mercredi 21 janvier 2026

S’il n’y avait pas l’ordinateur

Étrange article, par son aspect ordinaire, peut-être… mais il y a autre chose, on va voir… sur le blog de Julia Eriksson (en lien de celui-ci, cliquer, à droite, liste des blogs, version ordinateur, etc.), blog que j’hésite à maintenir dans ma liste.

Carl Stefan Bennet, Stockholm - Capture d’écran

 On y trouve parfois de fort belles photos – prises de smartphone que je me refuse toujours à utiliser –, notamment du côté de quartiers de Stockholm où j’ai à peu près vécu, que je revois avec plaisir, et un certain serrement de cœur.
Parfois, plus rarement, des réflexions intéressantes.

Là, le premier novembre, deux photos d’un appartement suédois somme toute assez typique, si ce n’est – ou tout aussi bien parce que – que pas un grain de poussière n’affleure où que ce soit.

Blog de Julia Eriksson, capture d’écran


À y regarder de plus près, on est étonné par un côté années 70 de l’ensemble, et partant, d’une certaine intemporalité. Mes grand-parents auraient pu vivre là, il y a plus de cinquante ans. Telle autre personne, il y a plus de trente ans. Une autre encore il y a bien plus longtemps encore peut-être.
À une époque, peut-être même, où l’on pensait peu au réchauffement climatique, que le bon Trump – Harry Pottrump – et ses sbires croient avoir effacé d’un coup de baguette magique, tellement ils sont…)

Ceci, en tout cas, s’il n’y avait cet ordinateur portable, posé sur la table. Il n’a sûrement pas été laissé là, pour la photo, par hasard.
Est-ce une façon de montrer que le travail s’invite dans la vie intime ? Qu’on est une personne performante ? Je ferai crédit à la blogueuse de ne pas s’abaisser à une telle vulgarité.
Peut-être veut-on montrer alors que l’instrument du blog est là, prêt à servir encore.
Une sorte d’à suivre.

Peut-on imaginer que dans quelques années, décennies, un même intérieur puisse être débarrassé de cet ustensile ? Que l’époque numérique, un jour, finisse ?

Carl Stefan Bennet, intérieur, 1870 - Nationalmuseum, capture d’écran

Pour le reste – allez-y voir ; c’est peut-être un peu comme regarder à travers une fenêtre… – le texte décrit un couple qui s’installe ensemble, dans un nouvel appartement ; les habitudes qui se frottent.
Un commentaire anonyme (ça, c’est très années 2020!) remarque judicieusement que ces paragraphes sont bien troussés (je résume…)

L'article s’intitule « En etta, vi två » (« Un studio, nous deux »). Peut-être aurait-il été plus intéressant d’avoir un titre du genre : « En femma, vi sex. » (« Un cinq pièces, nous six. ») Mettons… deux femmes vivant avec quatre hommes, ou deux hommes avec quatre femmes…
En familistère sexuel.
Pardon, je divague. Enfin non, d’ailleurs.


Nils Blanchard


Ajout d'étiquettes du dernier billet: Genèse, André Dhôtel, combat, Rosemary Ellen Guiley.

vendredi 16 janvier 2026

Peintres, anges et Jacob

                                                                La mort, c'est le point sur le mot "vie", disait-il. 

                                                                À Henri Blanchard, 
                                                                 i. m.   

Ces dernières semaines, plus ou moins par hasard – il y a des choses qu’on me signale aussi, parfois – j’ai rencontré ici et là des œuvres de Roger Dale et Camille Claus (les deux, qui ont enseigné à l’actuelle HEAR de Strasbourg, où Asuka Kazama, très attachée à l’Alsace, a étudié…, se sont rencontrés, mais je crois avoir déjà parlé de ça. 

Capture d’écran, site Youtube de Roger Dale

La couverture d’Elmar Krusman emprunte aux Cent vues du Struthof de Roger Dale.
Il a donné une interview à L’écho de La Robertsau en décembre 2025.
Jacques Gratecos, journaliste de l’écho en question, pose comme première question :

« JG – Comment peut-on naître à Liverpool, passer 25 ans à Calgary au nord-ouest de la frontière canado-américaine et finir par s’ancrer dans notre quartier ? [La Robertsau étant un quartier de Strasbourg…]

RD – Ma patrie c’est la peinture. (…) »


Ah, et étrange coïncidence, Roger Dale d’évoquer dans la suite de l’entretien le château de Pourtalès, qui lui a fait forte impression quand il est arrivé en France. Quand j’ai visité une galerie d’Asuka Kazama à Paris, fin 2025, elle y avait des œuvres représentant ce château (et son parc)…


Mais j’arrive par je ne sais quel hasard de tâtonnements numériques sur une vidéo datant d’il y a plusieurs années, montrant Roger Dale peignant une toile intitulée L’échelle de Jacob. (C’est là !)

