Vaquer un peu, disais-je, histoire de pouvoir travailler sérieusement. On me dira que je divague. J’écrivais il y a quelque temps à Martin Fahlén que j’aimerais avoir quelques mois à moi quelque part sur la côte du Bohuslän, pour mener à bien divers projets en cours.
| NB - Paris, Pont d’Austerlitz, fin août 2025 |
Et voilà que Sandra Holmqvist a redonné de ses nouvelles sur son blog (en lien de celui-ci…), après plus de deux mois d’éclipse, après un article qui s’intitulait « Det är inget fel på kvinnor » (Il n’y a pas de problème avec les femmes »). Titre de celui-ci : « Jag har stängt dörren » (« J’ai fermé la porte ») ; c’est de la porte de son blog qu’elle parle. Mais elle précisera quelques lignes plus bas : « Men jag har inte låst dörren. » « Je n’ai pas verrouillé la porte »
Elle pourra y revenir en d’autres termes. De loin en loin.
Elle compare cette situation avec la porte de la remise à bois qu’on referme sans y penser ; plus exactement, sans penser, tout occupé que l’on est du quotidien, qu’on ne la rouvrira plus de l’année, que c’est la dernière fois qu’on vient chercher du bois pour le feu.
Et aucune importance qu’on n’y pense pas. « Tankarna redan på att få eld i spisen. » (« Ne pensant pour l’heure qu’à allumer le feu dans la cheminée. »
![]() |
| Per-Hilding Perjons - Capture d’écran |
Mais pourquoi cette fermeture ? (On n’est certes pas au printemps…) Non, mais c’est que la blogueuse a un travail fixe, avec les contraintes qui vont avec ; la volonté, une journée de travail finie, de faire autre chose que de se remettre à taper sur des touches :
« När jag stänger datorn för dagen vill jag inte se mera tangentbord och displayer. Jag vill ta en promenad runt Metviken, jag vill läsa en bok om vår ändliga tid, jag vill laga mat med lök, bönor, grädde, soltorkad tomat, spenat. Jag vill elda i spisen. »
« Quand j’éteins l’ordinateur après le travail, je ne veux plus voir de clavier ou d’écran. Ce que je veux : me promener autour de Metviken, lire un livre sur le temps qui nous est échu, cuisiner avec des oignons, haricots, de la crème, des tomates séchées au soleil. Je veux faire du feu dans la cheminée. »
La cheminée, encore.
![]() |
| Per-Hilding Perjons - Capture d’écran |
Bon, mais Sandra remarque aussi : « Så här är livet nu. Jag saknar friheten i frilanslivet och gläds åt tryggheten i anställning. » « Voilà à quoi ressemble ma vie désormais. Je regrette la liberté de mon ancien statut de travailleur indépendant mais me réjouis de la sécurité liée à l’emploi. »
Sécurité, relations avec des collègues… revenus fixes, pauses café, statut social plus… simple…
Mais le mot a été lancé : la liberté.
Et cet autre, juste après : contradiction. Pour cela, détour par Whalt Whitman :
« Do I contradict myself?
Very well then I contradict myself,
(I am large, I contain multitudes.) »
Nils Blanchard



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire