredi aussi…) Thomas Nydahl

s'interrogeait dans son blog :


« Väntar vi denna fredag på helgfrid? »

« Attend-on, ce vendredi, la paix du week-end ? »


Puis de répondre :


« Det är nu en fåfäng tanke, eftersom frid inte kan finnas i krigstid. (…) »

« C’est une idée vaine, vu que la paix ne saurait être trouvée en temps de

guerre. (…) »


Et de préciser, en se référant à Zweig ; et citer la fin d’un commentaire qu’il

fit en octobre 2015 de Världen av igår. En europés minnen Le Monde 

d’hier. Souvenirs d’un Européen.


« Hela den del av boken som utgör mer än hundra avslutande sidor om 

det andra världskriget är skriven medan katastrofen fortfarande pågår.

Den skrevs i exil, i Brasilien, så långt hemifrån och i så total fysisk 

avskildhet en människa kan befinna sig från sin egen historia (…). Han var

på väg in i ”fosterlandslösheten”, den nedbrytande känsla som tar ifrån

människan hennes fotfäste. »


« Toute une partie du livre, qui compose plus d’une centaine des

dernières pages sur le Seconde Guerre mondiale, est écrite alors que la

catastrophe est toujours en cours. Ça a été écrit au Brésil, très loin de

chez lui, dans le plus total isolement dans lequel un homme puisse se 

trouver vis-à-vis de sa propre histoire (…). Il allait vers l’« apatridité », ce

sentiment accablant de perdre pied. »


On le sait, Thomas Nydahl le rappelle aussi, Stefan Zweig s’est suicidé

avec sa compagne, Charlotte Elisabeth Altmann, le 22 février 1942.


Étrange, cette allusion à Zweig écrivant du Brésil…

Je cherchais justement, peu de temps avant d’avoir lu cela, des 

informations sur le Brésil en lien avec Wera von Essen, traductrice du

portugais.

Dimanche prochain ont lieu les élections présidentielles, au Brésil. Là, il y

a un autre « fascisme » (pour reprendre la terminologie, en théorie

contestable, de Thomas Nydahl) à combattre. Outre le mal qu’il a fait aux

populations (comme en Russie, du reste ; la gestion calamiteuse de la 

crise sanitaire), il porte atteinte à l’environnement, à divers peuples (de la

forêt) certes très minoritaires, mais qui justement – c’est ça, aussi, 

l’inverse du fascisme ! –) ont le droit d’exister, d’être respectés. (Et ne

parlons pas là de « dictature des minorités… » Un peuple qui a vécu des

siècles à un endroit sans emmerder personne et qui demande simplement

le droit d’exister, de survivre… je ne vois pas en quoi il pourrait être 

accusé de quelque dictature que ce fût...)





Et puis on est rattrapé par l’automne.

Mais on en reparlera plus tard. Des champignons en tout cas. Pour

l’instant, malgré tout, esayer de garder un peu de la paix des vacances

(helgfrid) d’été.



Nils Blanchard



P.-S. - triche, donc. Je n'avais plus de place pour les "étiquettes" au 

billet précédent. Il aurait fallu pouvoir y placer aussi Philippe Jaccottet,

Jean Follain, tuberculose, Hannah Arendt, Sjöhistoriska, Alluvions,

Antoine Emaz, Angers. Je les joins donc aux étiquettes de ce billet-ci. 



Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...