Ulrika Nettelblad a un blog en lien de celui-ci. Je pouvais difficilement passer à côté d’elle – encore fallait-il quand même, et je ne sais plus comment ça s’est fait, être mis en relation avec son site –, vu qu’elle est une vraie écrivaine (pour dire les choses rapidement, elle ne renonce pas si facilement à ses écritures), basée sur l’archipel d’Åland, qui peut apparaître comme une sorte de paradis de Suédois d’ailleurs.
Bon, mais bref. Son livre, son premier roman, Sjukdomen – La Maladie – est paru en août (2026). Je l’avais commandé, l’ai reçu, me suis mis à le lire très vite… (Plus exactement : assez lentement, car c’est en suédois bien sûr, et mon suédois n’est pas parfait, loin s’en faut…)
Mais, première bonne surprise : la lecture est aisée, ce qui pointe un style maîtrisé.
Puis très vite, on entre dans les vifs du sujet (forcément...)
Ulrika Nettelblad est médecin (psychiatre). On s’attendait donc à une histoire de soins, d’hôpitaux… Quelque chose de pas forcément très réjouissant.
Mais il apparaît – même si le personnage principal est étudiant en médecine – que c’est surtout de maladie d’amour dont il est question.
Qui plus est, le récit ne sera pas sans humour ; dès la page 9, le personnage principal, Nils (il s’appelle comme ça, je n’y peux rien), observe avec une circonspection non dénuée d’un certain agacement une de ses condisciples de fac : « Det värsta var inte att hon betedde sig som om hon alltid hade rätt, utan att hon oftast hade det. » « Le pire n’était pas qu’elle se comportait comme si elle avait toujours raison, mais que, le plus plus souvent, elle avait raison en effet. »
Derrière cela, on assiste à un contexte électoral où les Démocrates de Suède « sortent du bois », pour ainsi dire. On est en 2010 ; les Démocrates de Suède (à peu près l’équivalent de notre FN) entrent au parlement suédois avec 20 sièges (5,7 % des voix). Pour rappel, ils ont eu 20,7 % des voix en 2022, loin des sociaux-démocrates à 30,3 %. Mais ça leur a permis de signer un accord de gouvernement avec les autres partis de droite (défaits mais au pouvoir néanmoins ensuite), du nom du château de Tidö, à l’issue desquels ils influencent le gouvernement mais n’y participent pas. (J’ai comparé la chose à l’éphémère gouvernement Barnier en France.)
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| François-Nicolas Chifflart, Le triomphe de la justice et la vérité |
Je n’ai pas fini le livre d’U. Nettelblad, et ne veux pas dire de bêtise à son propos. Mais concernant les progressions des extrêmes dans le monde (au pouvoir aux Etats-Unis, en Israël, en Italie en partie donc en Suède… je ne parle que des pays démocratiques…) on peut parler de maladie.
Et de symptômes, ou de conséquences : catastrophe écologique au Brésil (après Bolsonaro), crises diverses créées par Trump, massacres au Proche-Orient…
Je comprends d’autant moins la position réitérée par Thomas Nydahl, qui écrit le 18 août 2026 :
« Om vi nöjer oss med att betrakta vårt land kan vi väl ställa frågan: hur många gånger har inte svenska folket i fria val fått ta ställning till ytterst avgörande frågor, och hur ofta har inte valresultatet ignorerats, spottats på?
(...) Nej, jag kommer inte att gå till vallokalen i år heller. Den parodin avslutade jag för många år sedan. »
« En se cantonnant simplement à la Suède, on peut poser la question : combien de fois le peuple suédois, lors d’élections libres, a pris parti sur des questions décisives, et combien de fois n’a-on pas ignoré, craché sur le résultat ?
(...) Non, je ne me rendrai pas aux urnes cette année encore. Je ne participe plus à cette farce depuis plusieurs années. »
J'ai entendu la même argumentation en France, argumentation un peu d’enfant gâté, qui tape du pied dans son jouet. Or je ne vois rien qui puisse sérieusement étayer cette posture du retrait, dans une démocratie réelle (où le vote est sécurisé, où les gens ont le droit de s’exprimer, de se mouvoir…) Évidemment un vote peut être trahi, des politiciens peuvent être imparfaits, des situations imprévues… Mais fondamentalement, cela ne remet pas en cause l’importance de la citoyenneté (et donc du vote), au contraire peut-être.
L'argument rappelant que des votes ont été ignorés en Suède a du poids. (J’avais fait un peu rigoler mes étudiants avec ça ; les différents référendums que la Suède a piétinés – sur le nucléaire, etc. –, le dernier en date à ma connaissance étant celui du péage de Göteborg…)
Mais justement : que les citoyens ne se sont-ils alors levés ? Ils pouvaient faire de la résistance passive (ou moins passive), élaborer un programme d’alternance pour les prochaines élections, boycotter les administrateurs ayant fait passer la chose….
Bon, mais on reviendra à La Maladie, (je livre, je veux dire).
Nils Blanchard


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