vendredi 9 octobre 2026

Il y était donc encore ? / f...

Un article dans le Göteborgs Posten (signé ; c’est que son auteur annonce qu’il a quitté les réseaux sociaux… D’une certaine manière, il est devenu, peut-être pour un article seulement, un auteur, pas seulement un fauteur…), de Kari Parman, s’intitula de la sorte, le 4 octobre dernier « Facebook har bara gett oss ett skyltfönster för vår egen dumhet » (« Facebook n’a fait que mettre en lumière notre propre stupidité. »)

NB, le Rhin - « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. »,
dit Héraclite… Un fleuve n’est-il pas un réseau social (sans guillemets) ?

 Bon, mais j’ai peut-être introduit ce billet un peu vite. Dans ma traduction, d’abord : lumière et stupidité ne vont pas bien ensemble.
Puis l’auteur de l’article serait un auteur ? Il y a auteur et auteur, bien sûr. Mais cette inclusion (eh, je me plaignais dans une série d’articles d’exclusion... on me dira que je ne sais pas ce que je veux. Non, sans doute. Mais là est une autre question…), dans son titre : « vår egen dumhet », comme s’il était évident que tout le monde devait être inclus dans les turpitudes (appelons ça comme ça) de cet homme : fréquenter les « réseaux » « sociaux »…
Ceux-là mêmes (oh, pas tout seuls, sans doute) qui poussent des lycéens dans la rue, où des heurts avec des forces de l’ordre entraînent des violences… dont se plaignent – j’ai entendu ça sur une radio d’information que je ne veux plus citer tant elle me débecte – des avocats qui relaient des plaintes contre les autorités… « Vous mettez en danger la vie d’enfants... » Enfants ? Oui, car mineurs. Mais alors, quid de plaintes contre les responsables légaux desdits enfants-mineurs-lycéens ?

En tout cas, mettre des enfants dans la rue, devant soi, comme le fait LFI, ou comme le font certains syndicats de professeurs, via peut-être on ne sait quels réseaux sociaux, n’a rien de bien honorable.

De doctes politologues, bavologues… expliquent qu’il faut « prendre en considération les revendications des lycéens ». Les… revendications ? Lesquelles ?
Paroles de lycéens entendues sur la fameuse chaîne d’informations : « On vit dans une dictature… »
F…outaises !
Qu’ils aillent voir en Russie, en Iran, en Corée du Nord… – les exemples ne manquent pas hélas – ce que c’est que manifester dans une dictature.

J'ai entendu aussi : « On fait comme les autres… »

Capture d'écran - Illustration du XIXe s.

Il y aura malheureusement d’autres occasions plus tard peut-être de se rebeller ; si on se retrouve par exemple avec un second tour Mélenchon (aux relents d’antisémitisme, qui ferait bien, quant à lui, de revenir passer quelques mois sur les bancs des lycées…) - Le Pen…

Mais je digresse ; Kari Parman était un parfait inconnu, pour moi, avant cet article. Or qui est-il ? Je « googlise » son nom. Une pléthore de titres de « réseaux » « sociaux » apparaît, où je n’irai bien sûr pas me perdre (ou, plus exactement, perdre mon temps). Je comprends néanmoins dans les titres que c’est un homme politique.
Bon alors… roulement de tambour… je demande à Madame Ia : qui est-il ?
Homme politique local (anciennement affilié aux sociaux-démocrates), chroniqueur, adepte des « réseaux » « sociaux »… rien que je n’avais à peu près deviné déjà en « googlant »…

Je précise ma question : « Il avait annoncé le 4 octobre 2026 dans un article dans le Göteborgs Posten qu'il quittait les réseaux sociaux. A-t-il tenu cet engagement?

– Non, Kari Parman n'a pas quitté les réseaux sociaux. La prémisse de votre question repose sur une légère confusion quant au contenu exact de son article.
Dans sa tribune libre intitulée "Facebook n'est qu'une vitrine pour notre propre stupidité" (Facebook har bara gett oss ett skyltfönster för vår egen dumhet), publiée dans le Göteborgs-Posten le 4 octobre 2026, Kari Parman n'annonçait pas son départ personnel des plateformes. Il y livrait une critique acerbe de la dynamique des réseaux sociaux (…). Il reste actif et continue d'utiliser ses comptes pour diffuser ses points de vue. »

Pardon ! Mais on ne me la fait pas. Je sais quand même à peu près lire un article. Je précise :
« Dans cet article, il a quand même annoncé qu'il quittait Facebook.
– Vous avez parfaitement raison, et je vous présente mes excuses pour cette imprécision. (...) »

Ah… Je vais y prendre goût, à Madame Ia…

NB, le Rhin - …Fleuve, Héraclite…
Ce qu’on appelle les « réseaux » « sociaux » sont
plutôt des mares passablement stagnantes.