Or je reparlerai aussi d’anges musiciens

Mais cette allusion, plus à Jacob qu’aux anges, m’a amené à Camille Claus, dont je venais de voir, la veille, une petite exposition (entre autres) d’œuvres délaissées par une église, à la médiathèque protestante (de Strasbourg encore).

Or j’avais vu il y a déjà quelques années à une autre exposition ce tableau de Claus représentant le combat de Jacob et de l’ange.

NB - Camille Claus, Combat de Jacob avec l’ange, 1957 -
Exposition au Centre culturel de Drusenheim, mars-avril 2022 

C'est dans le Livre de la Genèse (Bible de Jérusalem), 32, 23-32 :

« Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu'il possédait. Et Jacob resta seul. Quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. Voyant qu'il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l'emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui. Il dit : Lâche-moi, car l'aurore est levée, mais Jacob répondit : Je ne te lâcherai pas, que tu ne m'aies béni. Il lui demanda : Quel est ton nom ? - Jacob, répondit-il. Il reprit : On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre tous les hommes et tu l'as emporté. Jacob fit cette demande : Révèle-moi ton nom, je te prie, mais il répondit : Et pourquoi me demandes-tu mon nom ? et, là même, il le bénit. »

Moi, de par diverses réflexions sur l’adversité – bon… mais visitées de loin en loin… Eh, mais si on y ajoute en plus des anges… –, m’intéresse cette bénédiction venant après une agression et un combat…
Quelque chose vers le Ma-aï des arts martiaux, au-delà de l’espace-temps ordinaire ?

L'ange, là, au bord d’une rivière… Comprenne qui pourra : je pense à des scènes de « reptation » des personnages principaux, dans plusieurs romans de Dhôtel.

Mais qu’est-ce que tout cela veut dire ? Faut-il en décider, d’ailleurs, de ce sens ?

Rosemary Ellen Guiley de noter dans The Encyclopedia of Angels :

« Cette scène dramatique a suscité de nombreux commentaires de la part des théologiens judaïques, catholiques et protestants, des biblistes et des critiques littéraires. Jacob lutte-t-il avec Dieu ou avec un ange ? … Il n'y a pas de réponse définitive, mais l'histoire a été rationalisée : romancée, traitée comme un mythe et traitée symboliquement. »

An Encyclopedia of Angels… Why not ?


Nils Blanchard


Ajout d’étiquettes du dernier billet : Florence Gould, Balthus, Fred Vargas, Maurice Sendak, Georges Duby, Le Louvre, Eugène Delacroix.

lundi 12 janvier 2026

Liens d'hiver

Scintillements de hasards. J’entends parler de choses, différentes, qui me ramènent à Héloïse Combes.

Capture d'écran

 Ainsi un article de Bernur, le 13 décembre 2025, traitait de la réédition de Härdarna de Karin Boye (chez Nirstedt), qui a été traduit en France sous le titre Les Âtres.
Le blogueur de noter : qu’Aya Kanbar, dans son avant-propos, décrit le livre « som ”en samling som brinner av både styrka och sårbarhet, av både kamp och försoning – en bok där elden inte bara förtär, utan också lyser upp och pekar mot nya horisonter.” » (« Comme ”un recueil qui brûle à la fois de force et de vulnéralibilé, à la fois de lutte et de rédemptionun livre où le feu ne fait pas que consumer, mais illumine aussi et désigne de nouveaux horizons..” »)

L'Embrasement des siècles, d’Héloïse Combes, non seulement s’organise autour de l’incendie d’un refuge – avant, après… – et la deuxième partie s’intitule « La femme du feu des forêts ». Ce sont des poèmes dits « bruts » ; le premier : « Feu » !

