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mardi 3 mars 2026

Inondations – de bêtise ?

Passé quelques jours en Anjou ; inondations, auxquelles on est relativement habitué en cette région. Je me souviens de mon professeur de français de sixième, très aimé, qui m’avait donné une punition (le tarif, ordinaire, c’était : « Quatre pages – des petites… – de rédac ») ; quatre pages à rédiger donc, avec pour thème les inondations. (Il devait y en avoir à ce moment.))

NB - Anjou, février 2026

Je garde un plutôt bon souvenir de cette rédaction, que je pourrais peut-être retrouver, quelque part… En fouillant un peu dans ma mémoire, néanmoins, je me souviens d’une certaine circonspection. Qu’allais-je pouvoir dire ? Aujourd’hui, ça me ramène à d’autres « remontées » ; remontées de bêtise ?

Le « dossier Epstein », jeté en pâture aux étals de poissonnerie du monde entier par une justice américaine passablement perfectible – usage dans certains États de la peine de mort, dans des conditions forcément abominables, avec exécutions d’innocents, notamment pour des raisons racistes, intervention de l’argent dans certaines procédures ; Epstein lui-même qui n’a pas été jugé (sur la base des dossiers en question) puisqu’il est mort en prison… –, et nos médias s’en saisissent et en font leurs choux gras ? Ça nous regardera(it) si/quand des victimes déposeront des plaintes en saisissant la justice de notre pays.

NB - Anjou, février 2026

Parallèlement, pour ainsi dire (radio sur la route du retour…), on entend parler de gaz hilarants dangereux pour le cerveau, employés par beaucoup de jeunes gens de nos contrées paraît-il. Cela, et l’usage d’écrans, de « réseaux » « sociaux » : on a là une inondation de bêtise – affaiblissement précoce des capacités cognitives – dont la décrue n’est pas prévue pour demain.
Par là-dessus, de même que sur la Maine débordante peuvent flotter différents objets de plastique abandonnés par des salopards, sur un certain étiage de la culture des jeunes gens, flottent des débris d’I.A..
Récemment (20 dévrier), Mazarine Pingeot, dans Ouest-France – je profite de mon éloignement de l’Alsace pour lire un peu de pesse locale – d'apporter des éléments de bon sens.

« () Je pense que nous vivons une rupture anthropologique. Ce qui est nouveau, c’est qu’une machine parle. Or parler, dialoguer, c’est le propre de l’humain. (…) [Ce] n’est pas un gadget, c’est addictif. Et dès qu’on peut déléguer une tâche difficile, on le fait. Il y a un vrai risque d’encourager la paresse intellectuelle et d’appauvrir l’esprit critique. »

Puis, outre les problèmes de contrôle de l’I.A., on demande à M. Pingeot en quoi cette I.A. modifie notre rapport au réel, à la vérité. Réponse :

« Il y a d’abord le paradoxe de l’écran : il donne l’illusion d’un accès direct au monde alors que, précisément, il fait écran. (…) Nous sommes déjà dans une ère de post-vérité. (…) L’IA renforce cette tendance : elle ne va pas chercher dans le réel, elle puise dans des bases de données. Elle fonctionne en vase clos (…) »

Ne rejoint-on pas là une forme d’idiotisme ? (On en revient aussi à ce que j’appelais « intérieur numérique » ; voir à l’index, en lien, version ordinateur de ce site…)

NB - Anjou, février 2026

Et la radio – route du retour, etc. – de parler d’anciens poutinolâtres, lors qu’on entre dans la cinquième année de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui se dandinent au Salon de l’agriculture, appelant à augmenter la consommation de viande, lors que – sédentarité, écrans… – l’obésité progresse dans nos pays. Il ne manquait là, comme (ancien?) poutinolâtre, que J.-L. Mélenchon, avec ses éructations antisémites en sus (et qu'on n'aille pas me dire que je traque l'antisémitisme chez lui... Ses propos sur le nom "Epstein" étaient gras, provocants au mauvais sens du terme; on aurait presque cru entendre, par le ton, Jean-Marie Le Pen!)
Ces gens pourraient être amenés à diriger la France, où l’information est étouffée par les « débats » des « chaînes d’information ».

