samedi 21 mars 2026

Vie d’auteure / fleurs et mots

Textes, mots, éclosent dans des blogs en lien de celui-ci (liste à droite, version ordinateur, etc., etc.)
C’est d’autant plus étrange – j’ai déjà dit, je le sais, que j’envisageais de changer assez vite de métier… – que comme professeur, j’échange de moins en moins de mots avec mes élèves (de plus en plus ont du mal à les comprendre, à les lire, à les écrire…)

Les Lumières de la forêt, 1964 ; illustration :
Marianne Clouzot


Et des rhumes se succèdent, cette année – des grippettes, écrirais-je à Héloïse Combes – en ces temps stakhanoviens où les gens croient de bon ton de partager leurs miasmes.
Et l’hiver qui se prolonge – court redoux qui a bien trompé son monde ; soirées sombres, froides et humides – personnalise comme un rhume dont on sort, soudain, telles les premières anémones des bois qui commencent à joncher les sols des forêts.

Les lumières de la forêt.

Bon, mais Julia Eriksson de titrer son article (en lien, etc.), le 9 mars : « Allt är text / Text är allt » (« Tout est texte / Le texte est tout »). Et là :

« Jag läser en stund på pendeltåget på väg mot kontoret. Strax innan Solna, på sida 94, fastnar jag för några rader.

Eftersom vi förändras under vår existens måste vi ständigt ompröva våra ståndpunkter… Man måste i första hand försöka förstå, endast i andra hand vara kritisk.” »

« Dans le train, en allant au bureau, je lis pendant un moment. Juste avant Solna [eh ! Solna…], page 94, je m’arrête sur quelques lignes.

Vu que nous changeons au cours de notre existence, il convient sans faute de remettre en cause nos points de vue… En premier lieu : essayer de comprendre ; et après seulement être critique. »

Page 94 de quoi, de son manuscrit ? C’est qu’elle écrit plus loin qu’elle a écrit que :

« Äntligen, här kommer det första manusutkastet! »

« Enfin ! La première version du manuscrit est prête ! »

Entendais quelqu’un, dans une radio je crois, peut-être à propos de mythologie, rappeler que certes on peut changer dans l’existence, mais que ce qui rend le changement possible est précisément le maintien d’une certaine identité qui peut l’observer.
Ce n’était pas du tout dit comme ça, mais peu importe.

Les Lumières de la forêt, décembre 2025 ; illustration :
Daniel Nadaud

Plus récemment encore, un article de Gabrielles Blogg, le 13 mars, s’intitule « En kvinna klädd i ord » (« Une femme habillée de mots »). Et cela commence ainsi :

« Häromdan såg jag Nationalmuseums utställning Porträtt (avslutas om några dar). Många mycket fina porträtt. Detta fotografi av Sara Danius hörde till dem jag särskilt fastnade för. Det är en så vacker bild och texten bredvid är också berörande. Det står så här:
Vem om inte Svenska Akademiens ständiga sekreterare bör kläs i ord? Sara Danius bär en klänning som Astrid Ljungberg Järnblad skapat av gulnade sidor ur en äldre utgåva av Svensk ordlista fram till bokstaven J. (...) »

« L'autre jour, j’ai vu au Musée national l’exposition Portraits (qui finit dans quelques jours). Que de beaux portraits ! Un de ceux qui m’a le plus accrochée est une photographie de Sara Danius. C’est une si belle image, avec un commentaire touchant aussi. Je cite :
Qui, sinon la Secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise, pourrait être habillée de mots ? Sara Danius porte une robe créée par Astrid Ljungberg Järnblad à partir de pages jaunie d’une ancienne édition du dictionnaire suédois, jusqu’à la lettre J. (...) »

Pages jaunies ; dorées ? Les lumières de la forêt.

