Affichage des articles dont le libellé est Donald Trump. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Donald Trump. Afficher tous les articles

lundi 26 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; infrastructures

Certaine apathie en cet hiver ; j’avoue reporter des études, écritures…
Il faudrait pouvoir s’éloigner davantage d’une certaine rumeur du monde, peut-être… Ne pas trop se focaliser sur les miroirs aux alertes…

NB - Walbourg

On a reparlé de l’A69, de la nécessité absolue selon certains d’en finir la construction… au même moment où la SNCF contourne le massif central pour un projet de ligne Bordeaux-Lyon, pour ne pas avoir à entretenir des infrastructures (voies ferrées dudit Massif Central scandaleusement abandonnées par la SNCF version Maastrichtlisbonnisation).
Or à propos d’infrastructures, un article a été publié dans Terrestres (en lien indirect de ce blog, via Alluvions…) le 2 décembre (date funeste dans l’histoire de France), autour d’une conférence tenue en juin à Paris par Anna Lowenhaupt-Tsing, coordinatrice du livre Field Guide to the Patchy Anthropocene. The New Nature (2024, traduit en français par Philippe Pignarre et Isabelle Stengers en 2025).
Anna Tsing et d’autres auteurs étudient l’anthropocène d’en-bas, avec ses effets « féraux » (conséquences de créations humaines, qui échappent à tout contrôle, par exemple des espèces invasives) et ses « patches » – peut-être faudra-t-il, en français, trouver un autre terme ! – : les sites, espaces, impactés par ces tribulations.

Titre de l’article dans Terrestres : « Anna Tsing : Nos infrastructures nous échappent ».
(Je souligne…)

Autre infrastructure : le système médical, basé sur la raison. Récemment, malade, je vais voir un médecin – dans une sorte de centre qui seul proposait des rendez-vous ce jour sur « Doctolib » ; mon médecin traitant ayant récemment pris sa retraite – pour justifier d’une matinée (crois-je me souvenir) d’arrêt. Pour lui, un « gros rhume » n’en nécessitait pas ; si tous les gens malades, m’a-t-il été dit, s’arrêtaient de travailler, la moitié de la France serait en arrêt…
Eh, pignouf ! Et si les gens prenaient sur eux de ne pas partager leurs miasmes et microbes, peut-être qu’il y aurait moins de la moitié de la France qui serait malade…
Et là-dessus – début janvier – j’apprends que les médecins se mettent en grève ; tant ils en ont marre, visiblement, des vexations, et économies contre-productives, notamment sur les… arrêt de travail.
Je vérifie sur « Doctolib » ; le médecin évoqué plus haut, lui, ne fait pas cette grève évidemment…

Imagine-t-on mon ancien médecin – qui était un vrai praticien – se conduire de la sorte ?

NB - Walbourg

Et voilà que quelques jours avant encore des footeux (que les « cris de singes » dans les cages de supporters ne gênent pas beaucoup semble-t-il, ni l’homophobie paraît-il culturelle dans les stades, sans parler de l’esprit même du jeu – dans le foot masculin – : contestations systématiques des décisions de l’arbitre, feintes de blessures et douleurs aussi systématiques…), des footeux, donc, se mêlent de réparer l’injustice de la non remise du prix Nobel à D. Trump, en lui remettant on ne sait quelle médaille lors du tirage au sort de la coupe du monde de ce sport à Washington, début décembre.

Dans un sens, ces gens ont eu quelque prémonition : le lendemain, Trump en question de parler d’« effacement civilisationnel » de l’Europe. Qu’entend-il par là, dans un sens on s’en fiche (on ne va pas perdre de temps à commenter ici les calembredaines racistes de ces gens).

Étrange réaction (source, article du site de France 24, et AFP, du 6 décembre) de l’eurodéputée Valérie Hayer, qui s’exprime… sur le « réseau » « social » « X » !
Aussi (même source), Kaja Kallas réaffirme que les États-Unis demeurent le principal allié de l’UE. De l’« UE » peut-être ; mais n’est-il pas temps de sortir précisément de la maastrichtlisbonnisation pour mettre sur pied un nouveau partenariat européen (incluant le Royaume-Uni, excluant certains pays poutinolâtres?)

Peut-être faudrait-il profiter de ces évolutions pour rompre les ponts, non forcément avec les États-Unis – Trump sera un jour remplacé par autre chose, peut-on espérer – mais avec leurs importations des dernières décennies :
- exit les plateformes de « streaming » qui zappent les salles de cinéma, et sont passablement énergivores,
- exit l’huberisation de la société qui détruit des emplois pérennes au profit de plus ou moins grands profits de klaxonneurs,
- exit le foot professionnel (masculin) aussi ? On le leur donnerait en échange ; qu’ils le prennent !
Exit !

Et exit les simili-miliciens de Kungälv ou de l’ICE américaine, à Minneapolis et ailleurs !
Les cohortes de racistes : DÉGAGEZ !


Nils Blanchard

mercredi 21 janvier 2026

S’il n’y avait pas l’ordinateur

Étrange article, par son aspect ordinaire, peut-être… mais il y a autre chose, on va voir… sur le blog de Julia Eriksson (en lien de celui-ci, cliquer, à droite, liste des blogs, version ordinateur, etc.), blog que j’hésite à maintenir dans ma liste.