Bon. Mais ça fait quatre petites pages, non ? Ce serait amusant, quand même, de retrouver cette ancienne rédaction.


Nils Blanchard


Aussi : Annonce du festival « Regards d’ailleurs », à Dreux. Thierry Méranger, délégué général et artistique, commence ainsi sa présentation : « Après l’hommage de 2025 au Brésil, qui nous a permis de franchir allègrement, avec des hôtes de cœur et de prestige comme Walter Salles (oscar du meilleur film international) ou Kleber Mendonça Filho (palme cannoise de la mise en scène), le cap des 20 000 entrées de cinéma et des 4 000 visites d’expositions, l’ailleurs de nos regards est cette année suédois. On ne saurait rêver écart plus important entre territoires, filmographies et modes de vie. Et pourtant ! D’un continent à l’autre, d’un paysage à l’autre, d’un climat à l’autre, les cinéastes ne cessent obstinément de dialoguer… et de nous prouver que l’exotisme est souvent le plus révélateur des miroirs. »
On pense à Wera von Essen…



Ajout. Attaques sur l’Iran, d’Israël et des États-Unis. Il serait difficile de défendre les dirigeants iraniens, qui ont massacré récemment leur peuple. Mais comme en juin dernier, m'interpelle le fait que les États-Unis attaquent lors qu’ils étaient en phase de négociation avec l’Iran. Aussi : nulle déclaration de guerre, comme si les anciennes lois des conflits étaient devenues d’un coup caduques.

NB

samedi 3 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute assez traditionnels semble-t-il (Thomas Nydahl), et New York, si j’ai bien compris, où vit un Français d’origine, homosexuel, disciple de l’empereur Hadrien.

NB - Anjou

 Le premier, dont on va un peu sauver le blog Nydahls Occident (c’était avant cet article calamiteux évoqué au dernier billet), écrit le 14 novembre – il faudrait aussi en ce blog, Suédois d'ailleurs, une étiquette « Le temps passe » :

« Att Putinfascismen verkligen startade angreppskriget mot Ukraina är ett nederlag också för alla fria nationer (…)
Jag befinner mig i ett tillstånd av uppgivenhet och bedrövelse. Det har förstås mest att göra med det pågående skeendet. Men det har också privata orsaker. Omständigheternas diktatur ligger sedan flera årtionden som en våt filt över mig. Allt jag försökt, allt jag kämpat för, har rasat och förtvinat. Det rena har ersatts av mögel och svamp.
Jag har Henne här hemma, att tacka för att livet också är vackert och kärleksfullt. »

« Que le fascisme poutinesque ait pu effectivement enclencher sa guerre d’agression contre l’Ukraine, c’est une défaite pour toutes les nations libres (…)
Je me sens maintenant affligé, désabusé. C’est lié bien sûr surtout à la conjoncture. Mais ça a aussi des raisons privées. Depuis plusieurs décennies, la dictature des circonstances me recouvre comme une couverture humide. Tout ce que j’ai tenté, tout ce pour quoi je me suis battu, s’est effondré et s’est étiolé. Le pur a été remplacé par moisissure et mycose.
J'ai Elle à la maison, que je remercie de rendre la vie, quand même, belle et pleine d’amour. »

L'article est illustré d’une belle photo d’arbres dans le brouillard (d’Astrid Nydahl vraisemblablement).
Il est vrai que l’époque nous entraîne, comme un fleuve en crue, vers de mauvaises directions : constructions nucléaires, menaces d’utiliser des armes nucléaires, réduction de la biodiversité, submersion plastique, progression de l’I.A. (que je pense être, de plus en plus, une vaste connerie. Oui, l’I.A. permet certaines choses, notamment dans le domaine médical… Mais quoi, mais justement : on arrivera peut-être à cette situation où les médecins doubleront systématiquement leur diagnostic de celui de l’I.A. On pensera que c’est très bien, cela sauvera des vies peut-être. Puis petit à petit, on se rendra compte qu’on n’aura plus de médecins, plus de gens capables d’exercer ce métier de manière autonome et donc d’avoir l’expertise personnelle, le recul nécessaires à leur pratique. – D’ailleurs, du fait de la recherche d’un certain confort bobo, a-t-on encore de vrais médecins, qui acceptent de sortir de leurs centre-villes, de leurs emplois du temps confortables pour exercer ? Là, l’I.A. n’y est pour rien ; une certaine éthique… –), menaces russe, chinoise (très différentes), j’aurais tendance à ajouter : abêtissement de certaines masses…
Quant à ma vie privée par là-dessus…

