samedi 10 décembre 2022

Kafka, Strindberg, Zorn… Canaris et lettres

  Ou de la phobie administrative...                                                                                                                             (Di)vaguant sur des blogs en liens d’Alluvions, je constate que Jean-Jacques Birgé parle lui aussi de Kafka, le 8 décembre (ici même), et même du Château.

 

J’ai évoqué moi aussi dans ce blog ce roman, à quelques occasions, notamment

dans de rares et brumeuses occurrences où je fais référence à quelque (plus ou 

moins) haut fonctionnaire à qui je n’eus pas affaire.

Et je voulais justement mettre en relief ces deux citations du Château (pages 

242 et 245 de l’édition en livre de poche ci-dessus…) Il est questions de lettres 

du redouté Klamm à K, sans doute en réponse de requête de K à Klamm… on

s’y perd. Mais au moins ce sont des lettres :


« Même si ce sont de vieilles lettres sans valeur, tirées au hasard d’un tas de

lettres également dénuées de valeur, au hasard et avec autant de cervelle qu’il 

en faut aux canaris des fêtes foraines pour choisir du bec dans un tas la

destinée du premier venu (…) »


(Au moins ces canaris, me dira-t-on, ne sont-ils pas devant les élèves.)


« Sortini [l’un des fonctionnaires] est censé s’occuper notamment de la lutte

contre les incendies, mais peut-être se contentait-il de représenter quelqu’un – 

la plupart des fonctionnaires se représentent mutuellement, ce qui rend difficile

de repérer les attributions de chacun (…) »


Ah, en ce qui me concerne, une lettre que j'ai reçue, si... « Pour le Machin et 

par délégation, La Responsable de la division truc »; elle ne signe pas. Un autre 

"signataire" est ajouté : « Pour le machin [sic, pas de majuscule, cette fois] et 

par délégation, l’adjoint à la cheffe de division truc »… Est-ce que l’un 

d’eux a seulement lu ce qu’il n’a pas écrit ?

Sont-ils, au fond, responsables de la lutte contre les incendies, notamment ?




Bon, mais dans le livre bleu, de 1922 – c’est en 1922 que Kafka, ai-je cru

comprendre, se met au Château – dont je parlais à mon dernier billet, il y  a cette

gravure d’August Strindberg par Anders Zorn.

Or j’ai trouvé un article (via le site Cairn.info) dans les Études germaniques

272, de 2013, de Björn Meidal, intitulé « Strindberg en Suède et dans le 

monde ». J’y reviendrai… Mais pour l’heure, ce passage (pages 712-713) :


« Les linguistes suédois datent la naissance de la langue suédoise écrite 

moderne du roman de Strindberg La Chambre rouge (1879). Sa prose, toutefois,

avec son style immanquablement reconnaissable pour ses compatriotes, n’a 

pas, à l’instar de son œuvre dramatique, conquis le monde. Pas encore, du

moins, serait-il prudent d’ajouter. (…) Elle a malgré tout eu des répercussions

importantes sur la littérature allemande en particulier. Franz Kafka en est

l’exemple le plus intéressant.

Les universitaires ont constaté que la technique narrative représentative de 

Kafka, où tout est vu du point de vue du héros, ou plutôt, de l’anti-héros, en

dépit du fait que l’histoire est racontée à la troisième personne, (…) a un lien 

très fort avec le roman de Strindberg Au bord de la vaste mer. »


(Et on pourra s’amuser un jour à comparer les chambres rouge de Strindberg et

bleue de Simenon…)


Bon… Mais moi, au billet du 2 décembre -- et, les 2 décembre... --, 

arrivant sur l’île de Fehmarn dans la nuit, cet automne, j’étais un peu 

entre Strindberg et Kafka, pourrait-on dire : Au bord de la vaste mer mais – 

c’est le début du Château (traduction d’Axel Nesme) :


« Il était tard dans la soirée lorsque K. arriva. Une neige épaisse recouvrait le

village. La colline du château était invisible (…) »


Bon… Il est vrai… Qu’est-il venu foutre là ?