Pages 49, 50 : « Le feu qu’en dire
Il a tout emporté
Mes robes les chaises paillées
Le lit les livres sauf un
D'André Dhôtel Ma chère âme

(...) 

Le feu a balayé
Les injustices des siècles
Il m’a poussée dehors nue et terrifiée
Mais digne
Le feu
Qui m’aime

() »


Bernur est en lien indirect de ce blog (version ordinateur, à droite…) ; Ent’revues aussi. Là, est annoncée une soirée organisée par la revue Les Haleurs, qui en est à son deuxième numéro – bientôt un troisième, en mars, sans parler de hors-série recueils et cahiers… – et traite notamment d’éco-poésie.

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs

15 janvier, 18h30, boulevard Raspail… Le thème ? Nature et poésie.
Qui mieux qu’Héloïse pourrait évoquer ce sujet ?

(Le site précise que dans quelques semaines, on pourra suivre la captation de cette soirée ; il y a un lien – allez-y voir ; lien de lien, de lien…)


Et puisqu’il a été question d’André Dhôtel aussi, il se trouve que j’ai écrit un petit article sur les foyers, dans un bulletin (le 44) de la Route inconnue – grand Dieu ! Ça remonte déjà à 2016 ! (La Route inconnue, en lien elle aussi, à droite, version ordinateur, etc.)
Et – on évoqua Le bateau ivre – une partie de ce petit texte s’intitule « Rimbaud ». Ça commence ainsi : « À Florence Gould, Dhôtel écrit en décembre 49 : “Savez-vous que dans Rimbaud il y a aussi des villes et des paysages construits avec ce qu’on voit dans les foyers ?” »

André Dhôtel en 1955 (Rimbaud dans le cadre)

En feuilletant les pages de cet article – il est vrai que j’en profitai pour évoquer diverses interventions d’une réunion (consacrée à Dhôtel) – apparaissent, outre Rimbaud, Balthus, des chevaliers et Fred Vargas, Georges Duby, même, des fées du logis, jeux enfantins… Maurice Sendak !


Nils Blanchard


- Ajout d’étiquettes du dernier article : N4, SOV, Sade, Mûrs-Érigné, Georges Barbier, Göte Brunberg, Luc Autret.

- Décès le 3 janvier d’Eva Schloss, rescapée d’Auschwitz-Birkenau. Comme Anne Frank dont elle était devenue la belle-sœur par alliance après la guerre, elle était passée par le camp de Westerbork.

- Ajout: xénophobie culturelle française. Il en a été question ici notamment, certains musées, lieux patrimoniaux  le Louvre notamment  vont désormais (à partir du 14 janvier) faire payer des droits d'entrée plus chers aux étrangers. C'est en vigueur à partir d'aujourd'hui. lI faudra du coup contrôler l'identité des gens. Quant aux apatrides à qui on demande de se cultiver pour devenir français, j'imagine qu'ils ne pourront même plus pénétrer en ces lieux. 
Un Iranien paiera plus cher pour voir La Liberté guidant le peuple de Delacroix...

NB   

mercredi 7 janvier 2026

Mattias Reinholdson - Vagues agressions / Laclos par là-dessus

Retour Ouest – Est (un peu (trop?) traditionnel pour moi ; j’en reparle…)
Mais en rentrant, consultant le site de la SOV (Estlandssvenskarnas Kulturförening – Association culturelle des Suédois d’Estonie), en lien de ce blog (écran, à droite, version ordinateur, etc.), j’apprends la mort de Mattias Reinholdson.

Estlandssvenskarnas Kulturförening - Capture d’écran

Il se trouve que j’avais été récemment un peu en contact avec lui par courriel. Il avait rédigé un beau dossier dans le dernier numéro de Kustbon (l’organe historique de la SOV dont il était le rédacteur en chef jusqu’il y a peu) sur mon article dans Nordiques et mes travaux plus généralement…

Il me fait penser, pour ce que j’en ai connu à des gens comme Göte Brunberg, Luc Autret (lui dans un autre domaine, les revues littéraires), qui consacraient de leur temps à la recherche, désintéressée (hormis l’intérêt pour le sérieux, la fiabilité…), et toujours prêts à partager connaissances et avancées.

Jag beklagar sorgen.

