Affichage des articles dont le libellé est Picasso. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Picasso. Afficher tous les articles

dimanche 13 octobre 2024

De la possibilité de l’insouciance ; retour à des photos, et Jean Aujame

Je m’interroge (bien sûr…) sur la nécessité de ce blog. Crainte parfois de me répéter : ainsi, des photographies de Laholm, dont j’allais décorer un billet, je me suis rendu compte qu’elles avaient déjà paru, il y a deux ans (j’en ai trouvé d’autres…) Mais il y a aussi des pistes, des sentes, que l’on retrouve, comme dans une forêt dans laquelle on se serait égaré. Égaré, vraiment ?



Nécessité de ce blog… Faudrait-il se taire, comme le suggère cette jeune femme ?

En tout cas, présence quasi dhôtelienne du hasard : j’ai retrouvé (à temps, heureusement) ces photos déjà publiées de Laholm lors que je recherchais où, quand j’avais parlé de cette étrange photographie, trouvée sur un site disparu depuis plusieurs années, où l’on voit deux garçons insouciants ; légende : août 1942 (et deux prénoms, diminutifs plutôt).
J'y pensais à cause d’une peinture de Jean Aujame. Elle est aussi de 1942, et montre des baigneurs sur une plage.

Jean Aujame, Baigneurs sur la plage, 1942 - Capture d'écran


Insouciance, cette représentation d’une scène intemporelle de bonheur ; jeunes corps, plage d’été… ?
D'après sa biographie sur Wikipedia, Jean Aujame a été fait prisonnier comme officier en Allemagne en 1939.
Quatre ans avant, il avait peint une étrange toile (où l’on sent quelque chose de Picasso) : Terrasse à Ténérife (Centre Pompidou), où des nuages semblent annoncer la guerre d’Espagne.

Où pouvait être cette plage de 1942 : en Espagne (franquiste), au Portugal ? Dans le sud de la France ?
La plage ressemble beaucoup à celle-ci (où il y a plutôt des baigneuses), de 1960.

Jean Aujame, Baigneuses sur la mer, 1960 - Capture d'écran


Pour en revenir à la nécessité du blog, Thomas Nydahl, qui serait un des plus anciens blogueurs suédois, écrivait le 15 janvier dernier :

« Vad vill jag med bloggen?
Låt mig ta det från början. Under de årtionden jag haft blogg - bland andra Inre exil, Vaka över ensamheten och Nydahls Occident - har den varit en blandning av förlagsverksamhet och litteraturtidskrift. »

« Pourquoi ce blog ?
Commençons par le début. Au cours de mes décennies d’activité de blogueur – entre autres Inre exil [Exil intérieur], Vaka över ensamheten [Veiller sur la solitude] puis Nydahls Occident – ça a été un mélange de site de société et de journal littéraire. »

Je ne tiens pas de maison d’édition quant à moi, mais ce blog s’est ouvert d’abord pour développer les thèmes de mon livre sur Elmar Krusman.
Divers événements, grandes tendances géopolitiques pourrait-on dire, sont apparus au moment de mes recherches, écriture d’Elmar Krusman. Cela donnera peut-être, d’ailleurs, naissance à un prochain livre. Notamment, le 24 février 2022, Poutine a attaqué l’Ukraine. D’où une certaine nécessité, parfois, avec autant de circonspection que possible (ce blog n’est pas a priori un blog d’opinions), de pénétrer dans certaines arènes.

Aussi, des thèmes, centres d’intérêt s’y sont adjoints, dans un équilibre plus ou moins précaire – mais tout équilibre ne se situe-t-il pas à la jointure de précarités ? –, certaines dates ont affleuré, aussi. Parmi elles, 1942.


Nils Blanchard


P.-S. : Quelques dizaines encore d’articles de ce blog (plutôt du début) sont difficilement visibles en version « smartphone », car j’avais fait du zèle, à l’époque… m’étais compliqué la vie, bref…
« Pas de zèle ! », aurait dit Talleyrand.

