Néopuritanisme, maastrichtlisbonnisation, racisme ou xénophobie… vaguement en lien à l’explosion d’un équilibre (il était précaire, après tout) d’après guerre froide, reviennent dans ce blog des thèmes qui, sans trop simplifier, rejoignent une certaine vision de la Cité.
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| Éphèbe d'Agde - Capture d'écran |
C'est ce que je me disais en lisant un article d’Argoul, qui a le mérite de vulgariser régulièrement diverses lectures, à sa sauce certes, qu’on accommoderait pas toujours exactement de la même manière…
Il était question là du mot « barbare » chez les Grecs anciens, à travers le Dictionnaire du paganisme grec de Reynal Sorel.
« Être barbare, c’est avant tout parler barbare. Les Grecs étaient fils de la lumière et, comme Apollon aimait trancher, ils accordaient une grande importance au langage articulé, messager de la parole nette. Comme dit Thésée chez Euripide, cette façon de parler en mots distincts fait l’humanité. Elle la différencie de la bestialité selon Isocrate. Mais, si le barbare est incompréhensible, il peut être assimilable dès lors qu’il fait l’effort d’apprendre la langue grecque. (…) De plus, le barbare est perfectible s’il adopte la culture grecque, selon Isocrate, qui parle en vers -380. “On appelle Hellène plutôt les gens qui participent à notre éducation que ceux qui ont la même origine que nous”, dit Isocrate dans son Panégyrique. »
Voilà pour le racisme ou la xénophobie, ou une certaine forme d’antisémitisme raciste : la cité, civilisée, n’est pas ce qui rejette l’autre de par ses origines, sa couleur de peau, ou on ne sait quels fantasmes…
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| Capture d'écran |
Aussi, « Pour le Grec, c’est le corps qui donne sa forme aux vêtements et non le vêtement qui redessine le corps. (…) Être de lumière, le Grec aime plutôt montrer son corps, aller nu au sport et le moins vêtu possible à la ville, portant des tuniques carrées, dont certaines laissent à découvert, pour les hommes, le sein droit. »
Voilà, entre autres, pour le néopuritanisme. Est-il besoin de développer beaucoup ?
Et là apparaît soudain Camus : « Un homme, ça s’empêche », disait-il, rappelle Argoul, qui ne confond pas gens de liberté et « libertariens ».
Deux jours plus tôt, le 18 février, Thomas Nydahl évoquait Camus lui aussi dans un tout petit article de son blog : « Att lita på Camus har inget med att göra. Hos honom finner man istället argument att själv bruka i livets svåra stunder. » « Se fier à Camus n’a rien d’idolâtre. On trouve au contraire chez lui un argumentaire à utiliser, soi-même, dans les moments difficiles. »
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| Luis Márquez Romay - Capture d’écran |
De là, on en arrive progressivement à ce à quoi je fais référence de temps en temps, à travers ce terme de maastrichtlisbonnisation : cette union européenne qui a donné la primeur à l’argent roi, qui confond souvent, malgré tel ou tel slogan, unité et uniformisation… Argoul : « La loi est faite pour dompter son chaos intérieur afin d’être libre. Car on n’est pas libre sous la loi de la jungle (...) » « Libre » concurrence partout, n’est-ce pas aussi ce qui amène au chaos environnemental, culturel, dans lequel on s’englue ?
Car finalement (Argoul via Reynal Sorel) : « Le barbare accepte la servitude, contrairement aux Grecs. Il est le sujet d’un Grand roi, et non pas le citoyen d’une cité. »
(Bon, mais ensuite, il faudrait s’interroger sur le sens que Jules Roy, qui fut ami de Camus, s’en sépara quelque peu au moment de la guerre d’Algérie – ou est-ce l’inverse ? –, donne au mot « barbare », lui qui a écrit des Mémoires barbares, des Amours barbares…)
Nils Blanchard
Ajout d’étiquettes du dernier billet : Fata Morgana, Carl Köhler, Frans Timén.