André Dhôtel (retrouvailles avec l’enfance?) ; nouvelle magnifique édition de Fata Morgana, allez (pages 36-37) :

« Parfois la tempête semblait s’éloigner, puis elle revenait en force. Les nuages passaient avec une rapidité folle et la pluie balayait les toits de Bergeloup.
Antoine et Martine, ce matin-là, restèrent longtemps sous le hangar. Leur père prétendait que la forêt écoutait les paroles, mais on ne savait pas s’il prenait très au sérieux ce qu’il disait. En ce jour, c’était la forêt elle-même qui parlait. Que disait-elle ?
Pas un mot qu’on puisse comprendre. C’étaient comme de grands discours menaçants, mais on entendait aussi de temps à autre une sorte de chant très doux qui montait des profondeurs et qui faisait songer à une immense bonté. »

Marianne Clouzot, Jeunesse


Nils Blanchard


Ajout. Il y a, mine de rien (forcément...) une actualité autour d'André Dhôtel qui est loin d'être ridicule. Ainsi a paru ce mois-ci un Matricule des anges (titre étrange) dont il occupe la couverture, avec la reprise d'une belle aquarelle de Julie Faure-Brac.



lundi 16 mars 2026

Vie d’auteure / Romantisme ?

Je ne pensais pas que j’allais donner une suite à ce premier article « Vie d’auteure », à propos d’une blogueuse dont le site est en lien du mien. Mais voilà qu’une autre blogueuse – auteure ? –, elle aussi en lien… évoque un travail littéraire en cours. (Et d'autres encore, on en parlera, sans doute, etc.)

NB - La Hague

Pour Ulrika Nettelblad, cela donnera un roman intitulé Sjukdomen (La Maladie). Pour Julia Eriksson, on n’en sait rien encore, mais il semble que la météo soit très présente dans son travail.
Elle écrit en effet le 18 février 2026 :

« I romantexten jag skriver på inser jag att det är fullt av väderbeskrivningar, karaktärerna har svårt att gå utanför porten utan att jag skildrar den meteorologiska tillvaron och kopplar samman den med deras sinnestillstånd. Förmodligen måste jag stryka hälften (...) »

« Je me rends compte que dans mon roman en cours d’écriture il y a plein de descriptions du temps ; les personnages passent difficilement la porte sans que j’aie décrit l’ambiance météo autour d’eux et que je l’aie reliée à leur état d’esprit. Il faudra sans doute que j’en retire la moitié (…) »

NB - La Hague

Maladie, caprice des éléments… Peut-être voit-on où je veux en venir : n’est-on pas en plein romantisme ; renonciations désespérées et tempêtes…

Dans mon propre blog, j’ai peu parlé de météorologie, si ce n’est pour évoquer des inondations me semble-t-il, ou pour me languir de l’été. Par contre, j’ai entamé une série de billets autour de la tuberculose, ce terrible mal des temps passés, que l’on croise sans cesse, un peu comme on croiserait quelque personne antipathique qu’on ne saurait comment saluer, dans les biographies de peintres, écrivains, au moins jusqu’à l’immédiat après (seconde)- guerre.

Quant aux flashs météo de la radio suédoise…

« På radion säger de att vinterkylan tagit ett grepp om oss. Den ser inte ut att gå någonstans, så långt 10-dygnsprognosen sträcker sig finns den där. Isande och kall, med froströk och ymniga snöfall och även om jag inte älskar just detta arktiska tillstånd så är det något med vädersleksrapporterna som jag alltid gillat. »

« À la radio, ils annoncent qu’on en a pour un certain temps avec le froid. Et ça ne semble déboucher nulle part, en tout cas pour ce qui est des prévisions à dix jours. Glacial et froid, avec du givre et de la neige en abondance ; et même si je n’aime pas précisément cette ambiance arctique, il y a quelque chose avec les bulletins météo que j’ai toujours apprécié. »

J'écoute parfois en boucle P1 à la radio, quand je suis en Suède. Ou est-ce sur P2 ou P3 ? Arrive, vers le soir, une voix d’homme le plus souvent, qui entame une longue déclinaison de forces du vent, pluies voire températures à tel ou tel lieu d’une carte marine à laquelle, moi non plus, je ne connais pas grand-chose.

NB - La Hague

La voix prend parfois un ton las ; des soupirs ne sont pas forcément retenus. C’est que les informations sont monotones, mais on imagine qu’elles ont de l’importance pour ceux qui les guettent dans leur bateau, à tel ou tel lieu maritime plus ou moins éloigné du littoral qu’eux connaissent. On peut imaginer plein d’histoires sur les gens de ces bateaux, grands cargos ou petits voiliers ; plutôt petits voiliers – on imagine que les grands navires n’ont pas besoin d’ondes nationales…
Les mots se succèdent en boucle, on n’y prend plus garde. Quelques sonorités, en effet, émergent.

Puis au bout d’un moment on coupe, si ça ne passe pas à autre chose.
N'est-ce pas du reste un peu le propre de notre époque ?


Nils Blanchard


P.-S. : Appris, un peu par hasard et avec tristesse, la mort de Jean-Loup Trassard, dont il a été un peu question ici. Je serais revenu, je reviendrai à lui, au fil de mes lectures. C’est une belle maison d’édition, Le temps qu’il fait – on parlait de météorologie –, qui éditait plusieurs de ses ouvrages (il côtoyait en ces éditions Henri Thomas, André Dhôtel, Alain Galan… d’autres encore… du très beau monde pour moi).
Il est mort en janvier, à Ernée, un coin de la Mayenne que je connais un peu, beaucoup… vaguement, comme dirait l’autre (cf. index à droite de l’écran… version ordinateur. Etc.)

mercredi 11 mars 2026

Autres questions ; faut-il défendre le faible, etc.

J'évoquais ici une rédaction de sixième sur les inondations. Elle me ramène à une autre rédaction, une dissertation plus exactement, que j’eus en terminale – je m’en souviens car j’y eus une très bonne note, qui me surprit un peu, avec là encore d’ailleurs un très bon professeur – ; la question : faut-il (ou doit-on ?; je ne suis plus sûr) défendre le faible.

NB, Strasbourg, hiver 2026

Je me souviens avoir évoqué en mon texte les poches nazies à la fin de la Seconde Guerre mondiale à l’Ouest de la France ; fallait-il les défendre uniquement parce qu’elles étaient faibles (quelques centaines d’hommes laissées en arrière lors du repli des troupes allemandes…)

En des temps orwelliens où post-vérité se mêle aux nouvelles souvent mal données (déformées aussi par d’infinis blablas appelés « débats » par des chaînes d’information ; cf. France info en « édition spéciale » sur l’Iran des jours durant…), que penser des « faibles » placés sous le feu de forces qui puisent leur grandeur semble-t-il en grande partie de l’information (au sens militaire du terme), elle-même basée pour beaucoup sur des technologies avancées.

Rappelons-le d’abord : ces « faibles » – les dirigeants iraniens – se sont montrés inflexibles dans leur répression des manifestants de janvier 2026 notamment, mais d’avant aussi. Milliers de morts, exécutions, agressions de femmes sur leur tenue vestimentaire par leur milice des mœurs ; on a là quelque chose d’on ne peut plus détestable évidemment.

Est-ce pour autant qu’il faudrait soutenir sans ciller les agissements des États-Unis et d’Israël – une de leurs premières bombes, aux premiers jours de leur attaque, a touché une école de jeunes filles… –, hors de tout cadre international et, aurais-je tendance à dire, de tout tabou (déclaration de guerre, observations extérieures… On a bien annoncé l’envoi par la Chine d’émissaire pour entamer des négociations… qu'en adviendra-t-il?)

De tabous justement – le terme est assez complexe à appréhender me semble-t-il – il a été question lors d’une (visio)conférence récente, et intéressante, de Rudy Reichstett, sur les théories du complot. Une société, un monde sans tabous, devient un espace où l’on peut faire et dire n’importe quoi, à partir du moment où l’on en a les moyens.