NB - Anjou

Le disciple d’Hadrien, lui (blog Animula Vagula Blandula), de remarquer, le 27 novembre dernier :

« En 36 ils accusaient les juifs, les communistes, les homos, les noirs et les arabes, vaste amalgame de détestations et de colère, abreuvés par une presse qui alimentait leur flamme par une diarrhée immonde d'informations, de petits mots, de sous-entendus... Tout un scénario qui à travers le monde se répète et s'amplifie. Les peuples ne se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière le masque de l'honorabilité, de la simplicité, de l'élégance affectée des nouveaux populistes. On les flatte, on leur rappelle qu'on vient des mêmes villages, des mêmes cités, qu'on partage leurs aspirations et leurs colères et peu à peu on grimpe jusqu'au sommet de l’État et dès le lendemain on confisque la souveraineté au peuple, on s'auto-amnistie, on se remplit les poches et on se vautre dans le luxe. (...) Et les peuples joyeux sont prêts à se jeter dans la gueule souriante du diable et de ses diablotins... »

Les « noirs et les arabes », en 36, je ne suis pas sûr qu’ils aient été une cible privilégiée. (Peut-être, du reste, aurait-il mieux valu parler de 34, mais…) Il y avait plutôt les Italiens ; j’aurais tendance à ajouter, dans certains « mondes », au cœur de certaines morales, les femmes. Celles qui seront tondues en 40, parce que la morale de ces mondes-temps acceptait que les hommes fussent « volages », interdisait aux femmes d’être des « salopes »…
La notion de « sous-entendus », pour faire passer toutes sortes de saloperies précisément, est bien vue.
Elle existe encore aujourd’hui où des crétins parlent avec légèreté des camps de concentration, par exemple, décomplexés par les errements des derniers gouvernements israéliens, confondant complètement, lesdits crétins, dans leur bile plus ou moins réseau-sociarde, les mondes et les temps…


Nils Blanchard


Ajout : Mort d’Henri Mosson, le 30 décembre dernier, dont il a été un peu question en ce billet-là
Ce billet évoque aussi des bizarreries (à tout le moins) « historiographiques » (si l’on peut dire…) alsaciennes, sur lesquelles il faudra que je revienne malheureusement.

dimanche 19 octobre 2025

Publications / Pistes de Travail

Hasard des services postaux, des commandes, des réceptions d’articles… reçu il y a peu deux publications : le dernier numéro de Kustbon, dans lequel un dossier de quatre pages est consacré à l’hebdomadaire Sovjet Estland, en lien à l’article de Nordiques. Reçu aussi le livre que j’évoquais sur Jeanne Letourneau, Clichés barbares.

NB - Hapsal (Estonie), vue de l’Aibolands Museum

Ce numéro de Kustbon est passionnant. Plusieurs sujets : l’exposition à Tallinn sur les Esto-Suédois (annoncée déjà ici). Aussi, des textes sur la petite île d’Odensholm (notamment au moment de la Seconde Guerre mondiale), île qui a été un de mes premiers centres d’attention au début de mes recherches sur Elmar Krusman, ceci pour des raisons aussi passionnantes qu’improbables ; j’y reviendrai peut-être.
Il est question aussi d’un étrange jugement, avec des Esto-Suédois impliqués, concernant un vol (présumé) sur une épave en 1756 ; mais plusieurs des prévenus meurent en prison.
(Quand on visite la prison de Marstrand, on voit un autre décor que celle de la station balnéaire riante de l’été ; on n’est pas très étonné que des prisonniers pussent décéder au dix-huitième siècle avant leur jugement, dans les prisons du Nord…)
D'autres articles encore, nouvelles diverses (dont la chronique des anniversaires et décès, où je retrouve étrangement des noms de moi connus, rencontrés au cours de mes travaux…), en Estonie et en Suède.

