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jeudi 12 février 2026

Peintres, conférence…

Diverses conférences auxquelles il m’a été donné d’assister à Strasbourg, cinq sur une journée, voyez-vous ça…
L'une d’elles, la dernière, le soir… était consacrée à Camille Claus. Et elle m’a ramené à la mention récente d’un tableau du peintre Adriaen Van Stalbemt, pas très, très éloigné d’un Savery… 


C'est dans le cadre de l’exposition (déjà évoquée en ces lignes) « Icônes de la présence » que Jean-Louis Mandel est intervenu à la Médiathèque protestante du Stift mardi (10 février) au soir.
Son propos a porté plus particulièrement sur les œuvres de Camille Claus dans les églises alsaciennes.
Il en est passé par une certaine genèse de l’œuvre du peintre (retour de l’URSS après la guerre via le Tambov) portant sur l’horreur de la guerre et d’un camp d’internement soviétique.
De là, évocation d'œuvres plus tardives de l’artiste, au soir de sa vie – entre les deux, peu d’œuvres à caractère directement religieux –, notamment donc pour des commandes de diverses paroisses alsaciennes.

La conférence avait lieu dans la salle Koch, étrange lieu comme soustrait à un dix-huitième siècle préservé, où, peut-être, une Madame Roland aurait pu tenir salon. On peut en retrouver les diverses conférences sur ce site ; et celle de Jean-Louis Mandel y apparaîtra…

Tout au long de son propos, le conférencier de faire référence à un journal retrouvé du peintre, qui semble mériter amplement quelque publication. (Amis éditeurs…)

Soudain, d’évoquer un tableau peu connu de Camille Claus qui se trouve à la Bibliothèque humaniste de Sélestat : La Guerre et la Paix.
Et de noter que les différents personnages ornant le versant « guerre » de l’œuvre rappellent étrangement les peintures d’après Tambov. Boucle bouclée... 

Adriaen Van Stalbemt, Allégorie de la Paix et de la Guerre - Capture d’écran

Quelques jours plus tôt, je me retrouvais à nouveau, et bien par hasard – via une « lettre » du site de ventes Drouot – sur les sentes de la forêt des maniéristes. Il y était en effet question d’une vente qui aura lieu à Lille le 15 mars prochain, d’un tableau d’Adriaen Van Stalbemt, Albert d’Autriche et Isabelle.
Adriaen Van Stalbemt ne m’était pas inconnu. S’il n’apparaît pas directement dans le livre de Martin Fahlén (que j'ai eu le plaisir de traduire), il fait partie de ces peintres du début du XVIIème siècle, dans la mouvance des miniaturistes flamands dont fait partie notre Roelandt Savery…

Dans ce tableau, auquel un article de Carole Blumenfeld nous initie, Albert d’Autriche n’est autre que le frère de l’empereur Rodolphe II que Martin Fahlén évoque beaucoup dans Le Tableau de Savery ; qui plus est, lui et son épouse visitent un cabinet de collectionneur, ce qui n’est pas très loin des cabinets de curiosités dont, encore, Martin Fahlén parle beaucoup dans son livre.

Et Adriaen Van Stalbemt, lui aussi, nous ramène à la paix et à la guerre.


Nils Blanchard


Ajout. Du peintre finlandais Pekka Halonen, je croyais avoir déjà parlé en ce blog, mais visiblement (cf. index, à droite, version ordinateur, c’est pratique, il suffit de cliquer…) non.




Pour les gens qui ont la chance de vivre à, ou de passer par Paris…

lundi 23 juin 2025

Merveilles soudaines

Salle de réveil, opération, attention d’infirmière… Garçon au poisson râleur… Il y a tant de choses à dire. Mais je me dis depuis quelques temps que je me disperse trop (attention, c’est pas bien…) Dispersons-nous encore, alors ! Mais en restant « fokus » sur ses sujets, parfois – les pêcheurs de crevettes connaissent ça – on ramasse quelques merveilles.