Nils Blanchard




 

P.-S., triche. Pas pu ajouter, la dernière fois, les étiquettes de Libération et de

Frédérique Roussel. Il était question d'anges.


lundi 5 décembre 2022

1922, un livre de gravures d’Anders Zorn

C'est un livre allemand, édité à Dresde. Après la traversée de l’Allemagne… Traversée d’un siècle, en quelque sorte.


Dresde, alors, était à vingt-trois ans de ce bombardement particulièrement meurtrier… Là n’est pas la question.
Elmar Krusman avait un an, et mourrait vingt-trois ans plus tard.
Là n’est pas la question non plus. Ou… tout est question…
Mon grand-père en avait vingt-sept.
Ce livre est de de ceux qui restent de sa bibliothèque en Suède. Un livre bleu. À peine plus tout à fait neuf.




Axel Romdahl, lui, on lit sur Wikipedia qu’il était un historien de l’art, directeur de musée… Qu’il avait aimé Göteborg…
Bon. Mais, Anders Zorn, qu’on connaît bien, entre autres, pour ses paysages de bords de mer, ses filles qui se baignent – archipel du Bohuslän ? De Stockholm ?

Allez…





Anders Zorn a été en Estonie, aussi. Comme l’explique Felicia Markus, dans son livre sur les Esto-Suédois (Living on Another Shore – Early Scandinavian Settlement on the North-Western Estonian Coast, Université d’Uppsala, 2004), il avait accompagné en 1905 Albert Engström et Axel Gallén – en fait Akseli Gallen-Kallela…, à propos duquel on a évoqué (bien rapidement…) une exposition [c'est ici...] à Paris récemment… – en Finlande et en Estonie…

« Ils firent une étape dans la lointaine et petite île d’Odensholm (…) là, ils rencontrèrent une étrange communauté, qui vivaient d’une manière assez primitive, et qui parlaient suédois bien qu’ils appartinssent à la province russe d’Estonie. »

On reparlera de cette visite du point de vue d’Engström (et, je l’ai peut-être déjà dit quelque part, il faudra aussi reparler de cette petite île d’Odensholm, du point de vue, entre autres, d’un soldat alsacien de la Wehrmacht, qui y a été stationné quelques mois…)
Un extrait de son récit (tiré d’un article sur cette équipée dans le Kustbon de septembre 1993. Je me trouvais quant à moi alors en Finlande, totalement ignorant de l’existence des Esto-Suédois juste de l’autre côté du golfe…) :

« Efter några få timmars sömn gingo vi i land igen för att dra ut kvadratroten ur Odensholm. Och det blev en fest for oss – kanske mest för Zorn. Han kände sig förenad med öborna genom något mystiskt blodsband. Han beundrade deras stolta hållning och rättframhet. Hos dem fanns ingen slavkänsla, sade han, och ändå hade de varit ryssar så länge. »

« Après quelques heures de sommeil, nous sommes retournés à terre pour prendre les dimensions d’Odensholm. Et ça a été pour nous une fête – particulièrement pour Zorn. Il se sentait lié aux habitants d’une sorte de mystique communauté de sang. Il admirait leur maintien altier et leur franc-parler. Nulle trace de sentiment esclave, chez eux, disait-il ; lors qu’ils avaient été russes si longtemps ! »


Nils Blanchard


N.-B.: Je ne suis pas le seul à avoir mêlé Christian Bobin aux anges ; c’est aussi ce qu’a fait Frédérique Roussel, le 25 novembre dans Libération, intitulant son article : Christian Bobin aux anges.

vendredi 2 décembre 2022

Traversée de l’Allemagne (3)

En Allemagne, je m’étais arrêté pour dormir, tout au Nord. À Strukkamp, au sud de l’île de Fehmarn, dont j’atteignis l’adresse de mon auberge grâce au GPS. Nuit noire ; peu de lumières.


L'image : troisième de couverture du magnifique roman (et on y reviendra) David, d’André Dhôtel. Éditions : L’Arbre vengeur. Au premier billet sur cette traversée de l’Allemagne, avait été évoqué Le musée noir de Mandiargues...

Or, l’Allemagne ; tout là-haut.
Nuit noire donc, un de ces endroits peut-être où l’on a la bonne idée d’utiliser parcimonieusement l’éclairage – pour voir les étoiles ? (Voir, vaguement à ce sujet, l’article du blog « Le SauteRhin », du 20 novembre.)
Passage d’un lièvre devant ma voiture au pas.

