jeudi 28 mai 2026

Un blog qui disparaît / mai – couverture et paradoxe

Rien de plus fréquent sans doute. Mais en l’occurrence, c’est assez bizarre : je suis tombé sur celui-ci (« Maytember », qui existe depuis plus de dix ans) par des cliquettements au hasard (et à partir d’un autre blog assez nouveau pour moi : « Imagine a bird »…) Il y est question d’Ethiopie, d’autres choses. Un article récent (18 mai 2026 ; on est alors le 21…) montre que le blog fonctionne…

NB - Mai 2026, entre France et Allemagne

Las. L’article en question s’intitule : « Det sista inlägget ».

« Längtan finns efter att klä vardagen i ord och samtidigt erbjuda den artificiella intelligensens övertagande av internet ett trotsigt motstånd – men jag hamnar så sällan framför datorn på fritiden. På arbetstid gör jag inget annat än att skriva, och däremellan är livet väldigt annorlunda nu jämfört för tio eller fem år sedan.
Därför blir det här det sista inlägget på den här sidan. Senare i veckan kommer den att plockas bort (…) »

« Ce n’est pas l’envie qui manque d’habiller de mots le quotidiens et d’apporter en même temps une ferme opposirion à l’intelligence artificielle qui se répand sur internet – mais j’ai si peu de temps à consacrer à mon ordinateur pendant mon temps libre. Et quand je travaille, je ne fais rien d’autre qu’écrire ; puis aussi la vie a beaucoup changé par rapport à il y a dix ans.
C'est pourquoi ceci sera mon dernier post sur cette page. Et le blog disparaîtra plus tard dans la semaine (…) »

Capture d’écran, blog Maytember

Je ne vais pas / ne me suis pas mis, à courir après tous les articles manqués (pour moi) de ce site, qui contiennent sûrement des choses bien intéressantes… Pas le temps, pas la disponibilité…
Manque de sommeil du mois de mai. Projets et devoirs (lettres à écrire, que sais-je) qui s’accumulent…
Puis un blog qui disparaît, ce n’est pas pour attirer de nouveaux lecteurs…
Il peut y avoir quelque chose de contradictoire : avoir envie d’écrire et arrêter le blog, vouloir lutter contre l’intelligence artificielle – contre l’artificialité sans intelligence ? – et déserter internet.
Mais précisément… (On en a déjà parlé…)

Capture d’écran, blog Maytember

De son côté, Ulrika Nettelblad (en lien de ce blog, à droite de l’écran...) évoque un « mjuka maj », un 
« mai tendre ». Tendre ? Mais chargé…

« En veckas semester i maj. Ansträngningarna inför den. En generalrepetition inför sommaren (…)
Arbetets administration (…)
Redaktörskommentarer på min roman. Kvällar i soffan och på balkongen, väga ord och formuleringar. Vilka komman måste få vara kvar i meningar som rör sig i ett oupphörligt flöde? När är det dags att sätta punkt? Hur långt får en liknelse glida iväg? Vad måste stå som det står, för att det var så formuleringen måste vara, för att jag känner det i kroppen?
Omslagsförslagen (…) »

« Une semaine de vacances en mai. Plein de choses à faire. Une répétition générale avant l’été (…)
L'administratif du travail (…)
Les commentaires de l’éditeur à mon roman. Des soirs sur le canapé et sur le balcon ; choisir termes et formulations. Quelle virgule peut être laissée dans une pensée qui s’étale comme un fleuve sans pause ? Quand faut-il mettre un point ? Jusqu’où une image peut s’éloigner ? Qu’est-ce qui devra être maintenu, car c’était ainsi que ça avait été formulé, et que je le ressens ainsi ?
La proposition de couverture (…) »

Eh ! La couverture…
Moi, j’en suis encore à attendre un vague avis, sur un roman à peine fini (toujours, des annotations rajoutées). À chercher vaguement quelque éditeur à peu près d’attaque pour d’autres textes encore.
Mais on a l’impression d’un tel flux de livres – parmi lesquels des bouquins formidables, d’ailleurs… –, d’un tel flux de discours.
Et en parallèle, les budgets d’armement augmentent à peu près partout, les flux de cochonneries continuent de se déverser dans l’environnement… des « économistes » continuent de déconner à plein tube sur la croissance, lors que celle-ci n’est plus supportable…

