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jeudi 16 juillet 2026

(Konstiga*) sommar dagar

Peut-être ai-je évoqué quelque part l’inventaire d’une bibliothèque d’écrivain, en Auvergne, ce à quoi je reviendrai vraisemblablement.
Mais lors de ce trajet vers l’Auvergne, ma voiture a eu des problèmes. J’ai dû m’arrêter fréquemment pour la laisser reposer. Ça m’a permis de me promener, travailler, même, mais de prendre aussi beaucoup de soleil et de chaleur en ces jours de canicule (début juillet).

NB - Bourgogne, juillet 2026

Alors, forcément, au retour, petit mal classique de petite insolation.

Voiture à réparer (mais il faut trouver un garagiste), qui plus est pneu à changer (j’ai retrouvé au retour de courses un de mes pneus à plat – hasard ? Tracasserie ?)
Ah, et pour couronner le tout, mon antique (et il est vrai moribond) appareil photo numérique (il devait avoir près de vingt ans) a rendu l’âme. Comment en retrouver ? On me dit çà et là que je n’ai qu’à prendre un smartphone.
Eh, eh !

Du coup, j’ai fait une croix sur quelques jours en Suède qui m’auraient fait du bien. La mer me manque !

Et, à peu près remis de mon coup de chaud, appelons ça comme ça, peut-être pas tout à fait encore, je lis le dernier article de Krickelins (Kristin Lagerqvist) : « Sommardagar » (« Jours d’été »). 
Elle est rentrée de sa maison du Languedoc (pas très loin de la côte…)
Images de ponton vers la mer (là, du côté de Varberg, après celles de la bobine et de la maison de la blogueuse), de sandales et serviettes, avant, ou après, un bain…

« Jag hörde att det var sjutton grader i vattnet då jag doppade mig efter morgonens tabata. Det var friskt! (…) Små bitar av sommarlycka att spara som fina minnen. »

« On m’a dit que l’eau était à 17° quand je suis allée me baigner après le Tabata du matin. C’était frais ! (…) Petits morceaux de bonheur d’été à garder comme bons souvenirs. »

Bon, on verra… Je trouverai peut-être la mer quelque part. Vers le nord de la France ? Un autre passé encore…
Mais c’est que j’ai à faire… entre différents papiers ramenés de l’inventaire, différents projets à finaliser.

Frans Timén - Capture d’écran

En attendant, mini (étrange) paradis dans l’enfer.
C'est proche d’une chaîne de réparation de voitures, dans une immense zone commerciale, du côté de Schweighouse. Évidemment, on laisse sa voiture là et on se retrouve avec une heure ou deux à « tuer ». On peut aller dans la grande surface proche, climatisée, avec sa galerie marchande. C’est là, je me souviens, que, l’an dernier, l’été, sirotant un café, j’avais poursuivi une étrange conversation par SMS (je n’ai pas de smartphone…) avec Asuka Kazama
Mais cet endroit improbable (mais réel) dont je parle, lui, n’est pas climatisé. Il est difficile à trouver ; une vague pancarte ; d’ailleurs, il n’y a là à peu près jamais personne.
Il faut passer une sorte de palissade de planches.
Un ventilateur (étrange, amélioré de bouteilles d’eau…) fait un office incertain.

Le couple de tenanciers, pour peu que vous l’y lanciez un peu, vous parlera du Portugal (vous en servira une bière). Quelque part vers le sud je crois, pas loin de la mer.


*étranges


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du billet précédent : Jean-Loup Trassard, Boileau-Narcejac, Observatoire André Dhôtel.

Ajout. En ces temps d’incendies, jusqu’à la belle forêt de Fontainebleau (il est vrai que là, plusieurs vilaines gens ont allumé la chose…), la lecture d’André Dhôtel – là, Les lumières de la forêt, réédité il y a quelques mois par Fata Morgana – est un délice, mais aussi un prétexte d’énervement. C’est que j’entendais encore je ne sais quel tenant des « Républicains » actuels, vouer aux gémonies les écologistes parce qu’ils sont contre le nucléaire, pour la décroissance… Dans le discours de cette personne, le nucléaire est une sorte de formule magique efficace contre tous les maux de nos temps. Espérons qu’on n’ait jamais à demander des comptes à ces gens en cas d’accident (type Fukushima) sur le sol français… Quant à la décroissance…
Mais je m’égare. Je voulais évoquer Les Lumières de la forêt à cause d’un article d’Alluvions du 13 juillet dernier, intitulé « L’Œil du sorcier », titre d’un livre de Philippe Alfonsi et Patrick Pesnot. (Au passage, ce prix a obtenu le prix Guy-Vanhor en 1973, qu’Héloïse Combes, quant à elle, a obtenu en 2019 !)