NB, Strasbourg, hiver 2026

Les tabous, la civilisation, un certain partage de valeurs communes… (Attention, valeurs à ne pas confondre avec des idiotismes siglés, incompréhensibles de divers programmes et ambitions "éducatives" qui se surajoutent les uns aux autres en une bouillie à laquelle plus personne ne comprend goutte, sauf peut-être quelques inspecteurs qui en tirent de la poudre de perlimpinpin pour asseoir leur autorité). On se demande comment les professeurs peuvent y travailler (sachant que le cœur de leur métier devrait être avant tout de transmettre, simplement, du savoir) quand, dans leurs établissements même, on expose leurs élèves aux écrans, véritables écrans au savoir et à la réflexion, sans parler des dégâts neurologiques qu’on peut à tout le moins les suspecter d’infliger notamment aux plus jeunes d’entre nous ?

C'est mon métier (pour quelque temps encore…) qui m’inspire ces questions bien sûr. C’est aussi l’annonce sur le site Terrestres (en lien du blog Alluvions en lien ce ce blog-ci…) d’une table ronde le mercredi 11 mars (qui pourra être revue en différé) avec le sociologue Sébastien Broca, l’essayiste Karine Mauvilly et Félix Treguer, chercheur et membre de La Quadrature du Net., à l’Académie du Climat, à Paris.
Cela est présenté de la sorte :

« En 1999, Eric Schmidt, futur PDG de Google entre 2001 à 2011, énonce qu’Internet est la première chose que l’humanité a construite et qu’elle ne comprend pas, la plus grande expérience d’anarchie que nous ayons jamais eue. Un quart de siècle plus tard, la plus grande expérience d’anarchie est devenue le business le plus profitable de l’économie capitaliste : une poignée d’entreprises dominent l’économie numérique et occupent les sept premières places de la capitalisation boursière mondiale… »

Bon, entre nous, comme anarchistes, je préfère Léo Ferré, ou cet ami que j’eus en cinquième, un peu lâcheur peut-être…
Retour à Terrestres, le constat est accablant :

« (...) en quelques décennies, la civilisation des écrans et du numérique a enfanté un mode d’être, de relations et d’interactions profondément nouveaux. Lorsque les coordonnées de l’expérience humaine sont à ce point modifiées, les sciences humaines ont pour habitude de parler d’un « fait social total » : une réalité sociale complexe et multidimensionnelle, qui interfère sur la totalité de la société et de ses institutions, et façonne les individus. »

Alors, programme… Notamment, dans une deuxième partie :

« (...) avec Karine Mauvilly, nous examinerons le chantier de l’école numérique (les justifications avancées, les acteurs qui l’ont soutenu, les coûts, etc.), afin d’en esquisser un premier bilan. Exemple significatif : pionnier du numérique à l’école, la Suède a décidé en 2023 de revenir … à l’école traditionnelle, sans écran (...) »

(Et, surtout, rompre avec les diktats des pseudo-enquêtes PISA…)

De Karine Mauvilly, qui a écrit avec Philippe Bihouix Le Désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans, nous reparlerons sans doute.


Nils Blanchard

samedi 7 mars 2026

Fleurs / Décalage – Une cinquième saison

C'est Alain Souchon qui chantait – qui chante peut-être toujours ? – « J’aurais mis des p’tits brins d’bruyère sur ton coeur / Toi qui trouves que pour un garçon / J’aime trop les fleurs ».
C’est dans la chanson Portbail, qui parle aussi, d’une maison dans le Cotentin.
Eh, les maisons, à nouveau…

Henri Lebasque, Jeune fille au collier de fleurs,
vers 1914 - Capture d'écran 

Récemment, quelqu’un de cueillir une première anémone des bois de l’année. (En vitsippa.) Et pourquoi je pense à tout ça ? J’attends l’été, encore, bien sûr…

