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dimanche 9 août 2026

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an mal an (si je puis dire), j’ai quand même une formation d’historien. Pas loin de l’archiviste…


 
J'essayais justement de ranger différents papiers. (Ce rêve d’une maison, d’un havre, où ranger livres et dossiers…) Je suis tombé sur cet ancien catalogue (ou carton, un peu entre les deux), d’exposition.

Il concerne Paul-Armand Gette. Aïe, aïe, aïe ; en nos temps de néopuritanisme désinhibé, je risque encore de choquer…
C'est pour une exposition à la galerie Claire Burrus, rue de Lappe (Paris), début 1987.

Introduction à un entretien entre Bernard Marcadé et Paul-Armand Gette : « Où il s’agit de l’Antiquité, de l’enfance, de la Grande Chartreuse, de Nathalie, de Vladimir Nabokov, de Lewis Carroll, de Claude Monet, de botanique, de Carl von Linné, de Lucas Cranach, de Marcel Duchamp, de salle de bain-lavabos & toilettes, et de Søren Kirkegaard. »
Eh ! Pas mal, non ?
Je me souviens d’une Nathalie (ce fut un prénom très répandu…) que je connus de relativement près… Complètement perdue de vue (par ma faute). Ce serait amusant qu’elle lise ces lignes…

Mais je m’égare (forcément…)

Paul-Armand Gette - Capture d’écran.
(Puisque je reviens d’Auvergne…)

 Sous la première illustration (page 5), en hommage à Claude Monnet comme de juste, on lit : « Le 2 août 1975, circulant en automobile dans la ville de Karlshamn, sur la côte est de la Suède, et apercevant une formation lacustre, je priais mon ami conducteur de bien vouloir arrêter son véhicule (…) »

Karlshamn, aussi.
Bien. Mais on a parlé de relations entre arts et sciences ; on lit à la même page : « (…) je me rendrais compte, même en dehors de mon travail – chez Duchamp ou Nabokov, par exemple –, du rapport quasi immanent que l’amour et l’érotisme entretiennent avec l’entomologie. »
On me dira, amour et érotisme ne sont pas forcément art… Disons qu’ils lui sont souvent associés. (Moins à Kungälv, il est vrai, où l’on a vu les ravages d’une sorte d’art moderne inféodé aux sous-traitants kafkaïens…) 

Paul-Armand Gette - Capture d’écran

Bon, mais peu à peu dans l’entretien, à la liste introduisant ce billet, on passe (quand même) aux nymphe(ette)s, au maniérisme, à Actéon… dont l’aventure serait pour B. Marcadé (page 10) assez proche « de celle d’Œdipe. Dans les deux cas, il est question d’effraction, de culpabilité et de châtiment. Ce que vous dites, vous, c’est qu’il est possible de regarder sans perdre la vue. Vous vous inscrivez en faux contre un certain fatalisme, voire un certain masochisme dont la psychanalyse aime à se nourrir ?...»

Eh ! On se retrouve là entre des thèmes récents d’Alluvions et de mes modestes aventures

François Joseph Bosio, La nymphe Salmacis,
Louvre ; Wikipedia

Mais j’ai échangé avec Héloïse Combes – c’est un thème qui reviendra sans doute en ces lignes – sur les relations entre le sexe et la guerre.

À Kirkegaard, on arrive après un passage par… les toilettes d’un musée. Puis P.-A. Gette d’expliquer : « La métaphore qu’il [Søren Kirkegaard] choisit d’ailleurs pour rendre compte de ce sentiment [crainte et amour – on me dira, crainte et amour ne sont pas forcément guerre et sexe…] est Nymphaea alba : oderint, dum metuant (Ils haïssent comme ils craignent), comme si seulement la crainte et la haine étaient liées, alors que la crainte et l’amour n’auraient rien à faire l’un avec l’autre (…) »


Nils Blanchard

mercredi 26 juin 2024

Des priorités

Articles du blog Krickelins – que j’évoque parfois ici –, étrangement en ces temps autour de la France, et sur l’ennui, mais le bon ennui, d’être dans une maison de vacances (en France en l’occurrence).
Quand on a le temps, donner la priorité à une chose ou une autre n’est pas nécessairement simple – et ne doit pas l’être. Peut-on faire une comparaison avec la priorité en démocratie ? Quand on a le choix…

NB - Bretagne


Cela fait longtemps que je n’ai pas été à la mer en France. Cette photo est ancienne ; je ne faisais du reste que passer. (Mais ne fait-on pas que ça, ou trop?)

