lundi 19 octobre 2026

Homme parole (talman)

Il y a un personnage assez étrange dans la politique suédoise, c’est Andreas Norlén, le Talman (président du parlement dirions-nous ; ce qui en fait, par certains aspects et à certaines périodes, un succédané de chef d’État…, me disais-je…)

Oscar Reutersvärd – Capture d’écran

Bon, pour aller plus vite, je consulte Madame Ia (nous avons fait plus ample connaissance…) Je lui demande :

– Quels sont les pouvoirs du Talman, en Suède ?
– En Suède, le Talman (le président du Riksdag, le Parlement monocaméral) occupe une place constitutionnelle centrale. Il est le deuxième personnage de l'État dans l'ordre de préséance, se situant juste après le Roi, mais devant le Premier ministre.
Depuis la réforme constitutionnelle de 1974, la quasi-totalité des pouvoirs politiques du monarque lui ont été transférés. Ses pouvoirs s'articulent autour de plusieurs axes majeurs (…)
 
Madame Ia a tendance à bavasser quelque peu et à arborer comme autant de bijoux des mots en gras, des notes, des termes soulignés sur lesquels il faudrait cliquer pour obtenir de plus amples informations… Elle m’agace, bien sûr, car elle me ressemble un peu somme toute. Oh, je suis beaucoup, beaucoup moins savant qu’elle… Mais quoi qu’elle fasse, je serai toujours plus humain (ce qui n’est peut-être pas toujours à mon avantage, mais c’est une autre question…)

Madame Ia précisait ensuite les principaux domaines du pouvoir du Talman M. Norlén (je résume : formation du gouvernement et nomination du premier ministre, direction des travaux parlementaires, régence par intérim, représentation internationale). Il cumule en fait certaines attributions (si on compare avec la France) de l’Elysée, de Matignon, des palais du Luxembourg et Bourbon…) Ça commence à faire, pas ?



Cet Andreas Norlén m’était plutôt sympathique, avec son élégance vestimentaire, sa manière de servir du thé (ou du café? – pas de bière, malheureusement…) aux politiciens venant le solliciter pour former un gouvernement lors des talmansrundor. J’aurais peut-être dû plus me renseigner alors. J’ai bien évoqué sa compilation de poèmes dont j’avais dû avoir connaissance par Bernur (qui en était un peu agacé si je me souviens bien), qui s’appelle bonnement Talmannens Guide till Svensk Poesi (Le guide du Talman à travers la poésie suédoise). Mais Wikipedia (en français) a attiré mon attention sur un autre aspect du personnage (l’article fait six petites lignes (sans compter les bijoux, notes, etc.)) :

« Membre du parti conservateur des Modérés, il est élu au Riksdag en octobre 2006.
Le 24 septembre 2018, il est élu président du Parlement grâce aux voix des députés des Démocrates de Suède, le parti d’extrême droite. Le lendemain, il organise un vote de défiance contre le premier ministre, Stefan Löfven, qui conduit à son renversement [à S. Löfven] par 204 voix sur 349. Il est réélu en 2022 et 2026. »

Après divers essais d’autres politiciens, Löfven a été finalement maintenu à son poste avec un gouvernement minoritaire, et y restera jusqu’en novembre 2021. Et pendant le Covid, Löfven soutient notamment les décisions iconoclastes (mais semble-t-il pertinentes) d’Anders Tegnell.

Oscar Reutersvärd – Capture d’écran

Pour en revenir à Andreas Norlén, il faudrait ajouter à l’article de Wikipedia qu’en 2026 (le 28 septembre pour être précis), il gagne une nouvelle élection comme Talman grâce aux voix du parti Vänster, d’extrême gauche (ou pas très loin, parti aujourd’hui assez comparable à LFI…), par 200 voix contre 146 (et 1 vote invalide) face à Johanna Haraldsson (proposée par les sociaux-démocrates). Pour ce monsieur, les votes n’ont pas d’odeur.
Mais il est étrange de constater comment, en Suède aussi, les extrêmes se touchent.


Nils Blanchard


Ajout d'étiquettes du dernier billet: Fanny Lalot, Pacte germano-soviétique, nudité.

Et puis… Manifestations de carpes et de lapins – pseudo défenseurs du climat aux côtés de gilets jaunes, ces derniers s’étant créés contre la taxe carbone, notamment sur le diesel et le 80 à l’heure… – investis de « casseurs »… Un hôtel de ville – parmi d’autres choses – à Limoges, détruit.
Et par là-dessus, on entend comme un mantra : « leurs revendications sont légitimes ». Vraiment ? Je n’en suis pas sûr.
Les manifestations elles-mêmes, d’abord : celles de lycéens, pour beaucoup mineurs et sans services d’ordre. Les « spontanées » sur des « réseaux » « sociaux »… sans organisation non plus… alors même que l’on traverse une période de troubles internationaux (guerre en Ukraine notamment) et environnementaux préoccupants.
On y reviendra.

En attendant, bien protégé derrière son service d’ordre, M. Mélenchon, qui s’est amusé parfois à écorcher les noms d’origine juive, a multiplié les « déclarations » sur un réseau social. On a l’impression d’une sorte de Trump franchouillard.

NB

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