Envie de sortir de cet hiver trumpien – le coup d’éclat permanent –, et pas que…
Mais c’est que les fleurs peuvent aussi inquiéter ; ainsi de ces Vanités, ces bouquets de fleurs qui marquent, en le fixant, le passage du temps. Savery en a laissé plusieurs ; l’un est dans le livre de Martin Fahlén ; pas le même – mais ressemblant – que celui-ci :

Roelandt Savery, Bouquet de fleurs,
Musée des Beaux-Arts de Lille, Wikipedia

Attention aussi, une première fleur n’est pas l’explosion du printemps. Mais cette saison entre l’hiver et le printemps donne la sensation d’un décalage. Or après tout, mars est le mois de la guerre ; qu’est-ce qui peut alors tant nous étonner dans les conflits actuels ?

De nouvelles alliances ?
Article dans le Göteborgs Posten (de Wiktor Nummelin et TT) sur la visite d’E. Macron à l’Arsenal de Brest. À aucun moment il n’est question là d’OTAN, d’Union européenne, comme s’il s’agissait d’ustensiles poussiéreux qu’on garde au fond d’un placard.

« Allt är en del av en ny kärnvapenstrategi som håller på att utvecklas, i ljuset av Rysslands krig i Ukraina.
– Vi måste se vår avskräckningsstrategi mot bakgrund av hela den europeiska kontinenten – med skapande av vad jag kallar en ”avancerad avskräckning”, säger Macron.
I den ingår bland annat möjligheten för ”europeiska allierade” – däribland länder som Sverige, Danmark, Polen, Belgien och Nederländerna – att delta i övandet av den franska ”avskräckningsförmågan". »

« Tout ceci fait partie d’une nouvelle stratégie nucléaire qui se déploie, à la lumière de la guerre russe en Ukraine.
– Nous devons voir notre stratégie de dissuasion dans le contexte de tout le continent européen – en formant ce que j’appelle une ”dissuasion avancée”, dit Macron.
En fait partie la possibilité pour des alliés européens – parmi lesquels la Suède, le Danemark, la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas – de prendre part à la capacité française de dissuasion". »

(En tout, huit pays, puisque s’y ajoutent le Royaume-Uni et l’Allemagne.)

Jeune homme en mars (sans auteur)
- Capture d’écran

Décalage ; sentiment de ne pas être en situation connue.
Retour à Albert Camus… N’est-on pas dans cette situation, somme toute, depuis les évolutions de la Seconde Guerre mondiale – Shoah et massacres de masse technologiques (bombardements…), parmi ces bombardements : l’usage de l’arme atomique ?

Julia Eriksson, pour en revenir à des sujets plus ciel à ciel, évoque il y a quelques jours une cinquième saison :

« Det är den första mars och utanför fönstret har snön smält bort (…) En ny period har sakta börjat att ta vid, men nu gäller det att vara försiktig. Det är en styggelse att räkna med vår i mars, det gör en bara besviken. Än är det långt kvar, men i ett försök att blidka mig själv har jag valt att tänka på den här perioden som den femte säsongen: vårvinter. »

« On est au premier mars et la neige a fondu au dehors (…) Prudemment, une nouvelle saison commence, mais il faut être prudent. C’est une erreur de compter sur le printemps dès mars, et ça ne peut qu’amener de la déception. Il faut encore attendre, mais pour m’y résoudre, j’ai choisi de considérer qu’il y avait une cinquième saison : le printhiver. »


Moi de la guerre donc, et des maladies ? Tuberculose, pneumonies ; rhumes divers chopés ou transmis par les imprudents (et jusqu’en avril, ne te découvre pas d’un fil…)

Et les filles d’avril (texte de Souchon encore, mais là, c’est Voulzy qui chante…) Qui, par ailleurs, a chanté Le pouvoir des fleurs…

Et la paix. Dans l’album Lys and love… « La neuvième croisade. » Allez !

La paix !

 
Nils Blanchard


Triche ; rajout d'étiquettes du dernier billet : antisémitisme, Iran, Israël, États-Unis.  

mardi 3 mars 2026

Inondations – de bêtise ?