Mais, le livre est évoqué parce qu’il parle d’absence de sorcellerie dans le Berry (ça peut sembler un peu compliqué à résumer, allez-y voir…)
C'est cela qui me ramène aux Lumières de la forêt, page 68 :

« – Comprenez-vous, dit-il [un personnage qui veut raser une forêt pour construire une usine, mais évidemment les choses se compliquent], que maintenant je redoute l’immensité de cette forêt tout comme les gens des campagnes, qui font les contes que vous savez ? »

Carl Köhler, Jours sur terre - Capture d’écran

Quant aux « Républicains » actuels et autres frontistes qui il y a encore quelques mois se contrefichaient du réchauffement climatique, des problèmes environnementaux (et semblent s’en contrefiche toujours au vu de leurs réflexions), sans vouloir le politiser en aucune manière (ce serait bien difficile ; du reste peut-être en reparlera-t-on…), Dhôtel de conclure :

« Mais il est tout à fait impossible d’imaginer que la forêt cesse d’exister un jour avec ses bêtes, ses oiseaux lumineux, sa paix profonde et ses tempêtes, sans oublier ses hôtes étranges (…) »

NB

samedi 27 juin 2026

Encore une blogueuse en retrait / Les zélés tapageurs

Un peu par hasard, forcément, tombé sur un blog où, en mai 2026, l’auteure annonce son « retrait ». 
Bon, y trifouillant par curiosité caniculaire (un 26 juin, Grand Est alerte rouge, etc.), je tombe sur un article sur les méga-bassines (de 2022).

NB - Londres, printemps 2026 ; Les deux clochers ?

À la suite de « quelques grands groupes financiers » aux « idées géniales », pour faire face au manque d’eau ici et là, des zélés tapageurs promeuvent – et construisent ! Sans enquête sérieuse… – des méga bassines. « Comme le niveau de l’eau baisse dans les nappes phréatiques, on peut artificialiser une vaste surface de sol en surface (plusieurs terrains de football [Ah, non ! Ne me parlez pas de football !]), pomper l’eau en grande profondeur puis l’étaler au soleil (de 20 à 60% d’évaporation quand même!) et à la pollution (bonjour les bactéries et les microalgues) et ceci afin de l’utiliser ensuite plus facilement en toutes saisons.
Et si elle est trop polluée pour être utilisée, c’est encore mieux car on vendra des produits chimiques pour tuer le vivant qui s’est installé dedans. Il faut penser aussi aux emplois de l’industrie. Elle est pas belle la vie ? »

Puis bientôt, peut-être, les bâtiments de France et de Navarre seront hérissés de grilles de rejets de chaleur des climatiseurs lepéniens. Sans même réfléchir à un problème dont on niait l’existence il n’y a pas si longtemps, voilà pour ces gens la solution : équiper tout le monde de climatiseurs, ce qui sera dispensateur d’énergie et, en ville notamment, rendra les rues encore plus chaudes…

Déjà, j’ai eu à faire face à quelque vague sympathisant de ces zélés tapageurs, qui m’a reproché d’être un adepte du « Vous voyez bien que j’ai raison ». À mon avis, ça pourrait devenir l’argument trumpinolien des prochaines semaines : on arrivera à démontrer que les « écolos » (le terme est devenu une insulte) avaient tort d’avoir raison…

Eh ! Mais coco ! J’aurais largement préféré avoir tort !

NB - Londres, printemps 2026

Or donc, ce blog d’Annbourgogne d’annoncer, en mai 2026 : « C’est un peu triste après autant d’années mais je suis à un moment charnière de ma vie où je ressens le besoin d’une réorganisation et, disons-le, d’un retrait. Une forme de distance par rapport au bruit du monde. Il se peut que je partage parfois une image ou quelques mots, je ne me l’interdis pas, nous verrons. »
Ça rappelle d’autres évoqués ici, la moindre n’étant pas Sandra Holmqvist. Moi-même, ne conçois pas cette petite manie blogueuse comme un engagement devant l’éternité.

