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mardi 23 juin 2026

De la retenue / Poésie, pas partout

On a parlé récemment de Michel Lamart, pour son Terrain vague
Il a aussi publié (entre autres… et éditions Les Lieux-Dits, 2026) un petit recueil de poèmes intitulé Peut-être.

(Dessin d'illustration: Jost Schneider)

Là, un long poème de plus de quatre pages, où l’on lit notamment – avec une jolie œillade à Sôseki… – (pages 14-14) :

« Les espèces fondent
Aussi vite que les glaces
À vue d’œil
Et nous nous endormons
Sur des oreillers d’herbe
Pour étouffer
Nos peurs
Et notre mauvaise conscience.

(...) 

Peut-être
Est-il urgent
Et nécessaire
De repenser
À l'humain
À partir
De la nature ? »

Peu de temps après la lecture de ces lignes, on apprenait – Météo France – que le printemps 2026 avait été le plus chaud jamais enregistré en France.


Peu de temps après encore, on assistait à un spectacle affligeant à l’Assemblée Nationale, déjà oublieuse en grande partie, semble-t-il, de la petite canicule printanière récente, et n'anticipant guère d'autres à venir. Approbation en première lecture, le 2 juin, d’un « projet de loi d’urgence agricole ».
En même temps, cette assemblée est tellement fractionnée, d’une part, prise en otage, d’autre part, par les blocs extrêmes qui eux restent unis derrière leurs chefs, qu’on a du mal à cerner l’orientation de ce « projet de loi d’urgence agricole ».

On constate en tout cas, que comme au temps « Tidö » du gouvernement Barnier, l’extrême droite a joint ses votes à ceux des soutiens du gouvernement. 
Pêle-mêle, parmi ce qui semble là le plus inquiétant (source : Le Monde et AFP, 2/6/2026) : facilitation de la construction d’ouvrages de stockage d’eau (dont les fa(u)meuses bassines). Aussi, un article permet la création par le préfet d’une zone tampon inconstructible en bordure de parcelles agricoles, pour limiter l’exposition des personnes aux pesticides. Là, on est en pleine folie : on reconnaît la dangerosité des pesticides ; on les trouve même si dangereux qu’on veut en protéger la population. Bon. On interdit les pesticides, alors ? Non, on crée des sortes de no mans lands, dans cette sorte de guerre que l’avidité des gens mène à la nature… Encore, une disposition visant à favoriser l’élevage intensif (avec l’allègement des contraintes administratives actuelles lors de travaux liés à cet élevage…)

L'ensemble est parachevé par la mention du loup, hoûûûûûûûûûh… qui sera plus facile à chasser.

Tant il est vrai, que, forcément, là où il y a du flou…


Nils Blanchard


Ajout. En ces temps de canicule et de vulgarité la plus crasse (ceux-là même qui ont nié le réchauffement climatique se dandinant sur les estrades en formulant des solutions miracle – et désastreuses...), Marc Bloch entre aujourd'hui au Panthéon. 
Encore une fois, je ne sais trop que penser du système du Panthéon. Mais quant à Marc Bloch...

Marc Bloch - Capture d'écran


Petit hasard, j'ai terminé aujourd'hui même un cours sur la IIIème République de la sorte : 

« Parmi diverses évolutions à partir de 1871 et l’avènement de la IIIème République, figurent :
– Les fois Ferry, 1881-1882.
– L'affaire Dreyfus, 1894-1906.
– La loi de séparation de l’Église et de l’État, 1905.
Peu à peu, c’est une certaine France contemporaine qui se crée, basée sur un certain universalisme ; l’égalité de tous les citoyens.
C'est cela, aussi, qu’a défendu Marc Bloch, torturé puis exécuté par les nazis, qui entre le 23 juin 2026 au Panthéon. »

vendredi 12 juin 2026

Nostalgie, encore

(Et ça commence bien, un arbitre est empêché d'entrer aux États-Unis pour des raisons de xénophobie et de racisme. Ça ne semble pas gêner tous ces gens. Il arrivait des Somalies, voyez-vous ça...
Bon, mais les footeux ont-ils vraiment besoin d'arbitres ?)

Wolinski - Charlie Hebdo, 1982

(Dessin reproduit dans Le Monde le 9 janvier 2015.)

La nostalgie redeviendra-t-elle jamais ce qu’elle fut demain ?


Nils Blanchard

samedi 6 décembre 2025

Sujets d'hiver

C'est peut-être l’hiver qui rend mes sujets plus sombres. Mais une certaine actualité aussi, et malgré tout.

NB - Novembre 2025

Il y a déjà bientôt un an, il a été fait allusion ici (en post scriptum…) un projet de surtaxer les « non-Européens » dans les musées nationaux français.
La chose semble malheureusement confirmée ; Roxana Azimi écrit dans Le Monde, le 27 novembre dernier : « La machine est lancée : dès janvier 2026, le Louvre, Versailles, la Sainte-Chapelle, l’Opéra de Paris et le château de Chambord appliqueront une tarification différenciée à l’adresse des visiteurs extra-européens. Tous font le pari que les touristes ne mégoteront pas une dizaine d’euros supplémentaires pour remonter le temps avec Marie-Antoinette, faire un selfie devant La Joconde, grimper le monumental escalier de Garnier ou communier devant de sublimes vitraux gothiques. Les grands musées le répètent en boucle : plus un touriste vient de loin, moins il renâcle à la dépense. »
Il est vrai que faire des milliers de kilomètres pour faire des « selfies » n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus intéressant, néanmoins : ne nous honorerions-nous pas, au contraire de ces calculs de mauvais managers, d’accueillir au mieux les gens venant de loin plutôt que les plumer ?
N'a-t-on pas là de ce mauvais trumpisme que l’on dénonce pourtant à l’envie dans les dîners en ville : plus les gens viendraient de loin, plus ils mériteraient de payer…
Encore une fois : non. Et particulièrement pas dans les musées.

NB - novembre 2025

On me dira que ce n’est pas chose importante, et c’est peut-être vrai somme toute. Mais m’exprimant en ce blog « Suédois d’ailleurs », qui s’intéresse, aussi, avant tout peut-être, à des gens en marge des grandes communautés, en marge, ou en parallèle… venant d’ailleurs – malgré tout – d’une certaine manière à la rencontre de… voulant pouvoir s’arrêter, regarder, échanger… sans qu’on les enferme dans la case « touriste à plumer »…
Et à propos de mon livre Elmar Krusman, Martin Fahlén me disait récemment au téléphone qu’il avait l’intérêt, aussi, de traiter – indirectement – de petites nations, de leur droit d’exister avec les grandes, d’être également respectées dans un « concert » – bien cacophonique de nos jours – des nations. Mais cela ne passe-t-il pas par le respect – l’accueil – des gens, traités non comme des chiffres dans une case, mais comme des voisins, des hôtes ?

À Hongkong, un drame – incendie de hautes tours – digne des pires films apocalyptiques a eu lieu le 26 novembre. Le bilan s’élève à plus de 150 morts.
On avance, parmi les causes du drame, un défaut des alarmes et des négligences sur un chantier de rénovation. Cela ramène aux causes de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui était à l’origine de ma digression, en janvier 2025, sur l’annonce de la hausse des tarifs d’entrée aux musées pour les étrangers. 
Peut-être peut-on comparer l’histoire de Hongkong sur plus d'un siècle à celle de Suédois d’Estonie, de suédophones de Finlande, ceux des îles d’Åland par exemple, du fait de l’occupation britannique qui a entraîné, en théorie, un statut particulier du territoire ensuite.
Je me souviens avoir assisté à la télévision à la cérémonie de rétrocession de Hongkong à la Chine (1er juillet 1997) ; le prince Charles saluant l’Union Jack…

C'était une autre époque. Le concert des nation était, peut-on penser, plus ordonné ; on croyait, un peu, au respect de la parole donnée.

NB - novembre 2025

L'année suivante, j’ai travaillé quelques mois aux États-Unis, dans le Maryland. J’y ai rencontré des gens formidables. À New York, les tours étaient toujours debout.
Ce qui s’est passé depuis…


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Musée de l’aquarelle, Paris, Anna-Lisa Unkuri, galerie Guillaume, Carin Ellberg, galerie Andréhn-Schiptjenko.

lundi 26 mai 2025

La guerre sans fin / Dix, vingt ans après

On parla de Trump, homme des reculs. (Mais on espéra aussi que, des vibrations de l’éléphant dans un magasin de porcelaine – même de robuste qualité soviétique – on pût obtenir quelque issue heureuse.  La fin de la guerre, quitte à remettre à plus tard certaines questions…) Sans surprise, récemment en Turquie (le 16 mai), c’est Poutine qui a reculé semble-t-il devant la paix. 



Ça amène à ce titre d’un petit livre édité par Ariel Förlag l’année dernière, et traduit par Mikael Nydahl (qui n’est autre que le fils de Thomas, dont le blog est en lien indirect de celui-ci, via l’onglet « Nordic Voices in Translation » – un peu vers le haut, à droite ; il suffit de cliquer… C’est un petit livre d’une quarantaine de pages, constitué d’une conversation de Sergej Lebedev avec la journaliste Lana Estemirova (il y a aussi une postface de Joanna Kurosz) : Kriget som aldrig tar slut / (La guerre qui n’en finit jamais).

Dès la page 6, Lana Estemirova s’étonne que d’aucuns se soient autant étonnés de l’agression du 24 février 2022 :

« Hur kommer det sig att folk hela tiden upptäcker vilken våldspotential den ryska staten och dess institutioner besitter som om det var för första gången ? »

« Comment se fait-il que les gens découvrent, à chaque fois, le potentiel de violence contenu dans l’État et les institutions russes, comme si c’était la première fois ? »

À l'heure où, chez nous en France, d’aucuns dénoncent une « culture de l’excuse », Lana Estemirova pointe à l’inverse un manque de recul, en Russie, vis-à-vis des guerres de Tchétchénie (page 13) :

« Sedan de ryska trupperna gick in i Tjetjenien 1994 har det gått mer än en kvartssekel. Det är en lång tid, tillräckligt lång, kunde man tycka, för att den ryska kulturen skulle ha hunnit bearbeta händelserna. Och ändå har jag en känsla av att den ryska kulturen föredrar att överhuvudtaget inte se åt det hållet. Vi har inte ens en historia över de två krigen som är värd namnet. »

« Depuis que les troupes russes sont entrées en Tchétchénie en 1994, il s’est écoulé plus d’un quart de siècle. C’est long, suffisamment, aurait-on pu penser, pour que la culture russe puisse affronter ces événements. Mais pourtant j’ai le sentiment que cette culture russe préfère avant tout ne pas regarder de ce côté. Nous n’avons pas même une histoire des deux guerres dont il est question. »

Eugen Kron, capture d’écran


On n’est pas loin de Marie Mendras, qui a publié, l’année dernière aussi, aux éditions Calmann-Lévy La guerre permanente : ultime stratégie du Kremlin.
Ça fait quelques années que je m’intéresse à la question quant à moi, et j’ai retrouvé un article de cette même Marie Mendras, du Monde (15-16 octobre 2006), que j’avais archivé. Elle évoquait (interrogée par Sophie Gherardi) l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, et remarquait :

« Tout est lié, en Russie. Il n’y a pas que la Tchétchénie, qui serait une petite planète à part. Anna a pu montrer à travers ses nombreuses enquêtes dans tout le pays que la guerre et sa brutalité avaient fini par imprégner l’ensemble de la société. »

Plus loin : 

« Les Russes sont certes responsables de leur apathie, mais ils sont victimes d’une politique de l’information véritablement autoritaire. »

Plus loin encore, on n’est là qu’en 2006 :

« (Sophie Gherardi.) Mais peut-on encore exercer le métier de journaliste en Russie ?

– (Marie Mendras.) La réponse est 

complexe. (...) »


R. Wynne Nevinson, Returning to the Trenches, 1916 – Capture d’écran


En 2024, Lana Estemirova revient sur le rapport de la Russie à l’information, puis sur une certaine manière de vivre, de penser, en dictature (p. 24) :

« (...) och människor som lever under diktaturen uppfattar mycket på ett annat sätt. Man befinner sig i ett tillstånd av permanent överlevnad. Det är fruktansvärt att se denna allmena förnedring, denna totala förnedring. »

« (...) et les gens qui vivent en dictature appréhendent beaucoup de choses différemment. On se trouve en état incessant de lutte pour la survie. C’est effroyable de voir ce déni général, total. »

Près de dix ans après l’article de Marie Mendras, dans Le Monde toujours, un texte collectif (15-16 mars 2015) s’étonnait que « La droite française [soit] devenue l’agent d’influence de Poutine ». Le terme « poutinolâtrie » est utilisé… Cet article aurait presque pu être écrit le 23 février 2022, en changeant quelques noms qui sont un peu dépassés (et dont je n’encombrerai pas les étiquettes de ce blog).
Alors – 2006, 2015 –, comme aujourd’hui (bombardements incessants ; voyez, en lien de ce blog, le site « Föreningen Svenskbyborna », qui peut être lu aussi en anglais), le pouvoir russe faisait montre d’une brutalité absurde, au détriment de la protection même de ceux qu’elle prétendait protéger contre des attentats.

Kriget som aldrig tar slut, page 27 :

« Ofta ser jag att det tjentjenska kriget i Ryssland skildras som ett krig mot terroristerna. Öga för öga. Som om de tio- och hundratusentals människor som dödades i Tjetjenien var ett rättmätigt offer för de tusentals människor som dödats i terrordåd inuti Ryssland.
Våld föder våld. Krig föder vidunder. (…) »

« Je le vois souvent : on présente la guerre de Tchétchénie en Russie comme une guerre contre le terrorisme. Œil pour œil. Comme si les dizaines et centaines de milliers de tués en Tchétchénie pouvaient être un juste sacrifice pour les milliers de tués au cours d’attaques terroristes sur le sol russe.
De la violence naît la violence. Et celles de la guerre sont monstrueuses. »

On le voit aussi actuellement dans la fuite en avant d’un Benjamin Netanyahou en Palestine.


Nils Blanchard

mardi 11 mars 2025

Jacksonite et mort d’une marraine

Mars ; temps de la guerre, mais aussi des prémisses du printemps ; c’est trompeur… Court séjour à l’Ouest – entre autres pour les obsèques de ma marraine… (Pas particulièrement suédoise ; mais c’est elle qui m’avait fait découvrir Henning Mankell…)

NB - mars 2025


Peu avant, allocution d’E. Macron à propos de l’évolution géopolitique (5 mars). C’est dès la Seconde Guerre de Tchétchénie que beaucoup ont compris (pas certains extrêmes, pas certains hommes de droite) que le poutinisme était dangereux, foncièrement malintentionné. Je me souviens d’un article, dans Le Monde je crois, d’André Glücksmann à ce propos.

Oui, on change d’ère. Ce qu’on appelle l’époque contemporaine, à partir de 1789, est divisée ainsi en périodes, qui se révèlent – ce sont là les secrets de la chimie des temps et des pensées – parfois plus tard. Ainsi en est-il des années 1941-1942, qui marquent l’entrée des États-Unis dans la guerre (décembre 41), l’attaque allemande en URSS (été), mais aussi la conférence de Wannsee (20 janvier 1942). On pourrait y ajouter la confirmation du programme atomique par Roosevelt.
La Seconde Guerre mondiale est fondamentalement différente de la Première (étrange tendance à lier les deux en un seul conflit, çà et là…) Certes elles ont des ressemblances, des logiques communes ; mais cette industrialisation de l’horreur et de l’inhumanité (la Shoah), ce développement d’armes menaçant l’existence même de notre espèce (l’atome), j’ajouterais aussi les alliances problématiques (un Henry Ford soutien du parti nazi, ou encore l’alliance avec le totalitarisme lénino-stalinien…), ont plongé le monde dans un provisoire illusoire (guerre froide puis lendemains incertains, dont on sortirait maintenant).

NB (enfant) - Jacqueline Roulet

Ma marraine, Jacqueline Roulet, est morte le 4 mars à 102 ans. Femme, dans mon souvenir, de principes, çà et là, d’éclats de rires et de lectures, amoureuse aussi des plantes et des jardins, elle était donc née en 1922, un an après Elmar Krusman.
1921, 1922 – dates qui sont revenues, par hasard, en ce blog… – ce sont les années qui suivent les traités de Paris (dont celui de Versailles), qui ont forgé une Europe de l’échec.
Ce sont les années folles ; Dada a déjà été terrassé par les surréalistes.
Ma marraine a onze ans quand Hitler arrive au pouvoir et, quasiment au jour près, Roosevelt est investi président (Trump en a troqué le portrait, paraît-il, dans le « salon ovale » de la Maison-Blanche, par celui d’Andrew Jackson, par ailleurs planteur esclavagiste, auteur du Indian Removal Act de 1830, bref, du beau monde…)
D'un côté les fantasmes, la folie morbide, de l’autre un certain keynésianisme face à la crise, le pari en la démocratie.
En 1941, ma marraine a quasiment vingt ans. Je pense qu’elle a déjà dû contracter une tuberculose osseuse qui lui occasionnera toute sa vie quelques difficultés à marcher (ce qui ne l’a pas empêchée de courir le monde et la vie).
Je lui ai toujours trouvé un certain air de gravité, de réserve, face aux évolutions du monde. On ne la lui faisait pas ; tout ça n’était pas une plaisanterie.
Son grand homme : Senghor, parce qu’elle avait passé quelques années en Afrique au moment de l’alliance entre le Mali et le Sénégal.

NB - mars 2025

Précisément – j’y pense à cause des sécheresses au Sahel – quelque chose manque, régulièrement, aux discours de Macron, de bien d’autres : le souci de l’environnement.
Et si l’oubli quasi complet, dans l’industrialisation triomphante des dix-neuvième et vingtième siècle, de notre condition de vivants, parmi d’autres vivants, n’avait pas été la ciguë qui avait préparé notre humanité à ce qu’on appelle, d’un hochement d’expression, les « horreurs du vingtième siècle » ?
Ce sont les rejetons de ces pages sombres qu’il faut stopper.


Nils Blanchard


Triche. Rajout d’étiquettes du dernier billet : Charles Ponsonailhe, AfD, Volker Schlöndorff, Friedrich Merz, Ukraine.

mercredi 2 octobre 2024

Conférence à Mulhouse ; le négationnisme autour du KL Natzweiler et du Struthof

Le 25 septembre dernier, s’est tenue au Musée historique à Mulhouse une conférence de Romain Blandre : « Le KL Natzweiler et le camp du Struthof face aux falsificateurs de l’histoire ».

Pierre Mignard, Clio - Wikipedia

 Romain Blandre (professeur d’histoire géographie, aussi professeur relais au CERD/Struthof) annonce une introduction en plusieurs points. Et dès le début de son intervention, il évoque l’attentat du 13 mai 1976 sur le site de l’ancien KL Natzweiler, qui a entraîné l’incendie de la baraque musée (qui était une des deux baraques en bois d’origine conservées, et qui contenait et exposait un certain nombre d’objets du camp de concentration). Il va apparaître que cet incendie est le fait d’un groupe local, les « loups noirs ».
R. Blandre lie cet événement à l’année 2018 (février), date de la dernière visite du négationniste Robert Faurisson au Struthof. Celui-ci avait bénéficié d’un non-lieu dans une affaire qui l’opposait à la LICRA, et il était venu au Struthof chercher des « preuves » de ses dires négationnistes, la LICRA ayant fait appel. Or Faurisson a commencé sa quête négationniste suite à un article du Monde sur les « loups noirs », en 1976.
Puis le conférencier d’insister sur divers aspect du négationnisme en lien au KL Natzweiler, notamment le fait qu’il commence d’exister avant même la fin de la guerre.

Dans une seconde partie de son introduction, R. Blandre note un certain nombre de raisons qui rendent l’histoire du KL Natzweiler vulnérable aux falsifications.

Il y a d’abord des incohérences dans l’historiographie, qu’utilisent évidemment les négationnistes. L’histoire a une démarche scientifique, et progresse donc aussi sur l’erreur (ce que ne peuvent comprendre des idéalistes ou des gens intellectuellement peu scrupuleux). Par exemple, au moment où le camp était devenu un camp d’internement (de fin novembre 1944 à novembre 1945), les Américains réalisent un film sur le camp contenant beaucoup d’erreurs.

Aussi, le premier lieu de mémoire du camp est aménagé lors que le camp est encore camp d’internement ; des gens viennent se recueillir au milieu de détenus dont certains sont accusés de collaboration… (Il est à noter que le terme « Struthof » qu’on utilise couramment, à tort, pour qualifier le camp de concentration, administrativement, est correct en ce qui concerne précisément le camp d’internement qui lui a succédé, ce qui entraîne bien sûr bien des confusions. Le titre de mon livre sur Elmar Krusman est à cet égard problématique ; il m’a été imposé par mon éditeur.) Ce camp d’internement, géré au départ par des FFI à qui le site a été rendu deux jours après sa découverte par les troupes américaines, a contenu des Alsaciens accusés de collaboration et des Allemands qui étaient stationnés en Alsace à la fin de la guerre. Des exactions ont été commises pendant sa période d’existence (moins d’un an donc). On a dénombré 80 morts, avec notamment un contingent de 1100 personnes arrivées le 27 janvier, particulièrement maltraitées (par des FFI et gardiens), avec entre autres des viols. Ces exactions feront l’objet de punitions de la préfecture.

Aussi, une chambre à gaz, d’origine, est présente sur le site du camp. Elle a l’« originalité » d’avoir servi à des fins d’« expérience » « scientifique ». La hargne négationniste d’un Faurisson va se concentrer sur cette chambre à gaz, en raison aussi de son antisémitisme.

Enfin, le KL Natzweiler avait un maillage de camps annexes particulièrement développé, des deux côtés du Rhin, ce qui a rendu peu compréhensible à certains esprits des situations diverses de détention.

NB - Schwindratzheim, septembre 2024

La suite du propos de Romain Blandre a été organisée en trois parties, suivant la chronologie des différents types de « négateurs ».

Il y a eu d’abord ce que le conférencier appelle les « proto-négateurs ». On ne peut pas assurer qu’ils soient de mauvaise foi. Ils n’ont pas d’idéologie particulière ; ils apparaissent à l’époque du camp d’internement. Ainsi la figure du prêtre Lucien Jenn, qui commente des articles de presse alors qu’il est en détention au camp d’internement du Struthof – on a en effet son journal… Il mélange tout, se croit dans un KL (un camp de concentration, donc, comme l’a été Natzweiler…)
Cette source a été reprise, parfois très récemment, sans recul, par divers personnages proches de milieux autonomistes.

En deuxième lieu, R. Blandre évoque précisément les « ultra-autonomistes ». On revient alors à cette date énoncée au début de l’exposé, le 13/5/1976 : l’incendie criminel de la baraque-musée du Struthof. Ses auteurs, les « loups noirs », sévissent aussi dans les années qui suivent à Turckheim, à Thann. Chez ces gens, on arrive aux confins d’idéaux personnels peut-être sincères, mais aussi d'arguments de mauvaise foi, d’une certaine limite intellectuelle probablement.
À leur procès à Mulhouse en 1982, se manifestent en leur faveur des soutiens pour le coup ouvertement négationnistes.
Et récemment encore (février 2019), le terme « Loups noirs », a été utilisé par les auteurs de la profanation du cimetière de Quatzenheim.

Enfin, on les voit se profiler, Romain Blandre arrive aux « négationnistes ».
Ici, trois personnalités sont notamment évoquées : Robert Faurisson, Paul Rassinier, Vincent Reynouard. Tous les trois, antisémites, sont soutenus par des gens appartenant à un éventail politique très large. (Et tous les trois sont professeurs (agrégé de lettres, instituteur, professeur de mathématiques), mais pas d’histoire…)

Lorenzo lippi, Allégorie de la simulation; Beaux-Arts d'Angers, Wikipedia

Conférence très intéressante donc.

Il en ressort ce lien entre une tendance autonomiste passablement erratique et le révisionnisme autour du Struthof. Pour ce qui est des autonomistes notamment, on a l’impression de gens insuffisamment instruits pour faire montre du recul nécessaire à la recherche historique. À quoi se mêlent malhonnêteté et mensonge (Faurisson, sa manière de dévoyer des documents…) À quoi se mêlent aussi (chez un Rassinier ?) une certaine détresse psychologique sans doute. Rassinier, ancien résistant, est passé par des interrogatoires et des tortures avant le système concentrationnaire, ce qui pourrait expliquer certaines choses ? Faut-il ajouter à cela un « simple » déficit d’intelligence chez tel ou tel personnage...
Par ailleurs, il apparaît que l’histoire du KL Natzweiler revêt des originalités qui expliquent la « vulnérabilité » au négationnisme dont a parlé Romain Blandre et les liens de celui-ci avec des courants autonomistes. Ces originalités, par ailleurs passionnantes, rendent d’autant plus nécessaire de poursuivre le travail historique et de s’en informer, ce dernier point notamment pour les professeurs qui font visiter le Struthof à leurs classes… Le négationnisme se nourrit de l’erreur, des imprécisions, pour diffuser sa haine.


Nils Blanchard

mardi 26 septembre 2023

(K)ungälv (II), et ailleurs (et pas le 22 mais le 26…)

Il était question des méfaits de la sous-traitance, il y a peu, à Kungälv. On sait, dans l’histoire des années trente et quarante, les dégâts (pour le moins) qu’ont pu commettre les polices ou armées – milices – « parallèles » aux usages de l’État de droit…

Bruegel l'Ancien, La chute d'Icare, Wikipedia.

Mais plus généralement, la Suède nous ouvre la voie – on la suit, souvent, parfois à raison ; là… – de la sous-traitance dans bien des domaines. Ainsi le secteur privé a vampirisé le « secteur » de l’éducation.
Anne-Françoise Hivert en parle dans Le Monde du 9 septembre 2022
(Bon... pour ce qui est des enquêtes "Pisa" évoquées dans cet article, j'aurais tendance à dire qu'être mal noté par elles est plutôt un bon point...)

Ou encore, plus récemment, cet article somme toute assez surprenant – comment peut-on être aussi naïf ? – dans Le Monde du 22 septembre dernier, d'Anne-Françoise Hivert encore.

Bon, mais le 22 septembre… malgré des températures encore vaguement « mexicaines », je ne peux m'en empêcher :   

Le vingt-e-deux septembre au diable vous partîtes,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous…
Or, nous y revoilà mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd’hui : je m’en fous.


Or donc, Le Monde, 22 septembre, page 19, pleine page ; l’article est intitulé : « En Suède, une ville dans la tourmente immobilière – En 2007, la commune de Härnösand a vendu 43 bâtiments publics à une société privée. Aujourd’hui, elle est confrontée à une hausse record des loyers, qui grève son budget. »
C'est qu’on lui avait promis de l’argent frais, tracé des plans sur la comète ; des sociétés privées entretiendraient bien mieux ses bâtiments qu’elle-même…
Comment, oui, être aussi naïf ?
Forcément, est-il expliqué : « (…) ce qui ne devait pas se produire est arrivé. Avec le retour de l’inflation, les loyers se sont envolés (...) »
Et un directeur de collège d’observer, assez logiquement : « Si les électeurs peuvent renvoyer leurs élus, “ils ne peuvent rien faire contre les sociétés privées”. »

NB

Un article de Yohann Aucante de Nordiques (en lien de ce blog ; là, dans le numéro 43 de 2022 : « Crise politique et réponses à l’épidémie de COVID-19 en Suède » – indépendamment de ce qu’on en peut penser quant au recul qu’on pouvait avoir alors fin 2022, et aujourd’hui encore, sur la gestion suédoise de cette crise (voir aussi ici) – met l’accent sur la catastrophe qu’a été, globalement, le sort des personnes âgées vulnérables. Et on n’est guère étonné de voir dans cet article rappelées les privatisations qui ont eu lieu dans le secteur de soins aux personnes âgées, au milieu des années 1990. (Et, personnellement, je ne peux ne pas avoir une pensée pour ma grand-mère. J’en reparlerai vraisemblablement.)

« Tout en louant le respect des libertés et des droits individuels ainsi que des institutions, elle y stigmatisait les lourdes conséquences d’une réaction trop tardive et lente, notamment pour les établissements recevant des personnes âgées vulnérables. (…) Or, le système de prise en charge suédois (…) est aussi un sujet de polémiques depuis de nombreuses années. En effet, ce secteur a été profondément réformé, décentralisé et ouvert aux opérateurs privés depuis le milieu des années 1990. Avec le vieillissement de la population suédoise, il est devenu le premier secteur en termes d’emploi et le moins qu’on puisse dire est qu’une part significative de ces postes sont précaires, souvent payés à l’heure et requièrent des agents qui partagent leur service entre plusieurs établissements quand ils ne font pas du travail à domicile. (…) Les faibles capacités de diagnostic médical, les choix parfois stricts en matière de priorité d’accès dans les services de réanimation ont contribué à décimer cette population dont les conditions de fin de vie ont parfois été très problématiques. »

Mais pourquoi Icare, en début de ce billet ?

D'abord, parce qu'il est question de Bruegel, dans Le tableau de Savery, de Martin Fahlén, dont je reparlerai bien sûr, très vite (j'en suis le traducteur).  


Ensuite, de la psychologie de Brassens, qui n'est pas précisément de bazar: 

Le complexe d'Icare à présent m'abandone, 
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.


Nils Blanchard

lundi 10 avril 2023

L’Hiver qui semble n’en plus finir ; l’élastique du temps

 Ce héros qui s’appelle Hiver – dont on a déjà parlé, là, son auteur a plusieurs fois annoncé sa retraite, voire sa mort…


Ainsi dans Le dernier hiver, un chapitre a été ajouté (version poche de 2010 – on le voit annoncé dans la petite pastille ronde) par rapport à la version de 2008. Ce sont sept pages, intitulées « Den sista kvällen », qui « ressuscitent » en quelque sorte le héros de la série, dont l’auteur s’était peut-être débarrassé un peu vite.

Pour en revenir à Det trettonde fallet – dernière enquête jusqu’à maintenant à ma connaissance d’Erik Winter, on est dans le « Göteborgsvädret » d’après l’auteur. Ce n’est pas l’été, le temps est à la pluie… (Je ne sais pas si cette réputation de ville au temps maussade est si méritée que ça…)

Et la ville est aux travaux. (Là, on ne peut guère contredire l’auteur…)

Page 51: 

« Pålkranarna hamrade bredvid Amerikanhuset, hamrade, hamrade, ett fruktansvärt oväsen. Området norr om Masthuget hela vägen till vattnet liknade en framtida krigzon.

(...) 

"Påminner om sjuttiotalet", sa Ringmar. "Jag trodde det vansinnet var förbi." »

« Les grues à palplanches martelaient près de la Maison de l'Amérique, martelaient, martelaient; un boucan terrible. Toute la zone du nord de Masthuget jusqu'à l'eau avait des allures d'une zone de guerre du futur.

(...) 

"Ça me rappelle les années 70", dit Ringmar. "Je croyais que toute cette folie était derrière nous." »


NB - Göteborg, il y a quelques années...

Mais puisqu’il est question d’hiver, qu’il fut question de T. S. Eliot quand j’évoquai Edwardson les fois précédentes, on peut faire une transition vers Londres (où les bétonneurs n’ont pas chômé non plus).

Pierre Leyris, dans son Pour mémoire (Corti, 2002), page 174: 

« L'hyperactivité de Londres d'après Jean*, avec boutiques ouvertes toute la nuit, etc., m'a tellement étonné que mon vieil hiver londonien va passer à la trappe, sauf le brouillard en sortant du métro, et aussi les voitures émergeant, à gauche, d'un brouillard moins épais alors que je débarquais.» 

* Pas l'évangéliste, mais le fils de l'auteur... Note du blogueur. 



Ill. Alphonse de Neuville et Léon Benett

On sait que le fameux fog londonien, qui dut participer à nommer le flegmatique héros du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne (et on revient là aussi au thème de la vitesse), était lié à la pollution des usines – des combustions diverses, aussi, feux de cheminée depuis interdits… – de la puissance qui avait initié la révolution industrielle.
Bon. Mais on reparlera d’écologie, de travaux indécents…
Je pensais à la météo (le printemps qui semble tarder… ça, surtout en Finlande, en Scandinavie où l’année a été à la neige… – en France, c’est sans doute plus un état d’esprit qu’autre chose), en tombant sur ce titre de livre de Jean-Louis Comolli, En attendant les beaux jours, présenté par Tiphaine Samoyaut dans le Monde du 17 mars dernier.

Le Monde, 17 mars 2023

Quand les saisons ont une autre signification...

NB - avril 2023


Nils Blanchard 

jeudi 6 avril 2023

Ragots, déferlantes, pénis de marbre

 Un titre ce jour dans la version numérique du Göteborgs Posten : « Franska demonstranter kastade döda råttor. » « Des manifestants français ont lancé des rats morts. »

Michel-Ange, David (détail), Wikipedia 
Renseignement pris (ce que j’ai trouvé sur internet, seulement une vidéo d’1 mn. 30 de BFM TV), ce sont des employés des services municipaux qui ont jeté quelques cadavres de rats devant l’hôtel de ville, à Paris.
Ce n’est pas ragoûtant !
On pourrait même dire que c’est radicalement bête, étant donné que la municipalité de Paris est dirigée par Anne Hidalgo, qui a assez montré (et s’est assez fait rabrouer pour cela) qu’elle n’était pas particulièrement favorable à la réforme des retraites.
Bref, c’est raté.

Mais ça m’a fait penser aux Déferlantes, de Claudie Gallay (roman de 2008), que je suis en train de terminer (bonne lecture, conseillée il est vrai par Héloïse Combes). Là, une des personnages a un rat, domestiqué donc, qui ne semble pas avoir une vie très frénétique.
Le frère de cette personnage est sculpteur (on se rapproche de nos thèmes).
Et l’ensemble se passe à la Hague. Et on en reparlera.


En remontant un peu le temps, le 17 mars, dans Le Monde cette fois, un petit article sur les Pays-Bas (on n’est pas si loin de la Suède), page 3 : « Percée d’un parti hostile aux réformes environnementales ». Apparemment, c’était à des élections sénatoriales ; la fronde viendrait notamment d’agriculteurs.
On trouve de tout.

Je me suis dit que ça me faisait penser à quelque chose.
Un roman, pêché un peu par hasard dans les chaluts de L’Harmattan : La convergence du loup, de Pascal Hémon. 
(Entre autres, un loup, un renard – arctique – interviennent dans l’histoire ; que demande le peuple?)

Page 21 (il s’agit d’un article de presse) : « Après l’annonce en début de mois du gouverneur de Californie d’activer le plan de restriction d’usage de l’eau dans tout l’état, les lobbies agricoles se font entendre afin d’obtenir des dérogations. »



Puis en Floride, cette fois – mais l’info m'est venue, à nouveau, du Göteborgs Posten, le 27 mars ; article d’Andreas Granath :

« En bild på Michelangelos Davidstaty visades på en lektion i en skola i Florida. ”Pornografi”, tyckte vissa upprörda föräldrar. Skolans rektor fick sparken. »

« Une image du David de Michel-Ange a été montrée en cours, dans une école de Floride. ”Pornographie”, ont jugé des parents indignés. Le directeur de l’école a été renvoyé. »

On trouve de tout, oui, commentera-t-on poliment.
Cela peut faire penser au titre d’un roman de Geneviève Dormann : Mickey l’ange.
Elle, dans ce qui a dû être une de ses dernières interviews, alors que le journaliste s’étonnait qu’elle ne se soit pas défendue lors d’une controverse où elle était en cause (elle n’était pas réputée pour avoir la langue dans sa poche), de répondre : « Il faut bien que les cons puissent s’exprimer. » (Je cite de mémoire.)

Nils Blanchard


vendredi 17 mars 2023

Parfois l’histoire s’oppose aux histoires

 L’association Svenskbyborna a reçu une partie du prix Bernadotte (il sera remis le 19 avril), pour ses travaux sur les habitants suédophones de Gammalsvenskby (en Ukraine).

NB - mars 2023

Or je me promenais il y a peu sur un chemin vers la

forêt ; un epetite tempête récente avait abattu des 

arbres qui barraient la voie.

Rien de bien grave : je saute par-dessus, ou me glisse par-

dessous…


NB - mars 2023

NB - mars 2023

Et je me suis fait cette réflexion que ces obstacles jetés sur le

chemin pouvaient être comparées aux âneries, aux « infox »

plus ou moins contrôlés dont certaines personnes, certains

groupes, certains États semble-t-il, essaient de parsemer les

opinions des gens.

Bien sûr, être forcé de prendre d’autres sentes peut avoir un 

côté intéressant. Mais on entre là dans quelque chose de

beaucoup plus subtil que les fausses informations qui flattent

l’aptitude des gens à la détestation, à la jalousie. C’est qu’on

serait plutôt dans la « science subtile de 

l’égarement » d’André Dhôtel, et c’est une tout autre 

histoire.



Gammalsvenskby. On a déjà évoqué cette 

curiosité historique,pas vraiment remise au goût du jour 

par la guerre d’Ukraine, car une actualité 

éditoriale lui préexistait…, néanmoins étrangement

mise en relief.


C’est à peu près là...


On nous explique sur ce site que cette nouvelle mouture 

du prix(en lien aux 50 ans de règne de l’actuel roi de 

Suède) est distribuée à de jeunes chercheurs et artistes. 

Il est décerné par un ensemble de diverses 

académies suédoises.


« Föreningen Svenskbyborna tilldelas Bernadottepriset 

för sinalångvariga insatser för att utforska och 

sprida kunskap omsvenskarna i Gammalsvenskby, 

såväl i vetenskapliga studier omkulturarv, 

språkutveckling, musikarv och uppbyggnad av arkiv,

som i sitt arbete med att hjälpa de kvarvarande 

svenskbybornaunder Rysslands pågående krig mot 

Ukraina. Prissumman är 200 000 kronor. »


« L’association Svenskbyborna partage ce prix pour son

engagement ancien dans la recherche et le partage de

connaissances sur les Suédois de Gammalsvenskby, et pour 

ses travaux historiques sur leur héritage culturel, 

l’évolution de la langue, l’héritage musical, 

architectural, archivistique, ainsi que 

pour son travail d’aide aux habitants suédophones demeurés

sur place en ces temps de guerre menée par la Russie contre

l’Ukraine. Le prix s’élève à 200 000 couronnes. »


Les histoires, c’est une autre affaire ; tout ce 

qu’on raconte… 

Contredites par des faits : l’interdiction par le gouvernement

russe de l’ONG Memorial (entre autres), la mise au ban ou

persécution d’historiens (cf. la série d’articles du Monde 

du 11 juin 2021).


Le Monde, extrait de la une du 11-6-2021.

Ah, cependant, dans ma promenade : ces arbres en fleurs.


NB - mars 2023


Nils Blanchard



Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...