Dîné dans un restaurant désert, à deux kilomètres de là, près d’un camping où ce n’est pas un lièvre qui a surgi devant mes phares, mais un garçon à vélo comme sorti de nulle part, faisant des tours sur l’asphalte invisible.
Près de la mer, qu’on ne voyait pour ainsi dire pas.
Qu’on devinait, partout, jusque dans l’ambiance estivale du restaurant. Pour peu, il y aurait eu encore des traînées de sable par terre.
Réminiscences d’autres vies. Là, très proches, et comme inaccessibles.
Humeur un peu morose.

Et je tombe sur ce passage dans le blog de « Sandra skriver » :

« En sen kväll, ja, det är ju redan natt, har jag svårt att sova för ångesten som surrar inombords. Då smyger jag fram till bokhyllan och läser sedan omsorgsfullt Pannkakstårtan (…) » 

« Le soir est déjà avancé, oui, c’est même déjà la nuit, j’ai du mal à dormir, du fait d’une anxité qui ne me lâche pas. Du coup, je me glisse vers la bibliothèque et me mets à lire avec application Pannkakstårtan [Le gâteau à la crêpe ; livre illustré pour enfants de Sven Nordqvist, mettant en scène un homme un peu foutraque et son chat…] (…) »

Là, l’Allemagne, on était tout au bout. Déjà au-delà, la Scandinavie de l’autre côté de la mer.

Le vent de la nuit, de Philippe Garrel - Capture d'écran 

Et ça me fait penser à des traversées (des passages en tout cas) en Allemagne, dans des films. J’en ai au moins deux à peu près en mémoire.

Le premier, souvenir vague ; Le vent de la nuit. Daniel Duval, ombrageux. Au volant d’une Porsche, rouge. À un moment, son personnage et son acolyte traversent l’Allemagne ; il y a un différend quelque part – une station service ? On y est parfois très mal accueilli… – L’acolyte ressort des arguments d’un autre temps.
Catherine Deneuve, aussi, dans ce film de Philippe Garrel.
Ne me demandez pas l’année. Autre temps ?

Aime ton père, de Jacob Berger - Capture d'écran

Puis cet autre film où un personnage joué par Depardieu se voit récompensé du prix Nobel de littérature. Décide d’aller le chercher en moto.
Il a une fille (Sylvie Testud), un fils (Guillaume Depardieu)…
Eux prennent la voiture ; c’est compliqué…
Sur le bateau, la fille saute. Son frère plonge et la récupère…

Alors là, pardon, mais j’y pensais, sur le pont du bateau ; ce n’est pas possible : le temps que le frère plonge, le bateau a déjà avancé de cent, deux cent mètres… Il faut déjà nager cette distance avant d’aller repêcher la sœur qui a coulé à pic…

Aime ton père, film de Jacob Berger ; 2002.
Je ne sais plus s’ils posent le pied en Suède.


Nils Blanchard

mardi 29 novembre 2022

L’ange et le sourire, 2 – Christian Bobin / Les écureuils et les anges

 La Route inconnue n’a pas été épargnée ces derniers temps en disparitions. Le 23 novembre est décédé Christian Bobin.

Le Bernin, L’extase de sainte Thérèse ; source : Wikipedia.


Je fais ici une entorse à une vague règle que je ne m’étais pas fixée (et d’autant 

plus respectable bien sûr), mais… de me tenir à sept billets par mois.

C’est que, lisant l’article du Figaro de Sébastien Lapaque, le 25 novembre, 

consacré à C. Bobin (lu grâce à un membre actif de l’Association des Amis

d’André Dhôtel, Olivier Annequin), le thème du sourire, comme central (outre

Christian Bobin lui-même évidemment), pouvait difficilement être contourné, lors

que j’en avais déjà parlé au billet du 25 novembre.

Jugez plutôt :


« S'il évoquait un jour la présence réelle du Dieu caché des religieuses et des 

Messieurs de Port-Royal, ce sera à travers un traité du sourire. “Je ne sais pas trop

pourquoi, le sourire me semble être l'objet de méditation le plus profond possible. 