Mais pour en revenir à « la critique acerbe de la dynamique des réseaux sociaux », on lit notamment ceci sous la plume de K. Parman :

« Det som skrämmer mig är inte att människor tycker olika. Tvärtom behöver ett demokratiskt samhälle människor som tycker olika, ifrågasätter och argumenterar. Det som skrämmer mig är när fakta verkar ha blivit ett frivilligt tillval.
Någon kan påstå precis vad som helst, och fem minuter senare har påståendet förvandlats till en ”sanning” som hundratals människor delar vidare. »

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas que les gens aient des opinions divergentes. Au contraire, une société démocratique a besoin de gens pensant différemment, mettant en question les choses et argumentant. Ce qui m’effraie, c’est que la vérité factuelle semble être devenue une option facultative.
N'importe qui peut suggérer n’importe quoi, et en cinq minutes la proposition se transforme en une « vérité » partagée par des centaines de gens. »

Eh ! Plutôt qu’une vitrine, là, on a une porte ouverte, mais qui a le mérite d’être exprimée clairement.
Et si K. Parman n’a pas quitté encore tous les « réseaux » « sociaux » – on sait qu’il en existe d’autres que F...acebook, parmi lesquels un notamment que je ne veux même pas nommer ici, qui incite des jeunes gens, parmi lesquels des lycéens peut-être, à se suicider… –, encore un petit effort ; qu’il les fuie ! Sans faute !


Nils Blanchard


Ajout. Pour en revenir aux manifestations de lycéens, un billet de la même « série » que celui-ci (cela ne se remarque peut-être pas ; disons que j’archive mes articles par thèmes… Là, on est dans une série « Inquiétudes / Quisling »… Quisling, on verra un jour pourquoi…) s’intitulait : Autres questions ; faut-il défendre le faible, etc. Allez-y voir, si le cœur vous en dit ; il n’y a qu’à cliquer sur l’orange… Bon, mais on entend çà et là des lycéens qui se plaignent benoîtement de la dangerosité des armes des forces de l’ordre. On a là un décalage particulier bien évidemment entre des mineurs (pour la plupart) assez nouveaux sur cette affaire, et des forces de l’ordre dont le métier est précisément d’assurer des limites, que les premiers ne connaissent pas nécessairement.

lundi 5 octobre 2026

Pommes, pommes, pommes / Quels paradis ?

Vestiaire de sport, sortie de douche. Mon professeur : « An apple a day keeps the doctor away »… Je ne sais plus vraiment à quel propos…
Or je me rends compte que le mot « pommes » est dans le titre de deux de mes récents billets.
Jamais deux sans Troie, etc.

Capture d'écran

W
ikipedia précise que Winston Churchill précisait lui-même au dicton : « especially if you aim carefully »…
Bon, mais pourquoi des pommes ? C’est que le blog Krickelins – que j’ai déjà évoqué à diverses reprises en ces lignes, voir l’index ; il suffit de cliquer, etc. – ploie sous elles ces derniers temps.
Ainsi, le 21 septembre, bizarrement alors que Kristin Lagerqvist parle d’enfer plus que de paradis…, une jolie photos de pommes décore l’article.
L'enfer ? 

« Alla människor går igenom sitt eget helvete under det lilla liv vi har. Det tror jag.
Jag tror inte att någon slipper undan och det kan vara viktigt att bära med sig. Vissa helveten är mer stigmatiserade än andra. De kan vara större eller mindre beroende på var vi själva befinner oss i livet och vilka förutsättningar vi har. » 

« Tout le monde traverse son propre enfer dans la petite vie qui nous est donnée. Je crois cela. 
Je ne crois pas qu’on puisse y échapper ; il faut en être conscient. Certains enfers sont plus stigmatisés que d’autres. Ils peuvent être plus ou moins grands selon où l’on se situe dans la vie, quels conditions l’on a. »

On est souvent, chez cette blogueuse, entre réflexion intéressante et épanchements de psychologie à la lisière du bazar, trait de vie élégant et vulgaire égocentrisme. C’est assez étrange, somme toute.

