jeudi 17 avril 2025
Blogs en lien, vagues questions de traduction
jeudi 25 avril 2024
April. Mais…
| NB - avril 2024 |
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lundi 10 avril 2023
L’Hiver qui semble n’en plus finir ; l’élastique du temps
Ce héros qui s’appelle Hiver – dont on a déjà parlé, là, son auteur a plusieurs fois annoncé sa retraite, voire sa mort…
Pour en revenir à Det trettonde fallet – dernière enquête jusqu’à maintenant à ma connaissance d’Erik Winter, on est dans le « Göteborgsvädret » d’après l’auteur. Ce n’est pas l’été, le temps est à la pluie… (Je ne sais pas si cette réputation de ville au temps maussade est si méritée que ça…)
Et la ville est aux travaux. (Là, on ne peut guère contredire l’auteur…)
Page 51:
« Pålkranarna hamrade bredvid Amerikanhuset, hamrade, hamrade, ett fruktansvärt oväsen. Området norr om Masthuget hela vägen till vattnet liknade en framtida krigzon.
(...)
"Påminner om sjuttiotalet", sa Ringmar. "Jag trodde det vansinnet var förbi." »
« Les grues à palplanches martelaient près de la Maison de l'Amérique, martelaient, martelaient; un boucan terrible. Toute la zone du nord de Masthuget jusqu'à l'eau avait des allures d'une zone de guerre du futur.
(...)
"Ça me rappelle les années 70", dit Ringmar. "Je croyais que toute cette folie était derrière nous." »
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| NB - Göteborg, il y a quelques années... |
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| Ill. Alphonse de Neuville et Léon Benett |
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| Le Monde, 17 mars 2023 |
Quand les saisons ont une autre signification...
jeudi 9 février 2023
Slumpläsning / Lectures de hasard / tremblements de terre
C’est par hasard que j’ai retenu un paragraphe d'un blog, évoquant T.S. Eliot – parce que j’avais parlé l’auteur de Waste Land… Là... Et je reparlerai du paragraphe de ce blog… qui évoquait l’hiver sur la côte Ouest de la Suède.
Je n’avais même pas fait gaffe, quand j’avais évoqué T. S. Eliot – on était
encore en 2022 – que The Waste Land avait été écrit en 1921-1922. Mais
là n’est pas le propos.
Je voulais en reparler à propos d’Åke Edwardson à nouveau. Winter ; son
personnage… Dire que je commençais à trouver l’hiver long.
Mais cet hiver n’avait pas besoin de ces secousses sismiques, qui ont
causé la mort de milliers de personnes en Turquie et Syrie.
Pays qui plus est mal servis par des malchances – et des scandales – sur
lesquels on ne s’étendra pas ici.
Et là, ce n’est plus avril qui est le mois le plus cruel. En paraphrasant
Céline – sans le faire exprès, vraiment –, c’est février…
Or, ce paragraphe était tiré d’une traduction (suédoise, donc, de 1965)
« East Coker », deuxième poème des Four Quartets – De Fyra
Kvartetterna – Les Quatre Quatuors…
Or… Tenez, le début :
« In my beginning is my end. In succession
Houses rise and fall, crumble, are extended,
Are removed, destroyed, restored, or in their place
Is an open field, or a factory, or a by-pass.
Old stone to new building, old timber to new fires,
Old fires to ashes, and ashes to the earth
(…) »
Je vous laisse lire la suite ; on la trouve facilement.
Quant à la traduction… Ce n’est pas du suédois…
Je ne saurais trop recommander la traduction de Pierre Leyris bien sûr.
Déjà évoqué, etc.
Nils Blanchard
mercredi 14 décembre 2022
Un héros qui s’appelle Hiver
À mon oncle Pierre Blanchard
J’en ai parlé au premier bulletin de ce blog [ici, bien sûr], de ce (relativement) nouveau polar d’Åke Edwardson, de la série des Erik Winter. Le treizième. Il s’intitule Det trettonde fallet. La treizième affaire. (Éditions Bonniers.)
