mardi 23 juin 2026

De la retenue / Poésie, pas partout

On a parlé récemment de Michel Lamart, pour son Terrain vague
Il a aussi publié (entre autres… et éditions Les Lieux-Dits, 2026) un petit recueil de poèmes intitulé Peut-être.


Là, un long poème de plus de quatre pages, où l’on lit notamment – avec une jolie œillade à Sôseki… – (pages 14-14) :

« Les espèces fondent
Aussi vite que les glaces
À vue d’œil
Et nous nous endormons
Sur des oreillers d’herbe
Pour étouffer
Nos peurs
Et notre mauvaise conscience.

(...) 

Peut-être
Est-il urgent
Et nécessaire
De repenser
À l'humain
À partir
De la nature ? »

Peu de temps après la lecture de ces lignes, on apprenait – Météo France – que le printemps 2026 avait été le plus chaud jamais enregistré en France.


Peu de temps après encore, on assistait à un spectacle affligeant à l’Assemblée Nationale, déjà oublieuse en grande partie, semble-t-il, de la petite canicule printanière récente, et n'anticipant guère d'autres à venir. Approbation en première lecture, le 2 juin, d’un « projet de loi d’urgence agricole ».
En même temps, cette assemblée est tellement fractionnée, d’une part, prise en otage, d’autre part, par les blocs extrêmes qui eux restent unis derrière leurs chefs, qu’on a du mal à cerner l’orientation de ce « projet de loi d’urgence agricole ».

On constate en tout cas, que comme au temps « Tidö » du gouvernement Barnier, l’extrême droite a joint ses votes à ceux des soutiens du gouvernement. 
Pêle-mêle, parmi ce qui semble là le plus inquiétant (source : Le Monde et AFP, 2/6/2026) : facilitation de la construction d’ouvrages de stockage d’eau (dont les fa(u)meuses bassines). Aussi, un article permet la création par le préfet d’une zone tampon inconstructible en bordure de parcelles agricoles, pour limiter l’exposition des personnes aux pesticides. Là, on est en pleine folie : on reconnaît la dangerosité des pesticides ; on les trouve même si dangereux qu’on veut en protéger la population. Bon. On interdit les pesticides, alors ? Non, on crée des sortes de no mans lands, dans cette sorte de guerre que l’avidité des gens mène à la nature… Encore, une disposition visant à favoriser l’élevage intensif (avec l’allègement des contraintes administratives actuelles lors de travaux liés à cet élevage…)

L'ensemble est parachevé par la mention du loup, hoûûûûûûûûûh… qui sera plus facile à chasser.

Tant il est vrai, que, forcément, là où il y a du flou…


Nils Blanchard


Ajout. En ces temps de canicule et de vulgarité la plus crasse (ceux-là même qui ont nié le réchauffement climatique se dandinant sur les estrades en formulant des solutions miracle – et désastreuses...), Marc Bloch entre aujourd'hui au Panthéon. 
Encore une fois, je ne sais trop que penser du système du Panthéon. Mais quant à Marc Bloch...

Marc Bloch - Capture d'écran


Petit hasard, j'ai terminé aujourd'hui même un cours sur la IIIème République de la sorte: 

« Parmi diverses évolutions à partir de 1871 et l’avènement de la IIIème République, figurent :
– Les fois Ferry, 1881-1882.
– L'affaire Dreyfus, 1894-1906.
– La loi de séparation de l’Église et de l’État, 1905.
Peu à peu, c’est une certaine France contemporaine qui se crée, basée sur un certaine universalisme ; l’égalité de tous les citoyens.
C'est cela, aussi, qu’a défendu Marc Bloch, torturé puis exécuté par les nazis, qui entre le 23 juin 2026 au Panthéon. »

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