Passé quelques jours en Anjou ; inondations, auxquelles on est relativement habitué en cette région. Je me souviens de mon professeur de français de sixième, très aimé, qui m’avait donné une punition (le tarif, ordinaire, c’était : « Quatre pages – des petites… – de rédac ») ; quatre pages à rédiger donc, avec pour thème les inondations. (Il devait y en avoir à ce moment.))

NB - Anjou, février 2026

Je garde un plutôt bon souvenir de cette rédaction, que je pourrais peut-être retrouver, quelque part… En fouillant un peu dans ma mémoire, néanmoins, je me souviens d’une certaine circonspection. Qu’allais-je pouvoir dire ? Aujourd’hui, ça me ramène à d’autres « remontées » ; remontées de bêtise ?

Le « dossier Epstein », jeté en pâture aux étals de poissonnerie du monde entier par une justice américaine passablement perfectible – usage dans certains États de la peine de mort, dans des conditions forcément abominables, avec exécutions d’innocents, notamment pour des raisons racistes, intervention de l’argent dans certaines procédures ; Epstein lui-même qui n’a pas été jugé (sur la base des dossiers en question) puisqu’il est mort en prison… –, et nos médias s’en saisissent et en font leurs choux gras ? Ça nous regardera(it) si/quand des victimes déposeront des plaintes en saisissant la justice de notre pays.

NB - Anjou, février 2026

Parallèlement, pour ainsi dire (radio sur la route du retour…), on entend parler de gaz hilarants dangereux pour le cerveau, employés par beaucoup de jeunes gens de nos contrées paraît-il. Cela, et l’usage d’écrans, de « réseaux » « sociaux » : on a là une inondation de bêtise – affaiblissement précoce des capacités cognitives – dont la décrue n’est pas prévue pour demain.
Par là-dessus, de même que sur la Maine débordante peuvent flotter différents objets de plastique abandonnés par des salopards, sur un certain étiage de la culture des jeunes gens, flottent des débris d’I.A..
Récemment (20 dévrier), Mazarine Pingeot, dans Ouest-France – je profite de mon éloignement de l’Alsace pour lire un peu de pesse locale – d'apporter des éléments de bon sens.

« () Je pense que nous vivons une rupture anthropologique. Ce qui est nouveau, c’est qu’une machine parle. Or parler, dialoguer, c’est le propre de l’humain. (…) [Ce] n’est pas un gadget, c’est addictif. Et dès qu’on peut déléguer une tâche difficile, on le fait. Il y a un vrai risque d’encourager la paresse intellectuelle et d’appauvrir l’esprit critique. »

Puis, outre les problèmes de contrôle de l’I.A., on demande à M. Pingeot en quoi cette I.A. modifie notre rapport au réel, à la vérité. Réponse :

« Il y a d’abord le paradoxe de l’écran : il donne l’illusion d’un accès direct au monde alors que, précisément, il fait écran. (…) Nous sommes déjà dans une ère de post-vérité. (…) L’IA renforce cette tendance : elle ne va pas chercher dans le réel, elle puise dans des bases de données. Elle fonctionne en vase clos (…) »

Ne rejoint-on pas là une forme d’idiotisme ? (On en revient aussi à ce que j’appelais « intérieur numérique » ; voir à l’index, en lien, version ordinateur de ce site…)

NB - Anjou, février 2026

Et la radio – route du retour, etc. – de parler d’anciens poutinolâtres, lors qu’on entre dans la cinquième année de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui se dandinent au Salon de l’agriculture, appelant à augmenter la consommation de viande, lors que – sédentarité, écrans… – l’obésité progresse dans nos pays. Il ne manquait là, comme (ancien?) poutinolâtre, que J.-L. Mélenchon, avec ses éructations antisémites en sus (et qu'on n'aille pas me dire que je traque l'antisémitisme chez lui... Ses propos sur le nom "Epstein" étaient gras, provocants au mauvais sens du terme; on aurait presque cru entendre, par le ton, Jean-Marie Le Pen!)
Ces gens pourraient être amenés à diriger la France, où l’information est étouffée par les « débats » des « chaînes d’information ».