NB - Estonie, région d’où était originaire Elmar Krusman

Bien, puis sur quatre pages (34-38) : recension de l’article de Nordiques avec divers commentaires et des textes issus de Sovjet-Estland. Le tout, réalisé par Mattias Reinholdson. (Et j’y apprends que mon livre a rejoint la bibliothèque de la SOV à Stockholm où il y a plus de 600 autres volumes sur le thème des Esto-Suédois et de l’« Aiboland » – les régions par eux fréquentées autrefois en Estonie.)

Fra Angelico, L’Annonciation - Wikipedia

J'ai reçu aussi ce livre, que j’évoquais il y a quelques jours, consacré à cette professeure d’arts plastiques rescapée du camp de Ravensbrück.
Comme il avait été dit au colloque de fin septembre, la finalité première des dessins des camps – essentielle, voire unique pour leurs auteurs – était le témoignage.
Dans ce livre, ceux de Jeanne Letourneau accompagnent des pages de récit écrites peu après la guerre.

Le récit est passionnant et méritera une plus ample étude. En une quinzaine de (grandes) pages, on entre dans l’expérience de déportée de Jeanne Letourneau par petites touches, « petites » expériences qui sont autant de cas d’école, cas d’études sur le système concentrationnaire. L’auteure écrit avec sobriété ce qu’elle a vu, expérimenté, sans essayer d’en dire plus qu’elle ne sait, sans cacher non plus ce qui est difficile à dire.
Les gardiennes (Aufseherin), plus ou moins inhumaines, les relations avec les autres déportées de divers âges et nationalités, relations particulières dans ce camp de femmes parce qu’apparaissent çà et là aussi des enfants (garçons parfois), les transferts, les appels…
À cet ensemble, la professeure de dessin qu’était Jeanne Letourneau ajoute des réflexions, très courtes, passagères – c’est comme malgré elle – artistiques. Ainsi rencontre-t-on au détour du récit, aussi inattendus soient-ils, Fra Angelico ou Dürer. On parle aussi çà et là du Moyen Age, ce qui rejoint la conclusion de mon livre (ou plutôt, ce en quoi mon livre rejoint Clichés barbares…), mais, oui, on en reparlera.

Le terme « barbares », du titre, est étrange. Il peut désigner ce qui est fondamentalement étranger à l’expérience de vie antérieure de la déportée. Page 67 : « Que devenait parmi ces rebuts d’humanité aux mœurs les plus dépravées une pauvre prisonnière politique appartenant à un milieu honnête et sain ? » Il peut désigner ce qui est cruel et inhumain, au sens moderne du terme (page 73) : « On pense aux temps barbares aux “Brunehaut” et aux “Frédégonde”, à ces récits lus dans notre enfance en frémissant d’horreur. »

Le tout est très bien présenté par des auteurs locaux ; on y lira notamment avec intérêt divers développements sur la résistance en Anjou.


Nils Blanchard


Étiquette rajoutée du dernier billet : ONU.

lundi 29 janvier 2024

Stockholm – Rio – Newcastle

Il y a peu de temps, est apparu en lien de ce blog celui de Julia Eriksson. Un petit clic, et on se retrouve, la plupart du temps, dans la magnifique ambiance bleu-dorée de Stockholm.

NB - Stockholm en hiver

Je l’avais évoquée : malade juste avant Noël.
Du champagne a depuis coulé dans les coupes ; la blogueuse s’est rétablie juste à temps pour les fêtes – enfin ; allez-y voir par vous-mêmes.
Puis elle raconte un premier de l’an passé du côté de Newcastle.
Puis elle a des coups de blues ; on en reparlera peut-être.

Devant ses belles photos de la campagne anglaise, on est frappé par la ressemblance entre ces paysages et ceux de l’ouest bocager de la France.