Kristin Lagerqvist écrit elle le 21 juin – ça se passe sur la Méditerranée (en France) devine-t-on :

« Jag badade fem gånger. Och läste länge på både rygg och mage. Nu är jag både salt och härligt trött. »

« Je me suis baignée cinq fois. Puis j'ai lu, longtemps, à plat ventre, sur le dos... Je suis maintenant pleine de sel et formidablement fatiguée. »

Puis il y a une photographie de drapeau français se tendant dans le vent marin.

« Det är så himla fint att vara här och jag känner mig tacksam från topp till tå. »

« C'est le pied d’être ici et j’en suis reconnaissante, des pieds à la tête. »

La France apparaît là – et pourquoi pas – comme le lieu idéal où fêter un Midsommar légèrement exotique.
Où, aussi, trouver une paix familiale intemporelle ?


Claude Monet, Terrasse à Sainte-Adresse, Metropolitan Museum of Art, New York, capture d’écran 

Les « priorités », là-dedans, me demandera-t-on ? Mais c’est que le lendemain 22 juin, la même blogueuse, au même endroit, semble s’ennuyer, mais de ces ennuis riches de promesses, temps rincés des nécessités de quotidiens que d’aucuns diraient aliénants. L’article (illustré comme d’autres fois par de belles photos de maison un peu hors d’âge) s’intitule : « All ledig tid – vad gör man då ? » – « Tout ce temps libre ; mais qu’en fait-on? ») On y lit :

« Dagarna går långsamt och på schemat står återhämtning. Vid ett tillfälle plockade jag till och med fram ett pussel.
Men va – nä, sådant tålamod och lugn kunde jag absolut inte uppbringa hur mycket jag än hade velat.
(...)
Knske bör jag gå ut med min hund och en podd i öronen istället? Eller kolla en film? Dammsuga och våttorka golvet?
Ovan situation. Minns den gången min man var själv hemma utan varken mig eller barn och hade ett helt smörgåsbord av lustfyllda saker han ville ge sig hän med men inte visste hur han skulle prioritera (…) »

« Les journées passent lentement, avec la récupération à l’ordre du jour. J’en suis même venue à un moment à me mettre à un puzzle.
Mais… Non : je ne pourrais fournir tant de patience, de calme, quelque soit la volonté que j’y mette.
(...) 
Peut-être je devrais plutôt sortir avec mon chien et de la musique ? Ou regarder un film ? Passer l’aspirateur ou faire le sol ?
Cette situation n’est pas banale. Elle me rappelle cette fois où mon mari est resté à la maison sans moi ni les enfants et avait tout un panel de choses qu’il voulait faire sans savoir à quoi s’adonner en priorité. »

On y est. Que faire quand on a tant de choses à faire.
J'ai moi-même terminé mes cours à l’université dont les préparations me tenaient éloigné de ce genre de considération, et la rédaction d’un article qu’on m’avait demandé… D’autres menues tâches du temps…
Priorités ?
Quelqu’un à l’autre bout de la terre m’écrit qu’il est préoccupé par le vote à venir en France.
Les électeurs se rendent-ils bien compte que le vote est affaire de priorité ? Il ne s’agit pas de voter pour quelqu’un avec qui on voudrait passer sa vie, mais d’éviter au moins le pire.

NB - Bretagne

À Gammalsvenskby – c’est un symbole comme un autre, l’église allemande a été détruite le 17 juin par un drone kamikaze russe. (Voir, en lien, le site Föreningen Svenskbyborna, cliquer sur « Kriget/War-information »...)
Et si les relations (de la France, d'autres États européens) avec la Russie venaient à empirer au point que, par exemple, on en soit amené à décréter un état d’urgence ? Un état d’urgence avec l’extrême droite au pouvoir ? Ça ferait vraiment beaucoup.


Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...