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samedi 3 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute assez traditionnels semble-t-il (Thomas Nydahl), et New York, si j’ai bien compris, où vit un Français d’origine, homosexuel, disciple de l’empereur Hadrien.

NB - Anjou

 Le premier, dont on va un peu sauver le blog Nydahls Occident (c’était avant cet article calamiteux évoqué au dernier billet), écrit le 14 novembre – il faudrait aussi en ce blog, Suédois d'ailleurs, une étiquette « Le temps passe » :

« Att Putinfascismen verkligen startade angreppskriget mot Ukraina är ett nederlag också för alla fria nationer (…)
Jag befinner mig i ett tillstånd av uppgivenhet och bedrövelse. Det har förstås mest att göra med det pågående skeendet. Men det har också privata orsaker. Omständigheternas diktatur ligger sedan flera årtionden som en våt filt över mig. Allt jag försökt, allt jag kämpat för, har rasat och förtvinat. Det rena har ersatts av mögel och svamp.
Jag har Henne här hemma, att tacka för att livet också är vackert och kärleksfullt. »

« Que le fascisme poutinesque ait pu effectivement enclencher sa guerre d’agression contre l’Ukraine, c’est une défaite pour toutes les nations libres (…)
Je me sens maintenant affligé, désabusé. C’est lié bien sûr surtout à la conjoncture. Mais ça a aussi des raisons privées. Depuis plusieurs décennies, la dictature des circonstances me recouvre comme une couverture humide. Tout ce que j’ai tenté, tout ce pour quoi je me suis battu, s’est effondré et s’est étiolé. Le pur a été remplacé par moisissure et mycose.
J'ai Elle à la maison, que je remercie de rendre la vie, quand même, belle et pleine d’amour. »

L'article est illustré d’une belle photo d’arbres dans le brouillard (d’Astrid Nydahl vraisemblablement).
Il est vrai que l’époque nous entraîne, comme un fleuve en crue, vers de mauvaises directions : constructions nucléaires, menaces d’utiliser des armes nucléaires, réduction de la biodiversité, submersion plastique, progression de l’I.A. (que je pense être, de plus en plus, une vaste connerie. Oui, l’I.A. permet certaines choses, notamment dans le domaine médical… Mais quoi, mais justement : on arrivera peut-être à cette situation où les médecins doubleront systématiquement leur diagnostic de celui de l’I.A. On pensera que c’est très bien, cela sauvera des vies peut-être. Puis petit à petit, on se rendra compte qu’on n’aura plus de médecins, plus de gens capables d’exercer ce métier de manière autonome et donc d’avoir l’expertise personnelle, le recul nécessaires à leur pratique. – D’ailleurs, du fait de la recherche d’un certain confort bobo, a-t-on encore de vrais médecins, qui acceptent de sortir de leurs centre-villes, de leurs emplois du temps confortables pour exercer ? Là, l’I.A. n’y est pour rien ; une certaine éthique… –), menaces russe, chinoise (très différentes), j’aurais tendance à ajouter : abêtissement de certaines masses…
Quant à ma vie privée par là-dessus…

NB - Anjou

Le disciple d’Hadrien, lui (blog Animula Vagula Blandula), de remarquer, le 27 novembre dernier :

« En 36 ils accusaient les juifs, les communistes, les homos, les noirs et les arabes, vaste amalgame de détestations et de colère, abreuvés par une presse qui alimentait leur flamme par une diarrhée immonde d'informations, de petits mots, de sous-entendus... Tout un scénario qui à travers le monde se répète et s'amplifie. Les peuples ne se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière le masque de l'honorabilité, de la simplicité, de l'élégance affectée des nouveaux populistes. On les flatte, on leur rappelle qu'on vient des mêmes villages, des mêmes cités, qu'on partage leurs aspirations et leurs colères et peu à peu on grimpe jusqu'au sommet de l’État et dès le lendemain on confisque la souveraineté au peuple, on s'auto-amnistie, on se remplit les poches et on se vautre dans le luxe. (...) Et les peuples joyeux sont prêts à se jeter dans la gueule souriante du diable et de ses diablotins... »

Les « noirs et les arabes », en 36, je ne suis pas sûr qu’ils aient été une cible privilégiée. (Peut-être, du reste, aurait-il mieux valu parler de 34, mais…) Il y avait plutôt les Italiens ; j’aurais tendance à ajouter, dans certains « mondes », au cœur de certaines morales, les femmes. Celles qui seront tondues en 40, parce que la morale de ces mondes-temps acceptait que les hommes fussent « volages », interdisait aux femmes d’être des « salopes »…
La notion de « sous-entendus », pour faire passer toutes sortes de saloperies précisément, est bien vue.
Elle existe encore aujourd’hui où des crétins parlent avec légèreté des camps de concentration, par exemple, décomplexés par les errements des derniers gouvernements israéliens, confondant complètement, lesdits crétins, dans leur bile plus ou moins réseau-sociarde, les mondes et les temps…


Nils Blanchard


Ajout : Mort d’Henri Mosson, le 30 décembre dernier, dont il a été un peu question en ce billet-là
Ce billet évoque aussi des bizarreries (à tout le moins) « historiographiques » (si l’on peut dire…) alsaciennes, sur lesquelles il faudra que je revienne malheureusement.

mardi 20 décembre 2022

Coïncidence / Hiver, contes et messages

 Il y a quelques jours. Approche de Noël. Petite ville d’Alsace, où la neige est tombée il y a peu et pour une fois tient un peu. Dès qu’on sort de la ville, qu’on aborde la forêt, en ses lisières… là, c’est nettement plus froid.

