Retour au blog Krickelins, où Kristin Lagerqvist écrivait, le 6 octobre : « Längtar som tusan efter några franska dagar. » (« J’ai tellement hâte de passer quelques jours en France. »
Cette histoire, de maison, de contrée de rêvasserie. Pas tout à fait ça, peu importe…
![]() |
| Charles Meynier, La France triomphante encourage les sciences et les arts pendant la guerre, 1794 - Capture d’écran |
Ça nous vaut en tout cas des photos de cette maison dans le Languedoc, ses habitantes passantes…
Leurs étranges mets, parfois…
Bon, mais une autre Suédoise se pâme sur une autre France, dans un certain sens : Jenny Högström écrit le 15 octobre, dans le Göteborgs Posten : « Därför blir jag glad av de franska skolprotesterna. » « Voilà pourquoi je me réjouis des manifestations de lycéens en France. »
Pourquoi se réjouit-elle ? Comment une observatrice suédoise voit-elle les choses ? J’aurais tendance à penser que ça commence mal ; très vite dans son article :
« Och roligast av alla är memet ”bismillah, c’est les ténèbres”, ett fullständigt obegripligt uttryck som snabbt har blivit proteströrelsens ledande slogan. »
« Et, le plus marrant, c’est le refrain : “bismillah, c’est les ténèbres”, une expression totalement incompréhensible qui s’est vite imposée comme le slogan principal du mouvement. »
Puis il est question de Greta Thunberg soutenant la chose – que fiche-t-elle là, Grand Dieu ? Est-elle aussi sotte que ses détracteurs le disaient ?
Puis, des arguments ; ah… des arguments ; les fameuses « revendications » : « Deras krav: lärare på lektionerna, sjuksköterskor, skolpsykologer, slippa vattenläckor, kackerlackor, råttor och klasser på 35-40 elever, samt att slippa frysa eller drabbas av värmeslag. »
« Leurs revendications : des professeurs devant les élèves, des infirmières, psychologues scolaires, ne plus avoir à subir fuites d’eau, cafards, rats et classes à 35-40 élèves, ne plus geler ou, au contraire, subir les vagues de chaleur. »
Quand on sait que les lycées en France sont les « parents riches » du système français, avec des moyens supérieurs (contrairement aux écoles, collèges et universités) à la moyenne des pays de l’OCDE… Et je ne suis pas sûr qu’il ait tant de rats que ça, et si peu de professeurs. Il fait chaud, il fait froid, oui… Mais du reste le bâti des lycées est l’affaire des régions, non de l’État…
Bref…
Et ce dont j’ai été témoin, moi, en matière de revendications de lycéens, d’établissement professionnel, via le témoignage d’une amie professeur, c’est la revendication de « pouvoir venir en crocs », « et en jogging ».
Ce à quoi ils vont arriver, nos bon lycéens, c’est à rendre le quotidien des professeurs encore plus désagréable, au vu des nouvelles obligations de remplacements au pied levé qu’on va leur imposer vraisemblablement, tant il y aurait d’« absences non remplacées ».
(Et tant que ça ? Vraiment ? Et où ? Là où on se fait insulter par des élèves ou des parents ?)
Un quotidien plus désagréable encore, donc, pour les professeurs, qui poussera un nombre d’entre eux plus élevé encore aussi à quitter la carrière…
Au fond, ces lycéens sont des petits génies…
Leur slogan, je ne le trouve pas particulièrement amusant, n'y comprends goutte et m’en fiche. Mais s’il y avait quelque chose contre quoi on pouvait se battre, c’étaient les réformes Blanquer du lycée, dont É. Geffray était l’adjoint. Tous ces sigles imbitables… Ces enseignements faussement à la carte… (Je l’ai vu comme professeur à l’université…) Mais était-ce seulement, au départ, dans les « revendications » des lycéens ? Il ne me semble pas… Non, krocks et jogging…
![]() |
| Charles Meynier, Clio - Capture d’écran |
Bon, mais entendant parler de casseurs pillant, détruisant… je songeais – bien mal à propos, car les deux événements ont peu de similitudes, si ce n’est l’état avancé d’endettement du pays, peut-être aussi une certaine impasse gouvernementale – aux journées des tuiles de juin 1788 à Grenoble.
Me remettant en mémoire ces faits – Stendhal, e tutti quanti –, j’apprends, via Wikipedia, que « Parmi les nombreux soldats blessés au cours de cette journée, un jeune sergent du Royal-Marine, Jean-Baptiste Bernadotte, futur roi de Suède [Charles XIV Jean], est sauvé de la mort par le botaniste Dominique Villars. » (Nulle trace de ce sauvetage ni de Dominique Villars dans la biographie de Bernadotte de Franck Favier, mais…)
Eh ! Le (relativement) lointain ancêtre de Charles XVI Gustave, qui quant à lui a bien moins de pouvoir qu’Andreas Norlén, talman d’un Parlement de nos temps, dont il a été question ici il y a peu…
Nils Blanchard

