Henry B. Goodwin, Étude de nu, 1920 (Capture d’écran)

Ainsi, au Louvre – on l’a déjà évoquée – exposition sur Prague et Rodolphe II. Rodolphe II, c’est l’empereur qui a accueilli Roeland Savery, qui est du coup présent (et pas mal évoqué) dans le petit livre dont je suis le fier traducteur (en lien, en haut, à droite : Le tableau de Savery).
L'exposition confirme quelque chose – au moment de ma traduction et des petites recherches que j’ai menées sur le sujet ; j’avais pensé, pense toujours, que je creuserais le domaine des peintres maniéristes flamands : Hans Bol ou, pas très éloigné de cette mouvance, Adriaen van Stalbemt… –, c’est le goût de l’érotisme à la cour de Rodolphe II.

Capture d’écran ; coupe de pierre dure, Musée du Louvre


Dans un article dans Bilan (bilan.ch) début avril, Etienne Dumont présente ainsi l’empereur :

« C'est en personnage d’autant plus mythique que les gens, même cultivés, le connaissent mal. La trajectoire de l’empereur Rodolphe II de Habsbourg (1552-1612) fait penser à celle de Louis II de Bavière (1845-1886). Même étrangeté. Un intérêt égal pour les arts. Une identique incapacité à gouverner, nourrissant ainsi des ambitions féroces autour d’eux. Une semblable aspiration à la solitude, nourrie par des crises de dépression. D’où la tendance à se réfugier dans le rêve. »

Puis de préciser qu’à sa cour, à côté du courant maniériste, « Il existe en effet un pan vériste dans les productions encouragées par Rodolphe II. Des peintres et surtout des miniaturistes se sont passionnés pour le réel. » C’est là-dessus qu’insistent les commissaires de l’exposition Philippe Malgouyres et Olivia Sabatier, qu’on peut voir dans une conférence de présentation filmée passionnante là.



On voit (entend) que Savery est au cœur de ces mouvements. Martin Fahlén en parle très bien dans Le tableau de Savery.



Rien à voir a priori, mais une merveille qui apparaît soudain par surprise. Ou réapparaît ? Cela fait quelques années maintenant que je n’ai été à Stockholm. Peut-être ai-je vu cette maison dont parle Gabrielle Roland Waldén dans son blog en lien du mien (Gabrielles blogg) le 19 juin, une toute petite maison d’écrivain du dix-huitième siècle adossée à une plus grosse bâtisse, dans le quartier de Södermalm.



« Huset lär vara Stockholms minsta och används i dag som skrivarstuga för en författare.
Huset är från 1700-talet och var tidigare större. (…) Här och var i stenstaden på Södermalm finns verkligen många större och mindre ”öar” kvar med gamla fina rödmålade trähus. Roligt för den här bloggerskan som gillar gamla hus och historia. »

« La maison serait la plus petite de Stockholm et est utilisée aujourd’hui comme maison d’écrivain [ou pour un écrivain en particulier ?]
Elle est du dix-huitième siècle et était plus grande autrefois. (…) Par-ci par-là dans le vieux centre de Södermalm subsistent vraiment de plus ou moins grands îlots de belles vieilles maisons de bois peintes en rouge. C’est bien agréable pour cette blogueuse qui aime les vieilles maisons et l’histoire. »

Et pour le blogueur qui aime les blogueuses qui aiment…


Nils Blanchard


Ajout. Trump, l’homme des reculs, a bombardé des sites en Iran (nuit du 21 au 22 juin), lors même qu’il était encore quelques jours avant en négociations de paix avec les Iraniens (négociations initialement lancées, soit dit en passant, par le président Hollande, et interrompues lors du premier mandat du président américain actuel). Cela va à l’encontre des lois les plus anciennes des relations entre gens, entre États, que d’attaquer au moment même où l’on discute.

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...