NB - Anjou, 1er janvier 2024

Est-ce parce que nous, Anglais et Français,  nous ressemblions tant, que nous nous sommes tant fait la guerre, autrefois ?
C'est un hasard et j’en reparlerai, mais revenant précisément d’Anjou, je me suis arrêté à Fontevraud. Passé assez vite devant les gisants (Aliénor d’Aquitaine, Richard Cœur de Lion, Henri II Plantagenêt, Isabelle d’Angoulême) devant lesquels une guide essayait d’attraper l’intérêt d’enfants en leur parlant de Robin des bois, ce qui du reste semble avoir fonctionné… et ai été regarder une exposition dans le chœur… mais j’en reparlerai aussi.

NB - Fontevraud,œuvre de Georges Jeanclos 

Ce personnage au lit, dans des draps – c’est rare de trouver cela représenté dans l’art, notamment dans la sculpture – : quelqu’un avec de la fièvre juste avant Noël ?
Non, ou pas seulement ; on en reparlera.

Puis peu de temps après que je sois « rentré » en Alsace, un couple d’amis venus du Brésil en France quelques jours, est venu déjeuner chez moi.
Ont été évoqués des auteurs comme Sébastien Lapaque – buveur de vin en des temps où des pisse-vinaigre voudraient convertir les Français au coca-cola obligatoire – pour un livre sur Bernanos au Brésil, que je vais me dépêcher de me procurer.
Ils me conseillent aussi Luis Alfredo Garcia-Roza ; on va se dépêcher de lire cela aussi.
Cela et bien d’autres choses.

J'ai un dossier, à l’intérieur de mon dossier « Suédois d’ailleurs » (où voisinent tous les petits traficotages historiques, littéraires, artistiques… oniriques de ce petit blog), intitulé « Lusophone », parce que Thomas Nydahl, Bernur, parlent çà et là de Pessoa, et que j’aime aussi cet auteur…

Parce que Wera von Essen, aussi, bien sûr.

En attendant En emigrants dagbok… J’ai reçu en cadeau des bougies de Rio de Janeiro, qui me font penser à cette citation du premier livre de Wera von Essen (En debutants dagbok), que je cite (et traduis) dans un roman dont, jusqu’ici, les éditeurs (il est vrai peu sollicités) n’ont pas voulu :

« Älska mig ! Älska mig ! Jag ger dig en massage med eteriska oljor. När jag fått sittbadkar tappar jag upp ett bad till dig med dalter som jag strör i sju gånger med sju goda intentioner, skog, sol, stjärnor, kärlek, frid, sanning, måne, sedan några droppar oljor beroende på hur du mår, om du är trött och trög kanske jag har i tea tree-olja. För en doftupplevelse kanske rosmarin och cananga. Först har jag rökt ut badrummet med palo santo. Sedan tänt ljus. (…) »

« Que l'on m'aime! Aime-moi! Je te ferai un massage aux huiles essentielles. Quand j'aurai une baignoire, je te ferai couler un bain avec les sels que je mélangerai sept fois pour les sept bonnes influences: forêt, soleil, étoiles, amour, paix, vérité, lune, puis quelques gouttes d'huiles en fonction de ce qu'il te faut, si tu es fatigué et aphasique peut-être que je mettrai de l'huile de l'arbre à thé. Pour une expérience olfactive, peut-être du romarin et du cananga. Et tout d'abord j'aurai fait brûler dans la salle de bain du palo santo. Puis j'aurai allumé des bougies. (...) »  



Bon, bien sûr, un dossier « lusophone », dans un dossier… Combien de dossiers ? Des livres, qui vont s’ajouter à combien de livres commencés ? On s’y perd un peu ?
Mais cette perdition-là n’est pas désagréable.


Nils Blanchard


P.-S.: On apprend que La Tribune relaie une pétition de dirigeants de fédérations sportives à l’encontre de la « communauté éducative », les incitant à « prendre le temps de découvrir » Mme Oudéa-Castera (voir à ce sujet cecicela...) De quoi ces gens se mêlent-ils ? Qu’ils prennent le temps quant à eux de découvrir les montants obscènes de certains salaires, dans les fédérations sportives, bénéficiant souvent de dotations publiques et dont le fonctionnement, souvent encore, est assuré en grande partie par des bénévoles. 

