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jeudi 18 juin 2026

Il y était donc encore ? / Rien à voir. Enfin, si : David Hockney

Je me suis souvent défié des gens accordant a priori l’étiquette de la sagesse à la vieillesse.
Là, on a l’exemple d’un homme (relativement) âgé et semble-t-il malade (mais pas mentalement), qui arbore une certaine figure du sage dans son blog, et qui d’ailleurs partage son expérience (littéraire, philosophique parfois…) avec générosité et souvent de manière bien intéressante.

David Hockney - Royal Academy, London, janvier 2012 - Wikipedia

Je veux parler de Thomas Nydahl (blog « Nydahl Occident »), en lien indirect de celui-ci via « Nordic Voices in translation » et « Bernur »…
On lit en effet avec une certaine consternation ce qu’il écrit le 15 juin (sous un titre un peu redondant : « Sociala medier och dumheterna » / « Réseaux sociaux et idioties ») :

« () Jag behöver egentligen inte ens förklara varför. Men jag stängde både Facebook och Instagram. Allt det som är bra, konstruktivt och till glädje förstörs av det destruktiva och ovänligt nedbrytande. (…) »

« () Nul besoin d’expliquer pourquoi. Mais j’ai quitté Facebook et Instagram. Tout ce qui est bien, constructif, source de bonheur, y est abîmé par le dénigrement destructeur et haineux. (…) »

Il y était donc encore ?
Évidemment qu’il n’est pas nécessaire qu’il explique pourquoi il quitte ces choses ; on peut se demander en revanche ce qu’il y faisait, et depuis longtemps semble-t-il…

David Hockney, The Queen's Window,
Westminster Abbey - Wikipedia

On me dira : qu’en sais-tu ? Tu n’y vas pas…
C'est l’argument des lepénistes 2.0 : « il faut l’essayer... » Eh ! Pourquoi n’essaieraient-ils pas de lécher un trottoir, pendant qu’ils y sont ?

Bon. Rien à voir à peu près, mais pendant la période du Covid, j’ai trouvé je ne sais où sur le net – sur un blog, vraisemblablement, qui peut-être lui-même tirait ces images de quelque « réseau » « social » ? ; on pourrait dire alors, d’une certaine manière, que j’y suis allé indirectement… – des images peintes sur tablettes (sur « ipad ») par David Hockney.
Eh ! David Hockney. Mort le 11 juin 2026.

Il se trouve (ce genre de chose m’arrive parfois), que j’ai écrit un poème sur lui, autour de lui… sur ses paysages comme étrangement dhôteliens.

NB - Ardennes

Les 14 et 16 juin 2026 (en partie dans le train) : Début d’été encore

Aux contreforts de la Champagne
ou de l’Ardenne allez savoir
Gare étrange gris Mitterrand
David Hockney n’y saurait voir

les pommiers en fleurs de la Normandie,
les herbes et champs folâtres qui rient
/ qui riaient,
sur sa tablette
lors des confinements

Le train vrille au cœur des campagnes
sa vitesse et en désespoir
de cause on fixe un monument,
un arbre, une vache, un terroir…

à travers la vitre aujourd’hui salie
au milieu d’aliens sur leurs écrans gris
Lui, peignait
sur sa tablette
Il est mort maintenant


Nils Blanchard


samedi 3 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute assez traditionnels semble-t-il (Thomas Nydahl), et New York, si j’ai bien compris, où vit un Français d’origine, homosexuel, disciple de l’empereur Hadrien.

NB - Anjou

 Le premier, dont on va un peu sauver le blog Nydahls Occident (c’était avant cet article calamiteux évoqué au dernier billet), écrit le 14 novembre – il faudrait aussi en ce blog, Suédois d'ailleurs, une étiquette « Le temps passe » :

« Att Putinfascismen verkligen startade angreppskriget mot Ukraina är ett nederlag också för alla fria nationer (…)
Jag befinner mig i ett tillstånd av uppgivenhet och bedrövelse. Det har förstås mest att göra med det pågående skeendet. Men det har också privata orsaker. Omständigheternas diktatur ligger sedan flera årtionden som en våt filt över mig. Allt jag försökt, allt jag kämpat för, har rasat och förtvinat. Det rena har ersatts av mögel och svamp.
Jag har Henne här hemma, att tacka för att livet också är vackert och kärleksfullt. »

« Que le fascisme poutinesque ait pu effectivement enclencher sa guerre d’agression contre l’Ukraine, c’est une défaite pour toutes les nations libres (…)
Je me sens maintenant affligé, désabusé. C’est lié bien sûr surtout à la conjoncture. Mais ça a aussi des raisons privées. Depuis plusieurs décennies, la dictature des circonstances me recouvre comme une couverture humide. Tout ce que j’ai tenté, tout ce pour quoi je me suis battu, s’est effondré et s’est étiolé. Le pur a été remplacé par moisissure et mycose.
J'ai Elle à la maison, que je remercie de rendre la vie, quand même, belle et pleine d’amour. »

L'article est illustré d’une belle photo d’arbres dans le brouillard (d’Astrid Nydahl vraisemblablement).
Il est vrai que l’époque nous entraîne, comme un fleuve en crue, vers de mauvaises directions : constructions nucléaires, menaces d’utiliser des armes nucléaires, réduction de la biodiversité, submersion plastique, progression de l’I.A. (que je pense être, de plus en plus, une vaste connerie. Oui, l’I.A. permet certaines choses, notamment dans le domaine médical… Mais quoi, mais justement : on arrivera peut-être à cette situation où les médecins doubleront systématiquement leur diagnostic de celui de l’I.A. On pensera que c’est très bien, cela sauvera des vies peut-être. Puis petit à petit, on se rendra compte qu’on n’aura plus de médecins, plus de gens capables d’exercer ce métier de manière autonome et donc d’avoir l’expertise personnelle, le recul nécessaires à leur pratique. – D’ailleurs, du fait de la recherche d’un certain confort bobo, a-t-on encore de vrais médecins, qui acceptent de sortir de leurs centre-villes, de leurs emplois du temps confortables pour exercer ? Là, l’I.A. n’y est pour rien ; une certaine éthique… –), menaces russe, chinoise (très différentes), j’aurais tendance à ajouter : abêtissement de certaines masses…
Quant à ma vie privée par là-dessus…

NB - Anjou

Le disciple d’Hadrien, lui (blog Animula Vagula Blandula), de remarquer, le 27 novembre dernier :

« En 36 ils accusaient les juifs, les communistes, les homos, les noirs et les arabes, vaste amalgame de détestations et de colère, abreuvés par une presse qui alimentait leur flamme par une diarrhée immonde d'informations, de petits mots, de sous-entendus... Tout un scénario qui à travers le monde se répète et s'amplifie. Les peuples ne se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière le masque de l'honorabilité, de la simplicité, de l'élégance affectée des nouveaux populistes. On les flatte, on leur rappelle qu'on vient des mêmes villages, des mêmes cités, qu'on partage leurs aspirations et leurs colères et peu à peu on grimpe jusqu'au sommet de l’État et dès le lendemain on confisque la souveraineté au peuple, on s'auto-amnistie, on se remplit les poches et on se vautre dans le luxe. (...) Et les peuples joyeux sont prêts à se jeter dans la gueule souriante du diable et de ses diablotins... »

Les « noirs et les arabes », en 36, je ne suis pas sûr qu’ils aient été une cible privilégiée. (Peut-être, du reste, aurait-il mieux valu parler de 34, mais…) Il y avait plutôt les Italiens ; j’aurais tendance à ajouter, dans certains « mondes », au cœur de certaines morales, les femmes. Celles qui seront tondues en 40, parce que la morale de ces mondes-temps acceptait que les hommes fussent « volages », interdisait aux femmes d’être des « salopes »…
La notion de « sous-entendus », pour faire passer toutes sortes de saloperies précisément, est bien vue.
Elle existe encore aujourd’hui où des crétins parlent avec légèreté des camps de concentration, par exemple, décomplexés par les errements des derniers gouvernements israéliens, confondant complètement, lesdits crétins, dans leur bile plus ou moins réseau-sociarde, les mondes et les temps…


Nils Blanchard


Ajout : Mort d’Henri Mosson, le 30 décembre dernier, dont il a été un peu question en ce billet-là
Ce billet évoque aussi des bizarreries (à tout le moins) « historiographiques » (si l’on peut dire…) alsaciennes, sur lesquelles il faudra que je revienne malheureusement.

lundi 29 décembre 2025

Quand des blogs en lien (en lien de lien) partent en vrille / parallèle

Suédois d’ailleurs, petit blog au titre somme toute étrange, mais pratique, présente des blogs en lien, dont certains eux-mêmes présentent des blogs en lien, dont certains eux-mêmes, etc.
Cela permet d’aller cliquer ici et là facilement et, parfois, de tomber sur des choses intéressantes.
Parfois sur des propos passablement consternants.

Magnus Enckell, Diane et Endymion - Capture d’écran

Nydahls Occident (en lien du blog Bernur, lui même dans la liste du site Nordic Voices in Translation) a été plusieurs fois cité ici. Il a le mérite d’ouvrir des portes sur la culture, notamment littéraire, suédoise, parfois danoise, parfois d’ailleurs. L’auteur s’y livre à des réflexions, dont on devine parfois que l’angoisse est relative à ses difficultés physiques. Bon, mais de là à laisser entendre qu’islam et « massinvandringen » – « immigration massive » sont responsables de l’antisémitisme (article du 15 décembre dernier, suite à l’attentat de Sydney), il y a un pas. Un pas qui me dégoûte de franchir à nouveau le clicseuil de ce blog. Tant de simplicité d’esprit, et à un âge avancé, cela devient proprement dégoûtant.
Accabler une communauté, une religion, pour en « défendre » une autre est de l’ordre de la faiblesse d’esprit, qui plus est quand on se targue de connaître l’histoire du vingtième siècle. Je ne crois pas que l’islam, ni quelque « immigration massive » que ce soit aient été responsables de l’antisémitisme – qui a abouti à ce que l’on sait – des années trente !
Du reste, comment se serait comporté notre bon blogueur dans les années trente ?

Magnus Enckell - Capture d’écran

En lien cette fois du blog « Alluvions », le site « L’Ex, Homme-Âne-Yack » parle, le même jour, de « pétasses qui se prostituent toujours pour la putasserie généralisée », à propos d’une publicité d’abribus avec la photo d’une élégie pour une marque de parfum.
Là, plusieurs choses : je comprends mal pourquoi on devrait assimiler les travailleuses du sexe à des « pétasses ».
D'autre part, le site cite René Char en exergue : « L’essentiel est toujours menacé par l’insignifiant. » Je ne saurais trop leur recommander d’ajouter cette phrase de Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant. »
Derrière cet excès en l’occurrence, on devine le pavage de bonnes intentions (très mode, même s’il critique l’industrie de la mode…) de l’auteur : des affiches montrant des femmes les transforment en objets, etc.

Eh bien non, zut. Je préfère des affiches de belles personnes à des photos de panzers ou de je ne sais quelle banque.
On me dira : mieux vaut n’avoir pas d’affiche du tout.
Eh ! Mais méfiance : tout interdire peut préparer à l’avènement de règnes où l’on reverra les murs se couvrir d’affiches, d’un dirigeant divinisé…

Magnus Enckell - Capture d’écran

Je ne sais si l’on peut faire un parallèle entre une certaine xénophobie (premier blog évoqué) et ce que je ne peux m’empêcher d’assimiler à du néopuritanisme (le deuxième). Mais les deux choses cohabitent très bien, par exemple, dans une certaine Amérique estampillée « Make America Great Again ».


Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...