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jeudi 11 décembre 2025

Impérialisme et folie

Il y a en lien de ce blog le site consacré à Gammalsvenskby : Svenskbyborna. On peut le lire en anglais et en suédois. En haut, juste en dessous le menu déroulant des différentes rubriques, une page spéciale, depuis plusieurs années maintenant : « Kriget / War information ». Faut-il traduire ?
Gammalsvenskby se situe non loin de Kherson…

NB - Canal de la Marne au Rhin, novembre 2025

La guerre / Informations de guerre. Elles se suivent et se ressemblent souvent, bien malheureusement.

Par exemple (les articles sont de Sofia Hoas) : « Rapport från Gammalsvenskby den 7  november 
Gammalsvenskby (Zmiivka) är i stort sett jämnad med marken. Endast tre personer finns kvar i byn.
Området utsätts fortsatt för ryska bombningar och vägarna är minerade.
Vi fortsätter att hjälpa internflyktingarna från byn som finns kvar i området.
() »

« 7 novembre ; rapport de Gammasvenskby
Lammalsvenskby (Zmiivka) est en grande partie rasée. Seules trois personnes sont encore dans le village. La zone subit toujours les bombardements russes et les routes sont minées.
Nous continuons à aider les réfugiés du village qui se trouvent toujours dans la région.
() »

Cela faisait déjà pas mal de temps qu’ils n’étaient plus que trois.

Site Svenskbyborna, capture d’écran

Plus récemment : « Rapport från Gammalsvenskby den 16 november
Gammalsvenskby/Zmiivka är i stort sätt totalförstörd. Det finns bara två personer kvar. En äldre kvinna som var kvar har avlidit. Ryska armén fortsätter sina terrorbombningar och vägarna är minerade.
Vi fortsätter hjälpa internflyktingarna från byn, som finns kvar i området, utom artilleriavstånd.
Även dessa byar utsätts nu allt oftare för ryska drönarattacker.
() »

16 novembre ; rapport de Gammasvenskby
Gammalsvenskby / Zmiivka est en grande partie totalement détruite. Il ne s’y trouve plus que deux personnes. Une vieille femme qui était encore là est décédée. L’armée russe poursuit ses bombardements de terreur et les routes sont minées.
Nous continuons à aider les réfugiés du village qui se trouvent toujours dans la région, hors de portée de l’artillerie.
Même ces villages sont maintenant soumis de plus en plus souvent à des attaques de drones russes. 
() »

Plus que deux.

NB - Canal de la Marne au Rhin, novembre 2025

Victor Hugo, évidemment ; « Si l’on n’est plus que mille, eh ! bien, j’en suis ! Si même / Ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ; / S’il en demeure dix, je serai le dixième ; / Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »

Mais cette citation a-t-elle quelque chose de pertinent en l’occurrence ? On ne dit pas que les deux habitants restant sont là de leur plein gré.
Peut-être sont-ils trop vieux pour partir ; ou parviennent-ils à aider d’autres habitants des alentours.

NB - Canal de la Marne au Rhin, novembre 2025

Guerre purement impérialiste (du côté russe), à quoi s’ajoute une obstination qui confine à la folie.
Un « simple » empereur ne s’entêterait pas dans une guerre qui va bientôt atteindre ses quatre ans ; et combien de morts ?
Même Napoléon III, que Hugo pourfendait, s’est rendu à Sedan (après moins de deux mois de guerre). Ça se lit très bien, dans Zola, La Débâcle.


Nils Blanchard


Ajout. - On ne va pas commenter infiniment les propos de D. Trump. Le Göteborgs Posten néanmoins de relever récemment (via l’agence de presse suédoise TT) les propos du président américain dans une interview le 9 décembre : « – Vi hade ett möte och jag sade: ”Varför tar vi bara in folk från ’skithålsländer’ (shithole countries)? Eller hur? Varför kan vi inte få lite folk från Norge, Sverige? Bara ett par”(…) » (« – J’ai dit lors d’une rencontre : ”Pourquoi n’accueillons-nous que des gens de pays ’trous à rats’ (shithole countries)? Non ? Pourquoi ne pourrions-nous pas prendre aussi des gens de Norvège, Suède ? Quelques uns”(…) »)
Quand on pense, parmi bien d’autres choses, que le vice-président de ce monsieur a eu une audience avec le pape François, la veille de la mort d’icelui…
L'article de GP de commenter, par ailleurs : « ”Skithålsländer"-kommentaren 2018 väckte ramaskri världen över och Trump själv påstod att han blivit felciterad. Nu erkänner han alltså att det faktiskt var det han sade (…) » (« Ce commentaire sur les ’trous à rats’ de 2018 avaient entraîné un tollé dans le monde entier et Trump avait alors prétendu avoir été mal cité. Il reconnaît donc à présent que c’était bien ce qu’il avait dit. »)

- Ajout d’étiquettes du dernier billet : Elmar Krusman, Martin Fahlén, Roxana Azimi, États-Unis, Maryland.

jeudi 1 mai 2025

Titre bizarre – étiquettes

Me voici à nouveau dépassé par les étiquettes de mes derniers billets, d’où celui-ci. Et j’en profite pour évoquer un livre que je viens de terminer, que j’ai lu par hasard complètement. Et dont le titre est un peu problématique.



Je me suis arrêté récemment dans une vieille maison du passé – par hasard, un peu, là encore.
Vieille, intemporelle…
Il y avait là un livre de poche des années soixante, que je me suis mis à livre, puis que j’ai apporté avec moi pour le finir : Les louves, de Boileau-Narcejac (Denoël, 1955), dont les pages ont gardé en elles le parfum de la maison.

C'est que c’est une histoire assez prenante. Un film en a été tiré en 1957 (puis au moins un téléfilm). Toute l’histoire se passe à Lyon ou aux environs, où arrivent – ça se passe pendant l’Occupation – par train deux prisonniers qui se sont échappés d’un stalag.

Le titre donc : Les louves… Sans tomber dans du Me too de prisunic, il est un peu injuste. Il y a trois femmes dans le roman ; on peut imaginer que les trois – ou deux des trois comme sur l’affiche du film ? – se seraient comportées comme des « louves » envers le personnage principal. En fait, les trois personnages féminins deviennent louves successivement, puis ne le sont plus pour les deux premières. Et quant à la troisième, la fin est incertaine.
C'est aussi une histoire d’erreur ; le personnage principal ne cesse, au fond, de se tromper.
Or une seule me paraît réellement malintentionnée. (Et celle-ci – on le devine, ce n’est pas sûr cependant – a prévu depuis le départ de tuer le personnage principal à petits feux…)
Mais le personnage principal, justement, pourrait aussi être intégré dans la meute sauvage : il n’a pas été particulièrement sympathique avec sa première épouse, et il est infâme envers sa fausse sœur Julia, quels que soient les torts de cette dernière.
Bon, bien sûr, on devine que l’homme a eu à souffrir d’une mère peut-être possessive…



Difficile de donner un nom au personnage principal, vu qu’il usurpe – sans penser à mal, il faut le reconnaître, et avec la bénédiction de l’usurpé – l’identité d’un autre.
Au fond, cela ne devrait pas être très important, vu que cette identité, il s’en sert auprès de gens qu’il ne connaît pas au départ.
Il pourrait y avoir un nouveau départ, précisément. Mais c’est qu’on est en temps de guerre, ça complique les choses. Et on est dans un roman policier où une personne au moins – pas toutes les femmes, donc – est foncièrement malintentionnée, même si, à la fin du livre, le personnage principal lui cherche des excuses.
Syndrome de Stockholm ? On est dans des situations successives qui ressemblent à des prises d’otage, claustrations.

(Identité, internement ; de très loin, ça me ramène un peu à Elmar Krusman : cette question non résolue ; pourquoi a-t-il été inscrit au camp de Natzweiler comme Suédois?)


Il y a un autre thème dans le roman, celui de la relation, de la rivalité entre (demi) sœurs. L’une (Agnès) est clairement désignée comme fautive et jalouse de l’autre. Elle termine pourtant somme toute comme victime.
Ça me ramène à divers sujets, ceux notamment de l’amitié, inimitié, auquel je me plais parfois à joindre le mythe d’Osiris.
Dans ce mythe, Seth est désigné d’office comme le frère jaloux ; Osiris le roi spolié. Mais pourquoi Osiris a été roi au commencement ?

Oscar Reutersvärd - Capture d'écran

Aussi, les deux évadés d’un stalag du début du roman – l’un meurt vite, par accident, l’autre usurpe l’identité du premier – sont amis. Mais l’amitié du premier (Bernard) est comme possessive. Le second (Gervais) a un caractère plus solitaire et indépendant mais n’arrive pas à se défaire de l’influence de Bernard, le suit malgré lui. Il en arrive même à certains moments à haïr son ami. Ce dernier, pourtant, en agonisant, lui offre tout : son nom, sa fortune, un refuge immédiat (qui n’est pas rien en temps d’occupation quand on est un évadé), sa marraine de guerre envisagée comme une future épouse.
Cette amitié a quelque chose, en somme, de ces « objets impossibles » d’Oscar Reutersvärd, que je connais d’abord par les timbres suédois de mon enfance…



Puis, recherchant de plus près qui était ce peintre, je suis tombé sur une série de dessins érotiques en lien (grand Dieu pourquoi ?) à l’Egypte (voir plus haut). Ça me permet d’une certaine manière une nouvelle fois de retomber sur mes pattes… 


Nils Blanchard


Rajout d’étiquettes, donc, du dernier billet : Maurice Carrez, Göte Brunberg, Thierry Maricourt, Helene Schjerfbeck, SVT, Gabrielle Roland Waldén, Gabrielles blogg, François, Alexander Stubb, Alar Karis.

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...