Carl Stefan Bennet, Stockholm - Capture d’écran

 On y trouve parfois de fort belles photos – prises de smartphone que je me refuse toujours à utiliser –, notamment du côté de quartiers de Stockholm où j’ai à peu près vécu, que je revois avec plaisir, et un certain serrement de cœur.
Parfois, plus rarement, des réflexions intéressantes.

Là, le premier novembre, deux photos d’un appartement suédois somme toute assez typique, si ce n’est – ou tout aussi bien parce que – que pas un grain de poussière n’affleure où que ce soit.

Blog de Julia Eriksson, capture d’écran


À y regarder de plus près, on est étonné par un côté années 70 de l’ensemble, et partant, d’une certaine intemporalité. Mes grand-parents auraient pu vivre là, il y a plus de cinquante ans. Telle autre personne, il y a plus de trente ans. Une autre encore il y a bien plus longtemps encore peut-être.
À une époque, peut-être même, où l’on pensait peu au réchauffement climatique, que le bon Trump – Harry Pottrump – et ses sbires croient avoir effacé d’un coup de baguette magique, tellement ils sont…)

Ceci, en tout cas, s’il n’y avait cet ordinateur portable, posé sur la table. Il n’a sûrement pas été laissé là, pour la photo, par hasard.
Est-ce une façon de montrer que le travail s’invite dans la vie intime ? Qu’on est une personne performante ? Je ferai crédit à la blogueuse de ne pas s’abaisser à une telle vulgarité.
Peut-être veut-on montrer alors que l’instrument du blog est là, prêt à servir encore.
Une sorte d’à suivre.

Peut-on imaginer que dans quelques années, décennies, un même intérieur puisse être débarrassé de cet ustensile ? Que l’époque numérique, un jour, finisse ?

Carl Stefan Bennet, intérieur, 1870 - Nationalmuseum, capture d’écran

Pour le reste – allez-y voir ; c’est peut-être un peu comme regarder à travers une fenêtre… – le texte décrit un couple qui s’installe ensemble, dans un nouvel appartement ; les habitudes qui se frottent.
Un commentaire anonyme (ça, c’est très années 2020!) remarque judicieusement que ces paragraphes sont bien troussés (je résume…)

L'article s’intitule « En etta, vi två » (« Un studio, nous deux »). Peut-être aurait-il été plus intéressant d’avoir un titre du genre : « En femma, vi sex. » (« Un cinq pièces, nous six. ») Mettons… deux femmes vivant avec quatre hommes, ou deux hommes avec quatre femmes…
En familistère sexuel.
Pardon, je divague. Enfin non, d’ailleurs.


Nils Blanchard


Ajout d'étiquettes du dernier billet: Genèse, André Dhôtel, combat, Rosemary Ellen Guiley.

mercredi 7 janvier 2026

Mattias Reinholdson - Vagues agressions / Laclos par là-dessus

Retour Ouest – Est (un peu (trop?) traditionnel pour moi ; j’en reparle…)
Mais en rentrant, consultant le site de la SOV (Estlandssvenskarnas Kulturförening – Association culturelle des Suédois d’Estonie), en lien de ce blog (écran, à droite, version ordinateur, etc.), j’apprends la mort de Mattias Reinholdson.

Estlandssvenskarnas Kulturförening - Capture d’écran

Il se trouve que j’avais été récemment un peu en contact avec lui par courriel. Il avait rédigé un beau dossier dans le dernier numéro de Kustbon (l’organe historique de la SOV dont il était le rédacteur en chef jusqu’il y a peu) sur mon article dans Nordiques et mes travaux plus généralement…

Il me fait penser, pour ce que j’en ai connu à des gens comme Göte Brunberg, Luc Autret (lui dans un autre domaine, les revues littéraires), qui consacraient de leur temps à la recherche, désintéressée (hormis l’intérêt pour le sérieux, la fiabilité…), et toujours prêts à partager connaissances et avancées.

Jag beklagar sorgen.

NB - Mûrs-Érigné

                                                                                     *

Et retour de l’Ouest, donc. Dès Troyes, je ne veux pas manquer ma sortie vers Nancy pour passer de l’autoroute à la N4. Un type (parmi d’autres) me serre, klaxonne même, sous prétexte que je ne vais pas assez vite à son goût (j’ai un peu de mal à voir la nuit avec des phares mal réglés dans tous les sens face à moi, ou ceux de panzers qui pourraient illuminer on ne sait combien de stades de foot (allez, oui… de foot!)) Bref, je rate ma sortie, perds une bonne demi-heure à faire un tour pour la retrouver.

Ah, il est vrai, je n’avais pas branché de GPS…

Ensuite, sur toute la route jusque vers Nancy (je m’en suis vraiment rendu compte à partir de Saint-Dizier) : tous les panneaux indicateurs ont été systématiquement souillés par de la peinture ou je ne sais quelle boue. Ce sont des centaines de panneaux, sur près de cent kilomètres. Quasiment aucun épargné.
Quelque colère d’agriculteurs d’avant les fêtes ? Mais ils ont dû y passer des jours entiers…
Et qui paiera le remplacement desdits panneaux ?

On me dira… avec leurs guidages GPS, les gens ont-ils vraiment besoin qu’on les remplace ?


NB - Mûrs-Érigné

                                                                                     *

Par là-dessus – c’était samedi – j’entends à la radio le récit des exploits de Trump au Venezuela. Surtout, j’entends Trump lui-même s’auto-acclamer pendant vingt minutes.
Là… Je n’ai pas franchement d’opinion très tranchée sur le régime au Venezuela – on ne peut avoir d’opinion tranchée sur tout… – Quant à l’opération de Trump, si vraiment le président vénézuélien était un parrain de la drogue comme Trump le prétend, après tout, qu’on l’exfiltre…
Non, ce qui m’a paru à ce moment être une agression en soi, encore une fois, c’est la bêtise crasse (« la plus grande opération depuis la Seconde Guerre mondiale », etc.) de Trump, cette vulgarité à toute épreuve qui ronge peu à peu – accumulation de précédents – tout un tissage de civilisation.

Et bien sûr, le brave homme de publier une photo de son ennemi capturé, sur son « réseau » « social »…

                                                                                    *

Georges Barbier (illustration des Liaisons dangereuses)
- Capture d’écran

Mais de retour à mon appartement, retrouvant mon ordinateur et le blog Bernur, je vois que Björn Kohlström parle de la traduction suédoise des Liaisons dangereuses, évoquée en ce blog notamment à cet endroit.
Article intéressant et complet, comme bien souvent chez Bernur, qui remarque que dans la postface : « Carin Franzén inkännande om romanens tillkomst och historia, och låter det vara osagt om Laclos roman ligger närmast Rousseau eller Sade » – « Carin Franzén étudiant la genèse et l’histoire du roman, semble indécise quant à le placer plus près de Rousseau ou de Sade ».

À propos de Cécile Volanges, de son traitement par Merteuil et Valmont, Bernur note : « Laclos visar hur lättmanipulerade vi är, hur vi nästan frivilligt uppsöker det som duperar oss » - « Laclos montre combien on peut être aisément manipulé, comment nous allons presque volontairement vers ce qui nous dupe ».
Est-il nécessaire ici de reparler du paragraphe précédent de ce billet ?

Puis Bernur poursuit : « Om dagens unga tar hjälp av chat GPT för att skriva sina kärleksbrev kunde man på 1700-talet konsultera de många kärleksromanerna och kopiera fraser därifrån. » - « Si les jeunes gens d’aujourd’hui s’aident de chat GPT pour rédiger leurs lettres d’amour, on pouvait, au dix-huitième siècle, se servir des nombreux romans d’amour et en copier des phrases. »

Eh ! Pas qu’au dix-huitième siècle !

Hashtag : pas qu’au dix-huitième siècle !


Nils Blanchard

jeudi 11 décembre 2025

Impérialisme et folie

Il y a en lien de ce blog le site consacré à Gammalsvenskby : Svenskbyborna. On peut le lire en anglais et en suédois. En haut, juste en dessous le menu déroulant des différentes rubriques, une page spéciale, depuis plusieurs années maintenant : « Kriget / War information ». Faut-il traduire ?
Gammalsvenskby se situe non loin de Kherson…

NB - Canal de la Marne au Rhin, novembre 2025

La guerre / Informations de guerre. Elles se suivent et se ressemblent souvent, bien malheureusement.

Par exemple (les articles sont de Sofia Hoas) : « Rapport från Gammalsvenskby den 7  november 
Gammalsvenskby (Zmiivka) är i stort sett jämnad med marken. Endast tre personer finns kvar i byn.
Området utsätts fortsatt för ryska bombningar och vägarna är minerade.
Vi fortsätter att hjälpa internflyktingarna från byn som finns kvar i området.
() »

« 7 novembre ; rapport de Gammasvenskby
Lammalsvenskby (Zmiivka) est en grande partie rasée. Seules trois personnes sont encore dans le village. La zone subit toujours les bombardements russes et les routes sont minées.
Nous continuons à aider les réfugiés du village qui se trouvent toujours dans la région.
() »

Cela faisait déjà pas mal de temps qu’ils n’étaient plus que trois.

Site Svenskbyborna, capture d’écran

Plus récemment : « Rapport från Gammalsvenskby den 16 november
Gammalsvenskby/Zmiivka är i stort sätt totalförstörd. Det finns bara två personer kvar. En äldre kvinna som var kvar har avlidit. Ryska armén fortsätter sina terrorbombningar och vägarna är minerade.
Vi fortsätter hjälpa internflyktingarna från byn, som finns kvar i området, utom artilleriavstånd.
Även dessa byar utsätts nu allt oftare för ryska drönarattacker.
() »

16 novembre ; rapport de Gammasvenskby
Gammalsvenskby / Zmiivka est en grande partie totalement détruite. Il ne s’y trouve plus que deux personnes. Une vieille femme qui était encore là est décédée. L’armée russe poursuit ses bombardements de terreur et les routes sont minées.
Nous continuons à aider les réfugiés du village qui se trouvent toujours dans la région, hors de portée de l’artillerie.
Même ces villages sont maintenant soumis de plus en plus souvent à des attaques de drones russes. 
() »

Plus que deux.

NB - Canal de la Marne au Rhin, novembre 2025

Victor Hugo, évidemment ; « Si l’on n’est plus que mille, eh ! bien, j’en suis ! Si même / Ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ; / S’il en demeure dix, je serai le dixième ; / Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »

Mais cette citation a-t-elle quelque chose de pertinent en l’occurrence ? On ne dit pas que les deux habitants restant sont là de leur plein gré.
Peut-être sont-ils trop vieux pour partir ; ou parviennent-ils à aider d’autres habitants des alentours.

NB - Canal de la Marne au Rhin, novembre 2025

Guerre purement impérialiste (du côté russe), à quoi s’ajoute une obstination qui confine à la folie.
Un « simple » empereur ne s’entêterait pas dans une guerre qui va bientôt atteindre ses quatre ans ; et combien de morts ?
Même Napoléon III, que Hugo pourfendait, s’est rendu à Sedan (après moins de deux mois de guerre). Ça se lit très bien, dans Zola, La Débâcle.


Nils Blanchard


Ajout. - On ne va pas commenter infiniment les propos de D. Trump. Le Göteborgs Posten néanmoins de relever récemment (via l’agence de presse suédoise TT) les propos du président américain dans une interview le 9 décembre : « – Vi hade ett möte och jag sade: ”Varför tar vi bara in folk från ’skithålsländer’ (shithole countries)? Eller hur? Varför kan vi inte få lite folk från Norge, Sverige? Bara ett par”(…) » (« – J’ai dit lors d’une rencontre : ”Pourquoi n’accueillons-nous que des gens de pays ’trous à rats’ (shithole countries)? Non ? Pourquoi ne pourrions-nous pas prendre aussi des gens de Norvège, Suède ? Quelques uns”(…) »)
Quand on pense, parmi bien d’autres choses, que le vice-président de ce monsieur a eu une audience avec le pape François, la veille de la mort d’icelui…
L'article de GP de commenter, par ailleurs : « ”Skithålsländer"-kommentaren 2018 väckte ramaskri världen över och Trump själv påstod att han blivit felciterad. Nu erkänner han alltså att det faktiskt var det han sade (…) » (« Ce commentaire sur les ’trous à rats’ de 2018 avaient entraîné un tollé dans le monde entier et Trump avait alors prétendu avoir été mal cité. Il reconnaît donc à présent que c’était bien ce qu’il avait dit. »)

- Ajout d’étiquettes du dernier billet : Elmar Krusman, Martin Fahlén, Roxana Azimi, États-Unis, Maryland.

dimanche 23 novembre 2025

Les faux amis ?

Abandonner son allié en pleine guerre – et au moment où l’hiver commence –, lors qu’on sait que son aide est capitale (et qu’on l’a, au passage dûment monnayée), cela ne pourrait-il pas être assimilé à de la trahison. Pour le moins, cela peut faire penser à la notion de « faux ami ».

William Halsall, Le Mayflower dans le port de Plymouth - Wikipedia

On sait qu’un « faux ami » est un même mot (ou très ressemblant) employé dans deux langues différentes avec des significations particulières.
Par exemple, « traitor », en anglais (traître), est plus proche du français « traiteur » pour ce qui est de la prononciation.

Bon mais cela pour dire qu’on peut employer des mêmes mots, mais avec des significations, et des conséquences totalement différentes.
D. Trump prétend œuvrer à la paix (et demanda, tel un enfant gâté, qu’on lui donnât un prix Nobel comme une sucette qu’il aurait vue dans une vitrine). Mais la paix qu’il construirait, si ses « 28 points » (Nathalie Loiseau parle de « torchon », le Guardian relève des formulations directement traduites du russe…) étaient « validés », ce serait la primeur (on parlait de traiteurs) à la violence, à la dictature poutinienne au-delà de la Russie.

Jennie Augusta Brownscombe, Thanksgiving - Wikipedia

Vingt-huit points. A-t-il seulement pensé (un de ses conseillers ? – mais ces gens ont l’air absolument incultes –) aux quatorze points de Wilson aux traités de Paris ? Trump ferait le double, tant il est génial ? (Pour lui, tout est affaire de quantités ; en quoi il se distingue d’un traiteur qui doit veiller à une certaine qualité de ses produits…)
Les quatorze points de Wilson, fondus dans les traités de Paris, furent en partie un échec, peu respectés – notamment le droit à l’autodétermination des peuples… Quid du droit à l’autodétermination à Louhansk et Donetsk ?

J. L. G. Ferris, The first Thanksgiving - Wikipedia

I
l menace donc (à nouveau), le président des États-Unis, de retirer son aide à l’Ukraine, et pose un ultimatum à Zelensky avant Thanksgiving jeudi de la semaine à venir (selon le Washington Post) – ironie dont l’idée ne doit même pas l’effleurer.

Je lis dans un article du Figaro, de Valérie Samson (26 novembre 2024) que « Thanksgiving est un jour férié aux États-Unis. Cette fête a été fixée le quatrième jeudi de novembre par le Président Franklin Delano Roosevelt en 1941.
() La célébration nationale sous sa forme moderne remonte à 1863, en pleine guerre civile, lorsque le président Abraham Lincoln a proclamé un Thanksgiving national qui se tiendrait chaque mois de novembre. Mais ses origines remontent à 1621 : elle commémore la première récolte des pèlerins survivant du Mayflower»

Grand Dieu ! Faux amis des listes de « dignitaires » ; quels noms il faut ressortir, et comparer – et comparer ! – à celui de Trump… Lincoln, Roosevelt…

Valérie Samson poursuit : « Les pèlerins établirent la première colonie prospère de Nouvelle-Angleterre et célébrèrent en 1621 les fruits de leur première récolte, qu’ils partagent avec leurs voisins amérindiens pour les remercier de leur aide : ce que l’on a appelé ensuite le premier Thanksgiving.
(...)
Au-delà des ripailles et de l’occasion de se retrouver en famille, Thanksgiving, comme son nom l’indique, est aujourd’hui encore l’occasion d’exprimer sa gratitude. »

No comment


Nils Blanchard


Ajout. – Bon, évidemment, au moment où je relis ce billet on m’informe que D. Trump est déjà en passe de changer d’avis (ce qui était du reste bien prévisible…)

Ça a été évoqué ici çà et là, timidement ; pourrait-on paradoxalement escompter du bien des agissements de l’actuelle administration américaine ?
Évidemment, la paix (mais laquelle, combien de temps durerait-elle?) serait à souhaiter en priorité.
Aussi, la fin d’un certain ordre sécuritaire mondial (OTAN…) pourrait laisser la place, un jour, à autre chose, meilleur…

– Rattrapage d’étiquette du dernier billet : Camille Claus.

lundi 26 mai 2025

La guerre sans fin / Dix, vingt ans après

On parla de Trump, homme des reculs. (Mais on espéra aussi que, des vibrations de l’éléphant dans un magasin de porcelaine – même de robuste qualité soviétique – on pût obtenir quelque issue heureuse.  La fin de la guerre, quitte à remettre à plus tard certaines questions…) Sans surprise, récemment en Turquie (le 16 mai), c’est Poutine qui a reculé semble-t-il devant la paix. 



Ça amène à ce titre d’un petit livre édité par Ariel Förlag l’année dernière, et traduit par Mikael Nydahl (qui n’est autre que le fils de Thomas, dont le blog est en lien indirect de celui-ci, via l’onglet « Nordic Voices in Translation » – un peu vers le haut, à droite ; il suffit de cliquer… C’est un petit livre d’une quarantaine de pages, constitué d’une conversation de Sergej Lebedev avec la journaliste Lana Estemirova (il y a aussi une postface de Joanna Kurosz) : Kriget som aldrig tar slut / (La guerre qui n’en finit jamais).

Dès la page 6, Lana Estemirova s’étonne que d’aucuns se soient autant étonnés de l’agression du 24 février 2022 :

« Hur kommer det sig att folk hela tiden upptäcker vilken våldspotential den ryska staten och dess institutioner besitter som om det var för första gången ? »

« Comment se fait-il que les gens découvrent, à chaque fois, le potentiel de violence contenu dans l’État et les institutions russes, comme si c’était la première fois ? »

À l'heure où, chez nous en France, d’aucuns dénoncent une « culture de l’excuse », Lana Estemirova pointe à l’inverse un manque de recul, en Russie, vis-à-vis des guerres de Tchétchénie (page 13) :

« Sedan de ryska trupperna gick in i Tjetjenien 1994 har det gått mer än en kvartssekel. Det är en lång tid, tillräckligt lång, kunde man tycka, för att den ryska kulturen skulle ha hunnit bearbeta händelserna. Och ändå har jag en känsla av att den ryska kulturen föredrar att överhuvudtaget inte se åt det hållet. Vi har inte ens en historia över de två krigen som är värd namnet. »

« Depuis que les troupes russes sont entrées en Tchétchénie en 1994, il s’est écoulé plus d’un quart de siècle. C’est long, suffisamment, aurait-on pu penser, pour que la culture russe puisse affronter ces événements. Mais pourtant j’ai le sentiment que cette culture russe préfère avant tout ne pas regarder de ce côté. Nous n’avons pas même une histoire des deux guerres dont il est question. »

Eugen Kron, capture d’écran


On n’est pas loin de Marie Mendras, qui a publié, l’année dernière aussi, aux éditions Calmann-Lévy La guerre permanente : ultime stratégie du Kremlin.
Ça fait quelques années que je m’intéresse à la question quant à moi, et j’ai retrouvé un article de cette même Marie Mendras, du Monde (15-16 octobre 2006), que j’avais archivé. Elle évoquait (interrogée par Sophie Gherardi) l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, et remarquait :

« Tout est lié, en Russie. Il n’y a pas que la Tchétchénie, qui serait une petite planète à part. Anna a pu montrer à travers ses nombreuses enquêtes dans tout le pays que la guerre et sa brutalité avaient fini par imprégner l’ensemble de la société. »

Plus loin : 

« Les Russes sont certes responsables de leur apathie, mais ils sont victimes d’une politique de l’information véritablement autoritaire. »

Plus loin encore, on n’est là qu’en 2006 :

« (Sophie Gherardi.) Mais peut-on encore exercer le métier de journaliste en Russie ?

– (Marie Mendras.) La réponse est 

complexe. (...) »


R. Wynne Nevinson, Returning to the Trenches, 1916 – Capture d’écran


En 2024, Lana Estemirova revient sur le rapport de la Russie à l’information, puis sur une certaine manière de vivre, de penser, en dictature (p. 24) :

« (...) och människor som lever under diktaturen uppfattar mycket på ett annat sätt. Man befinner sig i ett tillstånd av permanent överlevnad. Det är fruktansvärt att se denna allmena förnedring, denna totala förnedring. »

« (...) et les gens qui vivent en dictature appréhendent beaucoup de choses différemment. On se trouve en état incessant de lutte pour la survie. C’est effroyable de voir ce déni général, total. »

Près de dix ans après l’article de Marie Mendras, dans Le Monde toujours, un texte collectif (15-16 mars 2015) s’étonnait que « La droite française [soit] devenue l’agent d’influence de Poutine ». Le terme « poutinolâtrie » est utilisé… Cet article aurait presque pu être écrit le 23 février 2022, en changeant quelques noms qui sont un peu dépassés (et dont je n’encombrerai pas les étiquettes de ce blog).
Alors – 2006, 2015 –, comme aujourd’hui (bombardements incessants ; voyez, en lien de ce blog, le site « Föreningen Svenskbyborna », qui peut être lu aussi en anglais), le pouvoir russe faisait montre d’une brutalité absurde, au détriment de la protection même de ceux qu’elle prétendait protéger contre des attentats.

Kriget som aldrig tar slut, page 27 :

« Ofta ser jag att det tjentjenska kriget i Ryssland skildras som ett krig mot terroristerna. Öga för öga. Som om de tio- och hundratusentals människor som dödades i Tjetjenien var ett rättmätigt offer för de tusentals människor som dödats i terrordåd inuti Ryssland.
Våld föder våld. Krig föder vidunder. (…) »

« Je le vois souvent : on présente la guerre de Tchétchénie en Russie comme une guerre contre le terrorisme. Œil pour œil. Comme si les dizaines et centaines de milliers de tués en Tchétchénie pouvaient être un juste sacrifice pour les milliers de tués au cours d’attaques terroristes sur le sol russe.
De la violence naît la violence. Et celles de la guerre sont monstrueuses. »

On le voit aussi actuellement dans la fuite en avant d’un Benjamin Netanyahou en Palestine.


Nils Blanchard

dimanche 11 mai 2025

Plus d’un an après / Inquiétudes de mai

Une certaine actualité, la guerre en Ukraine, certains désastres environnementaux – parmi tant d’autres sujets ! – suivent ce blog comme une ombre.

NB, Walbourg, mai 2025

Le 14 février 2024, il fut question ici de l’A 69, à propos de laquelle récemment (encore…) il y a eu une décision du 27 février (2025) du tribunal administratif de Toulouse, un peu plus d’un an plus tard. Elle a annulé les autorisations « environnementales » et entraîné la suspension du chantier.
Les arguments pour le chantier (faisons-nous avocat du diable) ; il y en a un de taille : l’état de droit ; le fait qu’à un moment donné, des instances élues aient donné leur accord à la chose.
Bon. 

Pour les arguments contre, au-delà de ce qui a été dit à plusieurs reprises ici, ailleurs : ne doit-on pas avoir pour principe, sauf cas vraiment exceptionnel, d’arrêter d’artificialiser des espaces ?
J'ajouterais qu’il faudrait rendre à la nature ou à l’agriculture des lieux artificiels dépassés. Arrêter de construire des routes rapides, où vont s’ébaudir des panzers qui, même s’ils sont à la mode, sont d’un temps absolument révolu.

Allez, Épicure : “Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien.” Son école : le Jardin.

NB, Walbourg, mai 2025


L'article suivant (le 16 février 2024 ; Rhin, La nuit du chasseur, toutes sortes de choses…), évoquait un article d’Adam Cwejman : « Kriget som väst helst vill glömma » – « La guerre que l’Occident s’efforce d’oublier », où on lisait : « Putin sitter och väntar på att USA och Europa ska glömma av Ukraina. » / « Poutine, sur son trône, attend que les États-Unis et l’Europe oublient l’Ukraine. »

Si vraiment Poutine espérait que la guerre en Ukraine passerait à l’arrière-plan, puis serait oubliée, il semble qu’il se soit trompé.
Mais ce n’est pas fini… malgré le pschitt des « 24 heures » de l’homme des reculs, Donald Trump. Si États-Unis, Ukraine, et peut-être derrière un peu certains pays européens parviennent à des projets d’accord de paix, rien ne nous permet de dire que la Russie de Poutine y souscrira rapidement.

C'est qu’il y a un terme qu’on peut apposer à ces gens – Poutine, Trump –, comme le fait Gabrielle Björnstrand (Gabis annex) le 21 février (2025), c’est « girighet », autrement dit : la cupidité. Ne peut-on étendre ça à l’envie, au dépit ?

« Makt och girighet hör förstås ihop (Masha Gessen har berättat att girighet alltid var Putins främsta egenskap). Plus de enorma komplexen - Trumps ständiga gliringar till både Biden, Harris och Zelenskuyij och alla möjliga andra inom politik och film som är mer begåvade än han själv. Putin har ett enormt Europa-komplex (…) »

« Pouvoir et cupidité vont bien sûr de pair (et Masha Gessen a raconté que la cupidité était le principal trait de Poutine). Il faut ajouter à cela d’énormes complexes – les fixettes incessantes de trump envers Biden, Harris et Zelensky – et envers tous ceux en politique, show-business, qui sont plus talentueux que lui. Poutine a quant à lui un énorme complexe vis-à-vis de l’Europe (…) »

NB, Walbourg, mai 2025


Dans un troisième article de février 2024 (le 26, de cette série « Inquiétudes de février ») : évocation de la mort d’Alexeï Navalny, du réarmement en préparation de l’Europe, alors même que les poutinolâtres progressaient çà et là aux élections de divers lieux du continent…

Difficile de ne pas soutenir ce réarmement. On a vu comment Poutine est prêt à sacrifier sans ciller des centaines de milliers (vraisemblablement) de ses jeunes compatriotes pour soulager ses pulsions…
Mais qu’est-ce qu’il est rageant de voir le monde dépenser tant d’argent dans l’armement lors que l’on a tant d’autres besoins. J’enfonce une porte ouverte, me dira-t-on ? Au moins est-ce une ouverture...


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Peer de Smit, Blaincourt, Mathaux, Radonvilliers, Brienne-la-Vieille, Frédéric Chopin.

dimanche 16 mars 2025

Songeries finlandaises

J'ai vécu en Finlande – j’en ai peut-être déjà parlé en ces lignes –, y ai partagé le quotidien de diverses personnes, mais comme à un autre rythme ; je n’avais pas les mêmes nécessités qu’eux.

NB - Hiver à Karis, Finlande

Comment expliquer cela : même avec des gens très proches dans l’instant, bien des choses furent incommunicables, parce que nous vivions comme dans des dimensions différentes.
Et il y a eu cependant parfois des rencontres. Et il y a eu des êtres exceptionnels. Sofi, Peggy ; d’autres encore.

J'y pensais à la lecture d’un article de Sandra Holmqvist (blog Sandra skriver, en lien de celui-ci) du 11 février. Me débattant moi-même entre diverses priorités (j’ai tendance il est vrai à résoudre les choses de manière un peu simpliste, en les annulant toutes, ou plus exactement en les reportant toutes au dernier moment…), je lis :

« Man säger ju så ibland – ”jag hinner inte skriva/läsa/träna/laga mat” – och allt som oftast påstår jag att det bara handlar om prioriteringar och val att göra något annat än skriva/läsa/träna/laga mat (…) »

« Il est vrai qu’on dit parfois – ”je n’arrive pas à écrire/lire/m’entraîner/faire la cuisine” – et trop souvent je prétends moi-même que c’est une question de priorités si l’on fait autre chose qu’écrire/lire/s’entraîner/faire la cuisine (…) »

Et, un peu plus loin :

« Till och med i mina drömmar är upptagen med att laga läckande toalettstolar, vara på resande fot och avvärja dödsfara.
Det har varit mycket på gång sedan, hmm, oktober. »

« Jusque dans mes rêves je suis débordée, devant réparer des toilettes qui fuient, me préparer pour partir en voyage, me garder de dangers mortels.
Il y a eu beaucoup à faire depuis, disons… octobre. »

Venny Soldan-Brofeldt, Pêcheurs au filet - Wikipedia

En ce qui me concerne, qu’est-ce que j’ai eu sur le feu depuis… octobre ? Il y a eu le travail, ce blog bien sûr (diverses recherches plus ou moins liées, écrivains, églises… les séries sur les Norvégiens de Cernay ou Tidö…), de vagues tracas personnels, familiaux… puis tant de projets reportés, cuisant à petit feu dans je ne sais quel marmite de documents amassés, d’à peu près et de plans sur la comète. Problèmes d’yeux par là-dessus…
Et quant aux voyages…
Depuis combien de temps n’ai-je pas été en Suède ?
En Finlande ?

La Finlande, aussi, ce sont ces promenades aux senteurs d’infini, en bordure de champs noirs ou dans des forêts plus ou moins sombres.
Il y a quelque chose de rassurant de penser à cette immensité dans laquelle on peut à loisir – allons, avec un peu de jugeote quand même, histoire de ne pas se perdre corps et biens (eh ! J’ai l’impression de vous servir de cet affreux « avec modération » que les cuistres oignent à toute allusion à quelque boisson alcoolisée) – pratiquer la science subtile de l’égarement chère à André Dhôtel.

Venny Soldan-Brofeldt - Capture d’écran

Seulement voilà, la sauvagerie – nue – de la forêt, du dehors, d’un autre dedans, a aussi ses dangers.
Ainsi a-t-on pu lire dans les journaux suédois au début de février qu’un enfant finlandais, dans le sud est de la Finlande, s’était aventuré dans la forêt du côté de la frontière russe, était passé de l’autre côté et… était depuis retenu par les autorités russes.
Bon, après lectures plus approfondies au fil des jours, il semble que l’enfant ait délibérément traversé la frontière ; on parle aussi d’origines ukrainiennes ; on n’y comprend plus rien…

Mais ces histoires de traversées plus ou moins accidentelles de cette frontière sont au cœur d’une partie d’un assez long roman qu’il faut que je trouve le temps de relire.
Et cela devrait-il devenir une de mes priorités ?


Nils Blanchard


Triche ; ajout d’étiquettes du dernier billet : 1941, 1942, Donald Trump, Andrew Jackson, Afrique, Senghor, Henning Mankell.

Mais aussi : un certain Sylvain Courage, sur France info, le 12 mars, dans une séquence « Cartes blanches » des « Informés » (émission que je n’écoute d’habitude pas), où l’un de ses collègues n’a rien trouvé mieux que vendre son propre bouquin – sur le service public ! – « journaliste » je crois au Nouvel Obs, de piétiner la présomption d’innocence, en commentant le procès en cours d’une professeure accusée de harcèlement sur une élève ; on parle de « la question des professeurs toxiques », comme s’il y en avait à tous les coins de classe, je cite : « C’est une minorité de professeurs, mais il y en a dans tous les établissements. » Ah ? Des faits ? Des noms ? Donnez donc le mien, histoire qu’on s’amuse trois secondes !

Et encore : commémorations, en ce moment, à Haguenau par exemple, de la libération de l’Alsace en 1945.
Étrange de voir çà et là – et c’est bien normal – des drapeaux américains, au moment où les temps ont changé, comme on en a déjà parlé ici ou là.
La guerre, particulière ici (mais quelle région, de France, d’Europe, n’a pas eu ses particularités?), est prégnante encore dans les discours, « recherches » (qui n’en ont parfois que le nom). Il arrive que ce soit de manière assez répugnante, comme avec cette vidéo d’anciens SS fièrement (re?)publiée sur un étrange site local.

Jeudi dernier, l’ancien camp de Natzweiler (que j’ai fait visiter) était sous la neige. Plutôt bien, la neige : ça limite le froid, c’est moins désagréable que la pluie. Et une fois que le brouillard (encore…) se dissipe, elle offre des paysages magnifiques.
Elmar Krusman n’est jamais passé par ce camp central, mais a bien été immatriculé au KL Natzweiler. Il est mort au camp annexe de Bisingen, à trois jours près il y a exactement 80 ans, le 13 mars 1945.

Pour en revenir à la libération de l’Alsace. La peintre Geneviève Asse, engagée dans la 1ère DB, y participa. Il y a un texte (et des photos de peintures) très intéressant, de Carine Chichereau, en lien indirect de ce blog (Diacritik, via Alluvions).
Un peu de bleu...

NB

dimanche 2 mars 2025

« I’m not playing cards... »

Sensation amère, désagréable, après l’accès d’ignominie du ticket présidentiel américain face à Volodymyr Zelensky, le 28 février à la Maison-Blanche. Ce court mois, qui vient de s’écouler, a révélé, avec des lumières de compromissions poutinesques plus crues encore que ce qu’on pensait, la pellicule de la trumperie.

Nicolas Poussin, L'Adoration du Veau d'or - Wikipedia

Quand on regarde un extrait de vidéo de cet événement, sur le site du Göteborgs Posten, on voit Zelensky « attaqué » conjointement par Trump et Vance ; véritablement, des journalistes l’ont noté : impression que ce sont des gangsters qui dirigent les États-Unis. La voix traînante et forte, désagréable, « vrillante », de Trump, voix d’enfant gâté… Zelensky empêché de parler, interrompu… Dans l’extrait, cette réplique de Zelensky à qui Trump explique : « You don’t have the cards right now » ; Zelensky : « I’m not playing cards. »
Une chose qu’il faut rappeler aussi, pour mesurer la goujaterie des « hôtes » de la maison blanche, est que Zelensky est seul à s’expliquer face à plusieurs « contradicteurs », et que lui, contrairement aux autres, parle dans une langue étrangère (qu’il maîtrise… Mais imagine-t-on Trump comprendre et dire trois mots d’une langue étrangère?)

Illustration de couverture: Henri Meyer


Imaginerait-on Churchill se faire traiter de la sorte par Roosevelt ? Le simple fait qu’on dusse comparer (de par, oui, leurs fonctions…) Trump et Roosevelt pose un problème intellectuel, une sorte d’abysse, difficilement « négociable », pour employer leurs mots.

Encore une fois, échec diplomatique de Macron (il refait un peu la même erreur qu’avec Poutine il y a trois ans, et ce sans l’excuse de la nouveauté, de ne pas connaître les gens en question…), quand il est allé à la Maison-Blanche il y a quelques jours et a laissé des images où on le voit frétiller avec Trump… Difficile de le lui reprocher cependant. Comme le geint D. Trump, il y a des gens qui meurent en Ukraine ; tout pouvait être tenté pour aboutir à une paix, au moins provisoire.
Tout, sauf l’inacceptable.

C'est fini : les États-Unis ne sont plus les alliés de l’Europe. Dans un sens, ça clarifie une situation qui devenait de plus en plus intenable avec le temps (et avec les élections américaines!), d’un continent qui s’en remet à une autre puissance pour garantir sa sécurité. Mais ça tombe à un mauvais moment pour les Ukrainiens, qui sont au début de leur quatrième année de guerre contre l’envahisseur russe.

Le Lorrain, L'Adoration du Veau d'or

Dans Expressen, Göran Rosenberg écrivait, le 15 février : « Den rörelse och de opinioner som Donald Trump lyckades väcka och mobilisera hade den sekteristiska väckelsens alla kännetecken; fanatism, intolerans och verklighetsförakt. Vad den amerikanska konstitutionens arkitekt, James Madison, inte kunde eller ville föreställa sig var att en sekt (faction) skulle kunna växa sig stor och stark nog att genomtränga hela den amerikanska unionen (…). »

« Le mouvement, les opinions que Donald Trump a réussi à éveiller et mobiliser présentaient toutes les caractéristiques de l’émergence sectaire ; fanatisme, intolérance et mépris de la réalité. Ce que l’architecte de la constitution américaine James Madison, ne put ou ne voulut s’imaginer est qu’une secte (ou une faction) pût devenir suffisamment grande et forte pour dominer l’ensemble des États-Unis (…) »

Une secte au service de quoi ?
De l’argent, et de caprices d’enfants gâtés. C’est l’adoration du veau d’or. On y reviendra (malheureusement).


Nils Blanchard

Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...