Il semble que nous allons pouvoir nous intéresser à des choses plus agréables pendant quelques temps que la triste coalition Tidö, dont il fut question ici notamment (il suffit de cliquer ; et sans parler de l'index de ce blog, en orange, à droite, version ordinateur...).
| NB - Carl Milles, Stockholm |
Peut-être ces gens-là ont-ils franchi un pas que les Suédois (un peu hypocritement?) ne voulaient pas les voir franchir : annoncer une participation de l’extrême droite, d’origine néo-nazie, au gouvernement, lors même que les « Démocrates de Suède » (SD) soutenaient le gouvernement dans le cadre du programme (et des accords) Tidö.
Les résultats sont un peu déroutants : si SD perd 3,07 % des voix et 11 sièges, autant qu’ils en avaient gagné en 2022 (en tombant à 17, 5 %, ce qui est déjà énorme pour ces gens) ; le parti du premier ministre sortant Ulf Kristersson (les « modérés », disons à peu près la droite) monte à près de 20 % (gagne 0,75 % et deux sièges). Peut-être les électeurs du royaume sont-ils en train de se lasser du mouvement d’extrême droite, tout en ayant fait progresser le score des « modérés » et même des étranges « chrétiens » « démocrates » ; ce, pour les récompenser d’avoir suivi leurs engagements ? De ne pas avoir si mal géré certaines crises (aide à l’Ukraine...)
Difficile de répondre avec certitude.
Pour ce qui est de la gauche (et du centre), l’ensemble monte globalement, mais les sociaux-démocrates baissent de 2,32 % et passent en-dessous de 30 % (28,01%) des voix (ils perdent 8 sièges ; restent cependant la principale force du Parlement). Leurs alliés pour la gestion du gouvernement, notamment le parti de gauche (Vänster) et les centristes, ont montré par le passé qu’ils n’étaient pas des alliés très sûrs.
Le taux de participation est de 83,6 % est en très légère hausse (et, vu de France, il paraît élevé…)
(J'ai repris dans ce billet les chiffres de Wikipedia, en les corrigeant pour l’abstention vu que Wikipedia en retire – de l’abstention – les blancs et les nuls. Je ne compte quant à moi comme votants, et donc ayant participé au scrutin, que les inscrits. Mais les blanc et nuls, surtout les bulletins nuls, d’ailleurs, ont progressé…)
Le nombre d’inscrits a progressé aussi malgré une année sur la législature en solde migratoire négatif ; il est passé de 7,77 à 8,05 millions.
Contrairement à ce qu’on lit ici et là (il n’y aurait pas de vrai vainqueur…), la démocratie, elle, a gagné.
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| Carl Milles (Millesgården) - Wikipedia |
Et cela, bien que le scrutin n’eût pas été parfaitement organisé semble-t-il, au vu de queues trop importantes à certains bureaux de vote. En même temps, cela montre que les gens se déplacent et ne font peut-être pas trop confiance aux systèmes de votes en avance… dont personnellement – j’ai peut-être tort – je me méfie. Je crois que je ne voterais plus si on m’imposait de le faire sur une machine électronique.
Bon, mais Ulf Kristersson a fini par reconnaître sa défaite ; Magdalena Andersson, à la tête de la coalition de gauche et centre disposant de trois voix d’avance au Parlement sur le bloc Tidö semble la mieux placée pour former un gouvernement.
On assiste, comme il y a quatre ans, aux talmansrundor, négociations au Parlement entre les chefs de partis, notamment ceux en possibilité de former un gouvernement tenable sur la durée, et le talman (président de l’Assemblée), actuellement (et comme en 2022) Andreas Norlén, par ailleurs compilateur de poésie suédoise…
En regardant les différents résultats qui tombaient dans la nuit du 13 au 14 septembre, je suis tombé, sur le site de Sveriges Radio (la radio suédoise), sur un article parlant de deux électeurs, un arrière-grand-père et son arrière-petite-fille. L’un votait pour la vingt-cinquième fois à des élections législatives, l’autre pour la première fois. L’information, au départ, venait du Kungälvs-Posten…
Bon, pour la vingt-cinquième fois ? La première fois qu’Arne Emanuelsson vota, c’était en 1944. Il a 105 ans. C’est l’âge qu’aurait Elmar Krusman aujourd’hui.
Elmar Krusman, lui, en 1944, était transféré du camp de Stutthof à celui de Bisingen.
Nils Blanchard
Pourquoi ces illustrations d’œuvres du (formidable) Carl Milles ? L’artiste avait des sympathies nazies. Comme quoi, il faut bien distinguer, parfois, les biographies des œuvres… Voilà qui est aussi tout un problème…
Ajout d’étiquettes du dernier billet : Rita Mitsouko, Primo Levi.







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