vendredi 8 septembre 2023

Le tableau de Savery

 Image envoyée par son auteur, Martin Fahlén…


Le livre, Le tableau de Savery, arrive…

C'est votre modeste serviteur qui l’a traduit en français et en a rédigé les notes.

Entre autres… ON EN REPARLERA… il ouvre « plusieurs mondes véritablement ».

Un des moindres n’est pas celui des maniéristes flamands du début du XVIIème siècle, dont Roelandt Savery faisait partie.

Magnifiques peintures de forêts comme enchantées.

Il faudrait avoir plusieurs vies, faire une thèse sur le sujet…

Au moins cela nous mènera-t-il dans le nord de la France ; Lille, Cassel… Mais aussi Kassel en Allemagne, comme du temps de Mandiargues.


N. B. 


mercredi 6 septembre 2023

Retour / Fermetures ; police allemande et Monika

 L'avancée de septembre n'a pas l'heur de me mettre d'humeur particulièrement joyeuse...

NB - août 2023

J'avais évoqué des retours de Suède – et donc traversées d’Allemagne – il y a quelques mois, là, là ou encore là. 
Avais-je parlé alors de ce contrôle de douane volante que j’eus à subir au nord de l’Allemagne ? Toute ma voiture fouillée, de fond en comble. Du coup, arrivée sur l’île de Fehmarn à la nuit – j’y avais réservé un hôtel. Aucune lampe allumée ; noir total. Au moins voyait-on des étoiles.

Là (sens France Suède à nouveau, donc), alors que j’attends le bateau à Puttgarden, une voiture de police vient à moi (et qu’à moi). J’ai peut-être une tête de passeur de drogue. Cette fois, ils se sont contentés de questions, en mauvais anglais.
Je ne suis pas particulièrement « européiste » ; mais enfin : l’Europe étant ce qu’elle est, Schengen et compagnie, est-il normal qu’on ait voulu savoir – en Allemagne – combien de temps j’allais aller en Suède (je ne le savais pas exactement), où j’allais y vivre, qu’est-ce que j’allais y faire…
De quoi je me mêle ?
Au moins cette fois ne m’ont-ils pas fouillé.
Mais, comme un sentiment de fermeture.

NB - août 2023, Elseneur

Puis, là (sens Suède – France), comme un sentiment de fin de vacances. On ne peut s’empêcher d’y penser : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark... »

Puis, France, divers blogs passés en revue rapidement.
Sur celui de Thomas Nydahl, allusion à Monika, d’Ingmar Bergman, le 9 août :

« Sommaren med Monika blev min eftermiddag i går. Harriet Andersson är då 21 år, men ser betydligt yngre ut i sin roll, där hon är 17. Lars Ekborgs karaktär heter Harry. Starkt gestaltad också han.
Detta mästerverk gjordes av Ingmar Bergman 1953.
Filmen bygger på Fogelströms bok med samma namn. Den är oerhört sensuell, och det inte minst tack vare Harriet Andersson. (…) »

« Monika a occupé mon après-midi d’hier. Dans ce film, Harriet Andersson a 21 ans, mais paraît nettement plus jeune, son personnage ayant 17 ans. Le personnage joué par Lars Ekborg s’appelle Harry ; lui aussi est interprété avec force.
Ce chef-d’œuvre d’Ingmar Bergman a été tourné en 1953.
Le film s’inspire du livre de Fogelström et en a repris le titre. Il est incroyablement sensuel, ce que l’on doit en grande partie à Harriet Andersson. (…) »

Capture d'écran: Harriet Andersson dans Monika 

La veille de la lecture de cet article de Nydahl, j’étais précisément à la Fnac de Strasbourg. Cela faisait je crois plusieurs années que je n’avais pas mis les pieds là-dedans.
Rayon de CD grignoté par je ne sais quelles horreurs ; rayon de DVD amputé par les séries télévisées.
Queue pour reprendre l’escalator ; les clients se font tamponner leurs sacs, ou leurs tickets de caisse, que sais-je ; un peu comme du bétail.
Impression de revenir après des siècles, dans un autre monde.

Il n’y avait qu’un seul Bergman : Fanny et Alexandre.
Polanski et Woody Allen quasiment disparus.

Où sommes-nous, où allons-nous, etc. ?


Nils Blanchard


samedi 2 septembre 2023

Du désir à l’éphémère

 Fin des vacances d’été ; on en arrive à l’éphémère, voire à la mort, après ceci ou cela. 
Bon, il ne faut peut-être pas exagérer.



Néanmoins, sur l’éphémère, trouvé un article maintenant assez ancien, par hasard sur le net en fouinant autour d’Anna de Noailles, le désir (Printemps des poètes 2021) et la Suède. Il vient du Point – AFP, date du 22 mai 2016 et s’intitule : « En Suède, le lent chemin des morts vers leur dernier repos ».

Extraits :

« "Mourir pour être encor plus proche de la terre", écrivait il y a plus d'un siècle Anna de Noailles, dans son poème "La Mort Fervente". Les Suédois, eux, ne sont pas si pressés, qui mettent leurs défunts en pension avant de leur offrir le repos éternel.
"On ne laisse pas un poulet dans le frigo pendant plusieurs semaines, pourtant c'est ce qu'on fait avec nos morts, c'est terrible!", s'indigne de cette curieuse habitude l'essayiste Lotte Möller, auteure d'un brûlot sur le sujet.
Son âme rendue, le mort suédois est en effet abandonné à la morgue jusqu'à la cérémonie des funérailles, soit en moyenne pendant plus de vingt jours, selon des statistiques publiées par l'Association suédoise des pompes funèbres. Les croque-morts assurent tenir là un record mondial.
"Le corps est pris en charge, le mort n'est plus le problème de sa famille. Il ne compte plus", analyse Mme Möller.
(...) 

Pourquoi tant attendre pour enterrer ses morts ? Les explications sont plurielles.
Il ne s'agit pas, à en croire les spécialistes interrogés par l'AFP, de conjurer la disparition de l'être en prolongeant le séjour de l'enveloppe charnelle parmi les vivants.
Ici, on entend seulement faire simple, efficace. La mort pensée comme un meuble en kit... Les Suédois sont "peu versés dans le sentimentalisme, sans fantaisie et très pragmatiques", ironise Lotte Möller.
(...) 

Pour l'historien Anders Jarlet, quelles qu'en soient les justifications, la pratique suédoise est déplorable. "S'occuper des morts, c'est une des choses qui nous distinguent des autres espèces animales", assène-t-il.
Il estime, tout comme Ulf Lerneus, président de l'Association des pompes funèbres, qu'elle est sans nulle doute le reflet d'une société de plus en plus individualiste qui exile ses vieux dans des maisons de repos où, aux yeux de leurs enfants, ils sont déjà morts.»

On aura sans doute l’occasion de reparler du scandale autour de certains hospices en Suède durant notamment la période de la pandémie. 

Capture d'écran, GP 18 juin 2022, Bild: Jan Larsson

Bon. Mais il y a des manieuses de faux qui ont l’air tout à fait sympathiques. Celle-ci sort d’un article du Göteborgs Posten de Jan Larsson l’année dernière, commençant ainsi :

« Det började med att hon hittade sin farfars lie i familjens sommarstuga.
Efter en kurs i lieslåtter växte intresset alltmer. Idag håller Jenny Nilsson egna kurser i att slå med lie och ser en mission i att hålla det gamla hantverket igång. »

« Ça a commencé avec la découverte de la faux de son grand-mère [paternel, le suédois le précise] dans la maison d’été familiale.
Après un cours de fenaison, son intérêt pour l’outil a grandi. Aujourd’hui, Jenny Nilsson donne elle-même des cours pour utiliser la faux et considère comme une véritable mission de continuer à s’en servir. »

Ça me rappelle l’usage que je fis moi-même de cet outil, il y a à peu près deux ans, revenant à la maison familiale dont le jardin n’avait pas été entretenu au cours des deux derniers étés, du fait des tribulations, de la pandémie, notamment le blocage de la frontière par les Danois… (Oui, je suis toujours un peu en colère.)
J'avais aiguisé et utilisé (bon an mal an) la faux de mon grand-père (maternel, le français ne le précise pas).

NB - Bohuslän. Je ne sais trop ce que fiche ici ce chat, mais avais besoin d'une illustration...


 Pour en revenir aux hospices, il est bien sûr préférable d’être sur une île en Finlande (dans le Nyland…) où une vieille un peu toquée – à l’Ehpad ! – prend soin d’une petite fille blessée.

Allez, dernière phrase du livre (d’un été, Tove Jansson), qui ne dévoile rien ; de toute façon, c’est une suite de nouvelles à la chronologie incertaine (un peu comme la vie?) : « Peut-être rester un petit moment encore. »

Nils Blanchard

mercredi 30 août 2023

Retour - Errata(s) - Guillemets

 L'approche de septembre n'a pas l'heur de me mettre d'humeur particulièrement joyeuse. 

NB - Quelque part entre France et Suède 

Au moins diverses agaceries donnent-elles l'occasion de revenir sur des billets antérieurs. Ainsi celui du 19 octobre 2022 évoquait des problèmes de train et de gare... Je viens de mettre des proches, âgés, au train et reçois un SMS m'informant qu'ils sont été déplacés de train, dans une de ces gares gris Mitterrand qui jalonnent le Grand Est, après un problème technique, dont nous eûmes les prémisses dès la gare de Strasbourg... 

Mais... Ne jamais écrire à chaud. Sorte de règle jüngerienne...

NB - Bohuslän, août 2023

Bon. Mais ce billet-ci, et son titre, avaient pour objet de rectifier une erreur de "programmation" d'article d'été. En effet, le 4 août, j'ai "publié" (je suis bien mal à l'aise avec tous ces termes du "média" que j'utilise présentement...) cet article-ci, qui s'est affiché daté du 26 juillet (date à laquelle j'imagine, je l'avais préparé en avance...)

J'y parlais à la fin de fâcheux et d'Éducation nationale... L'approche de septembre n'a pas l'heur -- n'a jamais eu l'heur -- de me mettre d'humeur particulièrement joyeuse... Les ayant évoqués au billet précédent (du 28 juillet), je faisais un lien qui n'a pas dû être très bien compris.

Mais, concernant la manière dont sont "traités" (les guillemets, là, ont un sens... double sens du terme "traitement") les professeurs, j'aurais pu évoquer aussi le discours du ministre parti en juillet (ou en juin? Je ne sais même plus) qui évoqua étrangement des "augmentations" des professeurs qui auraient eu lieu de son temps. 

Ah? 

Bon. Mais quelle importance? Je ne crois pas que les gens qui ont écouté ce discours soient nombreux. Encore moins nombreux peut-être, ceux qui savent qu'il y a eu un changement de ministre. Moins nombreux encore, ceux qui se souviennent quand... 

NB - Bohuslän, août 2023

On verra aussi, dans un prochain billet, qu'il m'arrive de m'irriter des bizarreries de certaine "commune" suédoise.      


Nils Blanchard


mercredi 23 août 2023

Île et radio II. / de l’automne au printemps – bateau sur le rivage

 Suite (promise) au billet du 13 mars, où il était question d’aquarelle, de musée où l’on n’accepte plus la monnaie fiduciaire. On n’y a plus confiance, donc, qu’au virtuel. Et il est des gens, aussi, qui ne « communiquent » plus les uns avec les autres que par « réseaux » « sociaux » virtuels.

NB - Tjörn

Tove Jansson (Le livre d’un été, traduction de Jeanne Gauffin, La Peuplade, 2019), nouvelle « La robe de chambre », p. 114 :

« Les odeurs sont importantes, elles évoquent tout ce qu’on a vécu, elles sont comme une enveloppe de souvenirs et de sécurité. »
Les odeurs, oui, ça marche très bien : mémoire olfactive, terriblement plus précise que les autres.
D'ailleurs, ce n’est peut-être pas un hasard si on dit, « avoir du nez ». Encore faut-il ne pas avoir trop perdu l’odorat.
Scintillements de senteurs, oui. L’odeur de la mer. Brusques – brutaux ? – retours de rêve.
Un bateau en attente non loin de l’eau. Qui peut-être ne repartira jamais en voyage.
Où voulions-nous partir ?
Et pourquoi ?

NB - Bohuslän

Pour en revenir à Tove Jansson, on lit dans la nouvelle « Le canard à longue queue », page 21 :

« Alors elle se leva [trois heures au réveil], s’habilla, puis elle prit sa canne et descendit l’escalier de pierre. La nuit était si calme, elle avait envie d’écouter les hareldes.
L'enclos à bois comme l’île entière étaient plongés dans la brume ; il régnait cet étrange silence des premiers matins de mai au bord de la mer. Seules s’entendaient les gouttes d’eau tombant des arbres dans le silence. »

Que de fois je me suis reproché de ne pas prendre assez de temps pour simplement regarder, écouter, sentir les arbres, et leurs gouttes d’eau éventuellement.

NB - Bohuslän


Nils Blanchard

mercredi 16 août 2023

Forêt sous clair de lune : magique

 Revenons donc au Livre d’un été. En commençant par deux extraits qui nous amènent aux confins du yin et du yang ; des inséparables contraires.