Bon. Mais ça fait quatre petites pages, non ? Ce serait amusant, quand même, de retrouver cette ancienne rédaction.


Nils Blanchard


Aussi : Annonce du festival « Regards d’ailleurs », à Dreux. Thierry Méranger, délégué général et artistique, commence ainsi sa présentation : « Après l’hommage de 2025 au Brésil, qui nous a permis de franchir allègrement, avec des hôtes de cœur et de prestige comme Walter Salles (oscar du meilleur film international) ou Kleber Mendonça Filho (palme cannoise de la mise en scène), le cap des 20 000 entrées de cinéma et des 4 000 visites d’expositions, l’ailleurs de nos regards est cette année suédois. On ne saurait rêver écart plus important entre territoires, filmographies et modes de vie. Et pourtant ! D’un continent à l’autre, d’un paysage à l’autre, d’un climat à l’autre, les cinéastes ne cessent obstinément de dialoguer… et de nous prouver que l’exotisme est souvent le plus révélateur des miroirs. »
On pense à Wera von Essen…



Ajout. Attaques sur l’Iran, d’Israël et des États-Unis. Il serait difficile de défendre les dirigeants iraniens, qui ont massacré récemment leur peuple. Mais comme en juin dernier, m'interpelle le fait que les États-Unis attaquent lors qu’ils étaient en phase de négociation avec l’Iran. Aussi : nulle déclaration de guerre, comme si les anciennes lois des conflits étaient devenues d’un coup caduques.

NB

jeudi 26 février 2026

Vie d’auteure / (slash)

Un blog que j’ai rajouté aux liens de celui-ci, il y a quelques mois – un peu plus, déjà ? – « Ulrika Nettelblad – En som skriver ».
Jusque là, parmi d’autres sujets, question çà et là de refus de manuscrits. Une vie d’auteure…

NB - Eva Blanchard

Puis, le 10 février 2026, un long article, « 2016/2026 » ; rien d’orwellien là… Ça commence par cet avertissement/conseil : « Idag blir det långläsning. Brygg en kopp kaffe, ta en liten pralin vetja, och ge dig själv en stund för text. » « Aujourd’hui, ce sera une longue lecture. Faites-vous un café [C’est le français/moi qui vouvoie...], prenez un chocolat, que sais-je, et prenez du temps, pour le texte. »
Puis une capture d’’écran de « smartphone » où l’on comprend qu’un manuscrit, pourtant retravaillé, a été refusé.
(Là, on se rend compte que les/des éditeurs suédois, en comparaison à certains, français, sont foutrement professionnels. Ils lisent (et savent lire…), répondent, expliquent… Bref, ils font leur métier, ne se contentent pas de placer un produit, ou une envie bobote – là, je vise certains petits éditeurs, qui sont capables de vous demander un texte, puis ne vous répondent même pas quand vous le leur envoyez…)

Pas datée, cette capture d’écran. On comprendra que c’est ancien. (Relativement…)
2016
/
Pas 2026…

Pia W - NB - 2016

Entre-temps, 2021-2022, la blogueuse raconte ; une vie d’auteure (publiée ou pas, peu importe… enfin, façon de parler…) Elle gagne quand même un concours avec une nouvelle, 5000 euros. Ce n’est pas rien… Mais c’est surtout le fait, bien sûr, de recevoir une rétribution pour ses écrits qui lui fait plaisir semble-t-il.
Je résume un peu, sans doute.
2021-2022, donc, sa vie évolue, encore plus… Et « Det är våren 2022, anfallskrig i Europa, gränser som inte betyder någonting. Det som varit självklart är upplöst.
Det blir sommar, det blir höst. » « Voici le printemps 2022, la guerre d’agression en Europe ; les frontières n’ont plus de signification. Ce qui était évident n’est plus.
Arrive l’été, puis l’automne. »

Eh ! On est alors au début de mon blog…

Il semble que la blogueuse sombre, alors.
Puis…
Oui, le texte est long.
/ (Slash) ; 2026.