Je m'appuie à ce propos sur le sourire de quelques disparus qui se maintient et les

maintient hors des eaux noires. (…) Des sourires, aussi, comme on en voit pointer 

dans les berceaux au coin des lèvres des nouveau-nés. (…) Tout ce que je pourrais

vous dire honnêtement de Dieu, c'est ça. C'est la confiance. Non pas la confiance 

en quelque chose, non pas une confiance sans objet, mais la confiance en

quelqu'un, en une présence. Aller au-delà me semblerait impudique et un peu 

risqué. Si vous commencez à clamer à voix haute ce que vous aimez, si vous le

dites trop clairement, vous le tuez.

(...) L'écrivain citait peu ses confrères mais il avait le goût du mot d'auteur qui 

touche sa cible comme une fléchette. Dans Pierre, il avait reproduit cette phrase

d'André Dhôtel : “Nous devrions savoir que tout est à jamais loin, sinon ça ne 

serait pas la vie.” »


Le Caravage, L’Amour victorieux ; source : Wikipedia.


On est déjà passé du côté de la composition du Bernin (à propos de Wera von 

Essen, quelque part par ici, (ce billet et le suivant)…


Quant au Caravage... Plutôt amour qu'ange; quelle différence?

Messager, vaguement armé/désarmé. 

Je lis en quatrième de couverture d’un folio que j’ai, La grande

vie, Christian Bobin : « Ce qui manque à ce monde, ce n’est pas l’argent. Ce n’est 

même pas ce qu’on appelle “le sens”. Ce qui manque à ce monde c’est la rivière

des yeux d’enfants, la gaieté des écureuils et des anges. »


Nils Blanchard



vendredi 25 novembre 2022

L’Ange au sourire – deux rescapés de la guerre, à Reims

 Il m’arrive – pas en Alsace – de lire la presse régionale.

Ange au sourire, Reims

Et la Route inconnue (l’association des amis d’André Dhôtel) est en lien de ce 

blog) ; je ne saurais trop vous les recommander (le site, l’association, André

Dhôtel…) Bon… Cette association se réunit parfois à Reims. À la bibliothèque

Carnegie, notamment… Une des membres de cette association, ayant lu mon

livre, m’a envoyé une partie d’une édition de L’Ardennais où l’on pouvait lire, le 

27 novembre dernier – il y a un an  ! –, un article de deux pages, de Guillaume

Lévy, sur deux enfants de Forbach, qui furent aussi deux acteurs de la guerre.




L’histoire n’est pas banale. Nés en 1925 (Achille Muller, à gauche sur l’image), 

et en 1926 (Roger Boulanger, à droite), ils ont vécu dans la même rue à

Forbach et ont fréquenté la même école, raconte L’Ardennais. En 1942, A. 

Muller rejoint l’Espagne, puis Gibraltar, puis Londres, et va combattre les nazis

pendant le reste de la guerre. R. Boulanger, lui, pour éviter l’incorporation (la

Moselle avait été annexée à l’Allemagne), fuit en Suisse. Refoulé, après six

mois de prison, il est envoyé au KL Natzweiler. Puis il est transféré au KL

Flossenbürg début 1944, d’où il parvient à s’échapper pendant les marches de

la mort (il a publié un livre l’année dernière).

Après une retrouvaille en 1945, ils ne se reverront que 71 ans plus tard (en

août 2016), à l’occasion d’un film co-écrit par Olivier Hennegrave et Cheikh 

Sakho sur leurs destins parallèles. Chacun croyait l’autre mort.


L’ange, étymologiquement, c’est avant tout un messager. Porteur de liens, de

connaissances… Quand il sourit, c’est encore mieux. Quand les histoires ne

se terminent pas si mal que cela. Ce n’est pas si évident de faire sourire les

statues…

(Sourit-il, le garçon au poisson de l'en-tête de ce blog ?)



