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lundi 26 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; infrastructures

Certaine apathie en cet hiver ; j’avoue reporter des études, écritures…
Il faudrait pouvoir s’éloigner davantage d’une certaine rumeur du monde, peut-être… Ne pas trop se focaliser sur les miroirs aux alertes…

NB - Walbourg

On a reparlé de l’A69, de la nécessité absolue selon certains d’en finir la construction… au même moment où la SNCF contourne le massif central pour un projet de ligne Bordeaux-Lyon, pour ne pas avoir à entretenir des infrastructures (voies ferrées dudit Massif Central scandaleusement abandonnées par la SNCF version Maastrichtlisbonnisation).
Or à propos d’infrastructures, un article a été publié dans Terrestres (en lien indirect de ce blog, via Alluvions…) le 2 décembre (date funeste dans l’histoire de France), autour d’une conférence tenue en juin à Paris par Anna Lowenhaupt-Tsing, coordinatrice du livre Field Guide to the Patchy Anthropocene. The New Nature (2024, traduit en français par Philippe Pignarre et Isabelle Stengers en 2025).
Anna Tsing et d’autres auteurs étudient l’anthropocène d’en-bas, avec ses effets « féraux » (conséquences de créations humaines, qui échappent à tout contrôle, par exemple des espèces invasives) et ses « patches » – peut-être faudra-t-il, en français, trouver un autre terme ! – : les sites, espaces, impactés par ces tribulations.

Titre de l’article dans Terrestres : « Anna Tsing : Nos infrastructures nous échappent ».
(Je souligne…)

Autre infrastructure : le système médical, basé sur la raison. Récemment, malade, je vais voir un médecin – dans une sorte de centre qui seul proposait des rendez-vous ce jour sur « Doctolib » ; mon médecin traitant ayant récemment pris sa retraite – pour justifier d’une matinée (crois-je me souvenir) d’arrêt. Pour lui, un « gros rhume » n’en nécessitait pas ; si tous les gens malades, m’a-t-il été dit, s’arrêtaient de travailler, la moitié de la France serait en arrêt…
Eh, pignouf ! Et si les gens prenaient sur eux de ne pas partager leurs miasmes et microbes, peut-être qu’il y aurait moins de la moitié de la France qui serait malade…
Et là-dessus – début janvier – j’apprends que les médecins se mettent en grève ; tant ils en ont marre, visiblement, des vexations, et économies contre-productives, notamment sur les… arrêt de travail.
Je vérifie sur « Doctolib » ; le médecin évoqué plus haut, lui, ne fait pas cette grève évidemment…

Imagine-t-on mon ancien médecin – qui était un vrai praticien – se conduire de la sorte ?

NB - Walbourg

Et voilà que quelques jours avant encore des footeux (que les « cris de singes » dans les cages de supporters ne gênent pas beaucoup semble-t-il, ni l’homophobie paraît-il culturelle dans les stades, sans parler de l’esprit même du jeu – dans le foot masculin – : contestations systématiques des décisions de l’arbitre, feintes de blessures et douleurs aussi systématiques…), des footeux, donc, se mêlent de réparer l’injustice de la non remise du prix Nobel à D. Trump, en lui remettant on ne sait quelle médaille lors du tirage au sort de la coupe du monde de ce sport à Washington, début décembre.

Dans un sens, ces gens ont eu quelque prémonition : le lendemain, Trump en question de parler d’« effacement civilisationnel » de l’Europe. Qu’entend-il par là, dans un sens on s’en fiche (on ne va pas perdre de temps à commenter ici les calembredaines racistes de ces gens).

Étrange réaction (source, article du site de France 24, et AFP, du 6 décembre) de l’eurodéputée Valérie Hayer, qui s’exprime… sur le « réseau » « social » « X » !
Aussi (même source), Kaja Kallas réaffirme que les États-Unis demeurent le principal allié de l’UE. De l’« UE » peut-être ; mais n’est-il pas temps de sortir précisément de la maastrichtlisbonnisation pour mettre sur pied un nouveau partenariat européen (incluant le Royaume-Uni, excluant certains pays poutinolâtres?)