Ulrika Nettelblad poursuit : « Saker som aldrig blir gjorda görs. Köper en gräsklippare. Målar en flagnande vägg. Rensar ogräs. Tar hand om mitt hem som om det är en plats som är min, som om det är mer än förvaring för våra kroppar.
Ljuset så mjukt när det finns löv på träden. Solnedgång över viken på väg till affären, ljum luft i ansiktet. De enkla sakerna det största begäret. En varm kardemummabulle. Kaffe i morgonsolen. Att läsa dagstidningen från början till slut. »

« Des choses qu’on ne fait jamais se font. J’achète une tondeuse à gazon. Je peins un mur abîmé. Désherbe. Prends soin de mon chez moi comme s’il était à moi, plus qu’un simple lieu pour abriter nos corps.
Cette lumière si tendre quand il y a des feuilles sur l’arbre. Le coucher de soleil sur la baie quand je vais faire des courses, l’air doux sur le visage. Les choses simples si désirées. Un gâteau chaud, à la cardamome. Le café dans la lumière du matin. Lire le journal du jour du début à la fin. »

Moi aussi, moi aussi, moi aussi… ai quelques jours de liberté…
Le mois de mai explose de chants d’oiseaux, de feuillages nouveaux.

J'ai même revu le chat noir que je croyais perdu.

Même quelques lapins çà et là, lors qu’on en voyait si peu ces dernières années…
Voyez-vous ça.


Nils Blanchard


Ajout : Aussi, à Helsinki, se tiendra le 4 juin un colloque sur Tove Jansson : « Tove Jansson, la mer et la création ». (Et un site, assez formidable, sur Tove Jansson, est en lien de ce blog, vous savez… À droite de l’écran, version ordinateur…)
Eh… À quand un petit tour à Helsinki ?



Aussi, Wera von Essen « sort » ces jours-ci son nouveau livre, un recueil de nouvelles : Mödrar och män (Mères et hommes).
J'avance toujours dans la lecture – sorte de vie parallèle ; on en reparlera peut-être – de son formidable En Emigrants dagbok…, ne sais quand je me procurerai ce dernier opus. Le titre interpelle bien sûr (encore que ce ne soit sans doute que celui d’une nouvelle). Doit-on y voir un clin d’œil à Of Mice and men de Steinbeck ? Ou à Pères et fils, de Tourgueniev ? Il y aurait bien aussi Sons and Lovers de D. H. Lawrence.

Bon, mais c’est étrange, dans un des manuscrits à « éditoriser » dont je parlais justement plus haut, j’écrivais – sorte de reprise d’autofiction d’un journal de mai 2020 :

« Par ailleurs, j’avance – comme en un rêve, peut-être – dans En debutants dagbok [de Wera von Essen]. Un six juin, page 175 :

La petite maison est habitée par des musaraignes. Hier, Christine et moi avons acheté des pièges à souris et du poison et alors les rongeurs ne se sont plus montrés de tout le jour. Mais là, j’en ai vu deux de ces petites vies traverser le sol de la cuisine et disparaître sous la cuisinière. Je n’ai pas le courage de mettre en place les pièges. (…) Julia est mécontente de ce que je perds le contact avec les gens, de ce que je ne fais pas une différence suffisamment nette entre la vie et la fiction. Julia écrit que je me mets dans une situation impossible, que c’est insupportable de vivre comme je le fais, dans l’isolement.

Des souris et des femmes... »

Et tenez, quelques pages en avant, avril 2020, pour recoller à la canicule dont parle aussi le blog Alluvions :

« Un député républicain a parlé de décaler les vacances ; elles commenceraient mi juillet et iraient jusqu’à mi septembre. Pas question, pour ces gens, de les raccourcir, il faudrait pour eux au contraire pouvoir les allonger ! Cet état d’esprit me met de plus en plus en colère. Il fut un temps où les écoliers ne reprenaient les cours que début octobre. Et les cours finissaient en juin... Allez faire travailler les élèves dans la chaleur de juillet ! (Mais j’ai déjà dû écrire ça...) Puis, surtout, cette idéologie du « travailler plus »... Ne voient-ils pas les faits : la baisse de la pollution avec le confinement (et donc le ralentissement des activités), le fait aussi que, plus on travaille, plus la croissance augmente, comme le veulent ces gens-là, plus la dette (écologique, notamment) augmente aussi ! »

Étrange comme ces députés-là sont totalement muets en ce moment !

Pour en revenir à l’actualité autour de Wera von Essen, des recensions du livre paraissent dans les différents journaux. Il y est question çà et là de dragons…



NB

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