Annonce de la publication de son premier roman (debutroman, dit-on en suédois…) Le titre : Sjukdomen (La Maladie).
La blogueuse est médecin (par ailleurs…) Mais le titre ne pourrait-il pas plutôt faire allusion à la vie d’auteur ?

Hanna Frosterus-Segerstråle - Capture d'écran

À paraître à l’automne. On en parlera, peut-être… Car le temps qu’il paraisse, de me le procurer… J’ai déjà dit que ce blog n’allait pas durer très, très longtemps…


Nils Blanchard

samedi 21 février 2026

De l’éternel problème du gagne-pain / Blog

Vaquer un peu, disais-je, histoire de pouvoir travailler sérieusement. On me dira que je divague. J’écrivais il y a quelque temps à Martin Fahlén que j’aimerais avoir quelques mois à moi quelque part sur la côte du Bohuslän, pour mener à bien divers projets en cours.

NB - Paris, Pont d’Austerlitz, fin août 2025

 Et voilà que Sandra Holmqvist a redonné de ses nouvelles sur son blog (en lien de celui-ci…), après plus de deux mois d’éclipse, après un article qui s’intitulait « Det är inget fel på kvinnor » (Il n’y a pas de problème avec les femmes »). Titre de celui-ci : « Jag har stängt dörren » (« J’ai fermé la porte ») ; c’est de la porte de son blog qu’elle parle. Mais elle précisera quelques lignes plus bas : « Men jag har inte låst dörren. » « Je n’ai pas verrouillé la porte »
Elle pourra y revenir en d’autres termes. De loin en loin.
Elle compare cette situation avec la porte de la remise à bois qu’on referme sans y penser ; plus exactement, sans penser, tout occupé que l’on est du quotidien, qu’on ne la rouvrira plus de l’année, que c’est la dernière fois qu’on vient chercher du bois pour le feu.
Et aucune importance qu’on n’y pense pas. « Tankarna redan på att få eld i spisen. » (« Ne pensant pour l’heure qu’à allumer le feu dans la cheminée. »

Per-Hilding Perjons - Capture d’écran

Mais pourquoi cette fermeture ? (On n’est certes pas au printemps…) Non, mais c’est que la blogueuse a un travail fixe, avec les contraintes qui vont avec ; la volonté, une journée de travail finie, de faire autre chose que de se remettre à taper sur des touches :

« När jag stänger datorn för dagen vill jag inte se mera tangentbord och displayer. Jag vill ta en promenad runt Metviken, jag vill läsa en bok om vår ändliga tid, jag vill laga mat med lök, bönor, grädde, soltorkad tomat, spenat. Jag vill elda i spisen. »

« Quand j’éteins l’ordinateur après le travail, je ne veux plus voir de clavier ou d’écran. Ce que je veux : me promener autour de Metviken, lire un livre sur le temps qui nous est échu, cuisiner avec des oignons, haricots, de la crème, des tomates séchées au soleil. Je veux faire du feu dans la cheminée. »

La cheminée, encore.

Per-Hilding Perjons - Capture d’écran

Bon, mais Sandra remarque aussi : « Så här är livet nu. Jag saknar friheten i frilanslivet och gläds åt tryggheten i anställning. » « Voilà à quoi ressemble ma vie désormais. Je regrette la liberté de mon ancien statut de travailleur indépendant mais me réjouis de la sécurité liée à l’emploi. »

Sécurité, relations avec des collègues… revenus fixes, pauses café, statut social plus… simple…

Mais le mot a été lancé : la liberté.

Et cet autre, juste après : contradiction. Pour cela, détour par Whalt Whitman :

« Do I contradict myself?
Very well then I contradict myself,
(I am large, I contain multitudes.) »

Per-Hilding Perjons - Capture d’écran

L
a vie est contradiction. Pas ?


Nils Blanchard

Vie d’auteure / fleurs et mots

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