NB - Mûrs-Érigné

                                                                                     *

Et retour de l’Ouest, donc. Dès Troyes, je ne veux pas manquer ma sortie vers Nancy pour passer de l’autoroute à la N4. Un type (parmi d’autres) me serre, klaxonne même, sous prétexte que je ne vais pas assez vite à son goût (j’ai un peu de mal à voir la nuit avec des phares mal réglés dans tous les sens face à moi, ou ceux de panzers qui pourraient illuminer on ne sait combien de stades de foot (allez, oui… de foot!)) Bref, je rate ma sortie, perds une bonne demi-heure à faire un tour pour la retrouver.

Ah, il est vrai, je n’avais pas branché de GPS…

Ensuite, sur toute la route jusque vers Nancy (je m’en suis vraiment rendu compte à partir de Saint-Dizier) : tous les panneaux indicateurs ont été systématiquement souillés par de la peinture ou je ne sais quelle boue. Ce sont des centaines de panneaux, sur près de cent kilomètres. Quasiment aucun épargné.
Quelque colère d’agriculteurs d’avant les fêtes ? Mais ils ont dû y passer des jours entiers…
Et qui paiera le remplacement desdits panneaux ?

On me dira… avec leurs guidages GPS, les gens ont-ils vraiment besoin qu’on les remplace ?


NB - Mûrs-Érigné

                                                                                     *

Par là-dessus – c’était samedi – j’entends à la radio le récit des exploits de Trump au Venezuela. Surtout, j’entends Trump lui-même s’auto-acclamer pendant vingt minutes.
Là… Je n’ai pas franchement d’opinion très tranchée sur le régime au Venezuela – on ne peut avoir d’opinion tranchée sur tout… – Quant à l’opération de Trump, si vraiment le président vénézuélien était un parrain de la drogue comme Trump le prétend, après tout, qu’on l’exfiltre…
Non, ce qui m’a paru à ce moment être une agression en soi, encore une fois, c’est la bêtise crasse (« la plus grande opération depuis la Seconde Guerre mondiale », etc.) de Trump, cette vulgarité à toute épreuve qui ronge peu à peu – accumulation de précédents – tout un tissage de civilisation.

Et bien sûr, le brave homme de publier une photo de son ennemi capturé, sur son « réseau » « social »…

                                                                                    *

Georges Barbier (illustration des Liaisons dangereuses)
- Capture d’écran

Mais de retour à mon appartement, retrouvant mon ordinateur et le blog Bernur, je vois que Björn Kohlström parle de la traduction suédoise des Liaisons dangereuses, évoquée en ce blog notamment à cet endroit.
Article intéressant et complet, comme bien souvent chez Bernur, qui remarque que dans la postface : « Carin Franzén inkännande om romanens tillkomst och historia, och låter det vara osagt om Laclos roman ligger närmast Rousseau eller Sade » – « Carin Franzén étudiant la genèse et l’histoire du roman, semble indécise quant à le placer plus près de Rousseau ou de Sade ».

À propos de Cécile Volanges, de son traitement par Merteuil et Valmont, Bernur note : « Laclos visar hur lättmanipulerade vi är, hur vi nästan frivilligt uppsöker det som duperar oss » - « Laclos montre combien on peut être aisément manipulé, comment nous allons presque volontairement vers ce qui nous dupe ».
Est-il nécessaire ici de reparler du paragraphe précédent de ce billet ?

Puis Bernur poursuit : « Om dagens unga tar hjälp av chat GPT för att skriva sina kärleksbrev kunde man på 1700-talet konsultera de många kärleksromanerna och kopiera fraser därifrån. » - « Si les jeunes gens d’aujourd’hui s’aident de chat GPT pour rédiger leurs lettres d’amour, on pouvait, au dix-huitième siècle, se servir des nombreux romans d’amour et en copier des phrases. »

Eh ! Pas qu’au dix-huitième siècle !

Hashtag : pas qu’au dix-huitième siècle !


Nils Blanchard

samedi 3 janvier 2026

Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute assez traditionnels semble-t-il (Thomas Nydahl), et New York, si j’ai bien compris, où vit un Français d’origine, homosexuel, disciple de l’empereur Hadrien.