NB

dimanche 7 janvier 2024

Anjou, presse, camps, actualité

 Jamais en Alsace bien sûr, mais ailleurs il peut m’arriver, avec intérêt, de lire la presse locale.

NB – Anjou, janvier 2024

De passage à Angers, lecture dans Ouest-France (les éditions de ce journal, en ce qui concerne certains thèmes historiques de la Seconde Guerre mondiale liés à l’Alsace – décidément… –, ne font pas toujours des choix très judicieux, mais, bon…)

Début novembre (2023), un article de Christophe Penot relevait l’étrange mise en vente, dans une enchère, d’une tenue de déporté. Le journaliste précisait qu’elle avait appartenu au résistant Francis Richard, arrêté en mai 1944 et déporté à Dachau. Il avait survécu… Le « lot » provenait d’un vide-grenier. N’avait-il plus de famille ?

Ouest-France, 4-5 novembre 2023

Le 2 janvier 2024, un autre article, d’Emmanuel Esseul, concerne un autre déporté, Charles Gohier, mort fin décembre 1943 ou début janvier 1944 dans l’enfer de Dora, camp alors dépendant de Buchenwald.
C'est à la suite d’une « cousinade » que des gens de sa famille ont enquêté sur cet homme.

Ouest-France, 2 janvier 2024

En l’occurrence, il ne semble pas avoir été déporté pour action de résistance, mais pour vol de matériel allemand.
Cela permet de souligner que l’enfer concentrationnaire a incorporé des gens de divers horizons, aux parcours divergents. Mais le résultat, pour Charles Gohier, mort à vingt ans après des mois de travail – torture ? – dans un tunnel, rappelle le destin de Maurice Vissà, dans l'enfer de Haslach.

NB – Anjou, décembre 2024

C'est aussi une face du nazisme – du totalitarisme ? –, cette manière de traiter les réprouvés, les prisonniers. Ceux qui, dans un État de droit digne de ce nom devraient (éventuellement…) subir une simple privation de liberté.
Est-ce un hasard si la montée des extrêmes accompagne la remise en cause de principes élémentaires de la justice, de l’État de droit (présomption d’innocence, jugements dans un cadre idoine, avec droit à la défense – pas sur l’étal poissonneux d’un marché télévisuel…) ?


Nils Blanchard


N.-B. : Parution annoncée pour ce mois-ci du nouveau livre de Wera von Essen, qui s’annonce comme la suite du formidable En debutants dagbok.



jeudi 1 septembre 2022

Anjou / En joue

 Loire, fin août, à Sainte-Gemmes. Certains bras quasiment à sec. Minces filets d’eau et herbes brûlées. (Dans le Baugeois dont il est question plus loin : parcelles noires au milieu des forêts.)

NB - Sainte-Gemmes, août 2022


On se retrouve dans une situation à laquelle on est peu préparé, malgré

des avertissements anciens (René Dumont…), de simples 

observations… Ce que cela donnera, nous obligera à faire ? Je ne sais.

Je me demandais si on ne pouvait comparer cette situation à celle que

vécurent les Esto-Suédois pendant la Seconde Guerre mondiale.

Plusieurs signes, épisodes, les avait alertés sur la fragilité de plus en 

plus préoccupante de leur situation.


 NB - Sainte-Gemmes, août 2022


 

En Anjou toujours, plus au nord, dans le Baugeois : clochers tors. Avons

fait une partie du parcours d’Art et chapelles (manifestation déjà 

évoquée ici). Une partie seulement, car nous avons dû rebrousser 

chemin à un moment, du fait d’une route étrangement barrée. Mais 

avons pu voir néanmoins, ou redécouvrir, l’église Saint-Denis de 

Pontigné.


NB - Pontigné




NB - Pontigné


Là, grandes photographies de Dominique Evrard, de divers éléments de

cet édifice étonnamment riche. Merveilles, notamment : ces fresques 

anciennes (XIIe – XVIe siècles), mises à jour récemment pour la plupart.