Mais, puisqu’il était question de juin ; en juin 2026, j’ai dépassé allègrement les 11 000 « pages vues », ce qui aurait tendance à montrer que mon modeste site intéresse, çà et là, quelques âmes dans telle ou telle masure du village planétaire…



Et puisqu’il était question de mai, j’ai lu avec grand intérêt la partie du numéro d’Europe de ce mois, consacrée à Jean-Loup Trassard, disparu en janvier (le reste du numéro, Jane Austen notamment, n’est pas sans intérêt non plus…)
Jean-Loup Trassard, son écriture, son univers ; disons-le, sa Mayenne, c’est un peu l’inverse des zélés tapageurs évoqués plus haut.
On lit dans ce numéro d’Europe, dans un entretien de 1994 avec Jean-Baptiste Para (il est question de la disparition d’une certaine ruralité) :

(J-L. Trassard) « Aujourd’hui ce que l’on supprime n’est remplacé par rien. Or il y avait là un trésor d’ingéniosité, tant en ce qui concerne le travail de la terre que les artisanats qui en découlaient. (…) Je reste persuadé qu’une autre politique agricole aurait pu être mise en œuvre. La dégradation dont on nous dit qu’elle est inévitable, on n’a rien fait pour l’éviter. Tout n’a été qu’incohérence, soumission aux exigences de rentabilité à court terme. »


Nils Blanchard

lundi 16 mars 2026

Vie d’auteure / Romantisme ?

Je ne pensais pas que j’allais donner une suite à ce premier article « Vie d’auteure », à propos d’une blogueuse dont le site est en lien du mien. Mais voilà qu’une autre blogueuse – auteure ? –, elle aussi en lien… évoque un travail littéraire en cours. (Et d'autres encore, on en parlera, sans doute, etc.)

NB - La Hague

Pour Ulrika Nettelblad, cela donnera un roman intitulé Sjukdomen (La Maladie). Pour Julia Eriksson, on n’en sait rien encore, mais il semble que la météo soit très présente dans son travail.
Elle écrit en effet le 18 février 2026 :

« I romantexten jag skriver på inser jag att det är fullt av väderbeskrivningar, karaktärerna har svårt att gå utanför porten utan att jag skildrar den meteorologiska tillvaron och kopplar samman den med deras sinnestillstånd. Förmodligen måste jag stryka hälften (...) »

« Je me rends compte que dans mon roman en cours d’écriture il y a plein de descriptions du temps ; les personnages passent difficilement la porte sans que j’aie décrit l’ambiance météo autour d’eux et que je l’aie reliée à leur état d’esprit. Il faudra sans doute que j’en retire la moitié (…) »

NB - La Hague

Maladie, caprice des éléments… Peut-être voit-on où je veux en venir : n’est-on pas en plein romantisme ; renonciations désespérées et tempêtes…

Dans mon propre blog, j’ai peu parlé de météorologie, si ce n’est pour évoquer des inondations me semble-t-il, ou pour me languir de l’été. Par contre, j’ai entamé une série de billets autour de la tuberculose, ce terrible mal des temps passés, que l’on croise sans cesse, un peu comme on croiserait quelque personne antipathique qu’on ne saurait comment saluer, dans les biographies de peintres, écrivains, au moins jusqu’à l’immédiat après (seconde)- guerre.

Quant aux flashs météo de la radio suédoise…

« På radion säger de att vinterkylan tagit ett grepp om oss. Den ser inte ut att gå någonstans, så långt 10-dygnsprognosen sträcker sig finns den där. Isande och kall, med froströk och ymniga snöfall och även om jag inte älskar just detta arktiska tillstånd så är det något med vädersleksrapporterna som jag alltid gillat. »

« À la radio, ils annoncent qu’on en a pour un certain temps avec le froid. Et ça ne semble déboucher nulle part, en tout cas pour ce qui est des prévisions à dix jours. Glacial et froid, avec du givre et de la neige en abondance ; et même si je n’aime pas précisément cette ambiance arctique, il y a quelque chose avec les bulletins météo que j’ai toujours apprécié. »

J'écoute parfois en boucle P1 à la radio, quand je suis en Suède. Ou est-ce sur P2 ou P3 ? Arrive, vers le soir, une voix d’homme le plus souvent, qui entame une longue déclinaison de forces du vent, pluies voire températures à tel ou tel lieu d’une carte marine à laquelle, moi non plus, je ne connais pas grand-chose.

NB - La Hague

La voix prend parfois un ton las ; des soupirs ne sont pas forcément retenus. C’est que les informations sont monotones, mais on imagine qu’elles ont de l’importance pour ceux qui les guettent dans leur bateau, à tel ou tel lieu maritime plus ou moins éloigné du littoral qu’eux connaissent. On peut imaginer plein d’histoires sur les gens de ces bateaux, grands cargos ou petits voiliers ; plutôt petits voiliers – on imagine que les grands navires n’ont pas besoin d’ondes nationales…
Les mots se succèdent en boucle, on n’y prend plus garde. Quelques sonorités, en effet, émergent.

Puis au bout d’un moment on coupe, si ça ne passe pas à autre chose.
N'est-ce pas du reste un peu le propre de notre époque ?