NB - Anjou

 Le premier, dont on va un peu sauver le blog Nydahls Occident (c’était avant cet article calamiteux évoqué au dernier billet), écrit le 14 novembre – il faudrait aussi en ce blog, Suédois d'ailleurs, une étiquette « Le temps passe » :

« Att Putinfascismen verkligen startade angreppskriget mot Ukraina är ett nederlag också för alla fria nationer (…)
Jag befinner mig i ett tillstånd av uppgivenhet och bedrövelse. Det har förstås mest att göra med det pågående skeendet. Men det har också privata orsaker. Omständigheternas diktatur ligger sedan flera årtionden som en våt filt över mig. Allt jag försökt, allt jag kämpat för, har rasat och förtvinat. Det rena har ersatts av mögel och svamp.
Jag har Henne här hemma, att tacka för att livet också är vackert och kärleksfullt. »

« Que le fascisme poutinesque ait pu effectivement enclencher sa guerre d’agression contre l’Ukraine, c’est une défaite pour toutes les nations libres (…)
Je me sens maintenant affligé, désabusé. C’est lié bien sûr surtout à la conjoncture. Mais ça a aussi des raisons privées. Depuis plusieurs décennies, la dictature des circonstances me recouvre comme une couverture humide. Tout ce que j’ai tenté, tout ce pour quoi je me suis battu, s’est effondré et s’est étiolé. Le pur a été remplacé par moisissure et mycose.
J'ai Elle à la maison, que je remercie de rendre la vie, quand même, belle et pleine d’amour. »

L'article est illustré d’une belle photo d’arbres dans le brouillard (d’Astrid Nydahl vraisemblablement).
Il est vrai que l’époque nous entraîne, comme un fleuve en crue, vers de mauvaises directions : constructions nucléaires, menaces d’utiliser des armes nucléaires, réduction de la biodiversité, submersion plastique, progression de l’I.A. (que je pense être, de plus en plus, une vaste connerie. Oui, l’I.A. permet certaines choses, notamment dans le domaine médical… Mais quoi, mais justement : on arrivera peut-être à cette situation où les médecins doubleront systématiquement leur diagnostic de celui de l’I.A. On pensera que c’est très bien, cela sauvera des vies peut-être. Puis petit à petit, on se rendra compte qu’on n’aura plus de médecins, plus de gens capables d’exercer ce métier de manière autonome et donc d’avoir l’expertise personnelle, le recul nécessaires à leur pratique. – D’ailleurs, du fait de la recherche d’un certain confort bobo, a-t-on encore de vrais médecins, qui acceptent de sortir de leurs centre-villes, de leurs emplois du temps confortables pour exercer ? Là, l’I.A. n’y est pour rien ; une certaine éthique… –), menaces russe, chinoise (très différentes), j’aurais tendance à ajouter : abêtissement de certaines masses…
Quant à ma vie privée par là-dessus…

NB - Anjou

Le disciple d’Hadrien, lui (blog Animula Vagula Blandula), de remarquer, le 27 novembre dernier :

« En 36 ils accusaient les juifs, les communistes, les homos, les noirs et les arabes, vaste amalgame de détestations et de colère, abreuvés par une presse qui alimentait leur flamme par une diarrhée immonde d'informations, de petits mots, de sous-entendus... Tout un scénario qui à travers le monde se répète et s'amplifie. Les peuples ne se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière le masque de l'honorabilité, de la simplicité, de l'élégance affectée des nouveaux populistes. On les flatte, on leur rappelle qu'on vient des mêmes villages, des mêmes cités, qu'on partage leurs aspirations et leurs colères et peu à peu on grimpe jusqu'au sommet de l’État et dès le lendemain on confisque la souveraineté au peuple, on s'auto-amnistie, on se remplit les poches et on se vautre dans le luxe. (...) Et les peuples joyeux sont prêts à se jeter dans la gueule souriante du diable et de ses diablotins... »

Les « noirs et les arabes », en 36, je ne suis pas sûr qu’ils aient été une cible privilégiée. (Peut-être, du reste, aurait-il mieux valu parler de 34, mais…) Il y avait plutôt les Italiens ; j’aurais tendance à ajouter, dans certains « mondes », au cœur de certaines morales, les femmes. Celles qui seront tondues en 40, parce que la morale de ces mondes-temps acceptait que les hommes fussent « volages », interdisait aux femmes d’être des « salopes »…
La notion de « sous-entendus », pour faire passer toutes sortes de saloperies précisément, est bien vue.
Elle existe encore aujourd’hui où des crétins parlent avec légèreté des camps de concentration, par exemple, décomplexés par les errements des derniers gouvernements israéliens, confondant complètement, lesdits crétins, dans leur bile plus ou moins réseau-sociarde, les mondes et les temps…


