Quelle mouche le pique ? Dira-t-on peut-être, à nouveau, de ma modeste personne. Quels lien entre les différentes accroches du titre de ce billet ?
| NB - Bibliothèque Carnegie ; hall d’entrée |
D'abord, s’est tenue le 21 mars à Reims l’Assemblée générale de la Route inconnue.
Participant à la vie de cette association passablement salutaire, j’y étais bien sûr.
(Au passage, presque chacune de ces assemblées tombe pour moi à un moment où je suis pris par le temps, tenaillée par un sommeil en berne, ébloui, comme un lapereau dans les phares d’un panzer, par la lumière nouvelle du printemps, et du coup, ou peut-être par ailleurs, légèrement agacé par je ne sais quel mal de tête.)
Cela se passait, non loin de la magnifique cathédrale, à la Bibliothèque Carnegie. Construite (finie) il y a 99 ans ; Dhôtel en avait 27.
C'est une dotation de la Fondation Carnegie qui en rendit possible la construction, au lendemain de la Première Guerre mondiale. L’hôtel de ville de Reims, qui abritait des collections de la ville – heureusement mis à l’abri –, avait été bombardé en mai 1917.
| NB - La bibliothèque Carnegie |
Un membre de la Route inconnue, François Squevin, amateur de lieux improbables et d’embarras (littéraire), et auteur de poèmes duquel on a déjà parlé en ces lignes, me faisait remarquer l’importance de la Grande guerre pour les Ardennais, période au cours de laquelle leur région fut occupée par l’Allemagne.
La cathédrale de Reims fut bombardée. La petite ville d’Attigny, comme Dhôtel l’explique dans Retour, minutieusement rasée, maison par maison…
Et après les guerres, les États-Unis – il fut bien remarqué la différence entre un Carnegie et un Musk! –, des donateurs américains pouvaient participer à construire, reconstruire des sites.
Ainsi de cette bibliothèque ; on sait aussi ce que Versailles doit aux Américains. Plus récemment, la Fondation Gould (issue de la fortune de Florence Gould – dame qui a été sottement attaquée, par exemple dans le torchon relativement récent de Susan Ronald parce qu’elle était riche et originale, mais qui a passé une grande partie de sa vie, aussi, à défendre les écrivains, de langue française, ça tombe bien, la culture en général) a participé par exemple à des rénovations au Mont-Saint-Michel.
| NB - mosaïque dans le hall d’entrée, d’après des cartons de Henri Sauvage |
La bibliothèque, elle, témoigne d’un bel art déco (sa grande porte d’entrée en fer forgé fut primée à l’Exposition des Arts décoratifs de 1925).
Les dates sont parfois étranges. En 1921 (début de la construction de la bibliothèque, donc), Dhôtel commence d’écrire son premier livre, Le Petit livre clair. C’est l’époque de son service militaire dans un peloton des étudiants (il échappe de peu à la guerre), de sa participation, avec notamment Marcel Arland, à des revues vaguement dadaïstes.
| NB - L’intérieur de la bibliothèque |
Quand la bibliothèque est inaugurée en 1928, Dhôtel rentre en France, d’un séjour de quatre ans à Athènes. Il publie son Petit livre clair.
On pourrait broder, prétendre que l’esprit d’Athènes avait vaincu en France celui de Sparte ; ça n’aurait pas grand sens.
On sait que les choses sont plus complexes que les anciennes images d’Épinal.
On sait aussi… – en reparlera-t-on ici ? – que quand on entre dans la culture grecque, on en sort pas tout de suite…
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Et il y aura ce soir, à Uppsala, une conférence sur les Suédois d’Estonie. Göran Hoppe y parlera de ce sujet : Vana hea rootsi aeg? Var 1600-talet särskilt gynnsamt för Estlands svenskar? (Le XVIIème siècle a-t-il été si favorable aux Esto-Suédois?)
Rappelons que la Suède occupe l’Estonie (en partie…) entre 1561 et 1710.
Commentaire sur cette conférence : « Från 1500-talets sista decennier och ungefär 50 år framåt kom svenskbygderna i Estland att till stor del förlänas officerare och andra personer som den svenska staten stod i skuld till. De ständiga krigen tömde statskassan och det blev därför nödvändigt att utnyttja andra tillgängliga resurser. Vilka effekter kom dessa processer att få på det estlandssvenska lokalsamhället?
Plats och tid: Institutet för Rysslands- och Eurasienstudier, Gamla Torget 3, 3 ½ trappa i biblioteket. Porten på gatuplanet är öppen 17.30-18.15. »
« Des dernières décennies du XVIème siècle et ce pour environ cinquante ans, les terres des Suédois d’Estonie furent cédées en grande partie à des offiers, d’autres personnes encore, du fait des dettes de l’État suédois. Les guerres incessantes ayant vidé les caisses de la couronne, il était devenu nécessaire de trouver des ressources. Quels effets ont eu ces événements sur les communautés locales esto-suédoises ?
Lieu et horaire : Institut pour les études russes et eurasiennes, Gamla Torget 3, escalier 3 ½ de la bibliothèque. L’entrée principale est ouverte de 17:30 à 18:15. »
Bon, une bibliothèque, encore.
(Peut-être y ont-ils mon petit livre Elmar Krusman, où j’évoque un peu cette période dans l’introduction à la communauté esto-suédoise...)
Nils Blanchard