Capture d’écran, site Krickelins

L
e lendemain (22 septembre ; j’ai déjà cité cela : Le vingt-e-deux septembre au diable vous partîtes / Et depuis chaque année, à la date susdite / Je mouillais mon mouchoir / En souvenir de vous…), l’article de Krickelins est centré sur la cueillette des pommes d’un arbre du jardin qui en offre à foison. Elles sont gaulées, ramassées, avant transformation semble-t-il en on ne sait trop quelles denrées… Bon, allons-y voir :

« Äppeltider! Sista året med min trädgård och jag går såklart all in.
Det ska mustas, kokas, torkas och skivas… pajer ska bakas och äppelbullar ska jäsa.
Påminner mig själv om att jag måste köpa mer kardemumma, smör och kanel. »

« Le temps des pommes ! Dernière année avec mon jardin, auquel bien sûr je me consacre.
On va les presser, cuire, sécher, découper… faire des tartes, lever des gâteaux aux pommes.
Ça me rappelle qu’il faut que j’achète plus de cardamome, de beurre et de cannelle. »

Tout cela sent l’automne, oui.
Tâcher de profiter des couleurs, de se promener, d’ajouter à la vie un peu de cardamome, de beurre et de cannelle… Mais tout semble m’éloigner de semblables loisirs. Menus tracas, sur lesquels je ne m’étendrai pas plus ici.
Les enfers de vie, dont parle d’une certaine manière Kristin Lagerqvist, tendent à exclure les gens d’un monde qui est pourtant là, à portée, juste là.
Encore une fois, ne suffirait-il pas de partir ?

Capture d’écran, site Krickelins


M
ais que vient faire ici Troie, à part le douteux jeu de mot ?
On lit dans le magazine Beaux Arts, dans un article de Joséphine Bindé du 22 septembre (2026), qu’après douze années de fouilles dans les vestiges de Troie (en actuelle Turquie), les archéologues ont mis à jour une agora vieille de 2800 ans.

Quels petits tracas, quels petits (ou grands?) enfers pouvaient bien préoccuper les gens qui passaient, se croisaient, travaillaient, discutaient sur cette place, il y a 2800 ans ?
Quels petits (ou grands?) plaisirs ; quels paradis ?


Nils Blanchard


Ajout : Étrange surprise au Brésil où le candidat d’extrême droite, Bolsonaro (fils) arrive nettement en tête du premier tour de l’élection présidentielle. On en reparlera vraisemblablement, mais certaines gens œuvrent à installer un autre type d’enfer sur terre, creusant les inégalités entre riches (propriétaires par exemple de terre grignotées sur l’Amazonie), et pauvres, accentuant parallèlement la destruction de l’environnement (Amazonie encore).

mercredi 30 septembre 2026

Gammalsvenskby, 1929 / Et Mayenne

Suite d’un premier billet sur le sujet. La date, 1929, était vraiment de malchance : début de la crise mondiale, bien sûr (et on sait que les crises suscitent repli sur soi des peuples et méfiances envers les migrants), puis la famine en Ukraine, l’Holodomor, en 1932-1933.

Capture d’écran du programme du colloque du 16 octobre 2026, Uppsala

Un article de la SOV (26 juillet dernier) a laissé un lien vers le site du Musée régional de Jönköping. Récemment en effet (fin août), Jörgen Hedman, auteur d’un livre sur l’installation d’Esto-Suédois dans le Småland et le Västergötland, y a présenté l’histoire des migrants de Gammalsvenskby arrivés à Jönköping.
Déjà évoqué, Peter Hedfors (SOV) note :

« Nästan en tredjedel av alla de svenskbybor som kom till Sverige år 1929 kom att stanna i trakterna av Jönköping; antingen i Jönköpings län eller i dåvarande Skaraborgs län. Man kan med fog säga att denna grupp inte uppmärksammats lika mycket som de svenskbybor har gjort som bosatte sig på Gotland. Svenskbybornas på Gotland hade fördelen av att ha mindre geografiska avstånd till varandra och inte minst tillkomsten av Svenskbygården i Roma som en samlingsplats har betytt mycket. »

« C'est presque un tiers de l’ensemble des habitants de Gammalsvenskby venus en Suède en 1929 qui s’est retrouvé dans les environs de Jönköping ; soit dans la région administrative de Jönköping, soit dans ce qui était alors celle de Skaraborg. Il apparaît que ce groupe n’a pas eu autant d’attention que ceux (de Gammalsvenskby) qui se sont installés à Gotland. C’est que là, à Gotland, ils avaient l’avantage d’être moins éloignés les uns des autres, puis surtout la création, là, d’un lieu de rencontre à Roma a eu une grande importance. »