Nils Blanchard


P.-S. : Appris, un peu par hasard et avec tristesse, la mort de Jean-Loup Trassard, dont il a été un peu question ici. Je serais revenu, je reviendrai à lui, au fil de mes lectures. C’est une belle maison d’édition, Le temps qu’il fait – on parlait de météorologie –, qui éditait plusieurs de ses ouvrages (il côtoyait en ces éditions Henri Thomas, André Dhôtel, Alain Galan… d’autres encore… du très beau monde pour moi).
Il est mort en janvier, à Ernée, un coin de la Mayenne que je connais un peu, beaucoup… vaguement, comme dirait l’autre (cf. index à droite de l’écran… version ordinateur. Etc.)

dimanche 21 avril 2024

En Mayenne – quelque part vers la civilisation

Rencontres avec des étrangers, qui parfois peuvent donner l’impression que l’on est très proche du premier inconnu venu. Puis, la plupart du temps, ces rencontres se terminent comme des bulles de savon qui explosent sous la pression du temps, des nécessités. Oui…



Oui, c’est la même introduction que celle de l’avant-avant-dernier billet, où j’ai bifurqué, entraîné par Lorenzo et Patrick Reumaux.

Ces rencontres fortuites – un regard, une fraction de seconde parfois – n’est-ce pas pourtant aussi, d’une certaine manière ce qui permet d’entrevoir cet autre dhôtelien. Une fissure, un éclair.

Et c’est peut-être, bien modestement, le but que recherchent certains blogs.

Bien. Reprenons là.

Le blog de Gabrielle (Gabrielles blogg, en lien de celui-ci), par exemple ? C’est de lui dont je voulais parler.
Le 18 février dernier, l’auteure y raconte une rencontre de hasard avec une femme un tout petit peu plus âgée qu’elle.

« Jag slår mig ner på bänken vid hållplatsen. Efter en liten stund kommer en äldre kvinna i svart vinterrock och svart mössa och sätter sig bredvid mig.
Trött?” frågar jag.
Jag har gått omkring nere på stan. Vet du när bussen kommer?”
22 över. Det tar en stund, men jag väntar på den. Har du varit och shoppat?”
Ja, jag behövde några grejer.” »

« Je m’assois sur le banc de la salle d’attente. Après un petit moment, survient une femme d’âge mûr avec un manteau noir, un bonnet noir, qui s’installe à côté de moi.
Fatiguée ?” je demande.
J’ai été me balader en ville. Quand est-ce que le bus arrive ?”
À 22. Ça fait un peu long mais j’attends quand même. Tu as fait des courses ?” [Le tutoiement est de rigueur, en Suède.]
Oui, j’avais besoin de différents trucs. »




Bon, elles sont en Suède, vers Stockholm, sans doute.
Mais on pourrait aussi bien les imaginer sous un temple (la salle d’attente…) en Grèce, ou en Asie Mineure… C’est que je suis dans la lecture d’Eschyle en Mayenne, de Jean-Loup Trassard.
C'est que, savez-vous, l’Ukraine (et la Russie soit dit en passant), est dans sa troisième année de guerre.

« Medan vi sitter där och väntar hinner vi med att sucka djupt över världsläget, Putin, Navalnyj och så Mellanöstern med Israel och om hur landet kom till. Och så talar vi om vintrarna (…)

Men jag är inte härifrån”, säger jag. ”Jag är uppvuxen i Söderhamn, strax norr om Gävle.”
Jamen jag är född i Örnsköldsvik!”
Du är norrlänning du med – roligt!”
Ja, en sån där tystlåten tillbakadragen typ.”
Som aldrig pratar med främlingar…” fyller jag i.
Vi skrattar båda två. »

« Alors que nous sommes là à attendre, on arrive à refaire le monde, Poutine, Navalny et le Moyen-Orient avec Israël et la situation de notre pays. Puis nous en venons aux hivers (…)

Mais je ne suis pas d’ici”, je précise. J’ai grandi à Söderhamn, juste au nord de Gävle.
Ah, mais ça… Moi-même, je suis née à Örnsköldsvik !
Alors toi aussi tu es du Norrland ; c’est marrant !
Oui, je suis une ce es gens taiseux et renfermés...
Qui n’adresse jamais la parole aux étrangers…je complète.   
Nous rions toutes deux. »

Fissures.
Jean-Loup Trassard évoque Eschyle, les Perses… et de temps en temps on a comme une image, une fraction de parenthèse mayennaise. Un chant d’oiseau, une parole d’agriculteur.

Rencontres comme à travers le temps ; en temps de retour de guerre.


Nils Blanchard


Triche : Étiquettes du billet précédent, rajoutées ici: État de droit, Paris, Deauville, Cherbourg. 

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...