jeudi 16 juillet 2026

(Konstiga*) sommar dagar

Peut-être ai-je évoqué quelque part l’inventaire d’une bibliothèque d’écrivain, en Auvergne, ce à quoi je reviendrai vraisemblablement.
Mais lors de ce trajet vers l’Auvergne, ma voiture a eu des problèmes. J’ai dû m’arrêter fréquemment pour la laisser reposer. Ça m’a permis de me promener, travailler, même, mais de prendre aussi beaucoup de soleil et de chaleur en ces jours de canicule (début juillet).

NB - Bourgogne, juillet 2026

Alors, forcément, au retour, petit mal classique de petite insolation.

Voiture à réparer (mais il faut trouver un garagiste), qui plus est pneu à changer (j’ai retrouvé au retour de courses un de mes pneus à plat – hasard ? Tracasserie ?)
Ah, et pour couronner le tout, mon antique (et il est vrai moribond) appareil photo numérique (il devait avoir près de vingt ans) a rendu l’âme. Comment en retrouver ? On me dit çà et là que je n’ai qu’à prendre un smartphone.
Eh, eh !

Du coup, j’ai fait une croix sur quelques jours en Suède qui m’auraient fait du bien. La mer me manque !

Et, à peu près remis de mon coup de chaud, appelons ça comme ça, peut-être pas tout à fait encore, je lis le dernier article de Krickelins (Kristin Lagerqvist) : « Sommardagar » (« Jours d’été »). 
Elle est rentrée de sa maison du Languedoc (pas très loin de la côte…)
Images de ponton vers la mer (là, du côté de Varberg, après celles de la bobine et de la maison de la blogueuse), de sandales et serviettes, avant, ou après, un bain…

« Jag hörde att det var sjutton grader i vattnet då jag doppade mig efter morgonens tabata. Det var friskt! (…) Små bitar av sommarlycka att spara som fina minnen. »

« On m’a dit que l’eau était à 17° quand je suis allée me baigner après le Tabata du matin. C’était frais ! (…) Petits morceaux de bonheur d’été à garder comme bons souvenirs. »

Bon, on verra… Je trouverai peut-être la mer quelque part. Vers le nord de la France ? Un autre passé encore…
Mais c’est que j’ai à faire… entre différents papiers ramenés de l’inventaire, différents projets à finaliser.

Frans Timén - Capture d’écran

En attendant, mini (étrange) paradis dans l’enfer.
C'est proche d’une chaîne de réparation de voitures, dans une immense zone commerciale, du côté de Schweighouse. Évidemment, on laisse sa voiture là et on se retrouve avec une heure ou deux à « tuer ». On peut aller dans la grande surface proche, climatisée, avec sa galerie marchande. C’est là, je me souviens, que, l’an dernier, l’été, sirotant un café, j’avais poursuivi une étrange conversation par SMS (je n’ai pas de smartphone…) avec Asuka Kazama
Mais cet endroit improbable (mais réel) dont je parle, lui, n’est pas climatisé. Il est difficile à trouver ; une vague pancarte ; d’ailleurs, il n’y a là à peu près jamais personne.
Il faut passer une sorte de palissade de planches.
Un ventilateur (étrange, amélioré de bouteilles d’eau…) fait un office incertain.

Le couple de tenanciers, pour peu que vous l’y lanciez un peu, vous parlera du Portugal (vous en servira une bière). Quelque part vers le sud je crois, pas loin de la mer.


*étranges


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du billet précédent : Jean-Loup Trassard, Boileau-Narcejac, Observatoire André Dhôtel.

Ajout. En ces temps d’incendies, jusqu’à la belle forêt de Fontainebleau (il est vrai que là, plusieurs vilaines gens ont allumé la chose…), la lecture d’André Dhôtel – là, Les lumières de la forêt, réédité il y a quelques mois par Fata Morgana – est un délice, mais aussi un prétexte d’énervement. C’est que j’entendais encore je ne sais quel tenant des « Républicains » actuels, vouer aux gémonies les écologistes parce qu’ils sont contre le nucléaire, pour la décroissance… Dans le discours de cette personne, le nucléaire est une sorte de formule magique efficace contre tous les maux de nos temps. Espérons qu’on n’ait jamais à demander des comptes à ces gens en cas d’accident (type Fukushima) sur le sol français… Quant à la décroissance…
Mais je m’égare. Je voulais évoquer Les Lumières de la forêt à cause d’un article d’Alluvions du 13 juillet dernier, intitulé « L’Œil du sorcier », titre d’un livre de Philippe Alfonsi et Patrick Pesnot. (Au passage, ce prix a obtenu le prix Guy-Vanhor en 1973, qu’Héloïse Combes, quant à elle, a obtenu en 2019 !)

Mais, le livre est évoqué parce qu’il parle d’absence de sorcellerie dans le Berry (ça peut sembler un peu compliqué à résumer, allez-y voir…)
C'est cela qui me ramène aux Lumières de la forêt, page 68 :

« – Comprenez-vous, dit-il [un personnage qui veut raser une forêt pour construire une usine, mais évidemment les choses se compliquent], que maintenant je redoute l’immensité de cette forêt tout comme les gens des campagnes, qui font les contes que vous savez ? »

Carl Köhler, Jours sur terre - Capture d’écran

Quant aux « Républicains » actuels et autres frontistes qui il y a encore quelques mois se contrefichaient du réchauffement climatique, des problèmes environnementaux (et semblent s’en contrefiche toujours au vu de leurs réflexions), sans vouloir le politiser en aucune manière (ce serait bien difficile ; du reste peut-être en reparlera-t-on…), Dhôtel de conclure :

« Mais il est tout à fait impossible d’imaginer que la forêt cesse d’exister un jour avec ses vêtes, ses oiseaux lumineux, sa paix profonde et ses tempêtes, sans oublier ses hôtes étranges (…) »

NB

vendredi 10 juillet 2026

Maisons de rêvasserie

J'ai écrit récemment que je devrais plus me focaliser sur certains sujets, moins me disperser. En même temps, l’injonction n’est point du tout mon fait…
Il se trouve que, pour diverses raisons, je fréquente plus que je devrais sans doute ces bandes goudronnées, sans fin, dévoreuses de nature et de calme, qu’on appelle routes.

NB, Mont-de-Jeux (Ardennes), maison d’André Dhôtel.
U
ne association, L’Observatoire André Dhôtel, s’en occupe…

Je « trace »… Pas le temps de faire des croquis comme je faisais avant – pour ne pas parler de peintures de modèles rieurs.
À peine quelques notes sur des carnets, quelques mots échangés au téléphone.
Pour diverses raisons, j’ai besoin d’aller de points A à B assez éloignés. Et en route – je n’écoute quasiment plus France info et leur footballinullité, un peu des chaînes happées au hasard des ondes… quelques disques… Et parfois rien. Alors je rêvasse. Je me dis qu’il me faudrait une maison à cet endroit là, un point de chute ici encore. Il y en a une, là-bas, qui m’attend, mais c’est trop loin pour l’heure ; une autre mais encore plus loin…

Or il se trouve qu’une de ces maisons de rêvasserie – petite, petite ; d’abord parce que je ne suis pas particulièrement fortuné, ensuite parce que je ne saurais trop que faire sans doute d’une plus grande ; quand même, une pièce pour mettre des livres… – pourrait se trouver dans les Ardennes. J’y ai beaucoup pensé, au Mont-de-Jeux ce printemps ; en le quittant, pas loin – j’étais pressé, il me fallait « tracer » ; arrêt de quelques minutes… – à la sortie de je ne sais quel bourg, ce cheval pie, comme celui du Pays où l’on n’arrive jamais (évidemment) semblant me demander pourquoi je ne restais pas là simplement ; il y aurait tant de choses à visiter…

NB - Ardennes

Et voilà que, presque en rentrant, je trouve chez moi une belle (forcément : Éditions Sous le Sceau du Tabellion…) édition de Saint-Pol Roux : Poèmes de la forêt.
Voici comment l’éditeur présente la chose :

« La forêt en question c’est la forêt d’Ardennes et plus précisément, l’Ardenne belge du côté du Val de Poix où Saint-Pol-Roux (1861–1940) séjourna à la toute fin du 19ème siècle, un bref séjour qui n’en fut pas moins déterminant et essentiel et où le Magnifique sut assurément se rassembler pour partir entier vers des œuvres durables, respectant ainsi à la lettre cette profession de foi extraite de Verlaine le pâtre. (…) »

Et dans la lettre des éditions, de juin 2025, sur leur site, on trouve un croquis de la maisonnette.

On en reparlera.


Plus loin encore peut-être, sur les terre de Jean-Loup Trassard, la Mayenne. C’est là que j’avais commencé ce livre de Boileau-Narcejac.
Alors je me suis demandé si Boileau-Narcejac était traduit en suédois. Pas tant que cela apparemment ; Les Diaboliques, bien sûr.
Moins que Simenon en tout cas.