Nils Blanchard


Ajout : Mort d’Henri Mosson, le 30 décembre dernier, dont il a été un peu question en ce billet-là
Ce billet évoque aussi des bizarreries (à tout le moins) « historiographiques » (si l’on peut dire…) alsaciennes, sur lesquelles il faudra que je revienne malheureusement.

lundi 29 décembre 2025

Quand des blogs en lien (en lien de lien) partent en vrille / parallèle

Suédois d’ailleurs, petit blog au titre somme toute étrange, mais pratique, présente des blogs en lien, dont certains eux-mêmes présentent des blogs en lien, dont certains eux-mêmes, etc.
Cela permet d’aller cliquer ici et là facilement et, parfois, de tomber sur des choses intéressantes.
Parfois sur des propos passablement consternants.

Magnus Enckell, Diane et Endymion - Capture d’écran

Nydahls Occident (en lien du blog Bernur, lui même dans la liste du site Nordic Voices in Translation) a été plusieurs fois cité ici. Il a le mérite d’ouvrir des portes sur la culture, notamment littéraire, suédoise, parfois danoise, parfois d’ailleurs. L’auteur s’y livre à des réflexions, dont on devine parfois que l’angoisse est relative à ses difficultés physiques. Bon, mais de là à laisser entendre qu’islam et « massinvandringen » – « immigration massive » sont responsables de l’antisémitisme (article du 15 décembre dernier, suite à l’attentat de Sydney), il y a un pas. Un pas qui me dégoûte de franchir à nouveau le clicseuil de ce blog. Tant de simplicité d’esprit, et à un âge avancé, cela devient proprement dégoûtant.
Accabler une communauté, une religion, pour en « défendre » une autre est de l’ordre de la faiblesse d’esprit, qui plus est quand on se targue de connaître l’histoire du vingtième siècle. Je ne crois pas que l’islam, ni quelque « immigration massive » que ce soit aient été responsables de l’antisémitisme – qui a abouti à ce que l’on sait – des années trente !
Du reste, comment se serait comporté notre bon blogueur dans les années trente ?

Magnus Enckell - Capture d’écran

En lien cette fois du blog « Alluvions », le site « L’Ex, Homme-Âne-Yack » parle, le même jour, de « pétasses qui se prostituent toujours pour la putasserie généralisée », à propos d’une publicité d’abribus avec la photo d’une élégie pour une marque de parfum.
Là, plusieurs choses : je comprends mal pourquoi on devrait assimiler les travailleuses du sexe à des « pétasses ».
D'autre part, le site cite René Char en exergue : « L’essentiel est toujours menacé par l’insignifiant. » Je ne saurais trop leur recommander d’ajouter cette phrase de Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant. »
Derrière cet excès en l’occurrence, on devine le pavage de bonnes intentions (très mode, même s’il critique l’industrie de la mode…) de l’auteur : des affiches montrant des femmes les transforment en objets, etc.

Eh bien non, zut. Je préfère des affiches de belles personnes à des photos de panzers ou de je ne sais quelle banque.
On me dira : mieux vaut n’avoir pas d’affiche du tout.
Eh ! Mais méfiance : tout interdire peut préparer à l’avènement de règnes où l’on reverra les murs se couvrir d’affiches, d’un dirigeant divinisé…

Magnus Enckell - Capture d’écran

Je ne sais si l’on peut faire un parallèle entre une certaine xénophobie (premier blog évoqué) et ce que je ne peux m’empêcher d’assimiler à du néopuritanisme (le deuxième). Mais les deux choses cohabitent très bien, par exemple, dans une certaine Amérique estampillée « Make America Great Again ».


Nils Blanchard

mercredi 24 décembre 2025

Retour sur l’enfance / Marcel Arland, Dominique Aury et anges musiciens

J'ai été à la BNU (Bibliothèque Nationale Universitaire) de Strasbourg, le 20 décembre, voir une exposition « Les anges musiciens » que je guignais depuis quelque temps, juste avant qu’elle ne ferme.