NB - Pontigné


Restent – des sondages dans les transepts en témoignent –, de 

nombreuses peintures à dégager encore. On rejoint ici ce que peut être

le travail de l’historien. J’ai évoqué récemment de nouvelles 

« sources » sur Elmar Krusman, voire sur son frère. Tant d’infinis – ou 

presque – à découvrir encore !


À la chapelle Sainte-Anne dans le cimetière de Vaulandry, je tombe sur 

cette grande plaque posée à côté du monument aux morts.


NB - Plaque du monument aux morts, Vaulandry


On retrouve ces médaillons, comme en Lozère à Saint-Flour-de-

Mercoire il y a quelques semaines. Là, la plupart des photos 

sont vraisemblablementeffacées, ou ont été prévues et non 

remplies, sachant que la plaque aux photographies est posée à 

côté du monument aux morts, et après la construction de 

celui-ci vraisemblablement.

Bien après ? Images non retrouvées ?


NB



Nils Blanchard


Post-scriptum – En joue… Je n’avais pas fini, à un précédent article,

d’évoquer mes déboires passablement kafkaïens à propos de 

dépanneurs alsaciens.


Le lendemain, un dépanneur est venu, parfaitement à l’heure, lui, 

même en avance, avec moult messages téléphoniques en amont 

(ils ont dû être prévenus que j’étais un client « à problème »).  

C’était un assez jeune dépanneur d’un grand réseau de garages 

de la région, avec lequel – décidément, je suis un emmerdeur, 

pardon ! – j’ai eu maille à partir par le passé. Appelons-les G. 

(Mais c’est à ne pas confondre, bien sûr, avec le G (Geschlecht) 

de Kafka… les pauvres…– Assez aimable au premier abord. Il

se gare devant une impasse et peut donc bloquer la circulation. Je lui

fais remarquer qu’il faut qu’on fasse vite, pour éviter de bloquer 

les gens. G m’explique alors, sur un ton de feuilleton américain, 

qu’il n’a pas le choix – ce qui n’était du reste pas vrai bien sûr –

que les gens attendraient, que sa priorité c’était de dépanner les 

gens, qu’il pouvait y avoir une femme avec son enfant à 

dépanner… Mais oui, bien sûr… je lui donne raison… Là-dessus, 

il insiste (ne jamais donner raison aux faquins, plus exactement, 

ne jamais leur donner l’impression qu’ils ont un pouvoir, 

une influence…) – là, je comprends qu’il défend, par esprit de 

corps j’imagine, les « dépanneurs » d’hier qui ont 

été mis sur la touche – : « Les gens qui travaillent, eh bien tant pis, ils

attendent c’est pas grave. Vous savez, moi, mon devoir, c’est de 

dépanner les gens... »

« Mon devoir… »

Encore une fois, manque de répartie de ma part. Les gens qui

travaillent… Il peut y avoir parmi eux des médecins qui ont 

une urgence. Ou, inversement si je puis dire, des pompiers qui 

auraient besoin d’accéder d’urgence au lieu où nous sommes 

(pas plus tard que deux ou trois jours avant, il y avait eu un

incendie dans une maison de retraite très proche de mon domicile 

– un des plus beaux monuments de Haguenau, d’ailleurs, et juste 

là, qui plus est, où il y avait un nid de cigognes… – ; il y a eu 

une personne décédée des suites de ce sinistre).

Bon, il y avait aussi, dans mon manque de répartie, le fait que 

j’avais hâte qu’il remette enfin mon moteur en marche, et qu’il 

me débarrasse de sa présence.

Mais le garçon – ça ose tout – reprend (de mémoire) : « Et quand il 

y a des éboueurs, le matin, qui font leur travail et bloquent les gens, 

eh bien tant pis, on attend… On ne s’énerve pas… » Je lui 

rétorque alors que les éboueurs ne bloquent pas les gens. Ils 

les ralentissent tout au plus. Là, il devait être particulièrement con, 

il ne trouve plus rien à dire. Je devine qu’il cherche… mais il ne 

trouve rien. Il ne doit pas y avoir un argumentaire 

assez poussé dans ses séries à usage du bon citoyen…


NB - Fresque Pontigné



NB



Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...