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mercredi 10 janvier 2024

Au hasard, Stockholm, Paris… (à défaut d’un Paris-Stockholm)

Martin Fahlén m’informe de la tenue d’une conférence sur sa parente, dont il est question dans Le tableau de Savery, Marika Stiernstedt.

NB - Stockholm en hiver

Quand je travaillais à la traduction du Tableau de Savery, je m’étais intéressé à elle. C’était en effet la sœur de Märta, la grand-mère du titre original en suédois (Märtas tavla) ; elle est évoquée page 55 de la traduction française : on note qu’elle se décida tôt à devenir écrivaine, et qu’elle lisait ses premiers jets à sa sœur.
Et en note : « Marika Stjernstedt (1875–1954) catholique et socialiste, a publié une trentaine de livres, romans, essais et mémoires. À Paris, elle a connu notamment Jules Pascin. »

Marika Stiernstedt

J'avais compulsé notamment une revue, Hertha, « Tidskrift för den svenska kvinnorörelsen » (« Revue pour le mouvement féministe suédois »). 
C’est un peu un hasard (un peu beaucoup), j’ai fait un cours avant les vacances, à l’université, justement sur le mouvement féministe nordique – à quoi j’ai ajouté des développements sur Edith Södergran et sur la tuberculose.
Liens ? Edith Södergran elle-même, bien sûr. Mais voyez aussi cette publication (que je n’ai pas utilisée pour ce cours…)


Elle contient cette publicité: 



On reviendra sur tout cela, les sanatoriums, Edith Södergran, Hertha

Eh ! Dans ce numéro, aussi, un article sur l’onanisme, la nécessité du désarmement international… (Non, là, je ne crois pas qu’il y ait de lien particulier…)



Puis un article sur quatre pages (deux colonnes) d’Ellen Kleman (la directrice de la revue) s’intitule : « Deras liv och minnen » – « Leurs vies et souvenirs ». Il y est recensé des ouvrages de Selma lagerlöf, Alma Söderhjelm, historienne (notamment) finlandaise de langue suédoise, et Marika Stiernstedt.

Que de gens fascinants (auteure de l’article comprise) !
Que de thèmes à découvrir, à évoquer !
Je serais volontiers allé à Stockholm assister à la conférence, mais n’en saurais trouver le temps (cours à donner – et préparer… –, aussi à l’université), sans parler de l’autorisation de congé qu’il me faudrait obtenir de ne ne sais quelle sous-Klamminette.

Mais pour ceux qui seraient plus libres de leurs mouvements ces temps-ci, voici déjà l’affiche de l’événement – où l’on apprend au passage que Marika Stiernstedt traduisait ses œuvres en français…


Hasard encore, ça se passe à Humlegårdsgatan où j’ai travaillé quelques mois… J’évoque cette rue dans un roman, non encore publié ; il est vrai que je n’ai guère pressé les éditeurs, paraît-il débordés ces temps-ci (il n’y a pas que moi).


Nils Blanchard

mercredi 3 janvier 2024

Paix, nouvelle année – peinture norvégienne

J'ai reçu le nouveau livre de Martin Fahlén , et j’en parle ici tout de suite parce qu’il prend un caractère particulier, en ces temps de guerre, en Ukraine, en Palestine ; en ces temps aussi de résolues remises en causes de l’état de droit, avec la montée des extrêmes dans bien des lieux. Son titre, en effet : Sädeskorn för freden. Je traduirais ça : Semailles pour la paix.



Mais mot à mot, il s’agit de grains, de céréales. Les choses, comme bien souvent, sont un peu plus compliquées qu’il n’y pourrait paraître. Le sous-titre annonce : « En bok om Arnold Raestad ». Bien, et voilà ce qu’on apprend sur la quatrième de couverture :

« Le titre de ce livre, Sädeskorn för freden vient d’un poème qu’Arnold Raestad a écrit dans sa jeunesse. Juriste norvégien, artisan de la paix, il est passé progressivement, après la séparation de la Norvège d’avec la Suède, du nationalisme à la citoyenneté mondiale, avec le souci de protéger l’existence des plus petits États. Ce livre donne une image de cette évolution, à travers lettres et journaux intimes. Polyglotte actif, impliqué en profondeur dans les affaires étrangères, l’économie, le droit civil, la radio, l’aviation, la pêche à la baleine, la littérature classique, le problème Quisling*, les sciences et l’art, il a été autant acclamé que controversé. Après sa thèse sur les frontières maritimes de la Norvège, il s’est impliqué dans la législation concernant Svalbard, ce qui a fait de lui, peu de temps, un ministre des affaires étrangères dans les années 1920. Puis comme chef de la radio nationale norvégienne (NRK) dans les années trente, il a vite été tôt une voix qui a averti contre les risques d’une politique de neutralité face à Hitler. Son épouse Märta et lui furent de la fuite épique en Norvège, pendant la Seconde Guerre mondiale**, avec le gouvernement en exil et le roi Haakon VII. Il devint alors directeur de la banque de Norvège au moment où il s’agissait de sauver les réserves d’or du pays. Conseiller des plus proches de Tryggve Lie*** pendant le conflit, il émit des idées pour une alliance atlantique et participa à la délégation norvégienne à San Francisco pour la création de l’ONU. »



* Vidkun Quisling (1987–1945), dès l’invasion allemande en Norvège, essaie une première fois de prendre le pouvoir (avril 1940) puis devient « ministre-président » à la solde des nazis à partir de février 1942, jusqu’à la fin de la guerre. Il a été d’autant plus zélé qu’il a peiné à se faire reconnaître non seulement de la population mais aussi des occupants allemands. Arnold Raestad a écrit un ouvrage en anglais à son propos, qui n’a pas été publié.