NB - Bohuslän

« Le clair de lune », page 14 (du Livre d’un été, traduction de Jeanne Gauffin, La Peuplade, 2019) :

« Au bout d’un moment, Sophie demanda :
– Tu es sûre que la porte est fermée ?
– Elle est ouverte, répondit sa grand-mère. Elle est toujours ouverte, tu peux vraiment dormir tranquille.
Sophie s’enroula dans sa couverture. Elle laissa l’île voguer sur la glace et s’éloigner vers l’horizon. »

NB - Bohuslän

« La forêt magique », page 15 :

« Sur le versant extérieur de l’île, derrière la hauteur rocheuse, s’étendait une ceinture de forêt morte. Cet endroit était particulièrement exposé au vent et, pendant des centaines et des centaines d’années, la forêt avait essayé de pousser en défiant les tempêtes, acquérant ainsi un aspect tout à fait unique. (…) tous les arbres se pliaient pour échapper au vent, ils se recroquevillaient, se tordaient, et beaucoup rampaient. Peu à peu les troncs se cassaient ou pourrissaient et s’écroulaient, les arbres morts supportant ou écrasant ceux dont la cime était encore verte. Ils formaient une masse enchevêtrée, tenace et résignée. »

De la forêt magique à La montagne magique, de Thomas Mann…

On pense aussi aux films d’animation de Miyazaki, ou, les chefs-d’œuvre d’A. Kurosawa (Le Château de l’Araignée…)

NB - Bohuslän

La forêt, cette forêt magique, dans ce livre, un peu comme l’île elle-même qui vogue sur la glace, portes ouvertes… c’est le lieu de la rencontre des contraires, ou complémentaires : la vie et la mort, l’eau et la terre, le mouvement et l’immobilité. Bien sûr, au cœur du livre aussi : l’enfant et la vieille dame. Et tout cela se mêle (la vieille dame peut se faire espiègle, la petite-fille attentionnée…), ce qui entraîne l’irruption d’un univers où l’irrationnel (il est question à un moment de superstition), le fantastique, sont à portée de main.
Étrangement, cependant, il n’est pas là question de trolls…



Nils Blanchard

mercredi 9 août 2023

Le livre d’un été

 Depuis longtemps je suis sur un poème ou une chanson, que je n’ai jamais réussi à finir. Je n’ai à peu près que le refrain : « J’attends l’été... "

Refrain 

d’une vie ? Non… Un de 

ces balbutiements intimes… Peu 

importe du reste.

Quant à l’été ; on y est, n’est-ce pas ?



Je me suis rendu compte il y a quelque temps, en ajoutant l’excellent site à elle consacré dans les liens de ce blog, que je n’y avais jusqu’ici jamais parlé de Tove Jansson. Ce n’est pas faute d’y avoir eu accès. Une grande amie en Finlande m’en avait offert un livre. Mais je ne sais pas, j’ai toujours été un peu rebuté par les Moumines eux-mêmes – du fait de leur forme un peu trop plastique ? C’est peut-être le fait de les avoir aperçus à la télévision, dans des adaptations en dessin animé (en Finlande, et donc en finnois).

C'est Bernur, le 26 mai dernier, qui m’a remis sur les voies de Tove Jansson, en évoquant un livre de Paul Gravett à elle consacrée, en tant qu’illustratrice.
Et là, on atteint à tout un univers (voir le site en lien, encore une fois…) et notamment ses dessins pour la revue finlandaise (en langue suédoise) Garm. (On finira par faire de moi – Cahier André Dhôtel n° 19 sur la revue 84, conférence sur Sovjet-Estland… un homme de revues.)

Numéro de Pâques 1944; la Finlande était alors en pleine Guerre de continuation.

Numéro de juillet 1947

Tout un univers, oui; cette revue, on y reviendra très vraisemblablement.

Bernur insiste sur la précocité, mais aussi – on y revient – la méticulosité… la capacité de travail de Tove Jansson.

Mais c’est du livre d’un été dont je voulais parler ; on y reviendra évidemment…


Nils Blanchard


P.-S.: Étrange hasard. Au cours de diverses lectures (de travail) de l’été, je tombe sur la Diète de Porvoo (Borgå en suédois). C’est là que les députés finlandais jurent fidélité au tsar Alexandre en 1809, en échange de la reconnaissance de certaines spécificités finlandaises…
Or il se trouve que le blog Sandra skriver relate récemment un week-end précisément à cet endroit ; article intitulé "Miraklet i Borgå". « Miracle » ?

Des pommes / Tribulations

S uite… appels, rappels… La seule solution pour régler mon problème semble être d’appeler le commerçant auquel les arnaqueurs ont passé des...