NB - Décembre 2022

Quelques jours avant encore, sur le blog de Thomas Nydahl, le 25 

novembre, ce récit, qui pourrait paraître banal, qui l’est peut-être (je

précise que T. Nydahl est âgé et malade ; il vient alors d’être opéré des yeux) :


« Man stiger upp orolig. (…)

Man går till optikern som avtalat.

Man undersöks.

Optikern är på sitt bästa humör. Skojar om det jag kan se och det jag inte...

(…)

Sitter på en busshållplats, länge och väl. Just som jag öppnar dörren och

stiger in i hallen slås jag hårt: Min väska är inte med hem.

Först panik, sedan likgiltighet. Jag hade flyttat telefonen och plånboken till

rocken innan jag steg på bussen. Resten kan bero.

Astrid ger sig inte, tar bussen tillbaka in till stan. På hållplatsen sitter en

pundare. Hon säger "Jag har vaktat väskan till er."

Astrid kommer hem med min väska. Hur tackar man henne och pundaren? (…) »


« On se lève inquiet.

On va chez l’opticien comme ça a été prescrit.

On se fait examiner.

L’opticien est d’une humeur excellente. Il plaisante sur ce que je peux voir

et ce que je ne peux…

(…)

Je suis assis à une station de bus, longuement. Juste quand j’ouvre la 

porte et pénètre dans le vestibule j’ai un haut-le-cœur : je n’ai pas ma

sacoche avec moi.

D’abord : la panique, puis l’indifférence. J’avais transféré le téléphone et 

le portefeuille dans mon manteau avant de monter dans le bus. Le reste,

tant pis.

Astrid ne se rend pas, elle prend le bus pour retourner en ville. À la station 

de bus est assis une camée. Elle lui dit : "J’ai gardé la sacoche pour

vous."

Astrid rentre à la maison avec ma sacoche. Comment les remercier, elle et 

la camée ? (…) »


NB - Décembre 2022

L’opticien a un sens de l’humour qui m’échappe un peu. Rirait-il devant 

un tableau de Picasso ou de Munch ? La vue est quelque chose de bien

subjectif. Et au royaume des aveugles…

Quant à la photo ci-dessus ; le passant promenait un chien (on ne le voit

pas ; il doit être derrière l’arbre). Il avait, du coup, un faux air de Jacques

Brenner. Dont on reparlera. Mais bien sûr que si…


Il y a un commentaire à l’article de Thomas Nydahl, malheureusement

anonyme :


« En månad för tidigt

Inte Julafton


Annar
s nästan en saga till Jul.

Dickens 2022?



(…)

Och, inte minst, en beslutsam hustru!

Från Finland??? »


« Un mois trop tôt

Ce n’est pas le soir de Noël

Sinon ça aurait presque fait un conte de Noël.

Dickens 2022 ?


(…)

Et, pour le moins : une épouse déterminée !

De Finlande ??? »


Moi, un des contes de Noël que je préfère, c’est celui de Paul Auster, Le 

conte de Noël d’Auggie Wren. Et ça marche aussi au cinéma, avec Harvey

Keitel.


Harvey Keitel, plus récemment, dans Youth, de Paolo Sorrentino.

Un… ange vient comme les visiter, alors qu’il se baigne avec Michael 

Caine.

Pas finlandaise il est vrai.


« Qui est-ce ? Demande le personnage joué par Michael Caine ;

Dieu… Répond Harvey Keitel. »

Un simple messager, c’est déjà… très bien…


Bon, mais l’hiver… Une de ces coïncidences ; je pensais à des anges…


NB - Décembre 2022

Mais un peu plus loin, l’église Saint-Georges.

J’y pensais aussi.

À cause des derniers Millenium, de David Lagercrantz ? (Éd. Norstedts.)

La partie 1 du tome 5 (Mannen som sökte sin skugga) s’appelle « Le

dragon ». Et on retrouve une statue de dragon, à Moscou, dans le tome 6

(Hon som måste dö) ; sur un tatouage aussi, me semble-t-il, sur Lisbeth

Salander…


NB - Décembre 2022, église St-Georges, Haguenau

Ça semble improbable, on reparlera pourtant, de dragons, du livre de

Lagercrantz, de (dé)coïncidence…



Nils Blanchard



Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...