** Le tableau de Savery (cf page de ce blog, en haut à droite) a pour titre original Märtas tavla, mot à mot Le tableau de Märta ; les aléas de la guerre, qui concernèrent en effet le tableau, y sont relatées.

*** Tryggve Lie (1896–1968) fut Secrétaire général de l’ONU de 1946 à 1952.


Hugo Lous Mohr, capture d'écran

Aussi, le titre de ce livre me rappelle étrangement Si le grain ne meurt d’André Gide, dont il a été question, en ce blog, à cet endroit. Aucun rapport a priori. Mais allons, on ne sait jamais.
Quant au peintre auteur du portrait de couverture, Hugo Lous Mohr (1889-1970), il fait partie de ces artistes norvégiens qui sont un thème non négligeable qui apparaît dans Le tableau de Savery
Et lui peut nous ramener parfois à des vues guère éloignées du Bohuslän.

On le trouve notamment au Musée National norvégien.

Et il est passé, comme beaucoup de cette génération de peintres norvégiens, par Paris.
Comme Harriet Backer, qui est l’objet d’une exposition en ce moment à Oslo.

Bonne année !


Nils Blanchard


Triche : je rajoute des étiquettes que je n'eus le temps de mettre au dernier billet : Voyage dans les lettres nordiques, Jean-Félix Annic.

samedi 7 janvier 2023

Aux abords de Birkenwald, II – Paris, Munch, chanson perdue

 Bien sûr, quelques uns s’en sont souvenu, Birkenwald, c’est aussi le cadre du roman de jeunesse de Serge Dalens, illustré par Pierre Joubert, au Signe de piste, Le bracelet de vermeil. On y reviendra.

NB - Tuileries, décembre 2022

Mais à Paris, en cette fin d’année froide et pluvieuse, les Tuileries avaient 

comme un air d’après tempête. Ou guerre.

Quelle guerre ?, aurait pu demander André Dhôtel.


NB - Tuileries, décembre 2022

Je me rendais à l’exposition Munch, pas loin, au musée d’Orsay, où je devais

rejoindre un ami.

Munch ; cet ami voulait la voir ; moi aussi bien sûr. C’est aussi que Martin

Fahlén en parle dans ce qui sera bientôt (un peu de patience…) Le tableau de

Märta. Ses grand-parents maternels, Arnold et Märta Raestad, rencontrent le

maître à Oslo. Je cite ? Je cite… C’est vers 1910.


« Den manodepressive konstnären var det året särskilt ansatt av 

förföljelsemani.

Han öppnade dörren, fick syn på Märta och sa att Munch inte alls var hemma,

som om han själv var en vaktmästare. Anledningen till denna bisarra reaktion 

var att han blev stött över den sköna Märtas oannonserade närvaro bland

herrarna.

Hon fick ändå komma in till mästaren (...) »


« Cette année-là, l'artiste maniaco-dépressif était particulièrement sujet au

délire de persécution. 

Il ouvrit la porte, aperçut Märta, et déclara que Munch était absent en se 

faisant passer pour un concierge. Mais l'explication à cette réaction bizarre est

qu'il avait été stupéfié par la présence de cette belle femme, non annoncée,

parmi les visiteurs masculins.

Elle put quand même pénétrer chez le maître (...) »


Et il est vrai qu’il y a pas mal de vampires (désignant des portraits de femmes),

harpies. 

Inversement, ce portrait de sa sœur, touchée par la tuberculose. À ça aussi 

on reviendra…

Et Peer Gynt.


NB, musée d'Orsay; Peer Gynt, lithographie du musée Munch à Oslo


Peer Gynt que l’on retrouve dans Le bracelet de vermeil.


« Christian, grand amateur de musique, et qui ne l’avait jamais entendu, fut 

tout surpris quand Eric, annonçant La mort d’Aase, commença. Décidément,

c’était un artiste. Sous ses doigts agiles, les notes fugitives prenaient une 

âme, et le décor d’alentour s’estompait dans la brume évocatrice des

paysages nordiques.

Jamais encore Christian n’avait ressenti à ce point la mélancolie de Peer 

Gynt. »


Pierre Joubert, illustration du Bracelet de Vermeil, Signe de piste

Bon. Eric est un artiste. Pas Dieu. Ni François Mauriac. Aurait dit Sartre.

Pardon ; je ne peux m’empêcher de citer cet ami en compagnie de qui je vis

cette exposition Munch qui m’a ramené à Birkenwald. Qui pourrait ramener, 

aussi, à Gainsbourg, chanté par Birkin. Lost Song.

Grieg.


« Lost song

A la longue

Lemots semblent superflus

Entre le flux, le reflux »



Nils Blanchard




Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...