Mais globalement sur les 900 (environ) habitants de Gammalsvenskby venus en Suède (certains sont aussi partis vers le Canada), 250 ont choisi de revenir en Union soviétique, à la grande joie des communistes suédois. Peut-être, du reste, ont-ils évité l’Holodomor, vu que « Under Stalineran drabbades befolkningen av svåra förföljelser och många deporterades till Komirepubliken, Kolahalvön och Sibirien. Det var först under 1950-talet som de överlevande fick möjlighet att återvända till sin hemby. » « Pendant l’époque stalinienne, la population a subi de grandes persécutions et beaucoup ont été déportés vers la République de Komi, la presqu’île de Kola et la Sibérie. Ce n’est qu’au cours des années 1950 que les survivants ont eu la possibilité de revenir dans leur village d’origine. »
(Citation de la présentation du colloque du 16 octobre 2026 à Uppsala.)

Arrivants de Gammalsvenskby à Jönköping, aoüt 1929 -
Jönköping Nordiska Musset ; Digital Museum

Et qu’en est-il maintenant, me demandera-t-on peut-être ? Je rappelle qu’en lien de ce blog figure un site sur Gammalsvenskby, en anglais et suédois, donnant des nouvelles régulières des lieux en ces temps de guerre, via Sofia Hoas.
La présentation du colloque du 16 octobre 2026 à Uppsala résume bien la situation :

« Innan den fullskaliga invasionen av Ukraina bodde runt 2 400 personer i Zmiivka kommun, där Gammalsvenskby ingår. Endast ett litet antal av dessa var ättlingar till de ursprungliga svensktalarna. Kriget har drabbat byn hårt, och under perioden mars till november 2022 ockuperades den av ryska trupper. Sedan dess har byn utsatts för upprepad rysk beskjutning från andra sidan floden, vilket har lett till att den nu är i det närmaste ödelagd; de flesta husen är utbrända eller raserade, och byborna har tvingats fly. Åtminstone ett 60-tal personer har lyckats ta sig till Sverige. I augusti 2026 befann sig bara två personer kvar i byn. »

« Avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, la commune de Zmiivka (à laquelle appartient Gammalsvenskby) comptait environ 2400 personnes. La guerre a touché cruellement le village, et de mars à novembre 2022 il a été occupé par les troupes russes. Depuis, la zone est l’objet de bombardements russes répétés, de l’autre côté du fleuve [Dniepr], ce qui fait qu’elle est maintenant quasiment inhabitable ; la plupart des maisons ont été incendiées ou rasées, la population a dû fuir. Au moins une soixantaine de personnes ont pu rejoindre la Suède. En août 2026, il ne se trouvait plus que deux personnes au village. »


Et la Mayenne ?
Étrangement, 1929 est une des rares dates de Conversation avec le taupier de Jean-Loup Trassard (éditions Le temps qu’il fait, 2007, page 87).
Un autre personnage de la conversation (que Joseph Heulot) – tout ça se passe du côté de Juvigné en Mayenne, pas si loin de la Normandie, près d’Ernée – lance le sujet des hivers froids.

« Paul Feuve : “Quand l’z’éronces poussent beaucoup, on dit que l’hiver sera rude”. Il n’a pas lui même vérifié mais en tout cas se souvient de l’hiver 29. La neige, où le vent l’avait poussée, s’était amoncelée sur un mètre d’épaisseur. Elle a tenu six semaine et là-dessus il gelait. (…) Joseph [le taupier] a aussi vécu cet hiver mémorable, il avait vingt-trois ans. »

Trente-trois ans en 1939 ; Joseph Heulot a fait la guerre, y a attrapé une pleurésie qui l’a laissé en partie invalide… d’où, aussi, son métier.
Quant à l’hiver 29, l’auteur y revient aux pages 135-136 :

« Le neveu, un gars de La Viennais, est jeune, cela lui paraît loin, mais Joseph Heulot s’en souvient de 29, “Oh bin, eune hiver si dure, ça perd tout !” »


Nils Blanchard

dimanche 27 septembre 2026

Des pommes / Tribulations

Suite… appels, rappels… La seule solution pour régler mon problème semble être d’appeler le commerçant auquel les arnaqueurs ont passé des commandes : « Apple ». 