Nils Blanchard



P.-S. : Décès de Hédi Fried, le 20 novembre dernier, rescapée de la Shoah et

ayant beaucoup œuvré à sa mémoire en Suède. Hongroise (Transylvanie),

d’une famille juive, après un passage en ghetto, elle avait été déportée avec 

sa sœur et ses deux parents d’abord à Auschwitz (où ses parents ont été

gazés). De là, elle est passée par un camp de travail près de Hambourg puis,

atteinte du typhus, au camp de Bergen-Belsen. Elle avait été évacuée en

Suède par les « Bus blancs » de la Croix-Rouge.


dimanche 20 novembre 2022

Nostalgie

 

Wolinski - Charlie Hebdo, 1982

(Dessin reproduit dans Le Monde le 9 janvier 2015.)

Aucun rapport... 

La nostalgie redeviendra-t-elle un jour ce qu’elle sera peut-être autrefois ? 


Nils Blanchard


vendredi 18 novembre 2022

1943/1942

À Haguenau, le 17 novembre, conférence remarquable de Robert Steegmann, spécialiste de l’étude du KL Natzweiler.

NB - Le Struthof

Si j’ai parlé de (19)42, ici, entre autres, je n’attache pas une grande importance à ces dates rondes – même si je vais encore évoquer 1922 çà et là, par amusement…

Le sujet abordé par R. Steegmann, comme il l’a mentionné dès le départ, n’était pas du domaine de l’amusement : 1943 à Natzweiler : une année particulière et décisive.
Alors, bien sûr, 80 ans se seront bientôt écoulés depuis lors ; ce qui est à la fois beaucoup et peu encore.

Grand mérite de cet exposé : un discours de clarification, au regard de « mal dits » – l’intervenant est revenu plusieurs fois sur cette notion –, autour de l’histoire du camp de concentration communément appelé « Le Struthof ». Le conférencier a rappelé notamment la différence essentielle entre les camps du KL Natzweiler (camp de concentration dépendant de la nébuleuse administrative idoine…) et celui de Schirmeck, camp de redressement, qui lui dépendait du Gauleiter Wagner.

Je ne vais pas faire ici une recension complète de la conférence (j’envoie mes notes en PDF à qui le demande), qui reprend bien sûr, aussi, en grande partie, les travaux publiés de l’historien. Mais précisément aussi, autre rappel de cet exposé : l’avancée, incessante, des travaux sur le sujet des camps de concentration et du KL Natzweiler en l’occurrence, qui lèvent le voile, encore une fois, sur certains mal dits, donc, sur des non dits aussi, voire encore bien sûr d’anciennes ignorances.

Or un certain flou entretenu peut favoriser les révisionnistes.




NB - KZ Bisingen

Je m’attarderai ici sur ce qui a été dit sur les camps annexes, au cœur de ma propre étude : pour le KL Natzweiler, le premier camp annexe ouvre le 15/12/1942 à Obernai (château de Hell).
En 1943, 6 autres : Peltre (près de Metz), Heppenheim (Allemagne), Ellwangen (Allemagne), Metz – Fort de Queuleu, Iffezheim (Allemagne) Schömberg (Allemagne, le 18/12).
Puis en 1944, plus de 50 camps encore. Sur 52 000 détenus, sur toute la période, étant passés par le complexe de Natzweiler, 35 000 ne sont jamais passés par le camp central. Dont, Elmar Krusman.

L'intervenant rappelle aussi la « noria » des voyages incessants des déportés d’un camp à l’autre…
Alors, globalement (ouf…) m’est confirmé le fait que mon livre ne contient pas trop, trop d’erreurs… que j’avais suivi des pistes dignes d’intérêt (que je suis toujours du reste…)
Aussi, Robert Steegmann a insisté sur les avancées de la recherche, qui mettent à bas la thèse communément véhiculée du « On ne savait pas ». Donne différents exemples, les livraisons au camp, une entreprise de Schirmeck qui a participé à la construction de certains bâtiments…
Pour ne pas parler des camps annexes, on y revient, au cœur de zones habitées...

Mais nous sommes encore en 2022, 80 ans après 1942, année sur laquelle revient le Mémorial de la Shoah notamment.


Puis, au passage, novembre 1942 (le 15) 80 ans de la mort d’Annemarie Schwarzenbach, dont… on reparlera.

A. Schwarzenbach



Nils Blanchard


Arch(r’)ives / On me dira…

Déménagement de galerie d’artiste – une emmerdeuse, certes… –, inventaire de bibliothèque d’écrivain… Ça, on jette, tu prends ? Eh, bon an m...