Mais vaguement entre Mayenne et Ardenne, ce serait plus sur « ma » route, peut-être : la Bourgogne, Vezelay. Là : Jules Roy. Tenez, sa Lettre à Dieu (Albin Michel, page 75), en pleines diableries peut-être ?

« “Il a retrouvé sa maison et Vezelay, il est sauvé, répète Tania. Tous pensent comme elle, sauf moi. Je gagne mon lit par un escalier raide, presque une échelle de meunier. Je respire avec de plus en plus de peine. Par devoir, j’avale, comme je l’ai promis, les gélules qui doivent me sauver. J’hésite à désirer le sommeil qui va me replanter encore derrière le pilote dont les mains sautent avec le volant du manche, tandis qu’à vingt et un mille pieds, le F Fox dérape sans que personne y puisse rien. »

Passé venant hanter la vieillesse. Et relire ces lignes me fait penser à quelqu’un d’autre. Je suis justement en train d’écrire à Héloïse Combes (une lettre qui ne parviendra pas tout de suite : j’ai décidé, par politesse, de soigner un peu ma calligraphie…), à propos de projet de livre que j’intitulais au départ La Maison, que j’ai tendance à plaquer des situations, lieux, personnages, sur d’autres.
Allez, on parlera d’une sorte d’œcuménisme…

Édition suédoise des Diaboliques

Mais je serai déjà peut-être parti ailleurs quand paraîtra ce billet. « Là », tout à fait plus loin encore, en Suède ; et la maison existe bel et bien. Et les bains dans l’onde calme de cette mer, juste en bas.
À croire que ces maisons gagnent en réalité avec l’éloignement.


Nils Blanchard


Ajout d'étiquettes du précédent billet : George Sand, Germaine Beaumont, France inter, Binômes, Les sens des mots.

vendredi 3 juillet 2026

Art, nature, sciences… Singe nu

Écouté un peu par hasard une partie de l’émission L’Heure philo, de Patricien Martin (le 20 mars 2026 sur France inter). Alain Badiou y devisait du concept de nature, en lien à son dernier livre.
Bon, j’ai voulu réécouter sur le site de la radio le moment qui m’intéressait, mais il faudrait pour cela créer un compte, comme chez un marchand de fripes. De plus en plus, me semble-t-il, les comptes ne font pas les bons amis.


Peu importe ; c’est vers le milieu de l’entretien, à deux reprises, Alain Badiou de remarquer que la science d’un côté et, de l’autre, son « exact contraire » (je cite de mémoire, me trompe peut-être dans les mots), l’art, avaient l’une et l’autre un rapport privilégié à la nature.

Alors, forcément, j’ai pensé à André Dhôtel, à la fois artiste et féru de sciences, en tout cas de sciences naturelles (étude des plantes, champignons…), comme l’illustrent bien les couvertures des rééditions (qui datent déjà un peu, les rééditions) des (fort belles) éditions Libretto.

Dans la même mouvance, on pourrait ajouter George Sand, Germaine Beaumont…


Mais j’ai repensé aussi à ce concept théâtral des binômes, duquel il a été question dans cet article. Là, my brother intervient régulièrement.
On lit sur la page de présentation cette explication de Thibault Rossigneux (le directeur artistique de la compagnie) :

« (.) C’est avant tout l’envie de faire se rencontrer deux individus évoluant dans des milieux très différents mais passionnés par leurs activités réciproques. L’un consacre sa vie à la recherche l’autre à l’écriture. binôme permet de découvrir de façon non didactique la Science qui devient une source féconde d’inspiration pour la Théâtre contemporain. Ces deux univers, à priori si différents, s’enrichissent mutuellement et donnent vie à une œuvre artistique originale et riche. (…) »

« Exact contraires » chez Badiou – est-ce si sûr ? – ; « milieux très différents » pour T. Rossigneux…
Dhôtel, entre ces rives, navigue comme guidé par des signes d’autre monde… Allez-y voir !