Eva Blanchard - Pommes et roses (NB)

Et là, je tombe à nouveau sur une intelligence artificielle ; un peu mieux réglée, un peu plus pointue, je dois dire, que celle de mon opérateur téléphonique.
Je suis tout de même obligé de l’interrompre dans ses circonlocutions et demande à parler à un être humain. Je ne suis pas un alien !
J'obtiens satisfaction, avant quoi cependant on m’oblige à écouter quelques dizaines de seconde de crasse sonore (non, on ne peut pas appeler « musique » les vagissements aigus que l’on entend…)
Bon, un homme – avec un accent étranger – finit par me prendre en charge, de manière satisfaisante.



On me rappelle de Bouygues, de là je rappelle « Apple » ; dans les deux cas, femmes avec accent étranger, compétentes, semble-t-il… Semble-t-il, car pour l’instant les quelque 100 euros qu’on m’a volés ne m’ont toujours pas été remboursés…

Ces sommes qui me concernent sont (relativement) modestes, mais elles me font penser à des brigands de films du passé. Je pense à Symphonie pour un massacre, film (en noir et blanc) de Jacques Deray, de 1963, que j’ai vu récemment par hasard. L’époque, et les brigands, y sont autrement sympathiques qu’aujourd’hui (bien qu’impitoyable, pour le plus sympathique d’entre eux puisque joué par Jean Rochefort).
Ils manient de jolies voitures sur des routes à peu près désertes. Les entrées de villes (Lyon, entre autres), ne sont pas saturées d’enseignes commerciales hideuses. Surtout, peut-être, les personnages ne savent rien de la « pensée », la société « computationnelle »…
C'était mieux alors… peut-être, mais, il ne faut pas le dire, ça ne finit pas très bien.


Ç
a devrait finir bien dans mon cas ; on m’a prévenu que quelqu’un d’Apple devrait me rappeler quelques jours après encore, d’un numéro irlandais, pour me dire si oui ou non je serais remboursé.
On m’appelle en effet. Un homme parlant français, mais avec un accent vraiment difficile à comprendre. Très… irlandais, anglo-saxon dans ses expressions ; me demande par exemple d’emblée si j’ai passé une bonne journée…

Je repense à l’Irlande, au Royaume-Uni ; ce monde somme toute si proche, si lointain aussi.
Les pubs – mais ils se raréfient, au profit de Coffee-shop qui ne sont pas ma cup of tea…
La mer, bien sûr ; elle m’a manqué etc.
Impression qu’une autre langue s’exprime en moi / de moi parfois. Je parle d’un autre…
Pourquoi est-ce que je ne fais pas ceci, cela, lors que tout (et rien) en moi me le demande ?
Mais je vous égare peut-être…

J'ai parlé dans ce billet, ainsi que dans le précédent sur le sujet d’accents étrangers. Il semble que la langue française parlée, en direct, au téléphone, par des gens (et non des voix d’IA), soit devenue l’apanage d’étrangers, ou de gens d’origine étrangère. Là, je pose cette question aux racistes et autres contempteurs de toute immigration : que veulent-ils, un monde du silence ?

NB

E
t moi, de temps à autres, je songe à des destinations d’exil. La Suède, évidemment (surtout sans Tidö), le Royaume-Uni ?


Nils Blanchard

lundi 21 septembre 2026

Des élections ; victoire de la démocratie ; Elmar Krusman 2026

Il semble que nous allons pouvoir nous intéresser à des choses plus agréables pendant quelques temps que la triste coalition Tidö, dont il fut question ici notamment (il suffit de cliquer ; et sans parler de l'index de ce blog, en orange, à droite, version ordinateur...). 

NB - Carl Milles, Stockholm

Peut-être ces gens-là ont-ils franchi un pas que les Suédois (un peu hypocritement?) ne voulaient pas les voir franchir : annoncer une participation de l’extrême droite, d’origine néo-nazie, au gouvernement, lors même que les « Démocrates de Suède » (SD) soutenaient le gouvernement dans le cadre du programme (et des accords) Tidö.
Les résultats sont un peu déroutants : si SD perd 3,07 % des voix et 11 sièges, autant qu’ils en avaient gagné en 2022 (en tombant à 17, 5 %, ce qui est déjà énorme pour ces gens) ; le parti du premier ministre sortant Ulf Kristersson (les « modérés », disons à peu près la droite) monte à près de 20 % (gagne 0,75 % et deux sièges). Peut-être les électeurs du royaume sont-ils en train de se lasser du mouvement d’extrême droite, tout en ayant fait progresser le score des « modérés » et même des étranges « chrétiens » « démocrates » ; ce, pour les récompenser d’avoir suivi leurs engagements ? De ne pas avoir si mal géré certaines crises (aide à l’Ukraine...)
Difficile de répondre avec certitude.