Peut-être faudrait-il profiter de ces évolutions pour rompre les ponts, non forcément avec les États-Unis – Trump sera un jour remplacé par autre chose, peut-on espérer – mais avec leurs importations des dernières décennies :
- exit les plateformes de « streaming » qui zappent les salles de cinéma, et sont passablement énergivores,
- exit l’huberisation de la société qui détruit des emplois pérennes au profit de plus ou moins grands profits de klaxonneurs,
- exit le foot professionnel (masculin) aussi ? On le leur donnerait en échange ; qu’ils le prennent !
Exit !

Et exit les simili-miliciens de Kungälv ou de l’ICE américaine, à Minneapolis et ailleurs !
Les cohortes de racistes : DÉGAGEZ !


Nils Blanchard

jeudi 15 mai 2025

De l’amitié – Brassens

C'était aussi une amitié moins… exclusive que celle de Montaigne vis-à-vis de La Boétie.
Et les copains de Brassens, là ?



Dans sa chanson qui est peut-être la plus connue (accompagnant en 1965 le film Les copains d’Yves Robert, d’après Jules Romain…) « Les copains d’abord », Brassens évoque précisément Montaigne et La Boétie. Il tranche : « C’étaient pas des amis choisis / Par Montaigne et La Boéti’, / Sur le ventre ils se tapaient fort, / Les copains d’abord. ».

Et il poursuit : « C’étaient pas des anges non plus, / L’Évangile, ils l’avaient pas lu, / Mais ils s’aimaient tout’s voil’s dehors, / Toutes voil’s dehors, (...) »

Lors que Montaigne évoque deux amis selon son goût qui « S’estans parfaittement commis l’un à l’autre, ils tenoient parfaittement les renes de l’inclination l’un de l’autre ; et faictes guider cet harnois par la vertu et conduitte de la raison (comme aussi est-il du tout impossible de l’atteler sans cela) (…) Si leurs actions se demancharent, ils n’estoient ny amis selon ma mesure l’un de l’autre, ny amis à eux mesmes. » (Je souligne.)
Il y a une communion d’intelligence, rationnelle, d’honnêteté aussi (et on retrouve l’expression « honnête homme », au sens plus large que ce qu’on en pourrait comprendre aujourd’hui…) même si on a noté au billet précédent une contradiction intrinsèque à la définition de l’amitié chez Montaigne.

Les copains (Yves Robert) – Capture d’écran

Cette contradiction, on la retrouve chez les copains de Brassens, gens peut-être mal dégrossis, pas parfaitement honnêtes… simplement anarchistes au fond, mais capables de fidélité jusqu’à la mort.
Enfin, plus exactement, en cas de problème, « (…) leurs bras lançaient des S.O.S. / On aurait dit des sémaphores, / Les copains d’abord. »

Mais, dans cette chanson aux métaphores marines… on n’est pas en guerre, pas en camp (je reviens, pardon, à mon dernier billet). On est sur une « grand mare des canards ». Vaguement la Méditerranée au large de Sète, peut-être ? Mais on ne passera pas le détroit de Gibraltar (Gibraltar, un des amis les plus… solides de Brassens…)

La contradiction, on la retrouve aussi, peut-être, dans le « d’abord ». Et c’est la contradiction fondamentale de la notion d’amitié. Il y a ce choix, cette exclusivité (on y revient), mais quid de la générosité gratuite, pour l’inconnu, pour l’étranger ?
Quid des dons et sourires de l’Auvergnat d’une autre chanson ?

Mais les visites gratuites en pays étranger ne se passent pas toujours bien, chez Brassens ; voyez « La visite » (1982) : « On venait pour se présenter, / On venait pour les fréquenter, / Pour qu’ils nous plébiscitent, / Dans l’espérance d’être admis / Et naturalisés amis, / On venait en visite. »

Je souligne, et Brassens termine à la strophe suivante : « Par malchance ils n’ont pas voulu / De notre amitié superflue / Que rien ne nécessite. / Et l’on a refermé nos mains, / Et l’on a rebroussé chemin, / Suspendu la visite. »

Sempé, Le petit Nicolas - Capture d'écran 


Des tentatives d’amitiés peuvent finir en inimitié (en indifférence à tout le moins). L’inverse n’est pas rare non plus. Et l’inimitié, est-ce tellement un autre sujet ?


Nils Blanchard


Ajout d'étiquettes de l'article précédent : Walbourg, Gabis annex

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