Ça me ramène à Sanja Särman (illustratrice de la couverture des premier et troisième livres de Wera von Essen), qui est donc peintre, mais auteure aussi. Elle a publié son premier livre l’année dernière (je ne l’ai pas encore lu…) et, avant cela, avait (entre autres) publié ces “Letters from Plants to Humans” in The Cosmic Bulletin, published by the Institute of the Cosmos in collaboration with The Riga International Biennal of Contemporary Art 2, RIBOCA2 (2020). Ça commence ainsi :

« We sustain the biosphere. Out of mercy, the naked monkey will say. But mercy is a human concept. Our so-called mercy is elegance, nothing but elegance. We are merciful in the sense that the whole planet basks in our beauty. You should be grateful that our rootlets unwind like this, that our boughs bow down like that, and if you are not grateful, you will kill us. All the worse—for you. We are too elegant for retaliation. We will accept death. We are the Plants, and you live at our mercy. But mercy is a human concept. We do not see it that way. We do not see at all. Seeing is already sacrilege. »

J'écrivais justement à Héloïse Combes quelque bavardage à propos de cécité, parce qu’il en est question dans de récents articles de Patrick Bléron, dans le blog Alluvions (en lien de celui-ci, etc.), fascinants (ces articles) en lien à Tirésias (entre autres, via Cesare Pavaese…) et… Ernst Jünger, l’écrivain entomologue, qui à sa manière s’y retrouvait aussi entre les contraires, science et art, voire… Occupation et francophilie ; il participa pendant la guerre aux déjeuners de Florence Gould ; c’est une autre histoire évidemment.


Nils Blanchard


Ajout : Et voilà les binômes (compagnie Les Sens des Mots), à nouveau, en Avignon ; dans quelques jours…

samedi 27 juin 2026

Encore une blogueuse en retrait / Les zélés tapageurs

Un peu par hasard, forcément, tombé sur un blog où, en mai 2026, l’auteure annonce son « retrait ». 
Bon, y trifouillant par curiosité caniculaire (un 26 juin, Grand Est alerte rouge, etc.), je tombe sur un article sur les méga-bassines (de 2022).

NB - Londres, printemps 2026 ; Les deux clochers ?

À la suite de « quelques grands groupes financiers » aux « idées géniales », pour faire face au manque d’eau ici et là, des zélés tapageurs promeuvent – et construisent ! Sans enquête sérieuse… – des méga bassines. « Comme le niveau de l’eau baisse dans les nappes phréatiques, on peut artificialiser une vaste surface de sol en surface (plusieurs terrains de football [Ah, non ! Ne me parlez pas de football !]), pomper l’eau en grande profondeur puis l’étaler au soleil (de 20 à 60% d’évaporation quand même!) et à la pollution (bonjour les bactéries et les microalgues) et ceci afin de l’utiliser ensuite plus facilement en toutes saisons.
Et si elle est trop polluée pour être utilisée, c’est encore mieux car on vendra des produits chimiques pour tuer le vivant qui s’est installé dedans. Il faut penser aussi aux emplois de l’industrie. Elle est pas belle la vie ? »

Puis bientôt, peut-être, les bâtiments de France et de Navarre seront hérissés de grilles de rejets de chaleur des climatiseurs lepéniens. Sans même réfléchir à un problème dont on niait l’existence il n’y a pas si longtemps, voilà pour ces gens la solution : équiper tout le monde de climatiseurs, ce qui sera dispensateur d’énergie et, en ville notamment, rendra les rues encore plus chaudes…

Déjà, j’ai eu à faire face à quelque vague sympathisant de ces zélés tapageurs, qui m’a reproché d’être un adepte du « Vous voyez bien que j’ai raison ». À mon avis, ça pourrait devenir l’argument trumpinolien des prochaines semaines : on arrivera à démontrer que les « écolos » (le terme est devenu une insulte) avaient tort d’avoir raison…

Eh ! Mais coco ! J’aurais largement préféré avoir tort !

NB - Londres, printemps 2026

Or donc, ce blog d’Annbourgogne d’annoncer, en mai 2026 : « C’est un peu triste après autant d’années mais je suis à un moment charnière de ma vie où je ressens le besoin d’une réorganisation et, disons-le, d’un retrait. Une forme de distance par rapport au bruit du monde. Il se peut que je partage parfois une image ou quelques mots, je ne me l’interdis pas, nous verrons. »
Ça rappelle d’autres évoqués ici, la moindre n’étant pas Sandra Holmqvist. Moi-même, ne conçois pas cette petite manie blogueuse comme un engagement devant l’éternité.