Pour ce qui est de la gauche (et du centre), l’ensemble monte globalement, mais les sociaux-démocrates baissent de 2,32 % et passent en-dessous de 30 % (28,01%) des voix (ils perdent 8 sièges ; restent cependant la principale force du Parlement). Leurs alliés pour la gestion du gouvernement, notamment le parti de gauche (Vänster) et les centristes, ont montré par le passé qu’ils n’étaient pas des alliés très sûrs.

Le taux de participation est de 83,6 % est en très légère hausse (et, vu de France, il paraît élevé…)
(J'ai repris dans ce billet les chiffres de Wikipedia, en les corrigeant pour l’abstention vu que Wikipedia en retire – de l’abstention – les blancs et les nuls. Je ne compte quant à moi comme votants, et donc ayant participé au scrutin, que les inscrits. Mais les blanc et nuls, surtout les bulletins nuls, d’ailleurs, ont progressé…)
Le nombre d’inscrits a progressé aussi malgré une année sur la législature en solde migratoire négatif ; il est passé de 7,77 à 8,05 millions.
Contrairement à ce qu’on lit ici et là (il n’y aurait pas de vrai vainqueur…), la démocratie, elle, a gagné.

Carl Milles (Millesgården) - Wikipedia

Et cela, bien que le scrutin n’eût pas été parfaitement organisé semble-t-il, au vu de queues trop importantes à certains bureaux de vote. En même temps, cela montre que les gens se déplacent et ne font peut-être pas trop confiance aux systèmes de votes en avance… dont personnellement – j’ai peut-être tort – je me méfie. Je crois que je ne voterais plus si on m’imposait de le faire sur une machine électronique.

Bon, mais Ulf Kristersson a fini par reconnaître sa défaite ; Magdalena Andersson, à la tête de la coalition de gauche et centre disposant de trois voix d’avance au Parlement sur le bloc Tidö semble la mieux placée pour former un gouvernement.
On assiste, comme il y a quatre ans, aux talmansrundor, négociations au Parlement entre les chefs de partis, notamment ceux en possibilité de former un gouvernement tenable sur la durée, et le talman (président de l’Assemblée), actuellement (et comme en 2022) Andreas Norlén, par ailleurs compilateur de poésie suédoise…


En regardant les différents résultats qui tombaient dans la nuit du 13 au 14 septembre, je suis tombé, sur le site de Sveriges Radio (la radio suédoise), sur un article parlant de deux électeurs, un arrière-grand-père et son arrière-petite-fille. L’un votait pour la vingt-cinquième fois à des élections législatives, l’autre pour la première fois. L’information, au départ, venait du Kungälvs-Posten…
Bon, pour la vingt-cinquième fois ? La première fois qu’Arne Emanuelsson vota, c’était en 1944. Il a 105 ans. C’est l’âge qu’aurait Elmar Krusman aujourd’hui.
Elmar Krusman, lui, en 1944, était transféré du camp de Stutthof à celui de Bisingen.


Nils Blanchard


Pourquoi ces illustrations d’œuvres du (formidable) Carl Milles ? L’artiste avait des sympathies nazies. Comme quoi, il faut bien distinguer, parfois, les biographies des œuvres… Voilà qui est aussi tout un problème…

Ajout d’étiquettes du dernier billet : Rita Mitsouko, Primo Levi.


mercredi 16 septembre 2026

Correspondances : blog en lien, école de peinture

Cela fait pas mal de temps que le blog de Gabrielle Björnstrand (Gabrielles blogg) est en lien de celui-ci (à droite de l’écran, version ordinateur…) Et je n’avais pas vu, en lien d’icelui, celui de Karin Englund.

Rune Bergström, Ny Arkitektur - Capture d’écran

Il mérite pourtant le détour !
Et précisément, lors que je narrais au billet précédent mes démêlés avec des plateformes téléphoniques, des escrocs, de l’« intelligence » artificielle…, elle-même donne un étrange écho à ces aventures, le 29 août 2026. Elle et une amie ont attendu en vain, une soirée, la livraison d’une pharmacie ; on les a baladées sur je ne sais quelle plateforme commerciale… 
 
« Ibland tänker jag att detta är den nya sortens dystopi. Ett samhälle med kontaktlösa opåverkbara system och chatt-loopar som tar all ens tid, men aldrig leder framåt. Här finns inget telefonnummer att ringa, ingen människa att prata med. (...)
Enshittifikation har jag skrivit om tidigare, det som händer när olika system tillåts försämras vartefter (…) »