NB - Un jouet suédois, mais avec des rênes

Mais d'abord, il y a ce texte de Dominique Aury qui traîne depuis quelque temps dans mes notes. Évidemment le mieux serait d’en parler à la Sainte Lucie. Mais c’est passé… On sait que ce blog a beaucoup de mal à coller à l’actualité…
C'est un très beau texte sur La musique des Anges, de 1967, livre de Marcel Arland. (En recherchant cette année de parution, je viens de me rendre compte qu’on trouvait ce texte assez simplement, à cet endroit.)

(J'ai un peu étudié Marcel Arland – auteur que j’aime bien – et Dominique Aury, importante figure de la Nrf, amie de Jean Paulhan, en plus d’être l’auteure bien sûr d’Histoire d’O. Tous les deux ont été, sans doute pas aux mêmes époques, aux déjeuners de Florence Gould. Je ne sais pas s’ils s’entendaient si bien que ça. J’aurai sans doute l’occasion de revenir là-dessus, ailleurs qu’en ce blog vraisemblablement…
Peut-être donc ne s'entendaient-ils donc pas, mais la littérature, pour les gens qui la servent vraiment, est comme d’une autre dimension.)

Bref, le texte commence de la sorte : « À la Sainte Lucie, au plus noir de l'hiver, on donne aux enfants de Suède de petits manèges d'anges musiciens. Il s'en élève une fugace et poignante musique, à peine saisissable, et qui pourtant ravit. C'est une mélodie du même ordre que laissent échapper les récits dont est composé le dernier livre de Marcel Arland, une mélodie qui célèbre, au plus noir des désastres dont une longue vie peut accabler un homme, et avec lui tous les hommes, un miraculeux éclair : la grâce, un instant, de l'accord entre n'importe lequel d'entre nous et le coin de terre où il fait halte, de l'accord entre celui qui parle et ses lieux de prédilection. »


On en a parlé... les lieux de prédilection d’Arland ? L’Auvergne, notamment… Les crucifix dans la pierre d’une campagne étincelante de beauté.
Je revenais justement, récemment, de la visite d’une bibliothèque en ces coins, où il y avait du reste des dédicaces d’Arland…

NB, Auvergne, automne 2025 - En l’occurrence, ici, le crucifix est métallique

Or donc, cette exposition à la BNU, sur les anges musiciens… Peut-être en parlerai-je une autre fois.
C'est que je vais assez rarement à Strasbourg, pour diverses raisons. Là, je voulais profiter de mon passage en cette ville pour allez voir si je ne pouvais pas trouver quelques DVD et CD dans une enseigne bien connue, qui a à peu près le monopole de la chose désormais (sans quoi je n’y mettrais sans doute jamais les pieds… Et la dernière fois que j’avais été dans ce magasin, tenez ; ça apparaît dans ce billet).

Je trouve quelques petites choses (dont un Polanski, un Woody Allen…), fais une longue queue pour payer mes achats, et au moment où ça aurait dû être mon tour d’aller à la caisse, des gens me passent devant, venus de nulle part : ils sont « prioritaires ». Je commence à râler évidemment ; n’a-t-on jamais entendu parler de la nuit du quatre août, l’abolition des privilèges, etc.
Mais les gens de la queue restent impassibles (sans doute leur faut-il un gilet jaune pour se croire autorisés à s’exprimer…)
(Ça me fait penser, à propos d’anges – ou peut-être pas du tout – que j’ai renoncé aux musées du Vatican, lors d’un séjour à Rome, parce que les « coupe-file » m’écœuraient, comme m’écœurent les tarifs particuliers de la SNCF, les péages autoroutiers privés, les ceci, les cela ; tous ces retours d’égouts des temps des octrois…)

Bref, je finis par me retrouver devant une souriante jeune caissière, qui dissipe ma mauvaise humeur. « Vous pouvez avoir une carte gratuite pour Deezer, me dit-elle.
– Dix heures de quoi ? »
Bon, il y avait la queue derrière moi, je n’ai pas prolongé trop longtemps la confusion.
« Mais vous savez – me dit-elle l’air quand même, un peu inquiet – ce sont les concurrents de Spotify... »

Spautie – faille ?

God Jul ! Joyeux Noël !


Nils Blanchard

S’il n’y avait pas l’ordinateur

Étrange article, par son aspect ordinaire, peut-être… mais il y a autre chose, on va voir… sur le blog de Julia Eriksson (en lien de celui-c...