Je les « redresse » petit à petit… Là, j’ai profité de ce qui précède pour remettre aux bonnes formes les billets (19)41 et (19)42 des 20 et 26 août 2022. Ils sont en lien de ce qui précède, on peut aussi les trouver dans le calendrier quelque part à droite, en bas, de la page d’accueil… (pas version « smartphone »…)

J'avais mis des parenthèses, dans les titres de ces deux articles, aux centaines des dates, pour faire des jeux de chiffres du fait qu’ils étaient alors, ces deux billets, les quarante-et-unième et quarante-deuxième de ce blog, qui s’appelait alors « Suédois d’Estonie et d’ailleurs », qui changera peut-être de nom encore, à moins qu’il disparaisse, comme celui dont il est question dans « (19)42 »…

P.-S. 2 : Rajout d’étiquette : celle, nauséabonde et malheureusement d’actualité, d’antisémitisme, que je n’ai pas eu la place de placer à l’avant-dernier billet, du 2 octobre, sur la conférence sur le négationnisme.

mercredi 7 juin 2023

Quelques concomitances – Françoise Gilot, Kakhovka, Léon Gautier, Benoît Duteurtre

- Françoise Gilot.


C'est un hasard, elle était née la même année qu’Elmar Krusman (1921).
Grande peintre, elle était aussi de cette étrange aventure du collège de ‘Pataphysique. On la voit sur une photo que l’on peut retrouver facilement ici, en compagnie, entre autres, d’Emmanuel Peillet.

Elle est morte à Manhattan le 6 juin 2023.
Ça n’a rien à voir – ce sont mes lectures du moment… – : ville refuge d’un Benoît Duteurtre, nous raconte-t-il dans Ma vie extraordinaire, à une certaine époque.

Ah, mais moi aussi j’ai bien aimé New York. J’en ai quelques photos assez réussies avec le Canon que j’avais à l’époque. Je trouverai bien un prétexte pour en mettre dans ce blog ; pour évoquer Göteborg, peut-être, et ce Göteborgs Manhattan qu’ils sont en train d’élever, à coups de tours qui, je dois dire, me laissent passablement circonspect.



- Le barrage de Kakhovka ; Léon Gautier.

C'est moins un hasard, en ce sens que ça arrive au moment où il y aurait une contre-offensive ukrainienne en cours : explosion de ce barrage sur le Dniepr, à Kakhovka, avec les conséquences que vous avez dû voir.
Ce qui est plus du domaine du hasard, c’est que c’est aussi ce 6 juin 2023 que ça s’est produit.
6 juin 2023 où Léon Gautier, dernier survivant du commando Kieffer, était à Colleville Montgomery aux côtés du président pour les célébrations du « D-Day ».

Juillet 1929, sur le Dniepr, des habitants de Gammasvenskby 
s'apprêtent à "repartir" en Suède. 

Kakhovka, il se trouve que c’est tout près de Gammalsvenskby.


- Retour à Ma vie extraordinaire.

Pas la mienne, celle de Benoît Duteurtre. J’en étais justement, vers la fin du livre, au début d’une partie intitulée « Les vieilles dames ». Là, il est question de la grand-tante du narrateur, Rosemonde, ancienne résistante qui est dans sa dixième décennie dans un appartement donnant sur la mer, au Havre. (Folio, page 253.)

« Elle adorait compter les navires et les reconnaissait comme des personnages familiers. À quatre-vingt-dix ans, munie d’une paire de jumelles, elle restait des heures dans son fauteuil face à la baie vitrée qui donnait sur l’entrée du port. Elle vivait au rythme de ce spectacle animé, sauf la nuit, quand il se réduisait au mouvement de lumières glissant dans l’obscurité. »

Cette Rosemonde, Françoise Gilot ; de part et d’autre de l’Atlantique.


Nils Blanchard


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...