« Parfois, j’ai l’impression quon a affaire à une nouvelle sorte de dystopie. Une société aux systèmes fermés, sur lesquels on n’a plus prise, avec des discussions en ligne qui sucent votre temps, mais ne mènent jamais à rien. Là : aucun numéro de téléphone, aucune personne à qui l’on pourrait parler. (…)
J'ai déjà écrit sur la merdification, ce qui arrive quand on laisse différents systèmes se dégrader les uns après les autres (…) »

Bon, mais je vais du coup à son article sur cette « Enshittifikation » ; là on lit, le 12 février 2024 :

« I USA har  ”Enshittification” utnämnts till årets nyord 1923, av American Dialect Society. Det är svåröversatt. »

« Aux États-Unis, ”Enshittification” a été nominé nouveau mot de l’année 1923 par l’ American Dialect Society. C’est difficile à traduire. »

Je regarde sur Wikipedia ; eux traduisent cela par « merdification »…
Bien.
Et ils corrigent l’erreur que je subodorais : le terme n’est pas reconnu en 1923, mais cent ans plus tard bien sûr.
Mais 1923 est une année que j’ai un peu évoquée ici et là en ce blog (voir l’index, à droite, version ordinateur…)
D'où Henri Lebasque, tenez… dont il y avait déjà une peinture de 1923, dans cet article... 

Henri Lebasque, Le bar sur la plage, 1923-1925
-
Capture d’écran

Et celle-ci, ci-dessus, datée de 1923-1925.
C'est que je l’ai dit déjà : m’a manqué cet été un séjour à la mer.

Sur le blog de Karin Englund, il y a aussi une section sur une école de peintres, de l’après-guerre (Seconde Guerre mondiale) : « Grifflarna » (Les griffes?), basée à Horndal (Dalécarlie), et qui aurait été active de 1946 ou 1947 aux années 1960. C’était une école de peintre proprement dite ; des étudiants s’étaient regroupés d’abord autour du père de l’auteure, Martin Englund.

Des artistes enseignants passèrent aussi dans le cercle, tels Åke Pernby, qui a laissé une réputation de… sévérité. Ou encore, Dal-Edvin. On en reparlera sans doute.

Il ne reste plus beaucoup de traces des membres du groupe des Grifflarna. Mais sur une photo publiée sur le site de Karin Englund – allez-y voir –, des jeunes gens concentrés assis en cercle, blocs en main, en train de dessiner.
Ça manque de filles, peut-être, même s’ils eurent des modèles.

Rune Bergström, Komposition (lithographie)
- Capture d’écran

Et de Rune Bergström, dans le cercle, sur la photo, on retrouve des œuvres sur le net (à des prix très bas dans des sites de vente), qui ne sont pas sans intérêt.


Nils Blanchard


P.-S. : Il est question d’art ; j’en profite. Annonce d’une exposition de lithographies de Sacksick.


Annonce aussi d’une exposition de Roger Dale.


Aussi, bien malheureusement, disparition, hier 15 septembre, de Catherine Ringer. Me vient en mémoire, comme ça, « C’était un homme », magnifique chanson parue sur l’album des Rita Mitsouko de 2000, Cool Frénésie. Comme pour finir un siècle. Mais…

NB

vendredi 11 septembre 2026

Le scandale PISA

Cela fait partie de ces choses que personne n’a sollicitées, qui s’ajoutent aux menus soucis du quotidien. « On fait une enquête, vous êtes nuls, vous devez faire ceci, cela… » Comme si les citoyens des différents pays de l’« OCDE » (plus personne ne sait vraiment ce qu’est et ce que regroupe cette chose) étaient les employés d’une espèce d’entreprise mondialisée à laquelle ils devaient rendre des comptes.
Or, non. Non.

Henri Rachou, Allégorie de la 
Connaisance - Capture d'écran 

On a donc eu le 8 septembre dernier le cyclique rapport PISA, de l’antique OCDE, qui « fonctionne », rappelons-le, avec nos deniers publics. 

