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mercredi 14 octobre 2026

Des amis, des ennemis / Trahison

On s’est déjà interrogé en ce blog sur les liens – contradictoires, mais… – entre amitié et inimitié, notamment dans le domaine diplomatique actuel.
Récemment, de nouvelles décisions et déclarations de l’actuel président américain, qui ressemblent beaucoup à de la trahison, nous ramènent au sujet. Et à celui de l’extrême droite. 

L. J. F. Lagrenée, Psyché surprend Cupidon, 1769 – Wikipedia

Extrême droite ? Il semble bien, en effet, qu’on puisse classer Trump (et ses (anciens?) amis comme Elon Musk se dandinant en faisant le salut nazi, soutenant les mouvements d’extrême droite européens) dans cette catégorie.
Or, historiquement, on se rend compte que dans plusieurs pays, l’extrême droite est marquée du sceau de la trahison systématique à la nation. Aux États-Unis, Trump, en favorisant économiquement Poutine (accords de livraison de diesel par la Russie à l’Amérique, annoncés vendredi 9 octobre) et en s’en prenant à V. Zelensky (que Trump veut voir quitter ses fonctions), trahit ses alliés, et par là même les intérêts de son pays. Quoi d’étonnant, quand à l’issue de son premier mandat, Trump s’en était pris au cœur même de son propre pays, en laissant attaquer par ses partisans le Capitole…)

Au-delà des amis et des ennemis, on a là le problème de la dissimilation. Ceux qui se prétendent « nationalistes » sont ceux qui participent à affaiblir leur pays.
Dissimulation aussi diplomatique ; cet accord sur le diesel avec la Russie n’a-t-il pas un vague air de famille (attention évidemment à ce genre de comparaison : intérêts, lieux, temps, protagonistes sont très différents) avec la pacte germano-soviétique ?

Dans un billet sur les faux amis, j'évoquais un article de Valeurs actuelles, de Marguerite Frison-Roche (du 15/2/2025), qui s’en prenait à Jack Lang. Comment étais-je arrivé à cet étrange journal, je n’en sais trop rien, mais – et avais-je lu l’article jusqu’au bout ? –, le texte se terminait de la sorte : « Jack Lang incarne une époque qui s’achève enfin. L’histoire le jugera pour bien des raisons, sans doute moins politiques. Notre responsabilité est désormais ailleurs : redonner à la France une puissance culturelle exigeante et conquérante. »
Valeurs actuelles est une publication classée à l’extrême droite ; et voilà que ces gens prétendaient « redonner à la France une puissance culturelle », lors même qu’ils participaient à l’affaiblir en s’en prenant, par idéologie rance, à Jack Lang qui avait été précisément un « promoteur » de la culture française. On a là encore une illustration, parmi tant d’autres, de cette habitude, chez ces gens, de la trahison systématique de ce qu’ils prétendent défendre.


L'extrémisme droitier d’un Donald Trump rencontre étrangement une autre « actualité » de ce blog (peut-être que je m’y colle un peu trop ces derniers temps, à l’actualité…) quand il « déclare » – il s’« exprime » sur un « réseau » « social » –, le 6 octobre dernier (source, un journal paraissant le dimanche versant lui aussi depuis quelque temps dans l’extrême droite) que les problèmes dans les lycées français étaient liés « à une immigration de masse hors de contrôle ».

Cela me permet de préciser un point du billet précédent. Je m’y agace certes des manifestations lycéennes, mais n’ai rien bien sûr contre les lycéens eux-mêmes (que pourrais-je avoir contre eux?) Moi-même, lycéen, aurais peut-être été dans leurs rangs (et, si je me souviens bien de mon état d’esprit de l’époque où j’étais moi-même au lycée, cela aurait été plus par volonté de sécher quelques cours que pour autre chose). Ceux qui m’agacent sont les adultes qui, sans raison (sérieuse) aucune, se joignent au mouvement, mettant par là même en danger des lycéens qui peuvent se retrouver mélangés à des « casseurs » et autres chenapans…

Eh, on en arrive à la notion de pédagogie. La pédagogie, étymologiquement, est le fait de guider l’enfant (et pas les adultes, comme le laisse croire l’emploi bien dévoyé de ce mot en nos temps). Le pédagogue ne sera pas forcément aimé, pas tout de suite en tout cas. Et beaucoup d’enfants sont rétifs à l’institution scolaire (j’en sais quelque chose) mais en apprennent (peuvent en apprendre) quelque chose malgré tout. (Voilà qui m’amène à un beau recueil de poèmes de Philippe Blondeau paru récemment, et sur lequel je reviendrai vraisemblablement ; c’est au numéro 2 de la nouvelle revue de poésie Le Chant intérieur. On y lit, page 22, au cœur d’un poème intitulé « Rentrée » : « mémoire : / cahiers du jour d’avant / depuis longtemps jetés mais qui demeurent ».

L'éducation, l’apprentissage ne sont-ils pas, aussi, un jeu avec l’inimitié ? On apprend de ses adversaires, de ses ennemis (cf. l’Ukraine et les drones…)


Nils Blanchard

Des amis, des ennemis / Trahison

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