Mais, puisqu’il était question de juin ; en juin 2026, j’ai dépassé allègrement les 11 000 « pages vues », ce qui aurait tendance à montrer que mon modeste site intéresse, çà et là, quelques âmes dans telle ou telle masure du village planétaire…



Et puisqu’il était question de mai, j’ai lu avec grand intérêt la partie du numéro d’Europe de ce mois, consacrée à Jean-Loup Trassard, disparu en janvier (le reste du numéro, Jane Austen notamment, n’est pas sans intérêt non plus…)
Jean-Loup Trassard, son écriture, son univers ; disons-le, sa Mayenne, c’est un peu l’inverse des zélés tapageurs évoqués plus haut.
On lit dans ce numéro d’Europe, dans un entretien de 1994 avec Jean-Baptiste Para (il est question de la disparition d’une certaine ruralité) :

(J-L. Trassard) « Aujourd’hui ce que l’on supprime n’est remplacé par rien. Or il y avait là un trésor d’ingéniosité, tant en ce qui concerne le travail de la terre que les artisanats qui en découlaient. (…) Je reste persuadé qu’une autre politique agricole aurait pu être mise en œuvre. La dégradation dont on nous dit qu’elle est inévitable, on n’a rien fait pour l’éviter. Tout n’a été qu’incohérence, soumission aux exigences de rentabilité à court terme. »


Nils Blanchard

mardi 23 juin 2026

De la retenue / Poésie, pas partout

On a parlé récemment de Michel Lamart, pour son Terrain vague
Il a aussi publié (entre autres… et éditions Les Lieux-Dits, 2026) un petit recueil de poèmes intitulé Peut-être.

(Dessin d'illustration: Jost Schneider)

Là, un long poème de plus de quatre pages, où l’on lit notamment – avec une jolie œillade à Sôseki… – (pages 14-14) :

« Les espèces fondent
Aussi vite que les glaces
À vue d’œil
Et nous nous endormons
Sur des oreillers d’herbe
Pour étouffer
Nos peurs
Et notre mauvaise conscience.

(...) 

Peut-être
Est-il urgent
Et nécessaire
De repenser
À l'humain
À partir
De la nature ? »

Peu de temps après la lecture de ces lignes, on apprenait – Météo France – que le printemps 2026 avait été le plus chaud jamais enregistré en France.


Peu de temps après encore, on assistait à un spectacle affligeant à l’Assemblée Nationale, déjà oublieuse en grande partie, semble-t-il, de la petite canicule printanière récente, et n'anticipant guère d'autres à venir. Approbation en première lecture, le 2 juin, d’un « projet de loi d’urgence agricole ».
En même temps, cette assemblée est tellement fractionnée, d’une part, prise en otage, d’autre part, par les blocs extrêmes qui eux restent unis derrière leurs chefs, qu’on a du mal à cerner l’orientation de ce « projet de loi d’urgence agricole ».

On constate en tout cas, que comme au temps « Tidö » du gouvernement Barnier, l’extrême droite a joint ses votes à ceux des soutiens du gouvernement. 
Pêle-mêle, parmi ce qui semble là le plus inquiétant (source : Le Monde et AFP, 2/6/2026) : facilitation de la construction d’ouvrages de stockage d’eau (dont les fa(u)meuses bassines). Aussi, un article permet la création par le préfet d’une zone tampon inconstructible en bordure de parcelles agricoles, pour limiter l’exposition des personnes aux pesticides. Là, on est en pleine folie : on reconnaît la dangerosité des pesticides ; on les trouve même si dangereux qu’on veut en protéger la population. Bon. On interdit les pesticides, alors ? Non, on crée des sortes de no mans lands, dans cette sorte de guerre que l’avidité des gens mène à la nature… Encore, une disposition visant à favoriser l’élevage intensif (avec l’allègement des contraintes administratives actuelles lors de travaux liés à cet élevage…)

L'ensemble est parachevé par la mention du loup, hoûûûûûûûûûh… qui sera plus facile à chasser.

Tant il est vrai, que, forcément, là où il y a du flou…


Nils Blanchard


Ajout. En ces temps de canicule et de vulgarité la plus crasse (ceux-là même qui ont nié le réchauffement climatique se dandinant sur les estrades en formulant des solutions miracle – et désastreuses...), Marc Bloch entre aujourd'hui au Panthéon. 
Encore une fois, je ne sais trop que penser du système du Panthéon. Mais quant à Marc Bloch...

