Je n’aime pas qu’on rejette l’origine des malheurs du monde sur des castes plus ou moins fantasmées – on sait que cela peut mener à toutes sortes de déviances, au premier rang desquelles l’antisémitisme. Néanmoins, il faut reconnaître qu’une certaine direction de l’Éducation Nationale semble constituer un problème réel. Les petits marquis.
Ce sont ceux, par exemple, dans le sillage d’une loi Fillon (!) de 2005, qui ont instauré en France – du moins est-ce ce que j’imagine –, mal traduit d’on ne sait quel « globish », le « socle commun des compétences et des connaissances ». La chose a changé ensuite légèrement d’appellation, dans la marge, marge d’où elle n’est jamais sortie du reste.
Mais je n’y reviendrai pas car il n’en est plus besoin, vu que c’est quasiment (et enfin!) supprimé à l’automne 2025 – du moins est-ce ce que j’interprète de diverses nouvelles orientations : ça ne joue plus de rôle au brevet des collèges ; garde une vague existence pour des affaires d’orientation, peut-être encore pour quelques mois, puis on n’en entendra plus parler.
Sauf que.
Quelqu’un se demandera-t-il ce qu’a coûté la chose ? (Mise en œuvre, salaires, réunions, plaquettes, carences dans l’enseignement…) Y aura-t-il quelque responsable qui sera traduit devant un tribunal et qui devra rembourser cette impéritie ?
![]() |
| Sir William Blake Richmond, Icare - Capture d’écran |
Récemment, un gouvernement (Gabriel Attal, ministre puis premier ministre) a mis en place dans les collèges des « groupes de niveau ». Bronca de plusieurs syndicats (bon, cela…) La chose s’est faite néanmoins çà et là, et, là où ça s’est fait, les professeurs concernés ont été plutôt satisfaits de ce que ce dispositif offrait (travailler avec des groupes restreints, s’axer sur certaines carences des élèves…) – du moins est ce que j’ai pu voir…
Mais… Les petits marquis n’étaient pas contents. Les mêmes, sans doute, qui, indépendamment des couleurs politiques des gouvernements successifs, avaient maintenus leurs réformes mortifères pour le travail des professeurs (compétences, sigles à tout va, etc.), s’étant vu « doubler », ont semble-t-il décidé que la chose était à supprimer. S’exprime ainsi soudain une « Inspection générale », pour dire que la réforme a été un échec, qu’il faut l’enterrer.
« Inspection générale » ; de qui parlons-nous exactement ?
D'abord, ce n’est pas l’« inspection générale », c’est l’« IGÉSR », en d’autres termes « l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche ».
Là où il y a du flou, il y a un loup.
Je n’ai rien contre cet animal, du moins est-ce ce que je dis quand il est question du canis lupus…
Mais la meute de ses représentations, en l’occurrence…
Qu’est-ce que l’« IGÉSR » ?
Je vous renvoie au site de la chose. On lit là notamment – du moins est-ce ce que j’ai lu quant à moi en priorité… – : « L’IGÉSR concourt à la définition et à la mise en œuvre de la politique ministérielle de l’audit interne, assure des missions programmées par le comité ministériel d’audit interne. »
Bien.
La suite ne m’intéresse plus, du moins est-ce ce que je me permets d’affirmer.
![]() |
| Evelyn de Morgan, Lamentation d’Icare, 1898 - Capture d’écran |
J'ai peut-être tort. Ces gens-là ont peut-être raison.
Mais à la lecture d’un article du Parisien du 17 novembre 2025 sur ces groupes de niveau au collège, on apprend via le syndicat Snes-FSU que ces groupes « ne seraient appliqués que par 19 % des établissements » (sachant que « 1441 établissements sur 7000 lui [ont] répondu », ce qui ne pèse pas très lourd, du moins est-ce ce qui me semble, pour un syndicat majoritaire).
Puis le rapport de l’« IGÉSR » (rendu en juin, avec donc moins d’un an d’application dans – peut-être – 19 % des collèges…) est cité de la sorte : « Les groupes de niveau tels que les voulait Gabriel Attal ne sont bénéfiques ni pour les élèves ni pour les personnels ni pour notre système éducatif. Les groupes génèrent stress et instabilité. Les élèves se voient mis en compétition. »
Bon…
Du moins n’est-ce pas ce qui m’avait semblé.
Nils Blanchard




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire