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mercredi 6 mai 2026

De la retenue / héritiers

Fâchons-nous un peu, avec des sujets plus ou moins récents… Et tâchons d’éviter par là-même les raccourcis, mensonges, bêtises de divers fâcheux, qui n’ont bien sûr guère vocation à monopoliser les billets de ce blog.

NB – printemps haguenovien

D'abord, je m’étonne que sur beaucoup de médias, on ne parle absolument plus d’« économies » d’énergies, à l’heure de crises au Moyen-Orient, mais aussi toujours en Ukraine, pour ne pas parler de la « crise écologique » tout court. (Dans la bouche de certains fâcheux le mot « écologiste » est devenu une insulte.) Tout juste évoque-t-on des « alternatives » ; il faudrait privilégier l’alternative de l’électricité au détriment des énergies fossiles, en oubliant allègrement qu’une grande part de cette électricité est nucléaire, et par là-même extrêmement problématique.
À Bure, récemment (le 19 avril), une manifestation d’opposants au « projet » d’enfouissement de déchets radioactifs a été interdite par les autorités ; on se demande pour quel motif.

L'économie pourrait passer par une grosse taxation des panzers et autres grosses cylindrées, par une taxe sur les jeux vidéo consommateurs d’électricité… (Est-ce un hasard, ou bêtise et consommation excessive d’énergie vont-ils de pair?)

Or donc, l’économie, la retenue… La sobriété (je ne parle pas d’alcool…) : tout cela semble totalement passé de mode.

NB – printemps haguenovien

On a parlé en ces lignes d’héritiers à propos du chef d’un syndicat de patrons. Il semble que nous vivions des temps où ces derniers auraient tendance à s’acoquiner sans vergogne avec le front national.
Un autre héritier contrôle financièrement (entre autres) les éditions Grasset, dont plusieurs auteurs ont claqué la porte récemment (avril 2026…) à la suite du renvoi de l’éditeur Olivier Nora.
Grasset… André Dhôtel, Jules Roy y ont été publiés… Et Jacques Brenner y a longtemps travaillé.
Alors je cherche trace d’Olivier Nora dans le journal de Brenner (Pauvert… Fayard (!), tome V, 1980-1993). Le problème, avec Brenner, c’est qu’on n’arrive plus à s’arrêter quand on commence de musarder là-dedans. Et l’on peut s’abuser : cela semble si actuel, ces descriptions de vie, où l’on côtoie aussi bien Ionesco, Florence Gould que Matthieu Galey ou… qui sais-je. Des auteurs anciens tout aussi bien. Brenner était une encyclopédie vivante.
Olivier Nora ? Pas trace. Mais il n’y a pas d’index ; on ne peut tout (re)lire…

Mais tenez, Brenner lui-même s’égare dans le temps ; il écrit le 4 décembre 1988 (p. 564) : « Ai-je cependant une vraie conscience d’être un vieil homme? Dans l’après-midi, rue des Canettes, très étroite et très encombrée, un automobiliste me lance : “Hé, pépé, il y a des trottoirs !” J’ai été surpris par ce “pépé”. »

NB – printemps haguenovien

S'égarer dans le temps. Bon. Mais un historien (j’en suis, en partie) essaie de s’y repérer. Or je m’interroge çà et là sur la nécessité de continuer ce blog (plus exactement : quand y mettrai-je fin?) Mais un blog peut avoir l’intérêt, parfois, de diffuser une information plus précise, voire plus juste que celle de certains médias (et je ne parle pas bien sûr des « réseaux » « sociaux »…)
Ainsi récemment (22 avril… 2026), on entend sur France info que les Français se détournent du livret A. Raison invoquée : la baisse de son taux. Certes, mais on oublie aussi qu’il a été annoncé que ledit livret A servirait à financer le nucléaire. Peut-être cela gêne-t-il certains épargnants. (On en revient à Bure…)
Ou encore, je trouve un ancien article de Ouest-France du 14 janvier 2024, à propos d’Amélie Oudéa-Castéra, au moment de son calamiteux passage au ministère de l’Éducation nationale. Le journaliste, Stéphane Vernay, semble la voir d’un plutôt bon œil. Et d’omettre de rappeler, à l’époque, ce qu’elle avait dit lors de son adresse à la presse, à son premier jour « sur le terrain », de proprement mensonger et insultant envers les personnels qu’elle était censé (on se demande bien pourquoi, en arguant de quelles compétences…) représenter ; je cite sa diatribe notamment ici.
On a entendu récemment (pas en avril, quelques mois avant…) parler de cette dame, qui a joué un rôle au moment des jeux olympiques d’hiver.
Là, encore, quand on sait le coût écologique de ce truc… (je parlais d’alliance entre bêtise et consommation excessive…)


Nils Blanchard


Or tenez, cela ne rejoint-il pas un poème récent publié le 4 mai dernier par Sandra Holmqvist dans son blog (Sandra skriver) ? (Liste des blogs en lien, à droite de l’écran, version ordinateur…)
Le cœur de ce poème intitulé « Hur jag vill leva » dit ceci :

« (...)
Lite mera generöst
lite mindre digitalt
det ska alltid finnas mat
för extra middagsgäster

(...)

Lite mera litterärt
lite mindre monetärt
(...) » 

« (...) 
Un peu plus généreusement
un peu moins digitalement
avec toujours à manger
pour un convive ajouté

(...) 

Vivre de manière un peu plus littéraire
un peu moins monétaire
() »


mardi 15 novembre 2022

Rééditions dhôteliennes – Allez, mettons quatre, cinq…

 Quel rapport avec les Suédois d’ailleurs ? Je ne sais trop… Si ce n’est – on en reparlera – que Dhôtel a préfacé Selma Lagerlöf, que j’ai pu trouver quelque similitude avec Edith Södergran, que des moins récentes rééditions que celles de cette année, en Folio, ont été illustrées avec des tableaux de Nils Nilsson…


Pour commencer, il y a cette réédition de ce qui est sans doute la première 

nouvelle d’André Dhôtel publiée (comme le note Roland Frankart en postface).

Elle parut d’abord au Petit Journal, en 1937.

Ce sont les Éditions Lettres Vives qui ont fait reparaître ce beau texte ;

collection : Entre 4 yeux.

On s’est interrogé récemment ici sur la présence du mal dans les contes de 

Dhôtel (tout en ayant, et par ailleurs, repéré la présence passablement

entêtante de la guerre, certes en arrière-plan). « Histoire sentimentale » n’est

-elle pas, justement, l’intrusion diabolique d’une certaine modernité qui vient

chambouler la vie de deux jeunes et bien sympathiques branleurs ? Ils 

« gagnent » du temps dans leurs tournées, mais perdent autant de

communication, entre eux, avec les paysans le long des routes de campagne,

avec qui la lenteur ancienne de leurs déplacements permettait des

conversations… avec la nature tout simplement. Maléfique, cette modernité ?

La nouvelle se termine sur l’évocation nostalgique de leur ancienne guimbarde

hors d’usage :


« Ils évoquèrent l’image d’une triste ferraille, qui sentait le roussi, gisant dans 

la nuit printanière à la lisière d’un petit bois. » (Je souligne.)


Il s’agit de leur ancienne camionnette qu’ils ont dû remplacer par un nouveau

véhicule, après une panne non dénuée de diablerie, panne à l’issue de 

laquelle, qui plus est, les deux compères sont d’abord « emplis d’une joie

profonde, s’étant, par surcroît, attardés dans deux ou trois auberges »… Allez,

mettons quatre, cinq…


Le Vrai mystère des champignons, on a eu l’occasion de l’évoquer déjà. 

Et quant au roussi (bolet Satan…..)



David.

On doit cette réédition, magnifique, aux éditions de l’arbre vengeur. Là!

Pour toutes sortes de raisons je n’avais pas lu, jusqu’ici, ce roman qui

m’attirait pourtant beaucoup.

Il m’attirait d’abord, parce qu’il a été publié une première fois grâce à Florence

Gould (après avoir été refusé par Gallimard et avant d’entrer aux Éditions de

Minuit). Ensuite, et entre autres, parce que Matthieu Galey l’évoque ainsi

dans son journal, le 11 novembre 1957:


« Il est une heure du matin (nous sommes donc le 12). En montant me coucher 

j'ai ouvert David, que j'avais commencé il y a quelques jours sans

passion. Impossible de m'en arracher avant la fin, englué par cet univers de

trouble et de féerie. Je n'avais jamais compris la vénération respectueuse de

mes amis pour Dhôtel; je la comprends mieux à présent: celle qu'on peut 

ressentir pour un magicien, pour un être en contact direct avec le surnaturel. »


Matthieu Galey a raison ; on a qui plus est l’impression, avec ce roman très

« dhôtelien », d’une pièce manquante dans l’univers de l’écrivain…

Clés ouvertes : enfance cruelle de David ; lieux intemporels…

On en reparlera.


Et pour retomber sur je ne sais quelles pattes, je peux m’amuser à imaginer

que Wera von Essen, dans son Svar till D – qui est çà et là un Daniel… un

David… – ait fait un hommage – totalement improbable – à D(hôtel).

Non.

Mais en fait, David, Daniel (que le livre de Wera von Essen mélange au

premier prénom), sont étrangement présents chez des auteures récentes :

ainsi dans Messalina de Hillevi Norburg : le personnage principal. Dont on

reparlera... 

On trouve aussi un David évoqué en lien avec la Suède dans le blog que les

venisophiles connaissent sans doute; c'est ici...



Nils Blanchard


P.-S. Mettons quatre, cinq : il y a eu aussi, récemment, la traduction de 

Bernard le Paresseux en allemand, par Anne Weber – qui a aussi signé la

préface de David –, avec une préface de Peter Handke (éditions Matthes &

Seitz), une réédition de Lorsque tu reviendras, aux éditions de la Clé

à molette. Voir le site de la Route inconnue (Amis d’André Dhôtel), en lien de 

ce blog.


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...