Or se souvient-on, que, sans broncher, des chalands du genre, il y a quelques années (2009, publié en 2010), s’émerveillèrent du score de Shanghaï – et seulement Shanghaï (et la Chine n’est pas tout à fait une démocratie, je le rappelle, ses chiffres sujets à caution) –, comparé à ceux de pays entiers (pas par exemple, pour la France, à ceux de Paris intra-muros...)
Se souvient-on que les mêmes, gens souvent prétendument « de gauche » portèrent la parole dudit rapport qui reprochait en définitive à certains pays d’accueillir une forte immigration (avec forcément, notamment dans la langue du pays, un moins bon niveau des élèves) lors que l’on portait aux nues les États réduisant leur immigration (et ayant donc comme par hasard de meilleurs « résultats » dans leurs langues nationales…) Les bons scores de PISA semblaient alors aller de pair avec ceux de l’extrême droite (Finlande, Estonie…), notamment – et cela n’a guère changé, pour ce qui est des inégalités entre élèves… Un pays avec moins d’immigrés, moins potentiellement de personnes plus faibles dans la langue d’accueil, plus pauvres en général, va avoir de bien meilleurs « scores ». Du reste, pour cette édition 2025, la Suède de Tidö ne s’en sort pas si mal pour ce qu’on peut en comprendre ; on sait que l’« esprit d’entreprise » (basse goujaterie) insufflée dans ses établissements scolaires les met sous pression, ce qui engendre des « résultats » à court et moyen terme, mais à quel prix, et pour quel avenir (turn over très important des professeurs, épuisement…)

Tout cela dit, pour ce qui est de PISA, il faut mettre ses « résultats » entre guillemets. Quel chercheur, quel journaliste sérieux (et disposant d’une certaine audience…) s’est penché sur la manière dont ces études sont faites – par des fonctionnaires des ministères de l’éducation des différents pays, au passage, prêtés à l’OCDE, payés par les deniers des pays houspillés à remplir des espèces de QCM d’enquêtes au lieu d’être devant des élèves ?

Pays houspillés : certains se sont mis en devoir de suivre les recommandations de ces gens. Allez-y voir en Suède, donc (privatisation des établissements et tutti quanti), en France avec l’instauration de l’inepte « socle commun » – personne n’a encore été capable d’expliquer le sens de cet étrange terme mal traduit du globish – avec force QCM et petites croix fleurant vaguement la Stasi, sur quoi on est enfin revenu, sans le faire disparaître complètement néanmoins.

Allégorie de la Connaissance ; école romaine
du XVIIe siècle - Capture d’écran

Par ailleurs, pas besoin de PISA pour savoir (n’importe quel professeur un peu honnête vous le dira) que la période de la crise du Covid a entraîné une baisse importante du niveau des élèves. Les périodes de chaleur aux alentours de l’été n’améliorent pas les choses (à l’échelle du monde, un rapport de l’Unicef – publié le 10 septembre – montre que 171 millions d’enfants ont vu leur scolarité perturbée en 2025).
Pas besoin de PISA non plus pour comprendre que le temps passé par les élèves devant les écrans détériore considérablement leur faculté de concentration, compréhension, leur niveau de vocabulaire... (Du reste, en maths, le niveau baisse beaucoup ? C’est là aussi que les écrans sont le plus utilisés en cours.)
Ce sont là autant les contenants que les contenus qui sont en cause. Les écrans et ce qui va avec (oreillettes, bruits compressés…, stimuli incessants) détournent les jeunes gens (et les moins jeunes) de la lecture, de la conversation, d’un certain ennui, ou disons, d’un laps de temps d’hésitation, d’attente, qui est aussi une base du travail intellectuel. On pourrait évoquer (pour le contenant), l’excitation liée au média, le manque de sommeil qu’il engendre, la privation d’activités, notamment physiques, dont il est la cause. (Un esprit saint dans un corps saint, etc.)
Quant au contenu… Les réseaux sociaux ; grand Dieu ! Temples de la bêtise, de la couardise (anonymat) et de l’agressivité… Ne parlons même pas de l’IA qui donne tout cuits résultats, processus pour y parvenir, sans qu’aucun travail réel n’ait été fait par un élève (le travail étant pour commencer l’intérêt pour quelque chose, l’effort pour maîtriser une connaissance puis enfin l’aptitude à hiérarchiser les informations et à se forger ainsi une culture. Car non, pardon, un exposé sur un « chanteur » – pour peu que les bêlements que l’on entend çà et là soient du chant – stupide ou un footeux n’a pas la même valeur, non, qu’une fiche sur La Fontaine ou que l’apprentissage d’un court texte de Baudelaire).

Giambattista Tiepolo, Allégorie de la Noblesse et de la Vertu
chassant l’Ignorance - Wikipedia

Bon. Mais ce rapport, 2025… Très mal présenté et difficile à lire comme à l’accoutumé. Une nouveauté, dont semblent s’enorgueillir ses « auteurs » : la « pensée computationnelle ».

Il n’y a plus qu’à tirer l’échelle.


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du billet précédent : Démocrates de Suède, Göteborgs Posten. 

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