Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an mal an (si je puis dire), j’ai quand même une formation d’historien. Pas loin de l’archiviste…
J'essayais justement de ranger différents papiers. (Ce rêve d’une maison, d’un havre, où ranger livres et dossiers…) Je suis tombé sur cet ancien catalogue (ou carton, un peu entre les deux), d’exposition.
Il concerne Paul-Armand Gette. Aïe, aïe, aïe ; en nos temps de néopuritanisme désinhibé, je risque encore de choquer…
C'est pour une exposition à la galerie Claire Burrus, rue de Lappe (Paris), début 1987.
Introduction à un entretien entre Bernard Marcadé et Paul-Armand Gette : « Où il s’agit de l’Antiquité, de l’enfance, de la Grande Chartreuse, de Nathalie, de Vladimir Nabokov, de Lewis Carroll, de Claude Monet, de botanique, de Carl von Linné, de Lucas Cranach, de Marcel Duchamp, de salle de bain-lavabos & toilettes, et de Søren Kirkegaard. »
Eh ! Pas mal, non ?
Je me souviens d’une Nathalie (ce fut un prénom très répandu…) que je connus de relativement près… Complètement perdue de vue (par ma faute). Ce serait amusant qu’elle lise ces lignes…
Mais je m’égare (forcément…)
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| Paul-Armand Gette - Capture d’écran. (Puisque je reviens d’Auvergne…) |
Sous la première illustration (page 5), en hommage à Claude Monnet comme de juste, on lit : « Le 2 août 1975, circulant en automobile dans la ville de Karlshamn, sur la côte est de la Suède, et apercevant une formation lacustre, je priais mon ami conducteur de bien vouloir arrêter son véhicule (…) »
Karlshamn, aussi.
Bien. Mais on a parlé de relations entre arts et sciences ; on lit à la même page : « (…) je me rendrais compte, même en dehors de mon travail – chez Duchamp ou Nabokov, par exemple –, du rapport quasi immanent que l’amour et l’érotisme entretiennent avec l’entomologie. »
On me dira, amour et érotisme ne sont pas forcément art… Disons qu’ils lui sont souvent associés. (Moins à Kungälv, il est vrai, où l’on a vu les ravages d’une sorte d’art moderne inféodé aux sous-traitants kafkaïens…)
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| Paul-Armand Gette - Capture d’écran |
Bon, mais peu à peu dans l’entretien, à la liste introduisant ce billet, on passe (quand même) aux nymphe(ette)s, au maniérisme, à Actéon… dont l’aventure serait pour B. Marcadé (page 10) assez proche « de celle d’Œdipe. Dans les deux cas, il est question d’effraction, de culpabilité et de châtiment. Ce que vous dites, vous, c’est qu’il est possible de regarder sans perdre la vue. Vous vous inscrivez en faux contre un certain fatalisme, voire un certain masochisme dont la psychanalyse aime à se nourrir ?...»
Eh ! On se retrouve là entre des thèmes récents d’Alluvions et de mes modestes aventures…
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| François Joseph Bosio, La nymphe Salmacis, Louvre ; Wikipedia |
Mais j’ai échangé avec Héloïse Combes – c’est un thème qui reviendra sans doute en ces lignes – sur les relations entre le sexe et la guerre.
À Kirkegaard, on arrive après un passage par… les toilettes d’un musée. Puis P.-A. Gette d’expliquer : « La métaphore qu’il [Søren Kirkegaard] choisit d’ailleurs pour rendre compte de ce sentiment [crainte et amour – on me dira, crainte et amour ne sont pas forcément guerre et sexe…] est Nymphaea alba : “oderint, dum metuant” (Ils haïssent comme ils craignent), comme si seulement la crainte et la haine étaient liées, alors que la crainte et l’amour n’auraient rien à faire l’un avec l’autre (…) »
Nils Blanchard

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