Marc Bloch - Capture d'écran


Petit hasard, j'ai terminé aujourd'hui même un cours sur la IIIème République de la sorte : 

« Parmi diverses évolutions à partir de 1871 et l’avènement de la IIIème République, figurent :
– Les fois Ferry, 1881-1882.
– L'affaire Dreyfus, 1894-1906.
– La loi de séparation de l’Église et de l’État, 1905.
Peu à peu, c’est une certaine France contemporaine qui se crée, basée sur un certain universalisme ; l’égalité de tous les citoyens.
C'est cela, aussi, qu’a défendu Marc Bloch, torturé puis exécuté par les nazis, qui entre le 23 juin 2026 au Panthéon. »

jeudi 18 juin 2026

Il y était donc encore ? / Rien à voir. Enfin, si : David Hockney

Je me suis souvent défié des gens accordant a priori l’étiquette de la sagesse à la vieillesse.
Là, on a l’exemple d’un homme (relativement) âgé et semble-t-il malade (mais pas mentalement), qui arbore une certaine figure du sage dans son blog, et qui d’ailleurs partage son expérience (littéraire, philosophique parfois…) avec générosité et souvent de manière bien intéressante.

David Hockney - Royal Academy, London, janvier 2012 - Wikipedia

Je veux parler de Thomas Nydahl (blog « Nydahl Occident »), en lien indirect de celui-ci via « Nordic Voices in translation » et « Bernur »…
On lit en effet avec une certaine consternation ce qu’il écrit le 15 juin (sous un titre un peu redondant : « Sociala medier och dumheterna » / « Réseaux sociaux et idioties ») :

« () Jag behöver egentligen inte ens förklara varför. Men jag stängde både Facebook och Instagram. Allt det som är bra, konstruktivt och till glädje förstörs av det destruktiva och ovänligt nedbrytande. (…) »

« () Nul besoin d’expliquer pourquoi. Mais j’ai quitté Facebook et Instagram. Tout ce qui est bien, constructif, source de bonheur, y est abîmé par le dénigrement destructeur et haineux. (…) »

Il y était donc encore ?
Évidemment qu’il n’est pas nécessaire qu’il explique pourquoi il quitte ces choses ; on peut se demander en revanche ce qu’il y faisait, et depuis longtemps semble-t-il…

David Hockney, The Queen's Window,
Westminster Abbey - Wikipedia

On me dira : qu’en sais-tu ? Tu n’y vas pas…
C'est l’argument des lepénistes 2.0 : « il faut l’essayer... » Eh ! Pourquoi n’essaieraient-ils pas de lécher un trottoir, pendant qu’ils y sont ?

Bon. Rien à voir à peu près, mais pendant la période du Covid, j’ai trouvé je ne sais où sur le net – sur un blog, vraisemblablement, qui peut-être lui-même tirait ces images de quelque « réseau » « social » ? ; on pourrait dire alors, d’une certaine manière, que j’y suis allé indirectement… – des images peintes sur tablettes (sur « ipad ») par David Hockney.
Eh ! David Hockney. Mort le 11 juin 2026.

Il se trouve (ce genre de chose m’arrive parfois), que j’ai écrit un poème sur lui, autour de lui… sur ses paysages comme étrangement dhôteliens.

NB - Ardennes

Les 14 et 16 juin 2026 (en partie dans le train) : Début d’été encore

Aux contreforts de la Champagne
ou de l’Ardenne allez savoir
Gare étrange gris Mitterrand
David Hockney n’y saurait voir

les pommiers en fleurs de la Normandie,
les herbes et champs folâtres qui rient
/ qui riaient,
sur sa tablette
lors des confinements

Le train vrille au cœur des campagnes
sa vitesse et en désespoir
de cause on fixe un monument,
un arbre, une vache, un terroir…

à travers la vitre aujourd’hui salie
au milieu d’aliens sur leurs écrans gris
Lui, peignait
sur sa tablette
Il est mort maintenant


Nils Blanchard


vendredi 12 juin 2026

Nostalgie, encore

(Et ça commence bien, un arbitre est empêché d'entrer aux États-Unis pour des raisons de xénophobie et de racisme. Ça ne semble pas gêner tous ces gens. Il arrivait des Somalies, voyez-vous ça...
Bon, mais les footeux ont-ils vraiment besoin d'arbitres ?)

Wolinski - Charlie Hebdo, 1982

(Dessin reproduit dans Le Monde le 9 janvier 2015.)

La nostalgie redeviendra-t-elle jamais ce qu’elle fut demain ?


Nils Blanchard

(Konstiga*) sommar dagar

Peut-être ai-je évoqué quelque part l’inventaire d’une bibliothèque d’écrivain, en Auvergne, ce à quoi je reviendrai vraisemblablement. Mais...