Début de la première phrase : « Winter hade druckit en snabb kopp kaffe
på Málagas flygplats (…) » « Winter avait pris rapidement un café à
l’aéroport de Málaga (…) »
Málaga, je pourrais en parler aussi, vaguement en rapport avec la Suède
d’ailleurs. Mais ma vie personnelle n’est pas l’objet de ce blog.
Le commissaire Winter, le héros de la série d’Edwardson, est bien quant à
lui un « Suédois d’ailleurs », vu qu’il vit en partie en Espagne, dans les
derniers épisodes tout du moins, vu, aussi, qu’il n’arrive pas à construire
sa maison dans son propre pays.
Edith Södergran, « Jag är frammande i detta land » « Je suis étrangère en
ce pays »… Mais de quel pays parlait-elle ? La Finlande, la Russie, la
Suède ? Elle habita (et mourut je crois) néanmoins bel et bien dans une
maison… On l’y voit avec un chien -- d'habitude, ce sont plutôt des chats ;
de gros chats de gouttière parés aux hivers de la Finlande d'alors... -- , sur
une photographie d'un dernier billet du site de l’association de ses amis, en
lien de ce blog…
Edwardson fait parfois parler Winter en espagnol. Comme pour le
détacher encore plus de son pays ? (Où, pourtant, il envisage de
construire sa maison…) Du reste, l’auteur aurait affirmé (mais ce ne serait
pas la première fois) que cette Treizième affaire serait la dernière de la
série.
Il est néanmoins en grande forme. Pour ceux qui ont lu d’autres volumes
(traduits en France en poche chez 10/18 – celui-là devrait l’être assez
vite…), ils ne s’étonneront pas de trouver des recettes de cuisines
distillées dans l’intrigue, des jugements à l’emporte-pièce ponctuées de
« Tout le monde sait ça » (surtout au début du livre… comme, peut-être,
pour prendre le rythme, là aussi…)
Plus tranché, page 247, cette variante (à propos de cuisine, pas même de
police) : « (…) inte alla skulle hålla med men vad visste de. » « (…) tout le
monde ne serait pas d’accord mais qu’est-ce qu’ils en savent. »
Qu’en savent les cohortes de crétins qui commentent anonymement tout
et rien sur les « réseaux » « sociaux » ?
Que savent-ils, notamment, de l’alliance du Pinot gris avec le poisson,
dont parle à ce moment Edwardson (qui fait dans ce volume une petite
fixette sur le vin d’Alsace…) ? Rien, bien sûr…
Pour ceux qui ont lu d’autres volumes, encore, peut-être se remémoreront-
ils d’autres références, dans d’anciennes enquêtes, à T. S. Eliot. Mais si…
The Waste Land…
Page 42 : « Polishuset flödade över av elak aprilsol. Av alla årets solar är
den i april värst, hårdast, kall och naken (…) » « L’hôtel de police scintillait
du méchant soleil d’avril. De tous les soleils de l’année, celui d’avril est le
pire, le plus dur, froid et nu (…) »
Bon. Mais Eliot, « tout le monde sait ça »… « April is the cruellest month,
breeding / Lilacs out of the dead land, mixing (…) »
On ne saura trop recommander la traduction de Pierre Leyris, ami d’André
Dhôtel. « Tout le monde... »
Et on retrouve les remarques, et plaisanteries iconoclastes de Fredrik
Halders. Là, c’est un peu compliqué à décrire. Il faut connaître… Allez,
10/18…
Je peux quand même dire à son sujet qu’il m’a semblé le rencontrer en
chair et en os, un très serviable (néanmoins…) contrôleur d’un train que
j’ai pris après diverses aventures que j’ai un peu narrées là même...
Avis à un cinéaste éventuel : Halders existe…
Il devrait en exister plus, d’ailleurs.
Nils Blanchard
Arch(r’)ives / On me dira…
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